Caroline Riegel est une femme réellement exceptionnelle. On ne sait jamais trop par où commencer son CV jugez plutôt : elle est autrice, réalisatrice, photographe, exploratrice, conférencière et ingénieure en constructions hydrauliques. Comme si ce n’était pas encore suffisant, elle est également musicienne et parle 7 langues. Hé oui, tout cela dans une même vie.

Côté aventures elle est remontée du Gabon en France à pied, et a traversé l’Asie du lac Baïkal au Bengale, au fil de l’eau - entre autres.

Lors de ses explorations au Zanskar elle s’est liée d’amitié avec des nonnes qui n'ont rien sauf une humour lumineux, dans ce coin de pays très reculé, qui jusqu'il y a peu vivait presque coupé du monde plusieurs mois par an.

Caroline Riegel

© Caroline Riegel - toutes les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.

Membre de la Société des Explorateurs Français (comment en aurait-il pu être autrement ?) elle a réalisé plusieurs documentaires que je recommande très chaudement (liens ci-dessous), et a écrit plusieurs livres, dont le merveilleux "Hisoitre des grandes exploratrices" qui met en avant de très fortes personnalités dont l'histoire a pourtant presque oublié les noms de certaines, sous l'unique prétexte qu'elles étaient femmes. Ce livre leur rend honneur - et rend aux femmes une bonne dose de confiance en elles, confiance encore trop souvent mise à mal par un discours dominant décidément toujours masculin. Merci pour cela, chère Caroline, et pour les émerveillements que tu nous proposes.

Un épisode à ne pas manquer, que vous soyez chromosomiquement XX ou XY !

Caroline Riegel
Caroline Riegel

Extrait de l'entretien : 

"Quand je sais vraiment pourquoi je fais un projet, je vais pas lâcher si facilement. Mais il faut que je sache pourquoi je le fais.

En fait, c 'est ça qui est très important, c 'est qu'il faut savoir pourquoi.

Si tu ne sais pas pourquoi tu fais quelque chose, en tout cas moi, là, j 'abandonne très facilement. Mais si je sais vraiment pourquoi je veux faire quelque chose, je sais quel sens ça dans ma vie ou dans celle d 'autres notamment, avec les nonnes, là je déplace des montagnes. C'est assez fou. Ça peut être assez étonnant de voir cette force et de voir cette contre-force... L'écart, le grand écart qu 'il peut y avoir parfois."

A propos des nonnes du Zanskar qu'elle suit depuis des années :

"Pourquoi est ce que je les ai appelées les Semeuses de joie ?

Parce que des années après les avoir rencontrées je les emmène découvrir l'Inde, leur pays. Et je les vois s'émerveiller du monde, s'ouvrir au monde. Je les vois découvrir cette incroyable diversité du monde - et par chance l'Inde offre une sacrée palette de diversité.

Et puis je vois les gens face à elles. Des gens, des centaines, des milliers de gens finalement. Je les ai exposées à des milliers de gens. Et c'est incroyable parce qu'il se passe sans aucune exception toujours quelque chose quand les gens sont face à elles. C 'est à la fois cette capacité qu'elles ont à regarder les gens sans jugement, à la fois cette maîtrise de ce langage de la joie, le rire qu'elles ont - tout cela va droit au coeur de l 'humanité, de celui qu'elles regardent, de celui avec lequel elles échangent. Et c'est ça qu'on voit.

Et ça s'exprime par de la joie qui est manifestée. Parfois ça a été aussi des larmes parce que ça remue quelque chose de tellement profond que les gens sont émus aux larmes mais c'est un mélange de joie et de quelque chose qui est chamboulé parce qu'elles sont capables d'aller mettre le doigt au plus beau de nous-mêmes en fait.

Et c'est ça... j'ai vu que c'était des semeuses de joie. C'était tellement évident que ça m'est venu tout d'un coup au milieu du voyage, je ne sais plus à quel moment. Et c 'est devenu le titre du film et c'est devenu le nom que je leur ai donné."

Caroline Riegel, extrait de l'épisode 94

L'extrait lu pendant l'épisode est issu du livre : 

pochette livre une histoire des grandes exploratrices

Où trouver l'invitée

LinkedIn : Caroline Riegel
Facebook : caroriegel.zanskar
Instagram :  caroriegel

Site web : carolineriegel.org

Autres épisodes mentionnés dans l'épisode : 

#48. Marianne Chaud : des nomades du Ladakh aux migrants : le regard d’une anthropologue sur l’aventure humaine

#80. Emka de Cannart & Stanislas Thuret : réenchanter notre rapport à l’océan

Pour aller plus loin : 

Livres écrits par Caroline Riegel :

Ses documentaires sont tous à retrouver sur son site web et les bandes-annonces sont sur sa chaîne YouTube

  • Zanskar, les promesses de l'hiver - le documentaire qui m'a fait découvrir Caroline et que j'ai adoré
  • Semeuses de Joie
  • Ouganda - Aux sources du Nil

Illustrations sonores

Musique :

Cali by ItsWatR (Direct Licence)

Whipped Cream by WatR (Direct Licence)

Beautiful Fairy Piano by MakeSoundMusic (Pixabay licence) (shortened)

 

Retranscription de l'épisode

Retranscription automatique donc fiable à 95%. En espérant ainsi être utile à nos amis malentendants. Numérotation pré-édition du son - donc il n'y a plus de correspondance avec l'audio définitif.

AnBé (6:18.600)
Bonjour Caroline Riegel.

Caroline (6:21.745)
Bonjour Anne !

AnBé (6:18.600)

Ça fait très plaisir de parler avec toi, vraiment je me suis réjouie, j'ai fait des petits bons partout en sachant que ça allait se mettre parce que, voilà, comme je te le disais en off avant, je te suis sans savoir que c'était toi depuis longtemps, ton documentaire sur le Zanskar 'a vraiment restée en tête. Et donc ici, quand j'ai vu ton livre sur l'histoire des grandes exploratrices, je me suis dit c'est une belle occasion.

 

AnBé (6:47.560)
de pouvoir parler ensemble de ton parcours. Je vais résumer en intro, j'ai pas encore fait l'intro mais donc il y a beaucoup beaucoup beaucoup de choses à dire. Donc si toi tu devais te présenter de la manière dont tu aimerais qu'on te présente, loin des titres, des exploits, des ceci, qu'est -ce que tu aimerais qu'on dise de toi ?

Caroline (7:4.592)
Est -ce que j'ai droit à des jokers ? Je crois que c'est la question que j'aime le moins. Présente-toi !

AnBé (7:6.408)
Mais bien sûr, mais bien sûr.
Eh bien alors ne te présente pas, je le ferai pour toi. Je le ferai pour toi. On peut parler en tout cas, je pense, voilà, tu as aussi bien l'aspect ingénieur que quelque part des intérêts d'anthropologue. Certainement un intérêt pour l'aspect philosophique de la vie aussi. Moi c'est vrai que... bon c'est vrai qu'ingénieur, la société des explorateurs, etc. ça fait déjà rêver en soi.
Moi c'est ton parcours humain qui 'intéresse beaucoup. D 'abord ça a commencé par l'eau puisque c'était ta spécialité en tant qu'ingénieur. Là tu vas pouvoir me rappeler ton titre complet, ça c'est pas trop gênant.

Caroline (7:50.064)
Non, ça, ça va. C 'est effectivement ça, multiple. Ingenieur en construction hydraulique. Je travaille sur des projets, des chantiers de barrages hydroélectriques. Pas forcément toujours, mais souvent, c'est hydroélectrique quand même.

AnBé (7:54.205)
Voilà.

AnBé (8:5.066)
Et c'est ça qui a un peu démarré, on va dire, tes premiers voyages où il y a déjà eu avant.

Caroline (8:10.191)
Non.
Non, non, en fait, souvent on me dit que c'est mon métier qui 'a amené à, mais c'est pas vrai. L 'envie de voyage, l'envie de la curiosité, ça c'était déjà là. Et c'est ce qui fait que dans mon boulot, je me suis retrouvée à travailler sur des chantiers, parce que j'aspirais à cette immersion, à cette découverte. En revanche, le fil conducteur de l'eau sur mon voyage, c'était vraiment pour faire le lien entre mon travail, effectivement, et ce voyage. J 'ai assez souvent besoin...

AnBé (8:29.065)
Voilà.

Caroline (8:41.313)
de faire des liens, de mettre du sens, de trouver une raison, de ne pas faire juste les choses de droite, de pied à gauche. Donc c'était vraiment pour faire le lien.

AnBé (8:50.346)
Oui d'accord, c'est ça donc, de la poule et de l'œuf, voilà, on a trouvé qui était le premier de ce côté -là. oui, petite curiosité, tu es de janvier 74, je peux te demander le jour ? Le 30, comme mon mari, moi je suis du 23 janvier 74, lui il est un 30 janvier, voilà, je me disais ce serait rigolo ! Mais donc oui, on est à une semaine près, voilà, de la même, tout à fait de la même génération, donc ça je trouvais ça sympa aussi. Enfin, petite parenthèse qui n 'a pas d'importance, je crois.

Caroline (9:4.847)
N 'est -ce pas ?

AnBé (9:19.850)
Oui, donc toi, les voyages en fait, je t 'ai entendu dire quelque part, je ne sais plus où, que c'était plutôt le perro qui avait commencé à révéler cette passion et la marche, non ? Avec tes parents ?

Caroline (9:20.854)
...

Caroline (9:34.287)
Alors, quand j'étais vraiment jeune, je ne me souviens plus à quel moment, je sais que j'ai un jour demandé à ma maman, et pourtant je ne lisais pas tous les livres Jules Verne, machin de trucs, mais j'ai demandé à ma maman, c'est quoi un métier où en voyage elle 'avait dit ambassadeur. Je n 'ai pas tout à fait les toffs d'un ambassadeur, mais je pense qu'il y avait quand même vraiment en moi assez...

AnBé (9:39.113)
Mmh.

Caroline (10:1.615)
assez petite cette envie, cette curiosité. Et j'ai de la chance d'avoir eu des parents qui 'ont fait découvrir d'abord les choses autour de chez moi. Mais on partait avec la caravane, donc en mode assez découverte, on bouge et c'était pas la plage. Et la plage, on y restait une demi -heure. C 'était pas ça qui comptait. Il fallait voir les trucs d'histoire, il fallait comprendre, il fallait découvrir. J 'ai quand même été, c'est vrai, biberonnée comme ça.
malgré tout, on a un frère et soeur aussi, donc même si ils aiment voyager, ils ne sont pas allés aussi loin, je pense, dans cette quête d'horizon, dans cette quête de diversité, de différence, de culture, d'un ailleurs, d'un autre, etc. Et je pense qu'après, il y a eu un petit déclic qui a été le tour des Annapurnas que j'ai fait à la marche, en marchant avec ma maman.
Et effectivement, j'ai eu quelque chose, j'ai ressenti quelque chose de très profond dans la marche, la marche sur le long terme. Et c'est là déjà que j'ai eu cette notion de temps, cette notion très très importante du temps et que j'ai ressenti quelque chose de très fort dans...
de prendre son temps et dans le fait de marcher longtemps parce que vraiment au fur et à mesure je sentais un ancrage dans l'instant, je sentais quelque chose effectivement qui me séduisait beaucoup plus que la consommation touristique qui 'a jamais finalement vraiment vraiment séduite et que j'ai jamais vraiment trop trop pratiqué en fait. Mais même dans mon travail, je n 'aime pas rester dans un bureau mais je n 'aime pas non plus prendre l'avion toutes les deux semaines pour toutes les semaines pour aller un endroit à un autre. J 'aime...
j'aime prendre le temps quelque part, les quatre saisons, apprendre à connaître, j'aime ça en fait, naturellement. Et ça je le vois dans tous les aspects, donc il n 'y a pas quelque chose qui a vraiment nourri, c'est naturellement dans toutes mes expériences que j'ai bien senti que c'était ça qui faisait vraiment plus de sens pour moi et tout a nourri tout en fait, tout s 'est un peu inspiré de tout dans mon parcours en fait.

AnBé (12:7.113)
C 'est chouette. Je vais 'en dire un truc qui est très frustrant avec l'audio, c'est qu'on peut pas trop bouger les mains. Sinon ça fait des booms. Oui je sais, je suis la même. Moi aussi je suis un peu italienne normalement donc il faut se coincer. Pardon ? Si si je suis belge. Même plutôt deux fois qu'une. Mais dans l'expression c'est un peu plus italien. Oui oui si je suis de Belgique oui. Comme la moitié de...

Caroline (12:11.951)
oui, je bouge beaucoup les mains en plus. là là.

Caroline (12:21.134)
Mais t 'es pas belge ? T 'es pas belge ?

AnBé (12:37.066)
d'Alexandre David Nail, j'ai appris d'après avec ton livre, je ne savais même pas. Donc voilà, j'ai... chouette ! On a déjà eu la moitié de bon ! Est -ce que je pourrais au fait lire un ou deux paragraphes du livre ? Oui, d'accord. Je 'en donne aussi à Glina. Pour les photos, je demande à Glina aussi, les photos d'illustration ou pour le Zanskar, etc.

Caroline (12:49.422)
Oui, bien sûr.

Caroline (12:53.582)
Alors des photos d'illustration, alors moi je peux t 'envoyer des photos me concernant parce que par contre les photos d'illustration, il faut que je fasse avant de partir, les photos d'illustration du livre, ouais parce que ça il faut demander à Gléna, je les ai pas moi en fait mais ouais.

AnBé (13:4.747)
Pas du livre, de l'épisode, de toi c'est très bien, j'ai pas besoin de plus. Oui, non, non, j'ai vu, c'est d'autres copyrights, donc je fais toujours gaffe à ça. Mais sinon non, je pense que celle aux Ansgar et puis une ou deux de ce dont on a parlé, ça sera super. D 'accord, super, voilà, une autre petite parenthèse, j'ai compris, pas grave. Et donc voilà, on va un petit peu en venir à ces voyages, mais vraiment, non, je crois qu'on va encore parler un peu de ce temps long, c'est trop génial. Parce que je trouve que, moi pour moi aussi, c'est un truc qui 'affole toujours, c'est...

Caroline (13:16.718)
Oui, je t 'en envoie un 8 transferts.

