#59. Annika Horn : l'aventure, une histoire de famille
Épisode du 19 septembre 2023
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Chez les Horn, tout est une aventure - même la table de la cuisine, c'est tout dire (mais ça, c'est une autre histoire). Annika, la fille de Mike Horn, aime s'imaginer comme un pont entre lui, l'aventurier incroyable que l'on connaît, et tous ceux (beaucoup plus nombreux évidemment) qui ont un destin plus classique. De son père, elle apprend les leçons d'une vie entièrement tournée vers le dépassement de soi et l'émerveillement devant le monde. Ces apprentissages, précieux et audacieux, elle se donne pour mission de nous les transmettre.
D'Annika je retiens un énorme sourire, une voix douce, une personnalité chaleureuse et une volonté bien marquée. Discussion avec une jeune femme qui nous rend l'aventure accessible tout en nous invitant à sortir de notre zone de confort. Avec une telle guide, volontiers !
Episode enregistré à Station R Lausanne pendant le bootcamp de Pangaea X - merci à eux pour le studio et le matériel.
Mike Horn entraînant sa fille Annika Horn. Tirer des pneus sur la route : un grand classique dans l'entraînement des explorateurs polaires qui souhaitent simuler la traction de pulkas.
© Les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.
© Laura Gilli - A.Horn
"Tout passe par la confiance. Pour porter un projet il faut avoir confiance en soi sans être prétentieux"
Annika Horn, Storylific épisode 59
Où trouver l'invitée
Instagram : @annikahorn & @mikehornexplorer
Pour aller plus loin:
Site web du programme éducatif Pangaea X à suivre également sur Instagram : @pangaeax
Livre dont on parle dans l'épisode :
Le Club des Aventuriers, tome 1 : bienvenue au Club - auteur Bertrand Puard, avec la participation de Mike, Annika et Jessica Horn
Illustrations sonores
Musique:
Cali by ItsWatR (Direct Licence)
Whipped Cream by WatR (Direct Licence)
Sons:
short whoosh Vilkas_Sound CC BY 3.0 Attribution
radio static by GowlerMusic CC4.0 (shortened excerpt)
Transition sound effect by Sophie Hall CC3.0 (shortened)
Retranscription de l'épiode
Retranscription Annika Horn
AnBé - Un petit mot avant de plonger dans l'épisode pour te parler d'une très bonne idée de mon partenaire A.S. Adventure, le service Care and Repair, en français, Care and Repair.
Je t'ai déjà parlé de location, parlons maintenant de ton équipement. Tu as investi dans le matériel, les chaussures et les vêtements techniques qui te conviennent, A.S. Adventure te propose de prolonger leur durée de vie en en prenant soin. Les avantages, ils sont nombreux. Ton matériel reste 100% fiable pour toutes tes sorties, tu évites les dépenses inutiles, tu réduis ton impact environnemental et les déchets en évitant de le remplacer fréquemment.
Tu trouveras de nombreux conseils pour l'entretien de ton équipement sur leur page Care and Repair, lien dans les notes et si tu as besoin d'aide supplémentaire, apporte ton équipement en magasin, A.S. Adventure nettoie, répare et réimperméabilise ton équipement pour toi.
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Annika Horn - J'ai toujours détesté le froid et je voulais me challenger en fait. Je voulais voir si j'étais capable en fait de casser ces barrières et puis de voir en fait quel était le pouvoir du mental dans ce genre de situation. Parce que oui, ressentir le froid, c'est quand même quelque chose de physique.
Tu te dis : “Ce n'est pas possible en fait de ne pas ressentir le froid.” Et je suis partie un peu sceptique. Non mais je suis partie quand même parce que c'est déjà ça, c'est le first step, c'est de dire : “Ok, go, give it a try at least” . Il y a toujours quelque chose à en tirer.
[Musique du générique]
AnBé - Bonjour et bienvenue, je suis AnBé et tu es sur StoryLific, le podcast 100% outdoor. Je te propose de découvrir avec moi des explorateurs, aventuriers, sportifs de haut niveau et autres dévoreurs de vie qui vont te parler de leur parcours inspirant pour réveiller ton envie de vivre tes rêves et te filer leurs meilleurs tuyaux concrets et mindset pour y arriver.
Car si eux l'ont fait, toi aussi tu peux le faire. Surtout si tu leur piques leurs meilleures astuces.
Et simplement en écoutant, tu soutiens déjà la reforestation, car ici on ambitionne de planter les arbres avec les oreilles. Toutes les explications sont sur storylific.com, alors n'hésite pas à partager ce podcast, un grand merci d'avance.
Ce n'est pas souvent qu'on a l'occasion de côtoyer la personne que l'on va interviewer pendant plusieurs jours avant de lui tendre le micro, mais c'est ce qui s'est passé avec Annika Horn. Oui oui, une des deux filles de monsieur Mike Horn himself, celui dont le nom est devenu synonyme d'aventure.
J'ai eu le bonheur donc de travailler aux côtés d'Annika et de toute l'équipe Pangaea X lors du bootcamp à Lausanne fin de l'été et oui je ne peux que confirmer, Annika est aussi sympa qu'elle en a l'air. Alors c'est comment d'être la fille de Mike ? Qu'est-ce qu'elle retient de cet héritage ? Et surtout, comment trouver sa voie à soi quand on grandit dans une telle famille ?
Il est ici beaucoup question de transmission car chez les Horn, l'aventure et le goût du monde immense et fabuleux, cela se partage.
AnBé - Bonjour Annika Horn.
Annika Horn - Salut !
AnBé - Dis-moi, tu pourrais te présenter pour ceux qui par le plus grand des hasards ne te connaîtraient pas ?
Annika Horn - Oh moi je pense qu'il y a plein de personnes qui ne me connaissent pas, donc avec plaisir. Tout d'abord merci AnBé pour l'invitation. Moi c'est Annika Horn et entre autres je suis la fille de l'aventurier Mike Horn.
Donc on est deux, je suis l'aînée des deux et aujourd'hui je travaille activement à ses côtés maintenant depuis huit ans à peu près, depuis le décès de ma mère qui faisait ça pour lui à l'époque.
Et donc maintenant c'est une entreprise familiale, on vit d'aventure, on vit une vie très intéressante, remplie de challenges, des hauts et des bas et c'est une vie que j'adore. J'apprends tous les jours et je me sens très chanceuse.
AnBé - Et alors ta première grande aventure, tu as tu avais quel âge quand il vous a commencé à vous emmener dans des choses un peu plus challengeantes ?
Annika Horn - Je pense que, depuis quand je devais encore être dans le ventre de ma mère, il nous emmènenaient dans des endroits challenging et reculés.
Mais mes premiers souvenirs datent de l'enfance vraiment. On sortait déjà de notre zone de confort en étant petite et qu’il nous prenait en haut d'une piste de nous disait de dévaler la pente sans avoir forcément les compétences.
Donc ça a toujours été quelque chose de très présent dans la famille de, … Cette notion du challenge et de sortir de l'ordinaire et de se pousser un max pour voilà,… Pousser des limites et continuer à apprendre. Et surtout vivre d'aventure et de passion parce que c'est un peu les éléments clés dans notre famille.
AnBé - Clairement. Et c'est quoi ton premier souvenir d'aventure comme ça ?
Annika Horn - Les premiers souvenirs sont vraiment, pendant que lui, il était en train de faire réaliser ses expéditions à lui et que du coup ma soeur et moi, avec notre mère on allait le rejoindre à certains points clés au courant de son expédition.
Donc les premiers souvenirs, je dirais que c'est pendant l'expédition latitude zéro, quand il a fait le tour du monde en suivant la ligne de l'Équateur.
AnBé - Ah vous avez été le rejoindre à certains endroits là-dessus ?
Annika Horn - Exactement. Des pays d'Afrique, le Gabon, en Asie, c'était vraiment à chaque fois, tu vois. Même si mes souvenirs ils ne sont pas hyper clairs, je sais que j'ai vu des paysages, j'ai rencontré des personnes, j'ai vu d'autres enfants et je sais que ça sortait de l'ordinaire pour moi. C'était vraiment des,…
Aujourd'hui je n'ai pas vraiment des souvenirs de moments précis, mais plus des sentiments de ne pas être, pas être chez moi, pas reconnaître ce que je vois. Et maintenant, c'est un peu comme une petite puce qui m'a qui m'a piqué dès ce jeune âge parce que c'est quelque chose que je recherche constamment au travers de de ma vie perso et pro.
AnBé - De génération en génération ça se transmet parce que ton père, son père à lui était sportif de haut niveau je pense. Il a déjà aussi amené à se dépasser de manière très sympa d'ailleurs il le raconte son histoire où il raconte qu’il allait courir avec son père le matin, …
Mais qui a toujours eu à coeur de que son père soit fier de lui et j'ai l'impression qu'il y a eu cette transmission, cette volonté de faire pour vous ce que son père avait fait pour lui.
Annika Horn - Oui, absolument.
AnBé - On parle beaucoup de transmission. En plus la transmission ça ne s'arrête pas à la famille.
Annika Horn - Non.
AnBé - Puisque vous essayez de transmettre cette passion à énormément de jeunes.
Annika Horn - Exactement.
AnBé - On va en parler puisqu'on est dans une très chouette semaine un peu particulière lors de cet enregistrement. Alors, là tu reviens du cercle arctique.
Annika Horn - On était au Groenland, ouais.
AnBé - D'accord. Alors qu'est-ce qui s'est passé là-bas ?
Annika Horn - Mike vient de lancer “What's Left”. C'est une aventure de quatre ans plus ou moins, avec lui, on ne sait jamais vraiment. Et c'est plutôt une aventure que j'aime appeler une aventure héritage, donc “A legacy adventure”. Ce qui touche, enfin et il ne serait pas très content s'il m'entendait dire ça, mais sa carrière d'aventurier,…
AnBé - Il est pas là [Rires]
Annika Horn - Il va peut-être écouter. Son nom, sa carrière d'aventurier touche bientôt, peut-être à sa fin. Maintenant qu'il vient d'avoir 57 ans et bon, on va repartir sur le mot transmission.