AnBé (13:34.475)
cette absence de temps humain, tout simplement. Je dis mais le rythme humain, c'était pendant des milliers, millions d'années, c'était la marche. C 'était le vélo maximum pour moi. C 'est encore un voyage. Mais plus que ça, je trouve qu'on passe à côté de tellement de choses. Pour moi, la marche est quelque chose, oui, déjà pour regarder, déjà pour respirer, mais pour rencontrer aussi. On est plus facile à aborder si on marche que si on passe à toute vitesse, évidemment.

Caroline (13:58.379)
...
Mais je crois qu'il y a un enjeu majeur dans cette notion du temps parce qu'en fait, moi ça, je fais un immense raccourci, mais c'est vraiment ce que j'ai compris en...
en voyant mes amis non, justement, et en voyant les choses s 'accélérer chez elles et en comprenant à quel point elles, elles avaient une intelligence collective. Mais comme plein d'autres ailleurs, nous en avons plein, ici une association est une intelligence collective, la démocratie est une forme d'intelligence collective à plus large échelle, etc. Mais j'ai compris qu'en fait, l'intelligence collective, c'était vraiment quelque chose qui a besoin d'un certain niveau de temps, parce que tu vas écouter chacun à une voix.
et écouter la voix de chacun ça prend un temps, ce qui n 'est pas totalement compressible. Et donc le fait que les choses changent n 'est pas un problème, c'est inhérent à la vie. Dans le bouddhisme, l'impermanence est un fondement bouddhiste, donc il ne s 'agit pas de lutter contre le fait que les choses changent.
Mais il s 'agit de faire attention parce que quand les choses s 'accélèrent, et ça c'est nous sommes responsables, ou plutôt nos systèmes, le système en place est responsable de cette accélération, et ça c'est une minorité de gens qui le décident et qui le gèrent. Ça par contre, ça met les minorités souvent complètement à mal, et ça met nos intelligences collectives en péril, parce qu'on a plus ce temps, on est sous pression, on a plus ce temps pour fonctionner de manière collective. Et là, là on a vraiment...

Caroline (15:28.158)
tout à perdre. Là ça devient extrêmement impactant.

AnBé (15:33.386)
mais tellement d'accord. Mais c'est marrant, le documentaire sur le Zanscare 'était resté et parfois justement quand la vidéo était hyper stressante, j'y étais purée pour être folie mais qu'est ce que j'aimerais être coincée dans ce petit village du Zanscare en hiver où tu ne sais rien faire et juste économiser et être avec les autres quoi. C 'est resté pour moi une image. Elle est faussement idyllique parce que bon mais parce que c'est dur la vie là -bas, j'en suis très consciente.

Caroline (15:59.815)
oui oui, rien n 'est gratuit, enfin je veux dire rien n 'est... On peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, ça fonctionne nulle part comme ça et il ne faut rien idéaliser sinon tu appauvris en fait la réalité. Appauvrir la réalité c'est pas très bon non plus hein, donc c'est la complexité du monde qu'il faut comprendre. D 'où l'intérêt effectivement de sortir de chez soi, non pas pour consommer, non pas parce que c'est pas parce qu'on est allé à l'autre bout du monde qu'on aura mieux, forcément mieux grandi en humanité, c'est pas forcément vrai. Mais si on se frotte à cette complexité,

AnBé (16:26.314)
Mmh.

Caroline (16:29.501)
du monde, si on veut bien faire les efforts pour la comprendre. Parce que c'est ça qui est dur, c'est beaucoup plus facile d'appauvrir, d'idéaliser, d'appauvrir sa compréhension des choses, mais c'est comme ça que les choses se clivent et c'est comme ça qu'après il n 'y a plus de moyens de communication, il n 'y a plus de lien possible pour tisser des amitiés au -delà de nos différences. Donc cette complexité du monde elle est essentielle en fait.

AnBé (16:49.224)
Mmh.
elle dit qu'elle n 'avait pas les pot -offs pour être un ambassadeur mais... d'accord oui oui la compréhension est là mais c'est le gant de Vlour qui est un peu paumé en chemin peut -être.

Caroline (16:55.595)
On va savoir si encore autre chose, il faut savoir dire les choses comme ça et pas comme ça !

AnBé (17:9.929)
Non, c'est tout à fait exact. Moi j'ai fait la littérature plus tôt et mon travail de fin d'étude, mon mémoire, c'était sur Robinson Crusoe. Et ce qui 'a pas le plus passionné, c'est le regard sur l'autre, tu vois. Qu 'on idéalise ou qu'on démonise, mais qu'on ne rencontre jamais vraiment. Sauf si on prend le temps, voilà. Mais c'était déjà des réflexes, ça 'a complètement sidéré de savoir qu'effectivement, la rencontre avec l'autre, c'est si difficile. Ouais, c'est toute une démarche intellectuelle qui, à mon avis, oui.

Caroline (17:10.731)
On peut être diplomate.

Caroline (17:20.650)
Oui.
Oui.

AnBé (17:36.937)
parce que c'est pas pour rien qu'on fait de l'immersion et qu'on reste avec Seynon que tu as rencontré alors quand tu avais fait ton voyage Baikal -Bengal. Voilà, on va peut -être du coup parler de celui -là. Donc il y en avait eu un autre avant, c'était... c'est difficile de savoir de quoi parler, il y a tellement de choses. Donc le premier voyage, le premier grand voyage, c'était après un chantier au Gabon, si je ne me trompe pas, où pour le clôturer tu as ressenti le besoin de marcher jusqu'en France, c'est ça ?

Caroline (17:46.348)
Oui, tout à fait.

Caroline (18:4.747)
En fait, je préparais déjà mon voyage de deux ans quand j'étais au Gabon. Mais la première immersion, parce que j'ai fait un double diplôme en Allemagne, j'ai passé une année aux Etats -Unis, j'ai travaillé. Donc là, je suis dans d'autres cultures, à minima d'autres langues. Mais ça reste des cultures, cousines, ça reste des cultures. On est quand même dans un même... Voilà, on est quand même dans un moule... Voilà.

AnBé (18:8.273)
voilà.

AnBé (18:20.586)
occidentales.

Caroline (18:23.915)
relativement cousins, je ne sais pas, relativement proches quand même. Et c'est vraiment au Gabon que j'ai vécu par contre un dépaysement total, un déracinement assez fort. J 'étais en pleine foravière, j'en ai écrit un livre. Non pas que je voulais l'écrire, que j'avais l'intention d'eux, mais parce qu'à un moment ça a jailli, c'est sorti. Donc là j'ai vraiment vécu une année assez marquante et à la fin j'ai dit...

AnBé (18:25.930)
Oui oui oui oui. Oui oui tout à fait.

AnBé (18:36.361)
Mmh.

Caroline (18:49.097)
je venais vraiment de passer une année en pleine forêt bière, j'avais pas internet, j'avais pas téléphone à l'époque, je me voyais pas sortir prendre l'avion et rentrer comme ça, je sentais bien que ça aurait été trop brutal et en fait cette brutalité quand on parle des changements de l'accélération je le ressentais déjà finalement. Et donc j'ai dit, ok, je prends deux mois, je rentre par les transports en commun, ça me fait un sas. Et ce voyage,
d'une certaine manière me préparait, j'avais déjà en tête, j'étais déjà en train de... D 'ailleurs je savais que je 'arrêtais impressionnée parce que j'allais faire mon voyage de deux ans qui était mon grand rêve etc. que j'avais pris longtemps pour construire et donc cette remontée africaine ça me préparait à dire enfin sous différentes formes quoi et c'était déjà une manière de tester, d'être sur le chemin...
Et donc après j'ai fait le grand saut et je suis partie effectivement pour deux ans sur les routes d'Asie quoi.

AnBé (19:51.562)
C 'est merveilleux d'entendre quelqu'un qui dit qu'elle a fait le grand saut alors qu'elle n 'a pas assez un an en forêt vierge, oui. C 'était déjà pas mal en soi. Oui, bien sûr.

Caroline (19:58.506)
C 'est un cadre professionnel. Il y a d'une certaine manière, une certaine forme, à la fois de filer, à la fois de contrainte. Il y a les deux.

AnBé (20:6.954)
Oui. Oui oui oui. On a dû avoir un vécu quand même très intéressant. C 'est pas... point de vue...

Caroline (20:13.770)
oui, non, non. Et puis là, ce qui est fou, c'est que là, actuellement, je suis au Gabon et je suis dans cette même forêt des Montes -Cristales, là où j'étais il y a 22 ans. Ouais, ouais. Enfin là, je suis à la maison, chez moi, parce que j'étais... Mais je repars mercredi matin à 4h du matin, là.

AnBé (20:17.193)
Mmh. !

AnBé (20:22.748)
D 'accord, là tu es au Gabon. oui, oui.

AnBé (20:30.473)
Excellent !

Caroline (20:31.435)
Et ce qui est fou, c'est que c'est vraiment un hasard de choses que je me retrouve sur un chantier de barrage, juste en aval de celui sur lequel j'avais travaillé à l'époque, mais dans cette même forêt des montes cristales. Et je n 'ai nulle doute que j'écrira une suite parce que c'est toujours aussi incroyable en fait. C 'est rocambolesque quoi. C 'est le privilège de vivre en pleine forêt vierge, une des forêts vierges les plus riches au monde sur plein d'aspects. Et en même temps, voilà.
dans un pays assez particulier, le Gabon.

AnBé (21:4.531)
T 'as une carte postale du Gabon pour nous quand on t 'en parle du Gabon et de tes impressions de la Forêt Vierge que la première image qui te viendrait à l'esprit.

Caroline (21:13.834)
La forêt c'est un monde qui n 'est pas très facile, qui n 'est pas très accessible comme ça pour quelqu'un qui n 'y connaît rien. C 'est vraiment pas un monde que tu peux pénétrer seul. À la rigueur, mon voyage de deux ans j'ai pu le faire seul, j'ai traversé une partie des déserts de gobies mais c'était jouable. La forêt vierge, tu rentres pas comme ça impunément. Faut...
En tout cas pas de manière longue et...
c'est vraiment un monde qui est d'une densité, quand on parle de diversité, je ne connais finalement rien d'aussi riche en terme de diversité que la forêt hier. Et ce qui me frappe, moi j'adore 'y retrouver, mais pas être en lisière, pas sur la piste, pas sur le chantier, rentrer dans la forêt, parce que c'est rentrer dans la forêt qui change la donne. Et en fait je me sens toujours mieux tout d'un coup quand je suis dans la forêt, parce que tout d'un coup j'ai le sentiment, et ça je le ressentais pas forcément,

AnBé (21:54.186)
Mmh.

Caroline (22:12.508)
il y a 22 ans parce que de toute façon j'avais une énergie, j'avais peut -être moins une sensibilité et puis là j'ai une expérience dite à 22 ans justement que j'ai en écrivant approfondi aussi et en fait c'est une vitalité, c'est une vitalité poussée à l'extrême que je ressens et qui me recharge en fait dont j'ai le sentiment de me recharger. C 'est aussi un monde très rude, la forêt, mais c'est...
concentré de vie, une densité de vitalité qui est hallucinante en fait. À tout point de vue, c'est toute la forme de... Là c'est dans, on n 'y voit rien, on est là, entouré d'arbres, c'est pas grandiose à voir en terme de paysage, parce qu'on est dedans, on voit rien.

AnBé (22:46.955)
Hmm... Recharge de batterie...

Caroline (23:4.937)
des arbres, des arbres, des arbres. Mais quand on regarde, c'est tout d'un coup, voilà, regarder de nouveau, c'est infiniment petit, cette diversité de feuilles, de plantes, de trucs, tout pousse de partout. Tout ces arbres, tu as l'impression que c'est que des arbres et que c'est les mêmes arbres de partout. Mais non, non, il y a une telle diversité. Et du coup, c'est dans les textures, dans les formes, dans les couleurs, dans les odeurs, dans tout quoi. C 'est extraordinaire.

AnBé (23:34.030)
J 'adore être en forêt aussi. Oui en plus, oui oui, parce qu'il y a vite les insectes.

Caroline (23:36.425)
Et je parle même pas des animaux, hein !
Mais les animaux, on ne les voit pas beaucoup. Voilà, les gros animaux, on ne les voit pas beaucoup. On peut marcher une journée en forêt et on ne voit rien. Et c'est déroutant parce qu'on a le livre de la jungle dans la tête, en fait. Donc on est persuadés qu'on va voir un serpent à tous les 10 mètres. Mais pas du tout, pas du tout. Les animaux sont déjà plus la nuit. Rien que les papillons. 170 000 espèces de papillons, je crois. Mais la 80%, ou je ne sais plus quel est le pourcentage, c'est énorme. Je déchiffre un peu de mémoire. Mais sont nocturnes, en fait. Donc c'est vrai que la forêt, elle est vivante de jour et de nuit.

AnBé (23:48.328)
Mmh.

AnBé (24:4.969)
Mmh... Mmh...

Caroline (24:9.179)
Mais c'est la nuit qu'il y a tout un monde où nous on sent bien, parce que se retrouver en forêt de la nuit c'est quelque chose. Le noir, il n 'y a pas le silence, alors autant, il y a du bruit de partout qu'on n 'identifie pas forcément, etc. Là on est vraiment rien.

AnBé (24:15.496)
Mmh.

AnBé (24:26.897)
Oui. J 'ai parlé avec un grand reporter, il disait que c'est l'éléphant de forêt en Afrique qui souffre le plus, qui est le plus braconné. J 'ai dit pourquoi celui -là ? Il me dit que c'est très facile pour les braconner. Si tu te rends pas compte, à 4 mètres, tu ne trouves plus les gens. Même un éléphant à 4 mètres, tu ne le vois pas. Effectivement, voir un animal...

Caroline (24:37.193)
Oui.

Caroline (24:45.832)
Bah oui. Oui.

Caroline (24:50.184)
Ouais.
Il peut rester planqué derrière un arbre et toi tu passes et tu le vois pas, tu le sens mais tu le vois pas forcément. Mais oui, c'est facile à raconner. Il y a 22 ans je voyais pas les éléphants mais comme l'endroit où j'étais à l'époque et où je dors actuellement aussi est devenu un parc national, on voit quand même les éléphants, effectivement je les vois beaucoup. Je les vois maintenant, ils viennent manger à côté. Les animaux savent quand ils sont dans un univers qui... Et ils sont moins agressifs quand ils sont pas chassés en fait aussi.

AnBé (24:58.089)
Mmh.

AnBé (25:7.753)
Mmh.