Ça se voit qu’il rentre un peu dans une une phase où il est, où il a envie de maintenant partager et transmettre ses connaissances, ses expériences avec la jeune génération.
Et donc cette expédition “What's Left”, pour lui, est une expédition qui va venir vraiment recap, donc clôturer, résumer sa carrière d'aventurier en retraçant un peu ses premiers pas. En retournant dans des lieux symboliques qui ont fait de lui l'homme qu'il est aujourd'hui.
Mais dans le but de partager ces expériences-là et aussi les différences entre, son début d'aventurier et le aujourd'hui avec son audience.
Donc vraiment le but… Ouais, c'est un peu un état du monde, mais moins dans,… Ce n'est pas un environnementaliste Mike. Donc c'est quelqu'un qui veut juste partager la beauté pour inspirer. Parce qu'on protège ce qu'on aime et on aime ce qu'on connaît.
Et donc pour lui, c'est c'est un peu son objectif, c'est de s'assurer qu'un maximum de personnes connaissent le monde pour pouvoir l'aimer et ensuite le protéger.
AnBé - C'est tout à fait le but du podcast, c'est pour ça qu'on parle vraiment de de ce premier pas. On parle beaucoup d’écologie.
Annika Horn - Mais ça m’appartient pas. Je l'ai entendu quelque part.
AnBé - C'est de Cousteau.
Annika Horn - Ah voilà.
AnBé - Je le dis souvent. Donc je me dis « Mais c’est moi qui le dit d’habitude ».
Annika Horn - Voilà tu vois.
AnBé - Et donc il va faire quoi alors comme pendant ces quatre ans ?
Annika Horn - Donc pendant ces quatre ans, il va choisir quelques destinations clés et parcourir le monde entier en commençant par l'Arctique. Pour lui, c'est le plus important parce qu'il y a aussi le plus d'urgence pour l'Arctique. C'est un peu l'endroit qu'on voit fondre le plus rapidement. Et donc il voulait commencer avec le Groenland.
Donc c'est pour ça qu'on est revenu du Groenland, il y a maintenant quelques jours. Enfin lui, il y est encore. C'est moi qui suis revenue pour cette semaine qu'on va aborder plus tard.
Et ensuite, il va enchaîner avec l'Amazonie qui est un endroit très spécial pour lui parce que c'est vraiment là où tout a commencé pour lui, en tant qu'aventurier quand il a fait la descente à la nage. Ensuite la Patagonie, l'Antarctique et on verra où le vent nous mène après.
AnBé - D'accord. Et il embarque des gens avec lui de temps en temps ?
Annika Horn - Donc voilà, là maintenant, le but, c'est vraiment d'embarquer en tout cas sa famille et ses proches pour ce passage de relais, disons.
Donc je pense qu'il est totalement conscient que je ne vais pas devenir aventurière extrême demain et dans tous les cas, je n'aurais pas la prétention de le faire parce que voilà,… Il n'y en a pas deux comme lui.
Mais on mise beaucoup sur ce passage d'expérience et d'expertise, de compétences pour pouvoir continuer à porter ce message. Parce que ce message de vouloir transmettre et s'assurer qu'un maximum de personnes connaissent le monde, ce n'est pas un message qui est propre à Mike. Ce message, on peut tous le porter.
Et donc c'est plutôt à moi qui va me le transmettre et ensuite comme ça moi je peux plus activement l'aider dans cette mission.
Donc oui, il va aussi inviter des artistes pour venir, notamment on a été enregistré les sons qui sont voués à disparaître dans l'Arctique avec un DJ pour en faire un album et puis quelque chose de de très créatif aussi.
Donc il n'y aura vraiment pas que de l'aventure extrême, disons, mais on va essayer de tout mélanger pour qu'on puisse toucher un maximum de personnes, trouver quel est le point d'intérêt qui va réveiller quelque chose chez quelqu’un, pour qu’il soit sensible au monde, à la beauté de la Terre.
Et donc, bien sûr ça va être inévitable, il va vouloir se pousser parce que c'est quand même ce qu'il adore faire et faire des micros aventures un peu dans chaque destination clé.
AnBé - Mais oui, bien sûr, je t'ai vu, tu étais en train d'escalader un bloc de glace.
Annika Horn - Oui un iceberg.
AnBé - Récemment mais je me dis mais c'est dingue parce que, il me semble que j'ai déjà entendu une aventure avec lui où il était tombé dans l'eau…
Annika Horn - Oui
AnBé - …glacée et heureusement on a réussi à le secourir très très très vite parce que ça ça rigole pas dans des eaux glacées pareilles. Il s'est dit: « Oui non je n'aurais pas dû le faire », puis je me dis : « Mais mais il recommence ! ». [Rires]
Annika Horn - Il recommence. C'est un peu moi qui lui ai dit, écoute, j'aimerais vraiment grimper un iceberg parce que tu tu m'as un peu donné envie, mais je n'ai pas envie qu'il se retourne.
Voilà, donc il m'a dit, tu viens sur le pont et ensemble, on choisit l'iceberg qui te semble le plus safe pour commencer ton expérience. Donc celui qu'on a choisi en l'occurrence, il était énorme, il devait faire soixante mètres de haut.
AnBé - Il avait vraiment l'air safe celui-là ?
Annika Horn - Il était safe et c'était une superbe expérience. Et c'est fou de vivre des moments pareils comme ça. Je sais que j'ai énormément de chance. Ce n'est pas à la portée de tous et c'est pour ça que j'adore partager ces histoires-là quand même.
AnBé - Oui, c'est formidable. Cet ours polaire qui nage, après on se dit : « Oh elle était trop belle cette photo.” Il faut aller découvrir le compte Instagram d'Annika Horn. On le mettra dans les notes de l'épisode.
Annika Horn - On n'est pas obligé. Celui de Mike c’est bien. [Rires]
AnBé - Oui aussi mais bref, prenez les deux parce que si vous avez envie de rêver franchement, ça c'est des chouettes endroits où scroller. Et toi tu as déjà monté les aventures rien qu'à toi ? Qui te ressemblent plus ?
Annika Horn - Oui, alors c'est quelque chose que j'ai toujours voulu faire et que je n'ai peut-être pas forcément eu le courage de faire. Ce qui peut paraître un peu bizarre d'entendre que la fille d'un mec ultra courageux n'est pas courageuse.
Mais quand on a un père comme le mien, on sent si bien à ses côtés et toujours protégé que des fois, il n'y a pas forcément,… On ressent pas forcément l’envie et le besoin d’aller faire nos propres aventures. Parce que dans tout les cas, elles vont pas être aussi prenantes, aussi « WOW ».
Mais jusqu'à récemment, donc j'ai fêté mes 30 ans cette année, je me suis dit, je pense que c'est à peu près le moment de commencer à faire des aventures qui sont les miennes. Et donc, ce n'est rien de fou, mais je pense que c'est aussi ça le message, c'est que chacun a ses propres aventures, ça n'a rien… Ça n'a pas besoin d'être quelque chose d'exceptionnel.
AnBé - Mais justement, je veux dire, c'est ça qui est génial, s'inspirer encore plus. Je crois que si tu es allé encore un cran au-dessus de Mike, ils sont sur la lune, on reste sur terre. On regarde et on ne saura rien faire quoi.
Annika Horn - Moi, je trouve, j'aime bien voir Mike un peu comme l'homme extrême, qui fait les choses extrêmes, mais qui n'est pas forcément, enfin… On ne peut pas forcément répéter les mêmes actions que lui. On ne peut pas forcément faire réaliser les mêmes aventures.
AnBé - Non pas forcément
Annika Horn - [Rires] Alors que moi, je me vois plutôt comme le pont entre cet extrême et puis n'importe qui, le monsieur et madame tout le monde, qui veulent aussi se pousser et sortir de leur zone de confort. Et donc c'est un rôle que j'aime beaucoup prendre, c’est ce Bridge. Et donc cette année, quand j'ai vu,…
Quand on a lancé l'expédition “What's Left” et que j'étais sur le pont à Monaco en train de wave, goodbye, saluer mon père au loin et puis il disait : “Bon on se voit au Groenland ”. J'ai dit : “Ouais ouais”. J'ai eu une petite idée qui m'est venue dans la tête et je me suis dit bon, je vais trouver par mes propres moyens, je vais essayer de le rejoindre en Islande.
Donc il faisait un petit stop en Islande avant lui. Donc je me suis un peu auto lancée un challenge parce que bon après, on a quand même un peu un esprit compétitif dans la famille. C'est naturel.
AnBé - C'est déjà la faute au grand-père.
Annika Horn - Voilà. Exactement. Et donc quand il est parti en navigation, je vais juste envoyer un petit message. Je lui ai dit bon, finalement, je vais faire la compétition avec toi. On se voit en Islande. Je parie que j'arrive avant toi. Je prends mon vélo et on se voit là-bas.
AnBé - Et tu as parié quoi ?
Annika Horn - Mais rien. Rien juste le challenge, juste le plaisir de le faire. Rien. Et donc voilà, je suis rentrée à la maison, j'ai fait mon petit bikepack et puis je suis partie, j'ai traversé en l'espace de deux semaines la Suisse, la France, l'Allemagne et pour arriver au nord du Danemark, pour ensuite prendre un ferry et traverser et le rejoindre en Islande.
Et en effet, je suis arrivée un jour avant lui. Donc voilà, tu vois juste le fait de pouvoir dire que je suis arrivée un jour avant lui, c'était gagné.
AnBé - Est-ce que tu crois qu'il aurait été jusqu'à ralentir un petit peu ?
Annika Horn - Mais tu sais, il y a des fortes chance. Je l’ai même challengé. Je lui ai dit je sais que tu as, tu m'as laissé une chance. Il fait : « Oui, il faut quand, il faut laisser une chance aux débutants ». Donc je crois que c'est plutôt pour m'encourager à en faire plus. Donc c'est comme ça que je m'interprète en tout cas.
AnBé - C'est très bien joué, c'est très bien joué de sa part. On a tous envie d'avoir un papa comme ça.
Annika Horn - Mais ça, c'est c'est un bon point tu soulèves ça parce que souvent je dis c'est un papa pour tous. J’ai pas envie de le garder pour moi. Je trouve qu'il peut être inspirant pour n'importe qui. Et puis, en plus, il a cette énergie à donner.
Et donc, c'est aussi pour ça que je parle souvent à sa place parce que j'ai envie de le partager de continuer à apporter son message. Donc voilà, si tu veux, il peut aussi être ton papa. [Rires]
AnBé - Le mien serait peut-être un peu jaloux, mais je veux bien en adopter un deuxième.
Annika Horn - Ok. Voilà. [Rires]
AnBé - Un papa sans plus. Comment ça se décide les aventures en famille donc vous étiez des rêveurs dans la famille. Donc ça ne se décide pas nécessairement autour de la table de la cuisine.
Annika Horn - [Rires]C’est une bonne question. Je pense que c'est une aventure qui en nourrit une prochaine, une suivante.
En fait, souvent, c'est le fait de de quitter justement la salle à manger, qu'on a l'habitude de voir, et de faire une rando, de faire une expédition ou de sortir justement de cet ordinaire qu’on commence à cultiver des prochaines idées.
AnBé - Je ne sais plus quel invité m'avait dit : “Les rêves font la courte échelle aux rêves.” C'est un peu ça.
Annika Horn - C'est ça, c'est bien dit. Et donc lui, des idées de ces expéditions viennent pendant ces expéditions. t notamment l'idée de l'expédition Pangaea qui était la première version du programme éducatif pour les pour les enfants allié à l'environnement.
C'est une idée qu'il a commencé à imaginer pendant son expédition Arktos, quand il faisait le tour du cercle arctique polaire, il s'est dit, il faut que je fasse quelque chose pour les jeunes.
Et donc pareil, la descente de l'Amazonie, sa toute première expédition, quand il a fait à la nage, il est descendu de la source jusqu'à l'embouchure.
C'est en arrivant à l'embouchure qu'il a dit bon ça s'arrête là. Mais non, je n'ai pas, ce n'est pas possible. Il faut que ça continue et puis c'est comme ça qu'il a décidé en fait de faire le tour du monde en suivant l'équateur. C'est simplement de continuer et d'arriver à son point de départ.
AnBé - Ah ce n'est pas prévu ?
Annika Horn - Non.
AnBé - Ah oui. D'accord.
Annika Horn - Voilà. Donc comme quoi.
AnBé - Elle a dû en avoir des surprises ta maman.
Annika Horn - Ouais voilà. Une petite pensée pour elle. Ouais.
AnBé - Non, mais ça doit être une sacrée équipe quoi parce que ça se fait pas seul des rêves. Sachant que ça aussi c'est un message qu’il fait de plus en plus passer, je crois, c'est que il a l'air seul comme ça mais on est dépendant de tout le monde…
Annika Horn - Oui absolument.
AnBé - … Sans vous qui tenez le camp base c'est pas possible, comme votre mère l'a fait avant et ça c'est chouette aussi de se dire ces grands héros solitaires en fait… Ben non on n'est jamais solitaire.
On a du soutien émotionnel, on a du soutien logistique, on a des sponsors qui s’impliquent, … Et c'est vrai que c'est tout un écosystème qui fait qu'on peut aller au bout de ses rêves, on est porté à bout de bras par plein de monde.
Annika Horn - Absolument oui, oui. Et puis, il ne le cache pas du tout. Il le dit avec grande fierté. Il dit : “Pour un homme qui fait tout seul, je ne fais rien seul.” Et ouais, c'est un de nos messages aussi, c'est de s'entourer des bonnes personnes, des personnes de confiance en qui on partage un rêve.
En fait, le rêve, pas un rêve personnel, il devient un rêve commun. Puis après, dès le moment où ça devient un objectif commun, chacun peut mettre ses compétences en oeuvre pour arriver à cet objectif ensemble.
Donc tu vois, que ce soit lui avec ses skills sur le terrain ou moi avec les miens au bureau et puis celle de mon équipe avec la création de contenu ou la logistique ou le financement, …
AnBé - Vous êtes très complémentaires avec ta soeur aussi.
Annika Horn - Oui, très très. Mais il n'y a pas que ma soeur, il y a une superbe équipe que tu as pu rencontrer cette semaine.
AnBé - Oui, oui, oui, oui. Tout à fait.
Annika Horn - Et donc voilà, s'entourer des bonnes personnes, faire confiance, déléguer et donner à chacun un rôle que lui ou elle peut être fier de porter. Faire un objectif commun.
AnBé - Et le fait que vous repreniez un peu le rôle qui était porté avant par votre maman, du camp de base, j’aime bien cette image… Ça s'est justement décidé c’es un camp de base.
Tu peux raconter comment vous avez décidé : “Oui tout compte fait, on va prendre le relais.” Parce que c'est aussi quelque chose que je voulais vous demander, comment ils ont fait vos parents ? Parce que c'est vrai que, on peut facilement grandir dans l'ombre de quelqu'un comme ton père, mais je pense que vous vous êtes toujours senties libres d'être absolument ce que vous vouliez.
Annika Horn - Oui. Je pense que c'est Mike, comme ma mère l'était à l'époque, qui sont des personnes très libres en fait. Et ils ont toujours compris qu’elle était la valeur de la liberté et je pense que ça c'était le plus grand cadeau qu'ils voulaient nous offrir.
D'ailleurs, ils le disaient tout le temps, ils nous le répétaient : “Dans la vie, on veut vous donner deux choses, c'est plutôt en anglais qui le disaient mais c'était : “Les racines pour vous ancrer au sol, savoir d'où vous venez. Vous avez toujours une maison chez nous, avec nous…”, pas forcément une maison physique, mais auprès de vos proches, de ta mère et de ton père,”… les ailes pour vous envoler.”
Comme ça, si tu t'envoles et que tu brûles des ailes parce que tu joues un peu avec le le feu où tu t'approches un peu du soleil, tu peux toujours revenir vers ta racine, ta base.
Donc ça, c'était, c'est quelque chose qui nous a beaucoup parlé avec Jess quand on était petites, c'était de savoir qu'on pouvait toujours revenir vers eux, mais qu'ils, on avait vraiment cette liberté de pouvoir partir.
Et même, je crois même si à un moment Jess, elle voulait faire DJ alors que c'est le tout le posé de d'un monde d'aventurier. Mon père, il était déjà en train de dire, c'est une superbe idée, tu viendras faire des sets avec moi dans des endroits cool. Ils nous ont vraiment toujours encouragé dans nos rêves.
Aujourd'hui, il s'avère que elle n’est pas dj et que les deux en bossent moins plus directement, Jess plus indirectement pour, même pas pour lui, mais j'aime bien…
AnBé - Pour les projets.
Annika Horn - … Pour les projets qui sont des projets communs. Donc je pense que c'est comme ça qu'ils ont qu'ils ont su… C'est en fait, des fois c’est en nous donnant plus de liberté qu'on veut rester plus proche des nôtres.
AnBé - Oui, parce qu'on semble pas justement être écrasés sous tutelle, paternelle…. Et donc ça s'est décidé où est-ce que vous aviez décidé de dire qu'on faisait dire feu vert à “pops” pour intégrer l'entreprise familiale ?
Annika Horn - Comment est-ce que ça s'est décidé…
AnBé - C’était en expé non ?
Annika Horn - Alors pas particulièrement non
AnBé - Ah je croyais que c’était au K2 moi
Annika Horn - Alors c’est lié au K2 en effet. Mais ce n'est pas… Enfin c'est une belle… Ça reste une belle histoire, mais elle est après elle est un peu… Enfin triste et puis bon, après ça me fait toujours plaisir de la partager. Mais Jess et moi on allait, on avait…
Moi je venais de finir mes études et puis Jess elle était encore en train de faire ses études. Et puis notre mère, elle est tombée malade, et puis c'est elle qui travaillait à l'époque avec lui. Et donc quand elle nous a quittés assez soudainement, j'ai pris l'ordinateur de maman parce que je savais pas…
Enfin lui il savait pas comment payer une facture ou il ne connaissait même pas le code pour son ordi ou il était là : “Je crois que j'ai un rendez-vous la semaine prochaine, mais c'est quoi le, il est où le calendrier ?”
Et c'est des choses que moms elle m'avait montré à l'époque et puis tu vois je suis quand même jeune, je sais utiliser un ordinateur et payer une facture. Et du coup, voilà, j'ai un peu pris ce rôle, mais de manière très organique, sans pression. Et c'est comme ça qu'on a décidé que… Enfin même pas non, c'était même…
Enfin je le faisais sans même réfléchir à ce à quoi ça pouvait ressembler dans cinq ans ou dans trois mois. Et après la perte de mams, du coup on s'est un peu réuni les trois et puis paps il était un peu en train de dire : “Bon, moi, je ne suis pas vraiment doué pour vous donner des conseils ou quoi que ce soit, mais je peux vous partager ma passion et ma manière de dealer avec un événement comme ça dans la vie qui est la perte d'un proche.
Et je sais que le Pakistan, ce n'est pas Ibiza, mais est-ce que vous voulez venir avec moi au K2 ?” Et puis Jess et moi on était là : « Ouais bien sûr, on rêve de ça ». Et Jess elle a pris un semestre sabbatique à l’école, moi, j'avais déjà terminé, et puis on a décidé de prendre les voitures et de conduire jusqu'au Pakistan.