AnBé (25:20.104)
sont plus chassés.
Mmh mmh.
C 'est vrai qu'il y a pas mal d'accidents avec les éléphants, donc c'est pas les paisibles dans l'habitude ici en Europe, dans notre vision, notre image d'épinal à nous. Donc le livre que tu as écrit là -bas, c'est Éclate cristal, pour ceux qui ont envie d'aller plus loin, pour l'histoire du Gabon. Et là, on va partir sur ce grand voyage terrestre du Baikal au Bengale. Là, c'était vraiment un voyage au fil de l'eau, pour rappeler ta vocation maintenant d'ingénieur, mais avec une vision plus poétique, certainement.
Qu 'est -ce qui t 'a inspiré ce voyage ? Pourquoi là -bas ?

Caroline (26:1.514)
Là je dirais que c'est vraiment mon voyage initiatique. C 'est vraiment le voyage, il y a un avant et un après dans une vie. Je vais très très loin dans...
dans la déconstruction de moi -même d'une certaine manière, dans le fait de lâcher le cordon umbilical qui me tenait, de revenir au bout de deux ans à nu, totalement à nu, alors avec une conscience très aiguisée, une présence à l'instant, à l'autre, etc. Très, très aiguisée, mais totalement à nu parce que j'ai défait toutes mes couches. Et en fait, c'est...
C 'est... Ouais, c'est pas un voyage dont on rentre indemne et dont on se remet comme ça en claquant des doigts, quoi. C 'est vraiment un voyage à la Nicolas Bouvier où tu rêves un voyage construit, mais c'est parce qu'à la fin tu ne reviens pas, comme tu pouvais l'imaginer, que vraiment tu as fait un voyage, au sens noble du terme, avec un grand V, quoi.
Mais j'avais vraiment cette volonté de 'affranchir de beaucoup de contraintes en tout cas pour prendre le temps vraiment. Ce choix de deux ans c'est vraiment ça, prendre le temps et le temps de découvrir le monde, de comprendre le monde.

AnBé (27:1.352)
Oui.

AnBé (27:19.560)
...

Caroline (27:19.626)
Et quand je dis comprendre le monde, c'est large, mais c'est effectivement comprendre le monde, comprendre notre humanité, qu'est -ce que c'est, comprendre tout ce que je n 'arrivais pas à comprendre, aller voir des choses qui 'émevaient tant. Certains paysages, des hauts plateaux d'Asie, l'Hiver Himalayen, c'est des choses, je le vois et ça 'émeut tellement que...
J 'ai besoin d'y aller, j'ai besoin de le vivre. Et j'ai fait ce voyage.

AnBé (27:53.480)
Et alors tu as cherché à rencontrer un certain type de personne ou tu voyais les rencontres qui se faisaient au fil de ton itinéraire ?

Caroline (27:59.593)
Les... Non, c'était au fil de littéraire, mais les seules choses que j'ai préparées, justement, c'est l'aspect haut. Parce que ça me passionnait, parce que c'est mon métier, parce que ça a été le fil conducteur du voyage, histoire d'avoir un cap. J 'avais aussi compris à quel point, en tant qu'individu, une femme, malgré tout, on te dit c'est dangereux, c'est dangereux. Oui, c'est dangereux, mais c'est surtout, c'est pas une question de danger. C 'est une question que tout seul, en tant que femme, mais un homme aussi, hein, mais voilà, en tant que femme, t 'as quand même encore...
l'aspect physique même si j'étais quand même sacrément en forme à ce moment -là. Je veux dire, on est vulnérable. Et donc pour ne pas être, pour être le moins vulnérable possible, il faut savoir qui tu es, pourquoi tu es là et avoir un cap. Et ça j'avais cette conscience là. Pour ne pas faire de mon voyage, et ça j'avais vraiment cette conscience avant de partir. Je voulais que ce voyage soit quelque chose qui me rende plus riche, plus forte ou plus... au moins plus riche on va dire.
mais pas que ce voyage devienne au fur et à mesure une fuite. Je voulais pas rentrer en détestant tout ce qui 'avait construit, tout ce dont je venais, enfin d'où je venais quoi, c'était pas le but de ce voyage, c'était vraiment pas ça. Donc...

AnBé (29:3.238)
Mmh.

Caroline (29:11.433)
et je ne me souviens plus de la question.

AnBé (29:11.791)
On parlait juste au fil de l'eau, ce voyage que tu as.

Caroline (29:13.769)
Quand tu 'as dit tu 'as posé un truc parce que j'avais... Et l'eau, voilà. Et en fait l'eau, si tu veux, il y a vraiment deux choses dans le voyage. La partie immersion, je sais très bien que je ne dois pas préparer les choses trop, justement, de manière trop précise. Je sais que je veux traverser le désert de Gobi si possible avec des chevaux, avec un chameau. Ça, c'est le cadre, point. Le reste, ça va être sur place. En revanche, tout ce qui est lié à l'eau,
Ce qui 'intéresse c'est de rencontrer des gens passionnants, des gens du métier, des gens qui ont quelque chose à 'apporter. Les locaux, si tu veux, ils vont me dire des choses mais qui peuvent compléter mais ils n 'ont pas leur connaissance, elle n 'est pas forcément là de manière scientifique, de manière intellectuelle, etc. Et ce volet là qui 'intéresse parce que je suis ingénieur, parce que ben ça je l'ai préparé. J 'ai rencontré pas mal d'acteurs de l'eau avant de partir pour essayer d'avoir à minima un contact.
parce que je savais que tu ouvres une porte, ça t 'en ouvre tout de suite derrière en règle générale plusieurs, qui me permettrait de rencontrer sur place quelqu'un, un glaciologue, un environnementaliste, un ingénieur, un peu importe, qui me compléterait mon regard justement en immersion, au plus proche des populations locales. Et ça je l'avais préparé en revanche, parce que ça je savais bien qu'en arrivant je n 'allais pas pouvoir toquer comme ça aux portes n 'importe qui, n 'importe quoi, n 'importe comment, et qu'il valait mieux avoir un... voilà.
une entrée quelque part. Le reste c'était le voyage. Donc le reste c'était il fallait que j'ai identifié les points noirs ou les points administratifs, les contraintes. Les seules contraintes que j'avais sont effectivement les visas, les frontières, bien identifier ce qui est possible, ce qui ne l'est pas et puis après c'était... c'était l'aventure. Donc c'était... on verra bien quoi. Comment je trouve et...

AnBé (31:5.912)
Qu 'est -ce que tu trouves que les gens devraient savoir sur l'eau et qu'ils ont l'air d'ignorer superbement pour le moment ?

Caroline (31:16.682)
bah si je suis... Enfin des choses banales quelque part, l'eau, l'eau, l'eau c'est... Bah l'eau c'est la vie, c'est -à -dire c'est... Donc même si on a des choses, ça sèche quelque part, ça retombe en excès ailleurs, je veux dire l'eau c'est vraiment un cycle, il y a une quantité définie. Par contre, l'eau...
Le fait que l'eau ne soit dans ce monde -là pas pour tout le monde, gratuite, accessible, etc. C 'est un vrai problème. Et le fait que des entreprises très opportunistes aient mis l'eau en bouteille, aient vendu l'eau, etc. Ça, c'est un vrai problème. Parce qu'on aurait dû défendre de manière beaucoup plus forte.
et ne pas privatiser ce droit à l'eau, cette distribution de l'eau, cet accès, cette notion d'accès à l'eau, ça pour moi c'est un vrai problème. Et on n 'en a pas tellement confiance tellement moi la première, je veux dire quand je fais mon voyage avec les nonnes en Inde, on a consommé des bouteilles d'eau parce qu'il y avait un vrai problème de santé potentielle lié à voilà. Mais tout de suite ça...

AnBé (32:25.191)
Hmm.

Caroline (32:31.158)
ça pose des problèmes d'équité, ça divise entre gens qui ont accès et gens qui n 'ont pas accès, donc entre riches et pauvres.

AnBé (32:39.367)
Ça peut déjà être un angle au travers duquel on peut étudier nos sociétés quelque part. Le rap.

Caroline (32:45.897)
Et puis après, il y a les conflits, les problèmes de conflits d'eau, c'est des sources de conflits énormes en réalité, parce que c'est l'enjeu majeur. Et il y a des pays, l'Inde a fait pression à l'époque quand il y a eu la division Pakistan -Inde, la séparation né...
à jouer des robinets qu'il avait à son avantage puisque l'indus coule d'abord en Inde avant de couler au Pakistan mais qu'au Pakistan ils n 'ont que ça en Inde. Au Pakistan, sorti des montagnes et donc c'est des moyens de pression énormes en réalité. C 'est des armes.

AnBé (33:26.062)
Oui, ça me fait penser à certains barrages en Chine. Ouais, c'est intéressant. Alors, tu avais ce long voyage, plusieurs moyens de déplacement, tu dis, il y a eu chamaux, vélos... Comme tu disais, tu en as retiré quelque chose parce que tu t 'attendais à en retirer ?

Caroline (33:31.368)
...

AnBé (33:47.942)
Mais c'est ça qui a fait que c'était un vrai voyage. Et pour ceux qui voudraient aller plus loin dans celui -là, c'est pas un livre, c'est deux je crois que tu as écrit sur ce magnifique voyage. Et donc c'était la rencontre avec le Zanskar. Est -ce que tu peux nous parler de cette région du coup ? Pour ceux qui n 'assituraient pas bien, oui.

Caroline (33:56.040)
Mais c'est un peu ton moment.

Caroline (34:6.888)
Le Zanskar, c'est une petite vallée himalayenne qui fait partie du Ladakh, on va dire, qui est une enclave tibétaine dans le nord de l'Inde. Donc de culture tibétaine, de langue tibétaine, mais qui fait partie de l'Inde. Depuis la séparation, depuis la création de l'Inde comme on la connaît.
Et puis même avant c'était une région du Ladakh qui était autonome, qui avait ses rois, etc. Même si ça a été à certains moments de l'histoire inclus dans le grand Tibet, on va dire. Mais voilà, c'est une petite vallée qui a longtemps été assez enclavée, assez un peu isolée, un peu en bout de piste, un peu difficile d'accès selon les saisons.

AnBé (34:55.341)
Oui, de haute montagne.

Caroline (34:55.817)
Une vallée de haute montagne. On est à 3500 mètres d'altitude à minima, donc c'est une vallée de très haute montagne. Dans l'Himalaya.

AnBé (35:3.337)
Et donc dans l'Himalaya, tout à fait. Et donc c'est là que tu as rencontré ces nonnes, ces sœurs de cœur. Tu peux nous parler de cette rencontre ?

Caroline (35:16.393)
C 'est vraiment, elle est vraiment hasardeuse. C 'est pas une rencontre cherchée, voulue ou préméditée dans le sens où je sais pas, parce que je 'intéressais au bouddhisme, j'ai voulu passer du temps avec des nonnes, non pas du tout. C 'est vraiment un hasard de rencontre. Parce que j'arrive aux Anska, parce que je veux y passer l'hiver. Moi ce que je voulais, mon rêve le plus ancré c'était l'hiver Himalaien. Et puis j'avais déjà eu un petit peu de désillusion. J 'avais déjà passé une forme de...
Le stade de l'idéalisation, je l'avais pris frontalement en Mongolie.
j'avais fait pleurer une amie qui 'avait rejoint pendant un mois quand nous avions le chameau à deux, ce qui donne un avantage sur la bête. Et parce que je voulais absolument qu'on arrive à un monastère, c'était le premier tibétain, j'avais Tintin au Tibet en teige, d'aller la magie, imaginer quelque chose et puis elle était épuisée alors que moi j'avais une forme forcément, je veux dire j'étais... Et je pousse quand même si si je veux pas qu'on y passe juste à midi, je veux qu'on y dorme, j'étais... Et on est arrivé dans un far west.
incroyable où le moine n 'avait qu'une envie c'était de profiter de nous d'abuser de nous ou en tout cas de profiter de nous sexuellement enfin on est arrivé dans un où tous mes idéaux ont été cassés mais en deux secondes c'est bon là c'était j'avais compris que tout le monde bouddhiste n 'était pas forcément voilà comme le Daï Lama

AnBé (36:40.933)
Oui.

Caroline (36:49.097)
Donc en arrivant aux Anscares, c'est d'abord cet hiver himalayen, c'est d'abord ce privilège pour moi, occidental, pour eux c'est pas un privilège à l'époque, mais de vivre un peu hors du temps, de vivre coupé du monde parce que je sentais bien qu'il y avait quelque chose là d'essentiel à vivre et à comprendre et effectivement je rencontre ces femmes et alors elles par contre dans le...

AnBé (37:0.293)
Hmm...

Caroline (37:18.825)
genre religieux bouddhiste du monde tibétain, elle ellement mais sidéré et je me souviens de Mathieu Ricard qui dit
à ses grands -mètres qu'il a suivis pendant 20 ans, qui sont très grands -mètres, lui qui a côtoyé une élite intellectuelle, scientifique, artistique par son métier, par ses parents, il avait dit, je veux dire, aucune des personnes que j'ai eu la chance de rencontrer n 'incarnait aussi bien, aussi fortement...
ces valeurs au quotidien que ces grands maîtres qui l'a choisi de suivre. Et en fait, je me rends compte que j'ai face à moi des femmes qui n 'ont reçu quasiment aucune éducation ni laïc ni religieuse, qui ont une maîtrise du langage de la joie remarquable, une capacité à vivre en harmonie.
et qui incarnent leur valeur véritablement à chaque instant au quotidien. Et j'ai vécu avec elle en fait un hiver, une sorte d'expérience et de bonheur extrêmement intense et extrêmement longue et ça, ça ne laisse pas indemne.

AnBé (38:25.478)
Oui parce qu'effectivement le bonheur en général on a plutôt l'habitude de quelque chose de fugace. Donc effectivement, si on dit bonheur long c'est rare donc ça vaut la peine effectivement d'être souligné. Je vais juste vite intercaler la question, une des questions de ma petite fille parce que oui ça a inspiré ma petite fille aussi la celle de 11 ans. Et j'ai une question et puis non j'en ai deux ! Bon ok tu en as deux. On va mettre les deux. La deuxième du coup où elle te dit bonjour ce sera pour après parce que c'est ici que se met bien cette question -ci.