Et puis de faire une petite ascension jusqu'au camp de base et puis il a dit qu'il allait nous apprendre deux trois trucs, des tips pour grimper…
Et c'est vraiment au fil de cette expédition-là que je pense qu'un un lien s'est créé avec paps. Et puis qu'on avait aussi réussi à célébrer la vie de notre mère sans s’apitoyer sur son sort et de se dire que la vie elle continue d’avancer et puis elle est belle et puis maintenant il faut qu’on la vive aussi pour elle. Et donc on portait cette responsabilité avec pas mal de fierté.
Et aujourd'hui, nous on dit que le K2, c'est la montagne qui nous a sauvés parce que c'est celle qui nous a lancé sur le chemin sur lequel navigue aujourd'hui. Et c'est aussi celle qui nous a permis de de voir la perte comme quelque chose qui peut être célébré, fêté, ça peut être une force aussi.
Et le message qu'on porte, qui est le message de de Mike en fait, c'était aussi sa mission à elle à l'époque.
Donc voilà. C'est pour ça que le K2 is a special place for us.
[Grésillements de radio]
AnBé - Tu te fais entourer aussi de personnes, parce que dans une aventure le mental c'est hyper important, ton père le transmet aussi et il partage volontiers ses outils justement, comment on va plus loin.
Et donc pour l'instant on est dans un event assez particulier où justement on a eu du coaching mental. D'abord tu peux nous expliquer ce qu'est Pangaea X.
Annika Horn - Pangaea X. Ouf, alors, c'est pas mal de choses, mais donc on lance un tout autre sujet, mais completely related, très en lien avec les choses qu'on a abordées jusqu'à présent.
Comme on se l'est dit avant, quand Mike part en expédition, c'est là où il réfléchit à sa prochaine aventure. Et donc, je crois que ça devait être en 2002 - 2004, il a imaginé, un programme éducatif environnemental pour la jeunesse. Et il l'a conçu dans sa tête avant de le réaliser en réalité, de construire un bateau qu'il allait appeler Pangaea.
Et sur ce bateau, il voulait inviter des jeunes du monde entier.
AnBé - Pour ceux qui ne connaîtraient pas Pangaea, tu pourrais ce que c'est aussi, pourquoi il a choisi ce nom ?
Annika Horn - Pangaea, ouais, donc ça veut dire “la Pangée”. Donc c’était le super continent à l'époque. Et Panthalassa, c'était les océans qui étaient tous réunis, qui entouraient justement la Pangée, qui était l'assemblage de tous les continents tel qu’on les connait.
AnBé - Chouette symbole.
Annika Horn - C’est un chouette symbole. Du coup c’est pour ça qu’il a imaginé un programme environnemental qui allait réunir justement la jeunesse du monde entier, d'où la Pangée. Et il voulait un lieu physique qui n'était pas sur un continent ou dans un pays, il voulait quelque chose de mobile et donc d'où le bateau.
Et donc cette expédition-là est vraiment à la source de Pangaea X. Parce que c'était un projet qu'ils ont conçu et imaginé et réalisé avec ma mère à l'époque, et c'était presque avant-garde sur l'environnement, la jeunesse.
Ils ont lancé ça en 2007, il y avait énormément d'intérêt. Tout le monde disait mais c'est passionnant, ils sont en train d'inviter des jeunes du monde entier pour venir explorer… Et c’était quoi ? « Explore learn Act », explorer, apprendre et agir.
C'était le motto, le slogan de l'expédition.
AnBé - Tu sais combien de jeunes ils ont accueilli comme ça sur le bateau ?
Annika Horn - Plus de deux-cents, donc ouais. Et aujourd'hui, il y a une énorme communauté qui existe encore. Mais c'était une aventure de quatre ans.
Et donc en 2012, début 2012, que cette expédition, elle s'est terminée et le programme aussi. Et je sais que dans l'arrière de sa pensée, il était en train de se dire, mais il faut que je relance ce projet-là.
Et une des motivations pour ce projet, c'était d'ailleurs de le faire en l'honneur de notre mère parce qu'elle était très très active. Elle adorait inviter les jeunes et s'en occuper comme si c'était genre la maman pour tous et s'assurer qu'ils se poussaient au max, mais qu'ils se sentaient toujours à l'aise.
Et donc autour d'un petit brainstorm avec l'équipe, Mike a dit : “Moi je veux relancer un truc pour les jeunes, qu'est ce qu'on fait ?” Et puis c'est un peu comme ça qu'est né Pangaea X, le programme qu'on connaît et qu'on est en train d'animer aujourd'hui.
Voilà, donc l'édition deux d'ailleurs. Et donc c'est surtout un projet que Laura, notre superbe collègue, mais membre de la famille aujourd'hui. C'est elle qui porte ce projet, mais comme comme un chef. En collaboration avec Maxime qui est chargé lui du côté programme. Et donc voilà ça fait beaucoup d'informations.
AnBé - Merci Laura et Maxime.
Annika Horn - Et donc voilà, c'est comme ça que Pangaea X, enfin l'idée de Pangaea X est née, c'était de faire… On avait tous ces jeunes qui nous contactaient parce, que vu que c'est un peu nous qui lisons les e-mails et qui allons aux événements et qui suivons Mike de près et de loin, on a vraiment vu pas un appel de détresse.
Mais beaucoup d'énergie inexploitée de cette jeunesse. On veut faire quelque chose, mais on ne sait pas par où commencer.
Et donc on s'est dit, voilà, ça c'est notre notre target. On veut essayer de répondre à cet appel. Et c'est comme ça qu'on a un peu réimaginé l'expédition Pangaea, d'où Pangaea X, la nouvelle version. Et donc voilà, on voulait répondre à cet appel, mais dans un format un peu différent où on voulait aussi les challenger.
Parce qu'aujourd'hui la jeunesse… Enfin l'environnement, on sait qu’on est censé le préserver. On l'entend et on le réentend…
AnBé - Et pourtant ça bouge peu
Annika Horn - …. Et voilà, ça bouge peu. Et donc c'est pour ça que le programme Pangaea X a été un peu inversé dans le sens où c'est d'abord il faut venir vers nous avec une idée de projet, puisque tout le monde a des idées.
Et ensuite, si vous rentrez dans les critères, on vous sélectionne pour faire partie des dix équipes qu'on veut accompagner, sur un certain nombre de mois, avec l'aide de nos supers coachs dont tu fais partie.
C'est vraiment super et vraiment à travers d'un écosystème de compétences de personnes, d'experts, de coachs, nos partenaires aussi, qu'on arrive à réaliser en fait un… Offrir un programme ces à ces jeunes qui, sans toute cette structure, seraient peut-être un peu perdus.
Et donc le but voilà, c'est de les accompagner dans la réalisation de ce projet, de transformer une idée dans une startup éventuellement. Mais on est vraiment dans les premières phases, donc le preceed d'une startup en fait.
Peut-être toi tu peux partager un peu ton expérience, so far que cette première semaine puisque là on vient de les rencontrer nos dix équipes, on les a invités en Suisse pour une semaine intensive de workshop, d'activités.
Et donc toi, AnBé, tu es tu fais partie de notre pool de dix coachs qui accompagne une des équipes. Donc qu'est-ce que … ?
AnBé - Elle est en train de me retourner le truc. [Rires]
Annika Horn - Mais oui, chacun son tour.
AnBé - Allez d’accord, c’est de bonne guerre. Oui, c'est passionnant de voir des jeunes qui ont déjà des projets, des envies de bouger et puis de voir comment est-ce qu'on peut faire émerger quelque chose dans ce bouillonnement d'idées, comme ils changent en une semaine c'est incroyable. C'est vraiment une belle énergie.
Vous avez aussi toute une série de speakers géniaux. J'ai encore appris plein de choses et puis après il y a le coaching mental aussi donc vous faites profiter. Donc c'est vraiment dans l'esprit aussi de Mike c'est bien sûr un coaching business pour monter effectivement des projets style start-up.
Et d’ailleurs aujourd'hui on est à Station Air. On les remercie car c’est leurs locaux, c'est leurs micros, c'est leur matériel, … Donc un grand merci à eux !
Et donc, il y en a qui sont en train de faire des prototypes en 3D, ils peuvent… Il y en a qui sont en train de sécher des algues pour essayer de voir comment on peut en faire un isolant, ….
Enfin ça part dans tous les sens, dans le très bon sens du terme, c'est juste génial. Ils font énormément de choses sur une semaine et hier c'était un travail avec un coach mental avec qui tu travailles aussi d'ailleurs…
Annika Horn - Oui oui.
AnBé - … Ami et coach, et ça c'était un chouette moment aussi quoi, de leur apprendre… Tu peux en dire quelques grandes lignes de choses qui sont importantes parce que c'est vrai qu'on dit toujours : “l'aventure entrepreneuriale”, c'est pas pour rien, parce que vraiment le monde de l'aventure et le monde de l'entrepreneuriat ont énormément commun.
Annika Horn - Oui.
AnBé - Donc ça fait juste trop sens que Pangaea X existe et tu peux redire un peu les choses les plus importantes qu'ils ont appris hier. Il va certainement leur servir aussi pour les semaines prochaines où ils sont en train de devoir boucler un projet pour fin novembre.
Annika Horn - Fin novembre. Oui, c'est vrai que le prochain rendez-vous sera le premier décembre à Paris, à Station F. Et c'est là où on va juger l'équipe gagnante, enfin la sélectionner pour gagner le prix et une aventure avec Mike.
Mais hier du coup, c'est vrai que comme tu l'as dit, on veut vraiment s'assurer que ce programme soit à l'image de Mike. Parce que pour revenir un peu sur les messages qu'on abordait au début, c'était vraiment cette notion de la transmission et l'inspiration aussi.