Caroline (39:0.010)
qu'est ce qu'elle a dit ? Pourquoi est ce que moi c'est moi qui les ai appelé les sommeuses de joie ? Et oui et oui bah parce que en fait un peu plus tard des années plus tard après les avoir rencontrés je les emmène découvrir l'un de leur pays.

AnBé (39:0.358)
les semeuses de joie pourquoi est -ce qu'elles se sont... Oui mais oui.

Caroline (39:14.314)
Et puis en fait je les vois, je les vois s 'émerveiller du monde, s 'ouvrir au monde. Je les vois découvrir cette incroyable diversité du monde et par chance l'Inde offre une sacrée palette de diversité. Et puis je vois les gens face à elle. Des gens, des centaines, des milliers de gens finalement. Je les ai exposés à des milliers de gens.
Et en fait c'est incroyable parce qu'il se passe sans aucune exception toujours quelque chose quand les gens sont face à elle. C 'est à la fois cette capacité qu'elles ont à regarder les gens sans jugement, à la fois cette maîtrise de ce langage de la joie, le rire qu'elles ont qui permet de... Mais tout ça en tout cas va droit au coeur de l'humanité, de celui qu'elles regardent, de celui avec lequel elles échangent. Et c'est ça qu'on voit.
et ça s 'exprime par de la joie en fait qui est manifestée. Parfois ça a été aussi des larmes parce que ça a remu quelque chose de tellement profond que les gens sont émus aux larmes mais c'est un mélange de joie et de quelque chose qui est chamboulé parce qu'elles sont capables d'aller mettre le doigt au plus beau de nous -mêmes en fait. Et...
Et c'est ça, j'ai vu que c'était des semeuses de joie. C 'était tellement évident que ça 'est venu tout d'un coup au milieu du voyage, je ne sais plus à quel moment. Et puis en fait, c'est devenu le titre du film et c'est devenu le nom que je leur ai donné.

AnBé (40:40.231)
Et tu peux expliquer pour les non -initiés ce concept qui est assez central de la joie justement, pourquoi ces méditations, cette vie de bouddhisme, on les a ancrés dans la joie et dans cette diffusion de joie en plus, c'est génial.

Caroline (40:58.026)
Alors là, je ne peux pas le dire sur un plan bouddhiste parce que je ne maîtrise pas forcément en fait leur philosophie. Enfin, en revanche, ce que moi je pense aujourd'hui, effectivement, il y a bien de choses différentes. La joie et le bonheur, ce n 'est pas tout à fait pareil. Le bonheur, c'est un état, un état que l'on arrive à atteindre ou que l'on choisit d'atteindre envers et contre tout. Et pour moi, la joie, c'est un langage.
Le rire est un outil mais la joie c'est un langage et parce que c'est un langage ça se travaille et ça se travaille de manière collective parce que comme toutes les langues c'est quelque chose pour communiquer donc c'est dans le collectif que ça se... et comme elles, elles ont cette capacité de... cette intelligence collective et cette capacité à...
dans leur collectif l'harmonie, c'est un travail au quotidien, c'est pas juste par simplicité ou par naïveté en réalité. Mais du coup, elles ont cette capacité aussi à être dans un état de bonheur peut -être plus que d'autres, mais aidant cet état de bonheur à pratiquer littéralement, c'est alors quelle est la poule, quelle est l'oeuf, mais à pratiquer ce langage de la joie aussi entre elles. Et c'est du coup un langage qu'elles maîtrisent avec une force incroyable et ce qui leur permet de partager
avec toute la générosité qui est une des premières valeurs fondamentales dans le bouddhisme, ce qui leur permet de partager leur bonheur et d'amener l'autre dans un état de bonheur aussi.

AnBé (42:31.495)
Si on parle justement de cette maîtrise de la joie qu'elles ont, un moment où elles t 'ont vraiment bluffé, où qu'on puisse comprendre un cas concret pour bien saisir ce que c'est cette joie qu'elles arrivent à vivre et à faire vivre visiblement.

Caroline (42:46.572)
Alors un cas concret, elle me demandait toujours de leur chanter une chanson. Alors moi je ne suis pas très très forte, je ne connais pas 36 milliards de chansons par coeur. Mais disons que j'avais réussi à avoir les paroles, et puis en plus à l'époque on n 'avait pas internet pour aller chercher des paroles tout de suite et je ne connaissais pas de paroles par coeur. Et chanter une chanson sans parole, c'est vite assez inintéressant pour l'autre. Et donc je leur avais chanté « Ne me quitte pas » de Jacques Brel.

AnBé (43:10.950)
Mmh. Mmh.

Caroline (43:11.948)
sauf que j'ai pu leur expliquer les paroles. Mais alors c'était excellent parce que je leur expliquais les paroles et en fait ça les faisait beaucoup rire. Parce que la histoire d'amour ça les fait plus rire qu'autre chose. Et puis en fait ces femmes prient. Elles prient le matin, elles sont là en train de prier, elles prient pendant des heures. Mais on pourrait penser que la prière, voilà, c'est extrêmement... Oula attention c'est sérieux. Donc la prière, il faut être sérieux, de bout en bout. Mais en fait c'est pas du tout comme ça.
au moment où elles sont en train de prier, elles y mettent mais alors toutes leurs intentions et pour avoir passé des heures et des heures et des heures à prier avec elles. C 'est bien ça que j'ai ressenti et que j'ai ressenti de manière collective. Mais la prière s 'arrête, c'est la pause. Instantanément, elles se marrent. Et elles se marrent quand je leur avais appris ne me quitte pas parce que du coup, il y en a une qui sort parce qu'il faut qu'elle aille chercher le thé. Donc elles étaient toutes là en train de faire ne me quitte pas parce qu'elles avaient bien compris la signification. Mais c'est extraordinaire quoi.

AnBé (44:10.856)
oui, oui.

Caroline (44:11.659)
C 'est là où, dans d'autres mondes, on s 'impose tellement de choses par ambition, par contrôle, etc. Pour plein de raisons, parfois bonnes et parfois moins bonnes. Et du coup, on s 'interdit cette joie. Alors qu'elle...

AnBé (44:18.569)
Mmh.

Caroline (44:27.339)
Le monde est déjà bien assez rude là où elles vivent. La sobriété, la rudesse, c'était poussé à l'extrême quand même dans cette vallée. Et donc les gens ne s 'en sont pas trop rajoutés. Et donc effectivement la joie, ça aide quand même à endurer cette sobriété, cette rudesse. Et puis elles avaient là -dessus cette liberté. Et personne n 'est venu leur dire, ou là, non mais ne ris pas, comme on pense au nom de la rose, attention le rire c'est dangereux, c'est terrible. Personne leur a dit ça. Elles ont un gourou direct, le Daé Lama, qui leur dit,

AnBé (44:41.833)
C 'est clair, hein ?

AnBé (44:51.593)
Oui, oui, oui, oui.

Caroline (44:57.246)
Rire, c'est important et qu'il y a un rire extrêmement communicatif. Donc voilà, elles n 'ont pas été polluées par cette peur du rire parce que ça ferait perdre le contrôle de...

AnBé (45:1.098)
oui, oui, oui.

AnBé (45:11.402)
Ouais, ouais, souvent je ris beaucoup quand je fais mes podcasts, je passe un temps fou au montage à couper mes rires parce que c'est très très souvent. Donc c'est vrai que j'en avais parlé avec Marianne Shaw qui a dit que non, là -bas le rire c'est assez omniprésent dans la culture aussi. Je me dis mais c'est vrai qu'en général quelqu'un qui rit beaucoup est perçu comme quelqu'un de moins intelligent dans notre culture, de moins serré, oui, de moins...

Caroline (45:16.619)
Ouais...

Caroline (45:22.199)
oui, oui, oui, c'est très omniprésent, ouais.

Caroline (45:30.284)
Moins sérieux !

AnBé (45:33.866)
Voilà, si t 'es gentil aussi c'est pas un compliment chez nous, tu te dis mais on a tellement à y perdre de ne pas rire...

Caroline (45:36.619)
Non !

Caroline (45:40.396)
Alors chez elle, être gentil c'est très honorable, rire c'est très très bon pour tout, pour la santé et pour le moral. Donc ça y 'a pas de...

AnBé (45:43.622)
Ouais, je vais déménager. J 'avais déjà dit à Marianne, je vais déménager. Non mais c'est vrai, c'est dommage, et ça fait tellement de bien de les voir, effectivement. Et on se disait qu'on voyait un temps documentaire, mais est -ce qu'elle a coupé pour prendre tous les passages où elle rigole, ou est -ce qu'elle se bidonne en permanence ces femmes qui ont l'air tellement épanouies ? Parce que ça rit. Ouais, aussi, pour alléger. Ouais.

Caroline (46:2.572)
Non, non, on se bidonne beaucoup.
Mais même dans les moments durs, c'est impressionnant.

AnBé (46:12.522)
Oui, c'est beau à voir et c'est vrai que le voyage... J 'ai pas eu le temps encore de voir les documentaires avec le voyage mais je vais continuer, même si l'épisode est fait, je vais continuer à regarder.

Caroline (46:20.045)
En fait je montre même pas tout. Si je montrais vraiment toute l'intensité des rires, je veux dire à l'image ça pourrait presque porter préjudice parce qu'on a zéro l'âme et elles -mêmes sont conscientes de ça. Rire entre nous, mais j'ai eu des fous rires avec elles, c'est inimaginable le nombre de fous rires que j'ai eu avec elles. Mais il faut en montrer un peu, mais si je montrais que ça on se dirait...

AnBé (46:36.554)
Mmh.

AnBé (46:43.658)
Mmh.

Caroline (46:48.654)
hiérarchie religieuse la première, on se dirait ou là. Il faut que ça reste dans le quotidien, dans la réalité. Il faut pas les réduire aux rires non plus, parce que c'est vraiment pas que ça.

AnBé (46:52.074)
Et pourtant, oui, oui, c'est...

AnBé (46:59.642)
Oui mais tout ça quand on dit c'est marrant ça... Bien sûr, bien sûr mais cette...
Oui, tout à fait. Mais c'est vrai qu'il y a eu un beau contraste entre cette légèreté où tu expliquais, j'ai entendu, je t 'ai entendu expliquer aussi que tu leur avais expliqué les défilés de mode à Paris et qu'elles se sont amusées à descendre au village en mode, en style défilé, en riant de bon cœur et d'un autre côté comme tu disais, cette profondeur de prière qui peut durer des heures et tu sens qu'elles ont beaucoup travaillé sur...
sur l'égo, sur la connexion, sur le... Donc non, elles sont très très loin spirituellement et en même temps elles savent garder une âme d'enfant et avoir ce plaisir tout simple et sans arrière -pensée quoi.

Caroline (47:39.726)
pragmatiques aussi. Elles doivent travailler, elles n 'ont pas un monde à leur service. Elles connaissent la réalité de la vie du quotidien.

AnBé (47:50.314)
Mm -hmm.

AnBé (47:54.377)
Tu parles beaucoup de cette notion du collectif, tu peux aussi me donner un exemple pour bien comprendre justement cette force du collectif qu'elles ont créé.

Caroline (48:2.946)
Alors des exemples, déjà elles ne fonctionnent même pas au début. Je disais elles ont un fonctionnement très démocratique. En fait ça va au -delà. Elles ont, elles, alors c'est à une petite échelle, mais elles ont un fonctionnement anarchique en réalité. Il n 'y a pas d'hierarchie entre elles.
Et ce qui est très intéressant dans leur... Ce sont des personnalités différentes. Elles sont toutes attachantes de manière individuelle. Certaines sont remarquables pour si, pour ça, enfin je veux dire, mais elles sont vraiment différentes. Mais il est très clair qu'ensemble, il y a quelque chose de plus. Et c'est ça, cette intelligence collective. Elles ont cette capacité, cette volonté aussi chaque jour réaffirmée littéralement de se servir, voilà, de...
du groupe de chacune pour faire quelque chose de plus qu'elle, de plus important qu'elle en tant qu'individu et de plus fort aussi. Et parce que c'est plus fort, c'est ça qui leur permet d'être plus forte individuellement, chacune dans leur humanité, dans cette incarnation des valeurs et dans cette capacité à gérer toutes les difficultés de la vie, les arrachements au bonheur, à gérer...
Il y a des choses qui peuvent, si tu ne sais pas les gérer, détruire ta propre humanité en fait. En tout cas la mettre très à mal. La colère, pour elle c'est un poison. Pour moi c'est d'abord un indicateur mais si tu le gères pas, c'est de l'énergie, il faut être capable de le canaliser si tu peux pas, ça peut faire beaucoup de dégâts. Et en fait je vois bien que chez elle, c'est collectivement parce que chacune prend une part.
de la colère de l'une à un moment donné. Et prendre une part c'est ne pas chercher à tout prix à avoir raison parce que c'est pas ça qui est important, toi en tant qu'individu messie, moi j'ai raison, toi t 'as tort.

Caroline (50:2.222)
C 'est là où cette intelligence collective leur permet justement de surmonter ça, de surmonter ce réflexe d'égo, de vouloir... Et en fait d'avancer et de surmonter pas mal de crises. Voilà, mais c'est ce qui les rend aussi plus à même de vivre le bonheur.
Parce que de la même manière, dans ces moments difficiles, moi je l'ai vu à la fin du film dans Scarlet Promesses de l'hiver, moi je suis toute seule à digérer, moi je plonge, alors qu'elles sont ensemble. Et pourtant on a tous vécu un choc, on a vécu quelque chose qui est assez... Mais pour elles, ensemble, c'est plus facile.

AnBé (50:41.192)
Mmh.
C 'est vrai qu'on a des leçons à prendre de ce côté -là. Ici, on a une société de plus en plus individualiste. On a beaucoup plus à y perdre qu'à y gagner. Oui, tout à fait. Après, bon, c'est vrai que...

Caroline (50:50.733)
On est trop vulnérables, on est trop faibles.

Caroline (50:56.877)
Elles ont une mémoire collective. 12 mémoires, c'est toujours plus puissant qu'une seule. C 'est clair. Elles sont riches de la diversité de chacune aussi.

AnBé (51:3.496)
Mm -hmm.

AnBé (51:9.769)
Oui, source de résilience, c'est beau, c'est très beau. Quelle est la belle leçon peut -être que tu as prise auprès d'elle ? Un truc qui est dans ton quotidien, tu dis ça, ça vient d'elle.

Caroline (51:22.509)
En fait le bonheur c'est un choix, c'est à dire que envers et contre tout, ce sera jamais parfait. Il n 'y a pas de la même manière que l'idéalisation, la perfection, c'est pas ça pour moi en tout cas, si ça l'est pour elle parce que l'éveil est une perfection pour elle, mais c'est tellement lointain qu'elles sont quand même pas dans...
de cette volonté de perfection en permanence mais parce que ça c'est dangereux d'une certaine manière mais mais mais de fait
C 'est d'abord une conscience, c'est d'abord un choix. C 'est -à -dire que peu importe ce qui t 'arrive, peu importe si les choses sont dures, etc. C 'est le seul choix véritable qu'on ait sur nous -mêmes. Je choisis, on verrait contre tout, d'être heureux plutôt que de 'énerver, plutôt que de pleurer, plutôt que d'abandonner, etc. Et je sais que ça, ça va me permettre potentiellement aussi de partager quelque chose d'utile.
et de bon pour l'autre. Et donc d'être avec l'autre et donc de ne pas être tout seul dans quelque chose qui à un moment donné peut faire énormément de mal à ma propre humanité et quand elle est vraiment très en souffrance, soit tu déprimes, soit tu finis par ne plus... Quand tu incarnes pas tes valeurs, c'est le bien commun que tu ne sers pas à la fin. Voir que tu détruis, tu fais tout pour détruire, moi j'ai jamais réussi à comprendre. J 'étais, on 'a emmené au...

AnBé (52:35.879)
Mmh.

AnBé (52:57.543)
Hmm.

Caroline (53:3.007)
je troute off quand j'étais toute jeune parce que je suis alsacienne et je comprenais pas. J 'avais une incompréhension totale. Je n 'arrivais pas à comprendre pourquoi des humains pouvaient faire ça parce que pour moi tu peux pas ne pas aimer les humains. Enfin je veux dire c'est nous, c'est moi, c'est mon genre. Je n 'arrivais pas à comprendre. Et si j'ai eu besoin de courir le monde c'est aussi parce que j'avais besoin de comprendre ça. Je n 'arrivais pas à comprendre.

AnBé (53:23.014)
Mmh.

AnBé (53:27.686)
Alors je trouve que la fois-temps pour une béossienne c'est un décant.

Caroline (53:31.629)
C 'est un camp de l'extermination nazi, oui, qui avait en Alsace, pardon. Donc là, j'avais vu, voilà, il y avait des chambres à gaz aussi, etc. C 'est beaucoup moins connu que c'est sûr que ceux qui ont... Voilà, non. Sur le front est, qu'Auschwitz ou d'autres. Mais il y a une deuxième chose que j'ai comprise aussi avec elle. C 'est à quel point le pouvoir est un problème. Et à quel point le pouvoir...

AnBé (53:33.910)
voilà, je connais moins celui -là. D 'accord.

AnBé (53:39.654)
Oui.

AnBé (53:43.238)
Oui oui, que les... je suis de Tacha ou tout ça, oui.

AnBé (53:51.078)
Mmh.

Caroline (53:58.190)
c'est, je crois, une corruption de l'âme. En revanche, attention à bien dissocier la notion parce que c'est ça qui n 'est pas évident. Avoir des responsabilités, endosser une responsabilité, endosser une autorité dans le cadre, dans un cadre défini. Moi, sur mon chantier, j'ai de l'autorité. Mais quand on est sur un terrain de foot, ce n 'est pas moi qui ai de l'autorité. J 'ai une responsabilité, mais quand on est...
dès que le chantier s 'arrête, je n 'ai plus de responsabilité face aux gens avec lesquels j'ai côtoyé pendant un moment. Donc il y a un cadre défini. Et cette notion de cadre, de limiter, de limitation, elle est très importante. Parce que la responsabilité de l'autorité, c'est très important. Je disais qu'elle est dans un fonctionnement anarchique, mais elles ont chacune des responsabilités, soit par une fonction qu'elles exercent en rotation, soit par naturellement, parce que la plus

AnBé (54:31.078)
Mmh.

Caroline (54:52.224)
elle a plus d'énergie, elle porte beaucoup plus, il y en a une elle est plus érudite sur le plan bouddhiste donc elle a naturellement une certaine forme d'autorité dans ce cadre là. Mais aucune n 'a jamais versé dans le pouvoir. Aucune n 'a jamais, jamais laissé le pouvoir quelque part la placer parce que c'est ça, une fois que tu as le pouvoir, tu considères que les autres sont inférieurs à toi.

AnBé (55:7.750)
...

AnBé (55:21.190)
Mmh mmh.

Caroline (55:21.294)
Ça ne te place plus du tout dans une échelle de complémentarité. Et ça, elles n 'ont jamais été corrompues par cette notion -là. Jamais.

AnBé (55:27.654)
Ok.

AnBé (55:32.846)
C 'est vrai que mon petit papa a toujours dit il faudrait donner le pouvoir à ceux qui n 'en veulent pas. Parce que sinon ceux qui accèdent au pouvoir c'est ceux qui veulent le pouvoir et c'est vraiment les personnes à qui il faudrait pas donner de pouvoir.

Caroline (55:45.526)
Il y a quand même des pays, je prends l'exemple de la Suisse par exemple, où la politique, il y a une certaine forme de pouvoir. Bien sûr, quand on a une certaine responsabilité, on a une forme de pouvoir. Mais elle est limitée, elle n 'est pas... Quand on se retrouve dans le pouvoir illimité, qui est une forme de...

AnBé (55:52.198)
Mmh.

Caroline (56:13.326)
quelque part de... comment dire, c'est l'illusion de ne plus être si vulnérable. Mais les gens qui ne lâchent plus le pouvoir et qui justement n 'acceptent pas que... Je disais en Suisse mais c'est parce qu'en fait, les politiques, on les connaît pas vraiment. En fait, c'est pas des stars, c'est pas des gens qui s 'accrochent pendant 50 ans ou même trucs. Ça fonctionne d'ailleurs pas comme ça quoi. Mais ça, c'est important. C 'est par rapport à des pays en Afrique où tu restes 40 ans, 50 ans.
pouvoir et où, et ça j'ai vécu dans certains...
Tant que le peuple t 'applaudit d'une certaine manière, tout ce qu'il a envie, il y a un consentement mutuel. Mais quand le peuple ne veut plus trop de toi, parce qu'en fait il se rend compte que ça commence à être trop, et puis qu'il faudrait changer, et puis etc. Et que toi tu t 'accroches, c'est là où tu verses dans le pouvoir illimité. Et c'est là où tu commences à faire des normes dégâts, parce que pour t 'accrocher au pouvoir, tu vas forcément devoir faire des choses contre tes valeurs. La corruption, etc. Sinon tu ne peux pas rester au pouvoir contre l'avis de toute la majorité autour de toi.
C 'est ça le problème en fait. À la rigueur, dans une nonnerie, tant que quelqu'un veut que tu restes être nonne, mais de manière très sincère, très... Voilà. Bon bah si tu restes 15 ans parce que tout le monde veut que tu restes, bah c'est pas forcément un problème, hein. Tant qu'effectivement, le jour où on te dit de partir, tu pars sans faire de manière et tu laisses effectivement, voilà, et tu acceptes qu'il y ait un cadre. Pour moi c'est un peu la notion de limiter, d'illimiter quoi. Et l'Ausenscar,

AnBé (57:18.774)
Hmm.

AnBé (57:24.518)
Mm -hmm.

AnBé (57:32.934)
Mmh.

AnBé (57:37.990)
Mmh.

AnBé (57:47.462)
Mmh.

Caroline (57:48.336)
dans un monde qui était limité à tout point de vue. Tu n 'avais pas 24 heures d'électricité, la rudesse était telle, et dans l'annonnerie, il n 'y a pas cette notion d'illimité aidant, alors que les monastères tibétains, attention, ça n 'a pas toujours été aussi honorable, ils se sont fait la guerre, il y a eu de grandes problématiques de pouvoir, etc.

AnBé (58:15.718)
Mmh.

Caroline (58:16.270)
Mais c'est vrai que les nonnes sont loin de ça. Et elles avaient ni l'illimité mentale, morale, ni l'illimité matérielle.

AnBé (58:19.014)
...

AnBé (58:25.454)
Oui.

Caroline (58:27.406)
ça leur donne une très très grande humilité face à la vie, face à l'autre, face à... Et cette humilité là, elle est très très belle quand même chez elle. Mais pour moi, dans tout ce que j'ai fait avec elle, il y a une différence entre être humble, l'humilité, mais être fort avec toi -même, être fort face au monde, parce qu'il y a une différence entre être soumis, entre subir...
et entre être humble et s 'adapter. Et moi je veux que ces femmes que je trouve remarquables puissent s 'adapter aux changements et ne pas les subir. Et je veux qu'elles soient respectueuses, qu'elles soient là, les renforcer dans leur chemin de vie, leur chemin de foi, qu'elles soient très fortes dans leur chemin de vie, dans leur chemin de foi, mais aussi face au monde mais effectivement pas soumises. Et ça c'est pas tout à fait la même chose quoi.

AnBé (59:1.862)
Mm -hmm.

AnBé (59:22.630)
Non, non, tout à fait. Être humble, c'est pas nécessairement se laisser marcher sur les pieds. On est bien d'accord. Et donc c'est vrai qu'à ce moment -là, on peut aussi souligner que... Je crois que tu as fait un très beau livre de photos dont les bénéfices vont justement à ce... Oups, pardon, à ce monastère. Donc ça vaut la peine d'être souligné. C 'est qu'elle... Oui.

Caroline (59:46.958)
Il s 'appelle Sommeuse de joie, c'est vraiment mon livre hommage à la beauté de ces femmes où j'ai eu la chance de travailler avec les photographeurs de Vincent Munier, la Panthère des neiges, donc une qualité d'impression remarquable parce que c'est vraiment très très beau.

AnBé (59:57.734)
Hmm.

AnBé (60:2.086)
Je vais l'observer.

Caroline (60:5.838)
et que j'ai pu faire à la faveur du temps que nous avait imposé ou offert la pandémie. C 'est selon les points de vue comme toujours. Parce que sinon, j'avais jamais eu le temps de faire ce travail photo. Et en fait, j'avais fait un petit album de souvenirs qui, pour moi, n 'est pas du tout travaillé. Du coup, je ne peux pas vendre ça. J 'avais imprimé à 100 euros l'unité pour nous, en fait. J 'avais fait ça sur Internet. Notre voyage souvenir, notre livre -album souvenir assez épais.

AnBé (60:12.262)
Oui ?

AnBé (60:30.214)
Naaaiiii

Caroline (60:35.792)
en Inde, puis du voyage en France. Mais je le mettais quand elles étaient là ou quand je faisais des conférences pour consultation. Mais enfin pour moi c'est pas travailler, c'est pas... C 'est pas beau. Si je dois donner quelque chose d'elle aux gens, je veux que ce soit beau, je veux que ce soit travaillé, je veux que ce soit impeccable, je veux que ce soit... Enfin c'est pas... Non, non, non, non...
notre petit album intime quoi. Mais les gens étaient prêts à l'acheter, j'en revenais pas. Donc j'avais compris qu'en fait ce qu'il voulait c'était avoir quelque chose d'elle.

AnBé (60:59.622)
Oui.

Caroline (61:9.872)
avoir un peu d'aile à la maison. Mais ça, c'est pas forcément l'écriture. L 'écriture, on raconte une histoire, mais les photographies, même s 'il y a de la pose, la prose, la poésie, j'ai écrit un petit peu pour poser une émotion sur une photographie ou une séquence de photographie. Mais c'est vraiment d'abord, voilà, ressentir leur beauté intérieure, extérieure, leur sourire, leur joie au travers de ce livre photo qui n 'est pas comme un film, qui est un objet qu'on peut ouvrir.
comme ça, t 'entends régulièrement juste le feuilleté puis là les sentir un peu plus près et puis je me suis rendu compte que c'était ça l'effet que ça faisait, c'est plutôt beau.

AnBé (61:50.886)
Ouais j'ai pu le voir un petit peu, il est magnifique donc voilà. Et en plus c'est pour une bonne cause donc faut surtout pas s 'en priver pour ceux que ça tenterait. Alors... Attends je regarde... Voilà. Ok. Une histoire des grandes exploratrices. Alors ça c'est le livre qui a fait que j'étais contactée. Un très chouette... très très chouette ouvrage. Très très très chouette.
Je me suis délectée. Donc il est là pour ceux qui regardent sur YouTube. Et donc j'ai adoré la préface, l'introduction que tu en as faite. Et ça va vraiment dans tous les sens des femmes pirates à Jane Goodall, à des premières viratrices.
Et puis les grandes dames de la mer, voilà ça va très haut, très bas dans le bon sens du terme. C 'était un très très très beau recueil et ça fait du bien de voir toutes ces femmes qu'effectivement l'histoire avait presque oublié pour certaines. Et j'ai une question de petite fille pour commencer la discussion. Tiens ça c'est celle d'Amandine. Bonjour Caroline, combien de femmes exploratrices connais-tu ?

Caroline (63:14.321)
Bonjour Amandine, qu'est ce que tu appelles connaître ? Tu veux dire connaître personnellement ou connaître parce que j'ai lu leur récit ou... je ne sais pas bien... Oui, ben connaître, maintenant j'en connais quand même un certain nombre parce que j'ai fait des recherches etc. Il y en a plein que je ne connaissais pas, il y en a quand même que certaines que je ne connaissais pas. Connaître personnellement...

AnBé (63:26.118)
bah écoute, on peut répondre aux deux hein !

Caroline (63:39.248)
J 'en connais quelques -unes, il faut qu'elles soient vivantes déjà. Mais j'en connais quelques -unes quand même des femmes que j'ai mis dans ce livre ou même que je cite dans l'introduction. J 'en connais certaines, ce qui est une grande joie et une grande chance.

AnBé (63:42.343)
Hehehehehe...

AnBé (63:55.014)
Et dans le livre, il y en a combien comme ça qui sont présentés ? Une cinquantaine, oui, oui. Ça en revient, oui, oui.

Caroline (63:57.487)
Il y en a une cinquantaine, je crois. C 'était un peu la seule condition parce que j'ai été très libre du choix. Et ce livre, on me l'a proposé. Donc c'est pas... On me l'a proposé un jour, comme ça, c'est arrivé dans ma boîte mail. Je me suis demandé si j'arriverais à faire cet exercice un peu contraint d'écriture. Moi qui avais écrit de manière assez libre jusque là. Et en fait, j'ai adoré faire ce livre. Et quand tu disais ça fait du bien, faire ce livre 'a fait un bien fou.