C'est un mot qui est revenu assez souvent sur ces jours de workshop, parce que le l'entrepreneuriat ou le business, comme tu l'as très bien dit, il y a tellement de choses en commun avec l'aventure.
En fait, il faut savoir un peu se lancer dans l'inconnu, il faut prendre des risques. On est aussi peut-être exposé à l'échec. Il faut se relever après l'échec et en fait ça c'est des choses qu'on peut apprendre, oui dans une salle de classe ou auprès d'un expert, mais ça nous parle plus quand c'est mis en pratique.
Et c'est des compétences ou c'est des valeurs, je ne saurais pas comment décrire en fait, mais c'est choses que Mike, il a réussi à un peu masteriser au travers de sa carrière d'aventurier.
C'est notamment d'instaurer une discipline pour arriver à son objectif. C'est savoir sortir de sa zone de confort pour aller plus loin, c'est apprendre à flirter avec la peur pour en fait aller au-delà de sa peur.
C'est plein de choses comme ça en fait que lui comme aventurier, il applique chaque seconde, chaque minute quand il est en expédition. Et en fait, en fin de compte, un jeune entrepreneur, c'est la même chose.
Et donc c'est vraiment en proposant à ces jeunes une semaine d'apprentissage sous format plutôt traditionnel, académique, mais aussi dehors de la salle en pleine nature à faire des activités qui vont au-delà de la course à pied ou la natation plutôt : “Viens on va porter 25 kilos et traverser les bois.” C’est au travers de ce genre d’activité qu’on veut vraiment …
AnBé - Ça c’était le plus petit des trucs… [Rires]
Annika Horn - Oui c’était le plus petit des trucs ! il y avait un peu de tout mais ne rentrons pas dans les détails.
AnBé - C'est vrai qu'on a on a remarqué voilà ils ont eu toute la théorie de tout ça et puis ils ont eu une mise en pratique… Voilà il a beaucoup parlé du mindset de l'importance de rester dans le présentiel… J’espère que tu vas développer parce que c'est super important… Et on a vraiment vu que bon de le savoir en théorie mais après de le mettre en pratique aujourd'hui j'étais transformée.
Annika Horn - Oui, ça fait peu déclic comme ça
AnBé - Parce que je crois que de le comprendre dans sa tête et de le comprendre dans son corps, c'est très très différent. Et donc là ils ont une mise en pratique physique de certains concepts mindset qui les a vraiment changés.
Annika Horn - Absolument, c'est vraiment… C'est quelque chose d’aussi simple qu'un petit déclic. En fait, des fois, on ne se prend même pas compte qu'il a lieu quand il a lieu.
C'est tellement… On se met tellement de limites et on a tendance à suranalyser et à anticiper. On veut toujours anticiper le next, le prochain step, qu'est-ce qui va se passer ?
Sauf que des fois l'action, elle a seulement lieu dans le temps présent et on ne peut pas être quelqu'un d'autre que qui on est maintenant. Et c'est pour ça que la session d'hier était hyper importante pour essayer de…
Enfin ce n'est même pas quelque chose qui se transmet facilement, il faut le faire à travers d’activités, il faut que ça se réveille dans chacun à sa propre manière en fait. Et de mettre en avant, peut-être de promouvoir cette volonté d'essayer de vivre dans l'instant présent pour en fait mieux aller de l'avant.
C'est vraiment très challenging à expliquer en fait. Donc voilà, c'était vraiment le but, c'était de mélanger, que ce soit la nature ou la salle de classe, que ce soit le livre ou l'esprit,…
Prendre un maximum de choses qui nous entourent et c'est aussi une manière de mettre tout le monde dans un environnement dans lequel il ou elle peut se sentir confortable. Peut-être que Justine, elle va plus s'attacher aux arbres et à la nature et ça, ça va plus lui parler, ça va réveiller quelque chose en elle.
Mais peut-être que Anne, elle se sent plus confortable si elle est assise sur une chaise avec un stylo. Et donc c'est vraiment de pouvoir toucher un peu à tout et leur offrir un buffet dans lequel ils peuvent se servir pour en fait trouver quelles sont leurs forces.
AnBé - Et sur l'instant présent c'est chouette votre coach…
Annika Horn - Bertrand
AnBé - Bertrand qui a parlé un peu justement de l'importance de rester dans le présent, de s'ancrer dans le présent donc on a fait des exercices d'ancrage. Pareil donner des exemples que ça peut être vital pour ton père dans des situations critiques. Qu'est-ce qu'il apporte cet ancrage quand tu es dans une situation bien périlleuse ?
Annika Horn - Olala… c'est une question très très difficile.
AnBé - Oui parce que ça passe beaucoup par le corps.
Annika Horn - Ouais, c'est ça. Et puis c'est propre à chacun parce que sans vouloir parler pour Mike, mais souvent il dit : “Dans ce que je fais, si moi j'échoue, contrairement à un directeur d'une grande boîte par exemple, si moi j'échoue, je meurs.” Et donc les, disons que the stakes are higher, je ne sais pas comment ça se dit en français.
AnBé - Oui l'enjeu est beaucoup plus haut.
Annika Horn - L'enjeu est beaucoup plus haut puisqu'il perd sa vie.
AnBé - Et ça il n’y tient pas. Ton père n'est pas une tête brûlée, on va le rappeler quand même.
Annika Horn - Non justement
AnBé - Il tient à revenir vivant.
Annika Horn - Il y tient et surtout, c'est le pacte qu'on a signé avant qu'il parte.
AnBé - Fais ce que tu veux, mais…
Annika Horn - Tu rentres vivant. Je m'en fiche de ce que tu fais, comment tu le fais, mais tu rentres vivant.
AnBé - Vous le dites à chaque fois qu'il part ?
Annika Horn - Oui, non non, c'est vraiment…
AnBé - C'est le deal.
Annika Horn - C'est le deal, c'est devenu quelque chose de de sérieux.
**AnBé - “**Si tu meurs, je te tue.” [Rires]
Annika Horn - Tu m’as déconcentrée. [Rires]
AnBé - On parlait de l’instant présent.
Annika Horn - Oui, c’est pour ça qu'il est vraiment… C'est essentiel, il n'a pas le choix d'être ancré dans l'instant présent puisque s'il il laisse l'opportunité à sa tête de partir soit dans le futur, ou de penser à un truc qui a eu lieu dans le passé et de ne pas être dans le moment présent, il risque de perdre sa vie.
Et donc après, c'est un peu extrême de dire voilà, un entrepreneur, si tu n'es pas dans l'instant présent, tu risques ta vie quoi. Mais je pense que si c'est une compétence que tu arrives à masteriser, c'est quelque chose qui peut seulement t'aider en fait, à réaliser ton rêve ou à atteindre ton objectif.
AnBé - Ouais j'aime bien un truc, un mec qui m’a dit avec beaucoup d'humour, je crois que c'est un écrivain qu'on devrait appeler monsieur et pas mec : “Mais j'ai eu beaucoup de malheurs dans ma vie la plupart ne sont jamais arrivés.”
Annika Horn - C'est génial c'est fou.
AnBé - Et donc je crois que ça fait partie de ça aussi à l'instant présent. C'est oui, il y a un truc, mais il ne faut pas commencer à le grossir, laisser le mental s'emballer…
Annika Horn - Exact.
AnBé - …Et bon voilà, ok, ça, c'est arrivé. Je ne vais pas regretter de ne pas avoir fait ça avant-hier, je ne vais pas me dire: “Oh mon Dieu quelles seront les conséquences après demain.” Mais bon voilà. C'est ça maintenant qu'est-ce que je fais ?
Annika Horn - C’est fort…
AnBé - C'est vraiment… Donc c'était chouette de parler de ce projet et qu'on est en train de faire, parce que je crois qu'il y a de choses qui peuvent servir.
J'espère qu'il y aura de la valeur qui va ressortir de ce podcast. Et toi qu'est-ce que tu as vu comme changements chez les participants en général ? Qu'est-ce que tu remarques ?
Annika Horn - Je les ai rencontrés le premier jour et j'adore passer du temps avec eux et puis…
AnBé - Ça ne se voit pas du tout. [Rires]
Annika Horn - Et comme toi, j'adore écouter les speechs des intervenants parce qu'il y a tant de choses à apprendre, même si c'est peut-être un speech que tu as déjà entendu, c'est jamais… Enfin tu vas toujours en retirer quelque chose de différent à chaque fois. Mais ce que j'ai…
La plus grande chose que j'ai remarquée vraiment, c'est sur le plan… Le niveau humain, cette confiance en soi en fait. Tout passe par la confiance et pour porter un projet, il faut être confiant, mais sans être prétentieux ou arrogant.
Et ça, c'est quelque chose que j'ai remarqué, une belle évolution depuis le début, c'est la manière dont ils portent leurs projets avec confiance et presque fierté. Et ça se voit qu'ils sont en train de commencer à y croire. Et croire, c'est quelque chose de très très important. C'est aussi comme ça qu'on peut….
AnBé - C'est du mindset.
Annika Horn - C’est du mindset absolument. ****C’est comme, on l'a dit juste avant, même pas se donner l'opportunité de penser à échouer, d'essayer de croire parce qu'en fait c'est en y croyant qu'on va réussir à réaliser ce projet et se donner les moyens pour le faire.
[Grésillements de radio]
AnBé - Tiens je me demandais, je sais bien que Bertrand, tu as coaché pour apprendre à supporter l'immersion en eau froide.
Annika Horn - Oui. [Rires]
AnBé - Alors mais qu'est-ce qui te dit pour que tu aies envie d'aller te geler ? Comment il arrive à te faire dépasser comme ça les signaux du corps ? Sans les ignorer faut pas être en hypothermie non plus.
Annika Horn - Oui non. Disclaimer
AnBé - Voilà, ne faites pas ça à la maison.