AnBé (64:4.776)
Mmh.

AnBé (64:22.855)
Mmh.

AnBé (64:27.144)
Mmh.

Caroline (64:27.343)
Je me suis, en fait, je me suis retrouvée dans toutes ces femmes. J 'ai forcément trouvé à minima quelque chose dans ce qu'elles sont, dans cette capacité de courage, dans cette capacité à repousser la peur, etc. Dans cette curiosité, cette volonté, cette endurance, dans ce...

Caroline (64:55.920)
Et j'ai un peu refait la lecture de ma vie en parallèle ou en écho, comme si elles me prenaient par la main un petit peu, en travaillant, en plongeant dans leur vie.

AnBé (65:6.408)
Neko en jeu déco !

Caroline (65:16.336)
Et moi qui ai passé une période un petit peu difficile et je me suis rendu compte qu'il y en a beaucoup qui avaient passé des périodes difficiles dans leur vie en fait en réalité tellement elles ont dû repousser les frontières et toutes les frontières, pas juste les frontières physiques, les frontières bien interdites aussi et que ça c'est jamais sans conséquence. J 'ai retrouvé en fait grâce à elles aussi vraiment le...

AnBé (65:28.166)
se battre tout le temps, ça a un prix.

Caroline (65:38.128)
à la fois l'enthousiasme, à la fois la force et le courage que j'avais à 20 ans qui 'a permis de faire tout ce que j'ai fait. Parce qu'on ne fait pas ça si on n 'a pas ça intrinsèquement en soi, à un degré quand même assez poussé. Et puis, j'ai pu, quand j'ai écrit, on 'a demandé de faire une longue intro, où je parle du coup, je fais mon portrait d'une certaine manière et...
mon choix, mon regard et mon choix, où j'explique un petit peu mes choix dans ce livre, je commence par parler du syndrome de l'imposteur. Et en fait, de l'avoir écrit, c'était terminé. C 'est ça qui était fou, c'est de l'avoir écrit, vraiment de l'avoir écrit et de l'avoir lâché dans quelque chose en plus qui est pas rien. Je parle de femmes extrêmement remarquables, j'aurais pu ne pas le dire en me disant, oula, non mais...

AnBé (66:16.712)
A oui.

Caroline (66:30.191)
C 'était fini, quoi. C 'était fini. J 'ai retrouvé une force incroyable derrière ce livre.

AnBé (66:31.593)
Mmh.
On va essayer, faut refaire l'intro, elle est plus vraie.

Caroline (66:37.871)
Non parce que je l'ai ressenti longtemps ce syndrome de l'imposteur parce que mais comme certaines on l'a ressenti forcément. Je parlais de la détestation de son propre genre. Il y a certaines femmes qui n 'étaient pas féministes et forcément heureuses d'être femmes parce qu'on leur empêche trop d'exprimer tout le potentiel qu'elles ont à l'intérieur d'elles.

AnBé (66:42.248)
Mmh.

AnBé (66:53.897)
Non.

AnBé (66:59.945)
...

Caroline (67:5.712)
En fait c'est ça, ces femmes à la base, je veux dire elles ont un potentiel hors norme. Parce qu'elles ont un intellect, j'ai réagi à Ruth Bell, elle fait des études brillantes, elle surpasse Laurence D 'Arabie. Pour en être là, il fallait qu'elles soient déjà largement meilleures au départ. Parce que justement sinon on leur permettait pas. Donc ces femmes sont soit brillantes pour certaines, soit elles ont une endurance, une force physique remarquable, elles ont une... Ouais...
une science morale extraordinaire, une curiosité. Elles ont forcément toute l'envie, tout le potentiel, à la fois dans le corps, dans le coeur et dans l'esprit. Mais voilà, il y a un monde dehors qui leur dit, non ça c'est pas pour toi, non ça c'est pas pour toi. Mais elles ont très bien compris que ça c'était extrêmement riche, extrêmement... comme Tachia Homo, une de mes nonnes...
une des plus érudites, une des plus âgées, celle qui à la fin du film dans Scarlet Promises dit des verbes, mais ça sert à quoi d'avoir plus ? Ça sert à quoi d'avoir plus ? Elle qui a un regard extraordinaire rempli de compassion, mais elle déteste son propre genre. Pourquoi ? Parce que cette femme, à 20 ans, elle avait tout compris. L 'éveil, c'est la chose la plus belle au monde et elle avait et l'intellect et l'envie et le courage et la notion d'effort, ça ne lui faisait pas peur, elle avait conscience de tous les efforts.
mais elle était prête à les faire pour aller dans cette voie. Et puis là, il y a tout un monde et tout un système qui dit, non toi tu restes là. Mais on n 'imagine pas, on n 'imagine pas ce que ça génère en fait de frustration, de... Et certaines vont transformer ça en humour, mais il y en a certaines qui finissent par finalement au fond d'elles -mêmes vraiment ne pas aimer leur propre genre quoi. Et c'est...

AnBé (68:39.591)
...

AnBé (68:43.142)
Mmh.

AnBé (68:49.927)
Mmh.

AnBé (68:56.807)
Je me souviens des discussions que j'avais eues en Thaïlande avec un moine qui parlait justement de tout ce que la vie du moine, etc. Je dis « Lémoniale, oui oui, il peut y en avoir, nous, tout le monde, pas dans tous les moments du bouddhisme, je dis, il peut y en avoir, il y a donc Edel, elles peuvent aussi atteindre à l'éveil, etc. »
Et puis un autre c'était carrément... non non, il n 'y a pas de monial, je dis oui mais comment les femmes font, alors elles peuvent atteindre l'éveil aussi. oui oui tout à fait, mais elles font comment puisque vous devez suivre trois milliards de règles et plein plein de rituels, de prières etc. Elles, soit elles sont très supérieures parce qu'elles y arrivent, hop c'est comme ça, toutes seules dans leur coin, soit... Oui, puis en fait, oui effectivement, on se rend bien compte en discutant un petit peu que oui effectivement l'éveil c'est très probablement pas pour les femmes, sauf si elles seraient incarnées en hommes dans l'incarnation prochaine, voilà.

Caroline (69:41.009)
Mais on voit bien que les exploratrices, en tout cas celles qu'on connaît, qui ont pu se permettre de laisser un héritage, parce qu'il faut laisser un héritage pour que le reste du monde, ce n 'est pas forcément nécessaire, mais pour que le reste du monde sache que vous existez, ce que vous avez fait, sans héritage, c'est à dire un livre, l'outil, photographie, film ou livre, mais sans outil...
Ben on peut pas, voilà le reste du monde ne peut pas et certaines, on sans doute fait des choses extraordinaires sans rien dire parce que justement c'était peut -être plus simple comme ça et on n 'en saura jamais rien. Mais toutes celles qu'on connaît effectivement, les victoriennes, je veux dire elles viennent toutes de familles très très riches en réalité. C 'était pas du tout, enfin c'était pas pour tout le monde. Déjà pour les hommes en règle générale, c'était rarement du monde pauvre aussi.

AnBé (70:6.918)
disparaître.

AnBé (70:23.750)
Oui.

AnBé (70:28.135)
Mmh.

AnBé (70:34.279)
Oui.

Caroline (70:34.705)
Mais pour les femmes encore moins.

AnBé (70:36.648)
Oui, tout à fait. Ça, il y a une injustice. C 'est vrai que ça donne envie de...
Pour même ! Les femmes, ça fait longtemps qu'elles... Ça n 'a pas encore énormément changé. Sur les grandes courses, il y a Isabelle Autissier qui a dans ton livre, qui disait qu'effectivement, on l'a très vite compris, qu'elle voulait faire des grandes courses au large. Il fallait que ce soit en solitaire, parce que se mettre dans une équipe avec des hommes, c'était quasi exclu. Et encore récemment, j'ai interviewé une mariquelle qui disait que c'était exactement la même chose. Je crois que ça a été dur, oui, en équipe pas toujours très bien acceptée. Bon, elle a les fortes têtes.
elle a un peu imposé sa féminité et tout ce que ça implique mais je faisais rembarrer aussi donc c'est pas encore pas gagné. Donc c'est ça que ces livres, ça fait du bien toutes ces fortes têtes qui tiennent tête à une société mais effectivement parfois il y en a qui ont terminé très petitement dans un grand essoufflement d'avoir dû se battre toute leur vie et justement mais je trouvais que ça amenait fort la deuxième question de ma petite fille qui 'a vraiment surpris je 'attendais pas je me dis mais d'où ça vient ça ?
Mais elle voulait absolument poser une deuxième question. Bonjour Caroline. Est -ce que tu as déjà voulu abandonner mais tu as quand même continué ? Je ne sais pas pourquoi elle s 'est mise comme ça, tout à coup, à vouloir te poser des questions de résilience. Mais c'était tellement juste. Je me dis, elle a vraiment bien compris l'épisode qu'on a préparé là avec toutes ces femmes qui ont été et tout. Je me dis, ouh la question importante.

Caroline (72:4.403)
Alors c'est assez marrant parce que en fait les moments où je ne suis pas bien, où je n 'ai pas été bien, où vraiment j'avais un sentiment d'échec dans ma vie, donc là c'est la notion d'abandon, d'abandonner etc. parce que c'est ça. C 'est pas du tout dans les moments où je suis en mode aventure, exploration etc. Enfin je veux dire c'est dans ces moments là, il y a quelque chose lié au mouvement, quelque chose lié à...

AnBé (72:17.960)
Mmh.

Caroline (72:34.035)
à l'action. Alors pendant mon voyage de deux ans, jamais, la question s 'est pas posée deux secondes quoi. Absolument jamais. Mais parce que quelque part, il y a une... voilà un but, un cap, il y a quelque chose qui fait que je sais pas, c'est beaucoup plus facile en fait d'avancer, de continuer à travers la tempête même.

AnBé (72:35.592)
Mmh.

AnBé (72:40.777)
Mmh.

AnBé (72:55.881)
...

Caroline (72:57.554)
Alors que quand on est sans projet, dans des moments où on n 'a pas un projet justement, des moments entre deux eaux, des moments où on est un peu là comme ça, c'est beaucoup plus facile là de plonger un petit peu et d'être... Mais dans l'épreuve... Et je pense à par exemple Claire Norstein, cette allemande qui fait la première le Tour du monde en automobile.
Mais les hommes abandonnent à côté d'elle.
ils abandonnent mais elle je pense qu'elle ne peut pas en fait ça caractérise quand même pas mal les explorateurs, les aventuriers c'est que la notion d'abandon tu la repousses aussi loin que la peur quoi mais parce que c'est viscéralement intrinsèquement ce que tu veux vivre et tu n 'abandonnes pas ce que tu veux vivre comme ça c'est beaucoup plus facile d'abandonner quand tu es au service d'eux etc et puis là tu dis il y en a marre quoi mais quand c'est intrinsèquement tu sais que tu vis ce que tu

AnBé (73:41.960)
Mmh.

AnBé (73:47.848)
Mmh.
Mmmh...

Caroline (74:0.549)
Je pense que la notion d'abandon, elle n 'est pas du tout la même.

AnBé (74:5.672)
Donc toi, les notions de cette volonté d'abandon, il est plutôt arrivé entre deux projets ou quand un projet à construire était trop lourd ?

Caroline (74:14.035)
Non, entre deux projets, quand je sais vraiment pourquoi je fais un projet, je vais pas lâcher si facilement quand même. Mais il faut que je sache pourquoi je le fais. En fait, c'est ça qui est très important, c'est qu'il faut savoir pourquoi. Si tu sais pas pourquoi tu fais quelque chose, en tout cas moi là j'abandonne très facilement. Je sais pas pourquoi je fais mais genre là ouais, mais si je sais vraiment pourquoi je veux faire quelque chose...

AnBé (74:22.792)
Mmh.

AnBé (74:26.215)
Voilà.

AnBé (74:30.887)
Mmh.

AnBé (74:35.304)
Ça devient le pourquoi je 'impose tout ça quoi.

Caroline (74:42.867)
je sais qu'elle sent ça dans ma vie ou dans celle d'autres notamment, avec Lennon, là je déplace des montagnes vraiment, c'est assez fou quoi. Ça peut être assez étonnant de voir, de voir cette force et de voir cette contre -force, l'écart, le grand écart qu'il peut y avoir parfois du coup.

AnBé (74:57.575)
Mmh.

AnBé (75:1.640)
Oui, oui, super, je crois que ça va être une belle réponse. Et du coup, on va prendre un peu de recul pour des questions un peu plus générales que j'aime bien poser aux personnes. Peut -être une un peu plus marrante pour commencer. Quel est l'objet indispensable pour toi dans toute aventure ? Quel est le truc sur lequel tu ne voudrais pas partir ?

Caroline (75:24.051)
Ça c'est la question où tu vas réfléchir longtemps pour trouver un truc super intelligent mais la réalité c'est que dans le monde actuel tu peux pas partir sans ton passeport. Soit si on est pragmatique tu passes pas de frontière sans ton passeport à part un peu l'Europe mais au -delà de ça tu... Voilà. Et je dis ça parce que les nonnes je les ai emmenés dans leur propre pays, ils avaient pas besoin de papiers. Mais au -delà, bah sans passeport je pouvais pas les emmener chez moi juste parce que j'en avais envie quoi.

AnBé (75:53.234)
J 'ai eu des réponses parfois très très marrantes de choses, soit bien réfléchies, soit... mon oreiller gonflable. Jamais sans mon oreiller gonflable. C 'est une chose comme ça, ça part pas. Rigolo. Quel est le fail, quel est l'échec qui t 'as le plus appris ? L 'échec formateur.

Caroline (76:21.491)
Alors ce que je pourrais considérer comme un échec très formateur c'est un voyage tout récent que nous avons fait en Antarctique.
Voilà, avec des personnalités un petit peu connues dans le monde de l'aventure, de la photographie, ou voilà... Nous étions un groupe assez hétéroclite. Et...
C 'était intéressant parce qu'on n 'avait pas forcément de points communs apparents. Et il y a toute une histoire autour d'un film que celui qui construit cette expédition rêve de faire. C 'est la raison fondamentale. Moi je l'ai ressenti dès le départ et je sais que d'autres membres de l'expédition comme Mathieu Tordor, enfin moi je suis convaincue qu'il le savait aussi au départ.
Mais voilà, comme ce chef d'expédition, on n 'a pas su jouer son rôle de chef. C 'est ça qui est très intéressant. Parce que moi, ce qui 'intéressait, c'était justement d'approfondir ce notion d'intelligence collective. Où on était là, non pas comme les non des gens, des personnes avec un but commun, avec une sensibilité commune. Donc ça va matcher sans avoir à faire d'efforts. Là, c'était intéressant parce qu'on n 'était pas forcément avec des ambitions communes. Et en fait,
tu ne pars pas comme ça dans une expédition si tu ne dessines pas ou si tu ne... si il n 'y a pas un... pardon... si... voilà une expédition comme ça en fait c'est très important d'avoir un but commun ou alors on est chacun en tourisme, chacun... mais ce n 'était pas ça qu'on voulait être et ce n 'est pas ça qu'on a essayé de montrer à...

AnBé (78:2.601)
Hmm...

Caroline (78:8.692)
15 000, 16 000 scolaires qui nous ont suivis, etc. Et donc moi j'ai du mal avec cette distorsion de la réalité pour plaire à ton public ou à... Voilà, pour faire genre. Et en fait ça a été très difficile parce qu'on s 'est retrouvé, les choses ont explosé dès le départ en arrivant sur le bateau, parce que...
le chef d'expédition n 'avait pas joué son rôle de chef, n 'avait pas imposé les règles, le but commun. Et là j'ai compris à quel point une intelligence collective, oui mais il faut un leadership ou un but commun. Un leadership capable d'amener vers le but commun ou alors un but commun naturel effectivement. Mais tu ne peux pas dire à chacun...

AnBé (78:43.123)
Oui.

Caroline (78:54.419)
chacun a dit non mais tu fais ce que tu veux comme tu veux etc et puis en fait en réalité c'était pas ce que tu voulais en réalité tu voulais quelque chose et puis tu manipule les uns les autres et le film a été un élément de clivage très fort mais ce qui est intéressant c'est que là où certains membres de l'équipage n 'ont absolument pas lâché
Moi j'ai eu à lâcher prise parce que moi on 'avait fait peser sur mes épaules la volonté de ce film, faire ce film. Et en fait cet exercice de lâcher prise que je n 'avais jamais vraiment fait quand je 'engage sur quelque chose, quand je me lance sur quelque chose, je vais au bout en général. C 'est justement ce qui fait notre force aussi un petit peu...
Et là j'ai vraiment dû faire quelque chose qui a été assez violent pour moi dans un cadre confiné, un bateau de moi en Antarctique. Mais ça a été très enrichissant, très enrichissant mais pas du tout comme je l'imaginais. Et ça a été à la fois violent.

AnBé (79:44.843)
Ouais je me souviens de cet expert, ouais. Je les suis de très loin mais...

AnBé (79:54.891)
Mmh.

Caroline (79:55.827)
Mais justement, c'est une forme d'échec derrière laquelle, parce que tu bouges, et je pense que j'ai plus appris que par exemple ceux qui ne sont pas sortis de leur cadre et de leur volonté intrinsèque à ce qu'ils attendaient de ce voyage.

AnBé (80:14.090)
Mm -hmm.

AnBé (80:19.179)
Lâche les attentes. Ouais. Un exercice pratique imprévu. Et le succès dont tu es le plus fier.

Caroline (80:32.243)
...

AnBé (80:36.267)
Hum hum.

Caroline (80:37.011)
Le succès dont je suis le plus fière, c'est ce dont je suis la plus... ce qui est vraiment une richesse inouïe dans ma vie.
C 'est cette histoire avec les sommeuses de joie. C 'est une histoire de vie longue, d'immersion, d'engagement. C 'est quelque chose où ça a dépassé tout ce que je pouvais, tout mon entendement aussi. Et je contrôle pas tout parce que justement on est tellement intimement liés aujourd'hui qu'on se trébuche ensemble, on se relève ensemble, on avance ensemble, on affronte ensemble, on réfléchit ensemble, on se questionne. Et en même temps, on s 'est énormément apporté mutuellement et au -delà de ça.
s 'apporter mutuellement en les partageant au monde, je mesure qu'en fait l'impact a été énorme et nous a dépassé mais c'est là où ça a été quand même quelque chose d'une densité, d'une intensité à vivre assez exceptionnelle.

AnBé (81:38.602)
Ouais, c'est une merveilleuse histoire qui n 'est pas finie. C 'est vraiment chouette, c'est vrai. Tout le monde te demande d'ailleurs quoi que tu as, et tiens comment vont tes amis Nonne ? Comment ça va là -bas ? C 'est vrai que ça fait partie. Est-tu en contact permanent avec elle en fait ?

Caroline (81:55.444)
Oui, oui, après on ne s 'appelle pas tous les deux jours et tous les jours et je veux dire parce que effectivement, parce que moi je veux dire quand on... En fait ce que je... J 'ai la chance, c'est -à -dire que je ne peux pas les laisser tomber aujourd'hui, voilà, c'est une responsabilité, c'est quelque chose qui ne sait pas, c'est comme avoir des enfants, tu ne peux pas dire du jour au lendemain, bon maintenant j'en ai marre en fait, allez ciao.

AnBé (81:57.833)
Non.

AnBé (82:17.128)
Mmh.

Caroline (82:19.540)
Et en même temps, elles sont grandes, elles ont pas besoin de moi toutes les deux secondes, elles ont pas besoin de 'appeler pour me dire on fait quoi, etc. Elles ont leur vie, elles ont leur vie en main. Enfin c'est pas... Donc c'est parce que parce qu'il s 'agit pas de vivre... C 'est pas forcément non plus toujours bon, je pense, de vivre par procuration à distance. Moi j'aime être quelque part, quand je suis quelque part, être pleinement là.

AnBé (82:27.376)
Oui oui oui oui.

AnBé (82:38.825)
Hum. Hum.

AnBé (82:45.129)
Mmh.

Caroline (82:46.068)
mais pas du coup, dès que je suis ailleurs, appeler tous les deux jours parce que j'aimerais être là -bas et qu'en fait, voilà, donc on s 'appelle parce que le lien reste de toute façon, puis ce soir et etc. Mais je n 'aime pas trop vivre par procuration. Je suis... Je sais que c'est un bout de ma vie, c'est littéralement un bout de ma vie.
Mais je veux pas penser à ça du matin au soir non plus quand je suis pas là -bas parce qu'en fait c'est pas très bon. Non, c'est pas forcément très très bon en fait. Faut pouvoir vivre tout ce que tu vis là où tu es pleinement quoi. Sinon... Ouais. Puis je peux pas, j'ai pas fait ce choix et d'être là -bas tout le temps quoi. Parce que j'ai pas voulu non plus me couper de tout ce qui 'enrichit ici aussi.

AnBé (83:13.930)
constructif. Non non non non. Bah donc tu prévois des séjours réguliers. Oui. Lètre. Oui. Vivre l'instant.

AnBé (83:28.873)
Mmh.

AnBé (83:36.074)
Super. Qu 'est -ce que tu aimerais pouvoir te dire quand tu auras 102 ans, soyons optimiste, en regardant en arrière ?

Caroline (83:53.523)
pouvoir me dire que j'ai pas trop de regrets, que j'ai pas à me plaindre, que c'était quand même bien la vie. Qu 'elle 'a quand même sacrément gâtée.

AnBé (84:1.898)
Hehehehehe...

AnBé (84:7.082)
ça me paraît être un bon plan. Est -ce qu'il y a une citation qui t 'inspire ou une histoire qui te motive ? Moi des citations dans ton livre j'en ai trouvé plein, que j'ai entourées, soulignées.

Caroline (84:15.380)
Alors oui, alors... Ouais. Alors si tu me les demandes de... Si, si, il faut les réciter par cœur, j'en suis incapable donc... Mais il y en a une en particulier. On 'avait offert une carte, je me souviens, mes collègues en fait, quand j'étais partie pour travailler avec le CICR justement d'ailleurs. C 'était une situation de colette qui disait, faites des bêtises mais faites -les avec enthousiasme. Et je trouve que c'est jamais aussi important. Ça n 'a jamais été aussi important.

AnBé (84:22.891)
Non, non, mais j'espère bien ! Sinon, on n 'a pas fini. Oui ?

AnBé (84:33.131)
Mmh.

AnBé (84:39.051)
Mmh -hmm.

AnBé (84:45.354)
Hum... J 'ai toujours une petite histoire de ne pas trop se prendre au sérieux non plus, de ne pas laisser l'égo et les envies de perfection, d'avoir une image parfaite, guider ses choix. Oui c'est une chouette, c'est vrai, c'est très chouette. Alors est -ce qu'il y a une question que je ne t 'ai pas posé, que tu aurais aimé que je te pose ? ça c'est dommage, on n 'en a pas parlé pourtant c'était... Je veux juste être sûre qu'on a pu aborder...

Caroline (85:9.300)
Non je sais pas non après je sais pas après ce que tu veux parler de... Ouais...

AnBé (85:15.946)
Je 'y couperai, je mettrai aussi des passages du livre, j'expliquerai un peu plus en détails les différents parcours des anciens voyages, donc j'ai t 'offré un petit peu les choses de ce côté -là, mais je me dis « Mathieu, j'aurais bien voulu couper ».

Caroline (85:26.483)
peut -être, je sais pas si tu voulais parler de l'association, de toute cette notion de... Ouais.

AnBé (85:30.858)
Oui très bonne idée. Voilà on peut parler de... Mais parle -nous avec grand plaisir de cette association qui te tient à coeur.

Caroline (85:41.203)
Mais en fait, l'association, c'est vraiment pas quelque chose que j'ai commencé tout de suite en arrivant là -bas. Dans l'acrologie de notre histoire, de vie...
je fais un voyage, je les rencontre, je fais une promesse, je reviens vous voir dans les deux ans qui suivent. Parce que vraiment, j'ai conscience que si je dis je reviendrai vous voir, ça n 'arrivera jamais parce que le temps il reprend bien, plus vite encore que la foravière, je sais, c'est droit. Et vraiment ma promesse était très précise, quoi, et je l'ai tenue. Et puis, des années après, j'en fais une deuxième, les emmener en Inde, et puis à ce film. Et puis en fait, il y a une école qui ouvre, une école primaire qui ouvre et qui est vraiment un enjeu de survie de l'anonnerie.

AnBé (86:6.089)
C 'est la foi.

Caroline (86:21.653)
Et là je me suis retrouvée à faire une association pour partager un peu les bénéfices, les retombées possibles grâce au film qui est un outil de partage de communication extrêmement efficace.
mais on se retournait vraiment en fait à porter le film alors qu'on avait la construction de l'école parce que ça s 'était pris en charge par personne ni par ceux qui gèrent l'école ou les salaires des profs.
Et là, je suis rentrée dans une phase qu'on peut appeler le développement. C 'est -à -dire qu'on n 'est plus dans... Je fais une promesse honnête, je vous emmène découvrir l'Inde, c'est pour vous rendre tout ce que j'ai reçu...
c'est l'envie de vous faire un cadeau, c'est moi qui assume financièrement ce voyage et je ne demanderai à personne parce que je sais que c'est jamais gratuit. Et puis il fallait que j'en assume toute la responsabilité, l'impact, les risques et c'était très important. Mais dans le développement, on est dans une toute autre phase. Parce que l'enjeu, ce n 'est pas l'argent. Je peux ramener des millions à l'annonnerie.
s 'il n 'y a pas d'évolution de mentalité locale, ça ne servira à rien. Ça peut très facilement être du gâchis. Dans un monde où il y a de la corruption endémique ou n 'importe quel projet du gouvernement, 50%, je veux dire, était jusque là... Voilà... Utilisé non pas dans le projet. C 'est une vraie problématique et l'enjeu c'est bel et bien...

AnBé (87:40.618)
...

Caroline (88:3.667)
l'évolution des mentalités locales. L 'argent doit être un outil, c'est un outil très utile, un outil qui permet de faire beaucoup de choses, qui est parfois nécessaire dans un monde marchand de tout.

AnBé (88:12.075)
Mmh.

Caroline (88:18.259)
marchandise tout, mais ce n 'est pas une finalité en soi. La finalité, si on veut parler de survie de la nonnerie et de pérennité de la nonnerie dans le temps, c'est quoi ? C 'est... J 'ai reçu cette nonnerie, c'est un héritage ancestral, culturel, de sagesse, de culture tibétaine. Mais c'est pas le mien, c'est d'abord le leur, c'est d'abord celui des villageois. La nonnerie appartient aux villageois.

AnBé (88:46.316)
Mmh.

Caroline (88:48.213)
c'est leurs croyants, c'est eux qui ont besoin de nonnes, de rituels, etc. de ces pratiques -là dans leur quotidien, dans leurs pratiques de la foi, de la religion, etc. Donc c'est eux qui les premiers doivent accorder la juste valeur à l'instant T à leur nonnerie et cette valeur évolue au fur et à mesure du temps. Ils ne doivent pas rester dans une évidence qui l'était parce que personne se posait la question mais les nonneries n 'avaient rien à faire.
Il n 'y a absolument rien comme ressource comparé aux monastères qui sont déjà deux bases riches de terre par exemple, dans un monde où la terre était l'essentiel. Et ça ne choquait jamais personne. La réincarnation masculine super la réincarnation féminine, ok, mais ça place une échelle. Donc...

AnBé (89:26.603)
Mm -hmm.

Caroline (89:36.563)
s 'ils ne veulent pas que la nonnerie meure, c'est à eux de se dire quelle est la valeur, quelle est la vraie valeur de cette nonnerie pour qu'elle continue à semer ce qu'elle est capable de faire. C 'est à eux de se rendre compte de ça. Et donc l'argent...
construit doit s 'inscrire dans une dynamique collective. Tout ça ne doit pas reposer sur les épaules d'une seule personne. Ce serait une erreur fondamentale justement parce que c'est une prise de conscience collective. Ça ne peut pas se faire si il y a une seule personne qui évolue, ça ne sert à rien. Il faut que ce soit collectif. Il faut qu'il y ait quelqu'une d'intelligence collective qui s 'élève au dessus des avis plus ou moins...

AnBé (90:3.213)
Mm -hmm.

AnBé (90:14.764)
Hum.