Annika Horn - Je commencerai par dire que l'envie de le faire déjà, il vient du fait de vouloir apprendre à aimer les choses qu'on n'aime pas faire. Ça, c'est quelque chose qui est très… Que Mike, il dit souvent en fait c'est : “La vie, elle n'est pas censée être facile.
On est censé être confronté à des challenges et le plus qu'on se challenge, le plus qu'on va en fait élargir nos compétences ou cette zone dans lequel on sent confortable.” Et en fait ça va nous permettre de faire encore plus. Et donc c'est un peu partie de ça.
AnBé - Ça me fait penser au truc “easy choices, hard life, hard choices, easy life”. Je sais plus qui me l’a dit.
Annika Horn - Ça nous revient à chaque fois à des choses, des dictons assez simples qu'on entend depuis toujours.
AnBé - Et puis un jour on les comprend.
Annika Horn - Mais un jour on les comprend.
AnBé - Ouais ouais.
Annika Horn - Et moi j'ai toujours détesté le froid. En fait je suis une grande frileuse.
AnBé - Ah bon ?!
Annika Horn - Oui, tu vois.
AnBé - Oui, je fais partie du même club.
Annika Horn - Et voilà et je voulais me challenger en fait. Je voulais voir si j'étais capable en fait de casser ces barrières et puis de voir en fait quel était le pouvoir du mental dans ce genre de situation.
Parce que oui, ressentir le froid, c'est quand même quelque chose de physique. Tu te dis, c'est pas possible en fait de ne pas ressentir le froid. Et l'opportunité s'est présentée avec Bébert lors d'une session et je suis partie un peu sceptique de base et en fin de compte.
AnBé - Mais elle est partie quand même.
Annika Horn - Oui, mais je suis parti quand même. C'est déjà ça, c'est le first step, c'est dire ok go, give it a try at least. De ne pas être fermé d'esprit et puis de se dire bon, on ne sait jamais ce qui va en sortir, mais il y a toujours quelque chose à en tirer.
Et directement j'ai essayé une fois toute seule et c'était catastrophique. Et la première fois avec BéBert, c'était cette… Je ne saurais même pas expliquer comment mais c'était un processus purement mental.
Puis en fait, si on on y croit pour revenir à ça, on est capable en fait de briser ces barrières et puis de d'élargir notre zone de confort et puis ça s'est vu directement et j'étais impressionnée et fascinée.
AnBé - Mais qu’est-ce qu’il t’a dit ?
Annika Horn - C’était un peu des sessions de méditation, mais sans vouloir trop rentrer dans les détails, tu vois, c'est juste de la respiration, de la méditation, de la concentration, et de l’instant présent. Revenir là-dessus aussi.
C'est vraiment, tu ne penses à rien d'autre et dès le moment où tu es en train de penser à : “Qu'est-ce que je vais cuisiner ce soir ?” ou : “J'ai un peu soif.” En fait, tu te crées des distractions.
AnBé - Et quoi, tu penses à : “Mon Dieu qu'elle est froide l'eau !” pendant une demi heure ? [Rires]
Annika Horn - Non non non ! Voilà, pour revenir à un des tips c'est de penser à de la chaleur. Puis de penser à la couleur rouge parce qu'elle représente plutôt la chaleur qu'une autre couleur.
AnBé - Ah voilà quand même quelque chose un peu plus concret. Que je puisse…
Annika Horn - … Des petits tips.
AnBé - … Moi qui déteste le froid, donc qu'au moins j'ai eu l'occasion de… D’avoir des petits trucs.
Annika Horn - Non, voilà, donc c'est un peu comme ça et après je ne fais pas que… En allant dans l'eau froide avec avec Bertrand, par exemple. C'est aussi quelque chose qu'on fait au quotidien avec Mike qui dit, constamment qu'il faut être inconfortable pour grandir. Ça, c'est quelque chose qu'on essaie vraiment de transmettre.
AnBé - Waouh trop top. Et si tu devais donner ta définition de l'aventure, ce serait quoi ?
Annika Horn - Un voyage intérieur ou extérieur qui nous permet d'apprendre plus sur soi-même et le monde.
AnBé - Ouais pourquoi est-ce qu'on part en aventure ? Pourquoi tu crois qu'il part comme ça comme tout le temps ton père ? Qu'est-ce qui fait qu'il y a ce drive comme ça ?
Annika Horn - Je pense qu'il a une soif sans fin de découverte. Et d'avoir une notion globale de ce qui se passe sur terre et de se mettre à la place de quelqu'un d'autre, d'aller à la rencontre d'une communauté locale, de vivre son quotidien ou de je ne sais pas,… C'est tellement de choses ! C'est tout !
AnBé - Oui.
Annika Horn - C'est une vie, c'est…
AnBé - C'est une ouverture.
Annika Horn - Oui, c'est une ouverture. Et je pense que la source, c'est vraiment cette envie de découverte. Que ce soit une découverte intérieure ou…
AnBé - Une grande curiosité.
Annika Horn - Voilà, beaucoup de curiosités. Ça, c'est quelque chose que malheureusement on perd un peu avec les années. C'est quelque chose qu'on retrouve un peu chez ces jeunes de Pangaea X, c'est beaucoup de curiosité. Ils sont très très excités par la vie. Et puis ils n'ont pas de limite, c'est : “J'ai une idée !”
Et puis avant même… Peut-être toi et moi, on va se dire : “Mais en fait, non, elle n'est pas possible, ton idée, c'est débile”. Et en fait, en fin de compte, c'est un peu… C'est dommage de penser comme ça. Et puis c'est quelque chose qu'on retrouve beaucoup chez les jeunes, c'est limitless, sans limite.
On peut avoir plein d'idées de crazyer are the better. Et ça, c'est quelque chose que Mike, il a réussi à garder chez lui. Ça, c'est une de ses plus grandes forces, cette curiosité.
AnBé - Toi aussi, tu es une curieuse et une rêveuse.
Annika Horn - Oui, absolument, absolument. Mais il suffit de quelques années qui pèsent, tu vois déjà la différence. Donc c'est aussi important de continuer à se mettre dans des situations qui vont nourrir cette curiosité et te donner envie de continuer à la rechercher.
AnBé - Ça m’a fait tellement bien cette semaine avec toute cette communauté énergique. Être une femme dans le monde de l'aventure, est-ce que tu vois ça comme un… Qu'est ce que tu vois comme différence ? Si tu en vois une.
Annika Horn - Oui alors enfin, je serai aveugle si je n'en voyais pas.
AnBé - Oui c'est ça mais donc comme ça. Pour toutes les aspirantes aventurières qui nous écoutent.
Annika Horn - Oui, c'est vrai. C'est, j'ai envie de dire, ce n'est déjà pas, enfin pas facile de base, que ce soit pour un homme ou une femme, parce que c'est un peu atypique.
Mais d'autant plus si on est une femme, puisque ce n'est pas forcément vu comme quelque chose de très féminin, de sortir de sa zone de confort, d'être baroudeuse, de ne pas prendre de douche pendant des semaines et transpirer. Et aussi, voilà, la performance physique, logiquement, c'est plutôt quelque chose qu'on associe à l'homme.
Mais ce qui est intéressant, c'est que je n'ai jamais vraiment fait la différence entre hommes et femmes parce que, enfin en tout cas dans ce, dans le monde de l'aventure, c'est parce que je pense que j'ai été un peu éduquée, sans qu'on me dise : “Tu es une fille, tu dois jouer avec une poupée ou ta couleur, c'est le rose.” Et c'est bête dit comme ça, mais moi je ne voyais pas vraiment…
Enfin je ne me voyais ni comme une fille ni comme un garçon, je me voyais juste comme un individu qui avait envie de faire un tas de trucs.
Je crois que les limites qu'on se crée aujourd'hui, elles sont créées par cette société, ce discours et ces attentes qu'on a de d'une femme ou d'un homme. Et donc, je pense, malheureusement, c'est quelque chose de difficilement irréversible quand on est déjà trop lancé, trop loin lancé dedans. Mais moi, j'ai perdu un peu cette notion de l'homme et de la femme.
Sauf que là où je sens vraiment la différence dans le monde de l'aventure aujourd'hui, c'est la manière dont on nous regarde et de l'extérieur. Et souvent, si à l'âge de 30 ans, tu devrais commencer à penser, à avoir une famille, à être posée et puis et puis rester peut-être à la maison et t'occuper des tiens, et caetera.
J'imagine que ce serait perçu différemment si j'étais un un mec et que voilà, tu vois, j'avais décidé de prendre mon vélo et de faire quatre mois de trip autour du monde.
Mais je, peut-être que c'est le mon côté jeune aussi, mais je suis hyper positive. J'ai l'impression qu'il y a un changement et que c'est de plus en plus accepté en fait de d'être qui on a envie d'être et de réaliser ses rêves, qu'on soit homme ou femme ou entre deux quoi.
Ce n'est pas, tu vois donc je ne me positionne pas par rapport au féminisme et des choses comme ça. J'ai vraiment juste aimé que tout le monde soit à l'aise là où ils veulent être. Et puis et Mike, il n'est pas, enfin il est pareil, ce n'est pas du tout parce que,… Enfin souvent il dit : “Enfin moi les femmes, elles m'impressionnent plus que les hommes perso….
AnBé - Ah mais je l’aime de plus en plus ton paps. [Rires]
Annika Horn - … Elles sont plus tolérantes à la douleur. Elles sont plus réfléchies dans leurs actions et des choses comme ça.” Mais encore une fois, sans créer de différence, c'est plutôt juste des constatations.
Et pour ça que moi, je suis en fin de compte hyper contente que paps, il ait eu deux filles et pas deux garçons, tu vois. Parce que aujourd'hui, je porte ce rôle de fille aventurière, mais avec grande fierté. Parce que si je peux aider n'importe qui à sortir de ces schémas de pensées qui sont juste des constructions et qu'en fait sont pas forcément une réalité. Go quoi .Go les filles.