Caroline (90:25.619)
des individus quoi. Et c'est ça l'enjeu. Et donc là, l'association, c'est vraiment ça. C 'est pas pour moi de faire de cette nonnerie un truc super riche à l'avenir, de faire... C 'est vraiment tout simplement, et c'est dans tout ce qu'on a fait, à la fois le voyage, à la fois aujourd'hui l'association, construire un réservoir d'eau, réparer le febain, construire l'école, etc. C 'est ancrer la nonnerie dans son temps et nous permettre, leur permettre,
de s 'adapter plutôt que de subir justement face à un monde qui dans sa rapidité de changement est aussi de plus en plus brutal de par cette vitesse qui s 'accélère justement des changements.

AnBé (90:58.764)
Mmh. Mmh.

AnBé (91:9.707)
Hmm.
C 'était chouette aussi de voir que le voyage leur avait permis d'être un peu plus au fait de ce qu'ils vivaient en dehors de leur village, que certaines n 'avaient jamais quitté. Et donc justement, comme il y a cette route maintenant qui arrive au village, qui va justement amener un flux beaucoup plus important de visiteurs, qui viennent sans doute aussi de plus loin, qu'elles puissent ne pas être complètement perdues, mais qu'elles aient justement ces différents ailleurs en tête, et qui va leur permettre sans doute d'appréhender quand cet ailleurs revient jusqu'à chez elles.
Mmh.

Caroline (91:41.235)
Oui, oui, alors il y avait déjà une piste, mais disons que là il y en a deux nouvelles, il y a internet, enfin là ça, ça, ça, vraiment ça se... Ouais, et au -delà de cet... Voilà, un cadre que l'on prédéfinit pour toi, en tant que femme, en tant qu'un homme, en tant que peu importe, par rapport à ton... à ta religion, à tout système qui te domine, qui te gouverne, par rapport à...

AnBé (91:47.690)
exponentielle.

Caroline (92:8.691)
ta culture, etc. C 'est aussi un cadre dans lequel il y a une certaine notion peur. C 'est sur la peur qu'on manipule les autres. Et c'est ça qui est très intéressant avec les exploratrices, explorateurs aussi, mais les exploratrices en l'occurrence puisqu'on parle de femmes, qui ont à bouger les lignes un peu plus parce qu'elles sont en bas.

AnBé (92:28.843)
Mmh.

Caroline (92:29.267)
d'une certaine échelle en tout cas, c'est ce curseur de la peur. Et moi j'ai vu mes amis, mais repousser la peur naturellement au travers de tout ce qu'on a vécu, en fait très très loin. Et c'est ça qui les rend plus fortes. Parce que si tu as peur, tu te soumets, je veux dire, tu...

AnBé (92:32.010)
Mm -hmm.

AnBé (92:44.490)
...

Caroline (92:52.243)
Rien que par exemple le fleuve gelé, on fait le fleuve gelé dans ce premier voyage en Inde. La plupart ne l'avaient jamais vu.
Mais l'hiver d'après je reviens parce que je dois encore filmer, je repasse encore tout un hiver à l'annonnerie. Et puis en fait je n 'ai rien demandé, mais d'elle -même, après le voyage qu'on a fait, d'elle -même il y en a certaines qui ont dit, puis elles ont décidé ensemble, tout ensemble, mais du coup certaines ont dit ok nous on y va, ben on va chercher Caroline, ben on va refaire le fleuve gelé, ben non mais on va avec les hommes du village quand ils y vont, là on les suit, et puis on va chercher Caro et on revient avec Caro. Comme ça on l'aide à porter, comme ça elle a besoin de payer un porteur, etc.
C 'était extraordinaire. Alors que les femmes ne faisaient pas ou quasiment pas le fleuve gelé, les nonnes encore moins. Je veux dire à cette époque quoi et avant ça. Et là c'était fabuleux parce qu'il y a une matière du village qui dit non quand même non le fleuve gelé non non mais c'est quand même dangereux.

AnBé (93:31.723)
Mmh.

AnBé (93:36.505)
Mm -hmm.

Caroline (93:46.515)
Non mais les hommes vont s 'en occuper, puis elles ne sont pas dupes, elles savent très bien qu'ils ont autre chose à faire, en l'occurrence, aller chercher des groupes et de l'argent. Et une autre partie du villageois qui a dit, non mais après tout ce qu'elle a fait pour vous, quand même, non mais allez -y, allez -y quoi. Mais peu importe, il y a un débat.

AnBé (93:53.452)
Hmm.

Caroline (94:3.891)
Et elles l'emportent parce que finalement, en le faisant, le débat est clos et elles ont gagné. Et demain, on me dira plus jamais, non vous n 'avez pas le droit d'y aller. C 'est ça qui change quoi. Sans avoir fait de combat. C 'est extraordinaire.

AnBé (94:12.204)
Mmh.
Oui. Oui, oui. On a vraiment envie de les connaître, ces petits bouts de femmes là. Elles sont très inspirantes, oui. Quelle est ton activité du moment ou tes projets futurs ?

Caroline (94:28.595)
Alors actuellement, je suis de nouveau... J 'aime bien parce qu'on me dit souvent, mais tu travailles encore dans ton domaine d'ingénierie ? Et ben oui, oui en fait, je n 'ai jamais eu envie de faire de choix. Je sais juste que je peux pas tout faire en même temps, mais dans le fond, je suis comme n 'importe quel être humain, si je pouvais tout avoir, je 'emmerquerais à tout avoir, et en plus des enfants, et en plus des animaux, et en plus... Parce que j'aime tout en fait, mais j'ai conscience qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre, mais néanmoins...

AnBé (94:40.268)
Mmh.

Caroline (94:58.006)
Pour moi dans ma vie en tout cas je mesure combien c'est une richesse de pouvoir faire des chantiers, d'être dans un monde qui n 'a rien à voir avec le monde artistique, avec ma vie aux enscares. Mais c'est cette confrontation de monde en apparence très désolée les uns les autres qui je trouve est extrêmement enrichissante. Et je pense pour moi que c'est vraiment d'avoir une chance. Après je peux pas tout faire en même temps mais j'ai la chance aujourd'hui après des années d'absence dans...
de pouvoir retourner sur un chantier. Et ça fait du bien, parce que c'est à chaque fois de nouveau autre chose et je me nourris des expériences précédentes pour être toujours un peu plus forte et plus forte dans mes valeurs et dans mes convictions, en faisant face, en étant professionnelle, en étant efficace, mais en faisant face à un monde qui est extrêmement formaté, qui est extrêmement sclérosé, où la peur, justement, la peur, voilà, planque tout le monde derrière les contrats, le contractuel, etc. Parce que, finalement,

AnBé (95:33.324)
...

Caroline (95:58.407)
finalement soit par peur face à ses ambitions, peur de...
parce qu'on n 'a pas les niveaux compétences pour mais ça c'est plus acceptable d'une certaine manière mais c'est incroyable et en fait ça marche pas rien de marche parce que la vie c'est pas un contrat la vie c'est pas un chemin que tu peux écrire c'est comme dans le monde du documentaire on veut de plus en plus tout avoir écrit avant mais c'est justement l'opposé de la fiction c'est le documentaire c'est Marianne qui 'a enseigné ça fait confiance à la vie fait confiance à la vie la vie est tellement riche que de toute façon elle te donnera
tout ce qu'il faut pour mais il faut pouvoir faire, il faut pouvoir s 'adapter, il faut pouvoir prendre des décisions, il faut pouvoir si tu deviens incapable de faire ça, tu peux plus rien faire. Donc je me rends compte à quel point et puis ça me rend plus forte par rapport à tout ce que je vis par passion et avec passion parce que ça me donne aussi une autonomie financière, parce que là c'est des mondes...

AnBé (96:45.355)
Mmh.

Caroline (97:0.438)
C 'est forcément pareil, le monde des chantiers est extrêmement rude et frontal, je veux dire on ne te permet aucune faiblesse mais les choses elles sont très frontales, on te les dit sans faire des détours, sans parler de valeur, le monde de la culture par exemple est incroyablement hypocrite parfois où on se gosse de beaucoup de valeurs, mais en fait il y a des enjeux financiers énormes et on s 'écharpe à un tour de bras.

AnBé (97:29.034)
...

Caroline (97:29.078)
Et donc c'est assez drôle parce que c'est pas comme ça que je l'imaginais et en fait finalement, voilà, c'est... Donc c'est vraiment intéressant de la même manière que je peux me retrouver à la table entouré de gens corrompus alors que je peux passer un moment...

AnBé (97:36.039)
Du coup c'est chaud d'avoir un pied des deux côtés.

Caroline (97:47.926)
des femmes qui sont quasi, enfin, qui sont incorruptibles et dans leur cœur et dans leur porte -monnaie, qui sont généreuses, qui... Mais c'est ça qui me donne la force d'amener quelque chose, justement, que ces gens -là ne sont pas capables d'avoir ou de faire aussi. Et la différence, elle se fait là aussi. C 'est ça, les combats, c'est ne rien lâcher. Voilà.

AnBé (97:52.842)
Mmh.

AnBé (97:57.130)
...

AnBé (98:2.922)
Hmm. Hmm.

AnBé (98:8.414)
Rien lâché, tout à fait. Donc ton actualité projet futur, c'est ce chantier, point de vue professionnel. Et sinon il y a d'autres documentaires en vue, des envies de ce côté -là.

Caroline (98:17.750)
Je suis au Gabon, ouais. Je suis au Gabon actuellement.

Caroline (98:23.542)
Pas tout de suite, là je suis depuis pas si longtemps que ça au gabon donc vraiment là ça a été le temps de l'immersion, prendre ça en main, essayer de remettre ça un petit peu sur les rails et puis...

Caroline (98:39.862)
à mener à la nonnerie après quelques années aussi où la pandémie ne nous a pas permis forcément mais où il fallait aussi un peu digérer toute l'intensité de tous les projets que nous avons menés ces dernières années. Et puis pour le reste ça va venir quand ce sera le moment.

AnBé (98:59.210)
D 'accord, plus de livres en cours ou... voilà, c'est ça, c'est le prochain livre. formidable, quelle bonne nouvelle. il y a une question que j'ai oubliée, c'est quoi les ingrédients pour réussir sa vie et vivre ses rêves ? Mais tu viens de dire ne rien lâcher, c'est peut -être ça.

Caroline (98:59.990)
Mais il y aura une suite à Éclate Cristal, ça finira. La matière et les personnages, tout est là, donc ça, il faudra que...

Caroline (99:19.190)
Il faut faire confiance à la vie, déjà. Faire confiance à son humanité. Et puis s 'entourer des bonnes personnes. Tout ce qui te fait du mal ou qui te veut du mal, il faut essayer de le maintenir avec certaines distances. Parfois, c'est juste parce que c'est pas le moment, t 'es pas capable de faire le lien ou de trucs. Parfois, c'est une question de timing, parfois, mais...

AnBé (99:20.809)
Faire confiance.

AnBé (99:28.265)
N 'n 'n 'n 'n'

AnBé (99:37.610)
d'instance.

Caroline (99:49.366)
On a une capacité d'endurance, de résilience, mais il ne faut pas se surestimer quand même. On a besoin d'être aimés, on a besoin d'être encouragés, on a besoin d'être inspirés, on a besoin de tout ça. Et là, il n 'y a pas d'exception, je crois.

AnBé (99:54.602)
Mmh. Alright.

AnBé (100:3.464)
Oui oui oui.
C 'est le secret pour aller loin, c'est d'être bien entouré. On dit selon va vite.

Caroline (100:8.951)
Mais, mais, il y a une chose, et là je dois dire que je remercie Jérémy Villet sur notre bateau en Antarctique. Une chose essentielle que j'avais un petit peu perdue dans les moments difficiles justement. Et c'est normal, c'est la capacité d'émerveillement en fait.

AnBé (100:25.321)
Mmmh...

Caroline (100:26.678)
C 'est essentiel, il faut pouvoir... Mes amis se sont émerveillés de tout quand je les ai emmenés découvrir l'Inde et la France. Et je me suis nourrie de leur émerveillement. C 'était extraordinaire. Mais l'émerveillement est essentiel, essentiel.

AnBé (100:43.921)
C 'est une notion qui revient souvent dans les personnes de l'interview et j'adore, je trouve ça aussi que c'est complètement fondamental. Donc pour te suivre, si on veut te retrouver, je pense te boit tuer un site qui est assez complet, un site internet. Je ne sais pas si tu es très réseau sociaux. J 'ai comme un gros doute là.

Caroline (101:1.390)
J 'ai une page Facebook et j'ai un compte Instagram, si, si, mais c'est vrai que je suis pas forcément totalement de cette génération absolue et je n 'y suis pas tous les jours. En tout cas en ce moment pas parce que je suis hors réseau et je n 'ai même pas accès aux réseaux sociaux sur mon chantier et je suis hors réseau là où je réside en forêt donc là il ne faut pas 'en vouloir si je ne suis pas proactive cet an -ci. Pas s 'inquiéter.

AnBé (101:5.224)
voilà !

AnBé (101:10.824)
Oui c'est ça, y 'aura pas la story du jour donc...

AnBé (101:22.023)
A bientôt.

AnBé (101:28.295)
D 'accord, on peut s 'abonner, il y a quelque chose qui finira par arriver.

Caroline (101:31.062)
Mais c'est quand même là qu'on peut suivre du coup parce que forcément quand il y a une actualité, quand il y a quelque chose, je le partage.

AnBé (101:37.704)
Tu aimais là. Super. Donc Caroline Riegel tout simplement des deux côtés. Oui. Riegel pardon.

Caroline (101:42.294)
Ouais je sais plus trop, y 'a Caroline Riegel, auteur ou un truc comme ça, ou je sais plus quoi, sur ma page Facebook et puis Caro, Caro Riegel je crois sur Instagram, je sais plus trop.

AnBé (101:46.863)
Je mettrai les liens.
D 'accord, je mettrai les liens directs dans les notes de l'épisode comme ça sera plus facile pour te retrouver. Un grand merci pour le temps que tu 'as accordé aujourd'hui. Un grand merci pour l'ouvrage qui me donne envie de découvrir les autres. Mais vraiment, je vais continuer à creuser ça avec mes petites filles pour les documentaires et moi toute seule dans mon bon fauteuil pour les autres livres. Mais ce sera avec grand plaisir que je continuerai à te lire parce que je me suis vraiment régalée.

Caroline (102:17.910)
Merci beaucoup. Merci à toi.

 

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