AnBé - C’est génial !
Annika Horn - Mais en même temps, le message est le même pour les mecs. Je vois vraiment pas de différence.
AnBé - Go tout le monde quoi.
Annika Horn - Ouais go tout le monde. [Rires]. Et donc ça, c'est quelque chose qui…
AnBé - Moi je vois juste une grosse grosse différence. C'est que les femmes viennent beaucoup moins volontiers parler au micro. [Rires]. N'est-ce pas ?
Annika Horn - Oui, c'est vrai. Je suis plutôt timide, je n'aime pas forcément être dans le spotlight. Mais je me suis aussi récemment… Enfin puis aussi on a fait des tests de personnalité cette semaine.
AnBé - Hyper similaire.
Annika Horn - Je me suis… Ouais on est d'ailleurs hyper similaires.
AnBé - Tu sais, moi, je suis très contente d'être de ce côté-ci, tu vois, poser les questions.
Annika Horn - C’est plus facile…
AnBé - Complètement lâche. [Rires]
Annika Horn - Et de ne pas vouloir être… Trop être dans le spotlight et plutôt aider les autres, les mettre en avant eux plutôt que se mettre en avant soi. Et s'il y a un message que j'aimerais transmettre, c'est que là, je n'essaie pas du tout de me mettre en avant moi, mais plutôt genre l'aventure et cette passion…
AnBé - Le message…
Annika Horn - Le message ! Cette transmission.
AnBé - C'est ça qu’on essaie de mettre en avant aujourd’hui.
Annika Horn - Tout à fait. De enfin voilà, de miser sur ces différentes personnalités, de savoir que chacun a ses forces et ses faiblesses et tu vois… Même si moi ça me coûte de parler au micro et de partager mes histoires. Le but, c'est cette transmission.
AnBé - Super. Écoute, il y a deux petites nanas qui ont des questions pour toi.
Annika Horn - Oh oui, tes petites !
AnBé - Oui, c’est mes petites Amandine, 8 ans, et Valentine, 10 ans. Alors voilà je crois que c'est bien il y aura un message à faire passer aussi à ces mini aventurières.
Annika Horn - Amandine et ?
AnBé - Valentine
[Enregistrement de la fille de AnBé, Amandine : “Bonjour Annika, est-ce qu'un jour tu as déjà eu un très gros danger ?”]
AnBé - Et la deuxième, elle est un peu dans le même goût donc je vais te les mettre toutes les deux.
[Enregistrement de la fille de AnBé, Amandine : “Bonjour Anika, est-ce que tu es déjà tombée dans les crevasses ?”]
Annika Horn - Elles sont chou. Oh… Merci Amandine et Valentine pour vos petites questions. Alors je vais répondre à la plus facile en premier. Non, je ne suis jamais tombée dans une crevasse…
AnBé - C’est une bonne idée !
Annika Horn - … J’en suis très très contente. Parce que là on a passé pas mal de temps sur des glaciers au Groenland et les crevasses me font peur. Donc je suis hyper attentive quand je navigue sur un glacier. Je m’assure de vraiment prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas tomber dedans.
Mais si c’est une situation qui venait à avoir lieu, je suis bien préparée, je sais, Mike m'a bien enseigné, je sais quoi faire pour m'en sortir.
AnBé - Regarde tu es en train de parler à elles.
Annika Horn - Elle sont trop chou. C'est des futures aventurières aussi.
AnBé - Ah il y en a une mais depuis que je fais les podcasts et tout… Tu imagines même pas. Une fois elle était sur une piste de ski comme ça, elle avait du mal, elle retombait en arrière, elle essayait de monter comme ça… Elle ne voulait pas, je le dis : “Attend, je vais t'aider, je vais pousser.” [Imitations d’essoufflements] “Non, je suis une aventurière !”.
À un moment, on sortait pas mais je dis : “Mais tu sais les aventuriers, quand vraiment ça va pas, ils se font aider pour ne pas s'épuiser ou parfois mourir.” [Imitations d’essoufflements] “Ça va, tu peux me tirer.”
[Rires]
Annika Horn - C'est vrai, tu as bien fait de dire ça. Tu as bien fait. On peut s'entraider, on n'a pas de tout besoin de faire toute seule. Trop chou. Et donc voilà la deuxième question…
Donc la première question, c'était est-ce que j'ai déjà une situation de danger. Donc la crevasse, c'est non. Pas encore. Du moins, mais ça risque de se passer. Mais si ça se passe, je suis plus ou moins prête. Je sais quoi faire. En tout cas, je mettrai tout en oeuvre pour sortir.
AnBé - C'est une très bonne idée. Voilà, de préférence.
Annika Horn - La première question, c'était si j'ai déjà… Enfin quel était le plus grand danger.
AnBé - Oui, si t’as déjà couru un grand danger.
Annika Horn - J'ai perdu un peu la notion du danger aussi, ça, c'est un problème. Quand on se met dans souvent dans des situations de risque. Les limites tout d'un coup elles sont différentes, elles évoluent avec ces prises de risque… Mmmm pas particulièrement j'ai même pas j'ai même pas d'idées d'histoire.
AnBé - Je sais bien quand vous étiez petites, il y en a une de vous deux qui est est tombée dans l'eau quand vous étiez avec votre père. Vous aviez traversé je ne sais plus quoi. Je sais bien qu'il y en a une qui avait été trempée, qu’il a dit : “Bon, il faut juste la changer très vite.”
Annika Horn - Exact, voilà.
AnBé - Et voilà, c'est bien. Mais tu vois, il ne s'est rien passé alors pourquoi imaginer le pire.
Annika Horn - Exactement. Donc souvent, après ça, c'est vraiment une mentalité de Horn, c'est que temps que tu n'es pas sur le point de quitter cette planète, c'est que t’es pas...
AnBé - C'est que ça va.
Annika Horn - Voilà. Paps, il dit toujours : “A miss is as good as a mile”. Donc en gros, si on ne te touche pas, ça ne change pas que si c'était, on t'a juste frôlé ou si c'était à des kilomètres. Tu vois donc encore une mentalité de Horn.
Non, mais tu vois pendant nos expéditions au pôle Nord, on a déjà eu des petites gelures ou frôlé l'hypothermie,… Mais tu vois, chaque fois qu'on le rattrape, même si c'est de justesse, c'est comme si ça s'était jamais passé. Non non mais des situations de danger pas particulièrement. Après la vie elle est longue. Il me reste encore beaucoup d'aventures à faire donc.
AnBé - Oui, risque d'accord, mais calculé.
Annika Horn - Oui, exactement.
AnBé - Qu'est-ce que tu conseillerais justement à ces petites aventurière pour ne pas avoir peur de se lancer tout en temps, effectivement… En tout cas pour gérer le bon mélange entre la peur et la prise de risque pour vivre sa vie tout simplement ?
Annika Horn - C'est très important. J'ai envie de bien répondre parce que j'essaie de me mettre à leur place, à leur âge et je me dis tu vois… On parlait du courage au début et je pense que le courage et la confiance en soi, c'est quelque chose de très très important.
Donc ce que je leur dirais, c'est d'avoir des rêves et je pense qu'elles en ont plein, mais d'en sélectionner que quelques-uns qu'elles vont vraiment travailler dur pour atteindre. Parce que le plus de rêves qu'on a un peu, ce n'est plus vous donner de la tête. Et c'est d'être sélectif avec ses rêves. Et une fois qu'on a réalisé un rêve, on peut peut-être passer au suivant.
Et en fait, je pense que c'est aussi un message qu'on communique aux jeunes qui sont ici, c'est pas trop tout donner à gauche et à droite et puis de plus savoir dans quelle direction on va. C'est de se fixer un objectif, un rêve et de tout mettre en oeuvre pour le réaliser. Et je me réjouis d'entendre les rêves de d'Amandine et Valentine.
[Grésillements de radio]
AnBé - Un objet qui est indispensable dans toute aventure, un petit détail concret ? Tu ne pars jamais sans…
Annika Horn - Je pars jamais sans, non, tu vois, mon appareil photo, que ce soit mon téléphone ou un appareil photo, je suis obligée. J'adore immortaliser ces souvenirs. C'est pour moi une manière de revivre ces aventures-là.
AnBé - Tu re regardes, oui ?
Annika Horn - Ah oui, tout le temps. Oui. Tu vois, justement, on parlait de nourrir son inspiration. Comment est-ce qu'on arrivait à la prochaine aventure. Notamment, c'est en revoyant des images qui nous ont, où on… Ça nous permet de revivre des moments forts qui nous ont touchés. Ça, c'est pour moi, voilà, l'outil essentiel, c'est de capturer l'instant.
AnBé - Ok, donc oubliez votre boussole, votre couverture de survie, ça ne sert à rien. À part l’appareil photo. [Rires]
Annika Horn - Je suis très nouvelle génération, tu vois. Prenez votre téléphone, il y a une boussole et ça ne sert pas de couverture de survie, mais…
AnBé - Pas encore, pas encore. Quel est le fail qui t'a le plus appris ? Puisqu'on dit qu'il faut apprendre de ses échecs ? On a dit que ça toute la semaine.
Annika Horn - Moi j'en ai plein.
AnBé - Alors on ne va pas faire semblant de ne pas savoir répondre à la question.
Annika Horn - Non, mais c'est sûr. Mais j'ai envie d'avoir un exemple hyper concret, tu vois, parce que ça parle plus. Mais alors, c'est pas vraiment un fail. Mais pendant une expédition que j'ai réalisée avec paps et d'autres jeunes dans pendant l'expédition Pangaea, donc en 2008-2012. On était dans en Mongolie, puis on traversait le désert de Gobi.
Et on a fait une partie à dos de, je crois que c'était dromadaire. Non chameau ! Une partie à dos de chameau et une deuxième partie qu'on devait faire en vélo. Et tu vois, à l'époque, moi j'étais déjà assez sportive, mais pas autant qu'aujourd'hui.
Et je pense que je me mettais beaucoup en question. J'avais beaucoup de doutes et peu de confiance. Et ça devenait un peu difficile cette expédition en vélo pour traverser le désert parce qu'on était en train de rouler dans le sable.
Donc ce n'est pas vraiment un fail, mais c'est un moment qui m'a marqué parce que j'ai l'impression d'avoir échoué, parce que j'ai abandonné. J'ai dit que je ne pouvais plus continuer. Alors que je sais aujourd'hui que j'avais les ressources pour continuer et que j'ai peut-être abandonné parce que j'en ai vu d'autres. J'ai vu d'autres personnes abandonnées.
AnBé - Bien s’entourer.
Annika Horn - Mais c'était des jeunes qui étaient aussi sélectionnés pour faire partie de cette expédition-là. Et peut-être que si on avait plus travailler en équipe, si on s'était encouragés, ça nous aurait permis d'arriver à la ligne de départ peut-être avec des quelques heures de retard, mais au moins de franchir cette ligne d'arrivée. Pardon, la ligne d'arrivée et d'arrivée à destination.
Et donc ce n'est pas vraiment un fail, mais c'est quelque chose que je vois comme c'est une expérience qui m'a permis d'apprendre sur moi. Et même si ce n'est rien dit comme ça, genre d'abandonner et de sauter dans une voiture à la place de finir en vélo dans le désert de Mongolie. Je n'étais pas fière de moi. Mais c'est ok aussi de dire j'arrive plus.
AnBé - S’il faut, il faut, oui tout à fait.
Annika Horn - Mais je sais que la raison, ce n'était pas la bonne raison. Je disais que je n'arrivais plus physiquement parce que j'étais fatiguée, mais en fait, je pense que j'étais juste découragée. Et donc c'est un moment qui m'a vraiment marquée parce que j'y repense encore aujourd'hui. Je dis que je n'aurais jamais dû m'arrêter.
Et donc cette expérience aujourd'hui, elle me permet dans les moments difficiles de me dire : “Mais en fait non, tu as encore les ressources de continuer.” Donc ça, c'est un petit moment que je porte avec moi.
AnBé - Et comment tu fais la différence ? Quelqu'un me demandait : comment on fait la différence entre le moment où il faut se pousser un peu ?
Annika Horn - On le sait, on le sait. Moi en tout cas, je le sais. J'espère que vous le savez tous. Mais je sais que là, j'avais encore les ressources de continuer et que c'était un petit moment de faiblesse mentale.
Et peut-être que les bons mots de la bonne personne, ou peut-être que si j'avais levé le regard vers le ciel et que je m'étais nourrie d'une énergie, autre que celle que j'avais à l'intérieur de moi, ou peut-être que même si j'avais pris barre de chocolat et que j'avais pris une morsure, j'aurais pu continuer.
Je pense qu'on le sait. Surtout tu vois si c'est un événement qui nous qui nous suit après toute une vie et que tu dis je sais que j'aurais dû continuer.
AnBé - Ça doit donner la niaque quand t’as ce genre de petits moments de mous en disant : “Oui mais non mais ça ne m'arrivera pas deux fois.”
Annika Horn - Ouais j’avoue.
AnBé - Et le succès dont tu es la plus fière, c'est quoi le succès ?
Annika Horn - C'est quoi le succès ? Exactement. Des mini-success, il n'y a pas de petit succès, il n'y a pas de grand succès, il y a des succès pour tout le monde.
AnBé - Tout à fait d'accord.
Annika Horn - Succès, je pense que c'est en fait… Je ne sais même pas si je peux porter avec fierté ce succès ,parce même pas si c'est le mien, mais le fait d'être aussi proche de ma famille aujourd'hui.
Pour moi je vois ça comme un succès ou une réussite disons, c'est devenu ma force aussi. C'est aussi le fait d'avoir appris à gérer la perte de ma mère comme une force. Ça, c'est quelque chose qui, ça m'a donné du peps pour la pour la vie parce que c'est mon plus grand outil aujourd'hui.
AnBé - Il n'y a plus rien qui peux te faire échouer après ça.
Annika Horn - Ouais, exact.
[Bruit pour la transition]
AnBé - Dans le monde de l'aventure ou de l'entrepreneuriat, quel conseil ou avis as-tu entendu, souvent, et qui est complètement erronée ? Les conseils à ne pas suivre ?
Annika Horn - Alors dans notre famille d’aventuriers spontanés, je dirais pas que c'est un conseil à ne pas suivre, mais c'est peut-être pas forcément écouter à la lettre, mais c'est de toujours tout préparer.
En fait, je trouve que des fois dans le monde de l'aventure et l'entrepreneuriat, on on ne laisse pas assez de place à la spontanéité humaine aussi de savoir en fait que oui, on peut préparer un scénario a, un scénario b, s'il se passe ci ou ça…
Mais on devrait aussi avant tout apprendre à nous écouter et si tu ne la sens pas ou si tu la sens, l'instinct des fois et pas seulement la préparation. Ça, c'est quelque chose. Souvent dans l'entrepreneuriat, tous les podcasts que j'écoute…
Après, tu as deux écoles, tu as vraiment ceux qui disent, ouais, il faut toujours être préparé et puis tu en as pas mal qui disent : “Bon bah, vis le moment présent et puis va de l'avant avec l'instinct.”
Mais c'est peut-être des tips ou des choses qu'on nous a enseignées à l'école qui ne sont pas forcément une réalité de toujours être prêt, de tout savoir avant de partir se lancer. Souvent, il faut aussi, voilà, juste avoir une bonne énergie, la bonne attitude et puis go.
AnBé - Ouais, on pas vouloir avoir tout préparé jusqu'au dernier cas. C'est souvent la meilleure recette pour ne jamais partir.
Annika Horn - Toi tu répondrais quoi à cette question-là ? Parce que je suis hyper curieuse maintenant.
AnBé - Toujours les… Je crois que pour toute entreprise enfin, pour un peu tous, mais c'est trop risqué… Mais non il n'y a personne qui avec ça arrive à quelque chose. Il y a c'est tous tous ces conseils bienveillants qui veulent en fait ta sécurité.
Toi, tu es déjà avec la trouillomèttre à zéro parfois avant de te lancer parce que… Souvent, si tu n'es pas dans une famille d'entrepreneurs ou d'aventuriers, on te freine très fort. Ils ont raison qu'on a des chances de se casser la figure, mais peut-être qu'ils oublient dire que ce n'est pas grave de se casser la figure.
Annika Horn - Oui exact. Oui absolument, je suis vraiment d'accord.
AnBé - Alors c'est quoi les ingrédients pour toi, indispensables, pour vivre ces rêves. Une famille de rêveur, ça doit être intéressant de connaître la recette familiale.
Annika Horn - Courage pour revenir là-dessus, courage/confiance, discipline et entourage.
AnBé - Ça me paraît parfait.
Annika Horn - Recette à trois ingrédients.
AnBé - C'est très bien. Est-ce qu’il y a une citation qui t'inspire ?
Annika Horn - J'ai toutes les citations de paps qui sont collées dans ma tête, je les entends à longueur de journée, c'est les seules que je connais. [Rires]
AnBé - Balance-nous ton best-of, on est demandeur.
Annika Horn - Allez, “If your dreams don't scare you they aren't big enough”.
AnBé - « Si tes rêves ne te font pas peur, c'est qu'ils ne sont pas si grands », pas mal.
Annika Horn - Après j'en ai plein d'autres, tu me reposes la question dans une heure, ce serait une autre. Mais je pense il faut avoir, je vais travailler la prochaine fois que tu me poseras la question, j'aurai ma propre citation. Je vais inventer la mienne.
AnBé - Yes. Ça marche. Rendez-vous pris. Quels sont tes prochains projets là juste après Pangaea ? C'est déjà maintenant on est en plein dedans jusqu’en décembre, ça c'est clair. Après, tu as d'autres choses sur le feu ?
Annika Horn - Oui, alors, je veux apprendre de Mike. Je veux être présente et active au courant de son expédition “What's Left “pour l'aider dans sa mission, enfin la mission qui est la nôtre aujourd'hui. Et donc, je pense que ça va être quatre ans d'aventure dans des coins magiques du monde pour pouvoir continuer à apporter cette mission de transmission et d'inspiration.
AnBé - Qu'est-ce que je t'envie…
Annika Horn - Bon après, il y a beaucoup de boulot. Il y a pas mal de d'ordinateurs et d'e-mails et de choses à rattraper quand on rentre et c'est beau aussi, c'est l'équilibre qui fait.
AnBé - Il y a des livres aussi non ?
Annika Horn - Des livres il y en a déjà eu.
AnBé - Oui ça, on spoile.
Annika Horn - Non non, comment ça des livres ?
AnBé - Parce que moi mes petites sont en train de lire un de vos livres, ça c'était drôle. Je ne faisais Pangaea X, je pars en vacances, sur quoi est-ce que je tombe : un livre pour les enfants.
Annika Horn - Mais oui, c'est ça, c’est important
AnBé - Avec Jessica et Annika, mais c'est trop génial ! D’ailleurs tu me le dédicaces juste après pour elle.
Annika Horn - Avec plaisir. Non non non, ça, c'est un des… Enfin le dernier livre qui est qui est sorti. Les projets créatifs, c'est des projets qui me qui me passionnent le plus.
Donc j'adore les livres et je trouve que c'est vraiment… u vois dans peut-être que dans dix ans, tes filles, elles ont reparlé de ce livre qu'elles ont lu et c'était important pour moi de parler à une audience encore plus jeune que celle de Pangaea X. Tu vois les 8-12 ans. Pour commencer, voilà. Pour commencer le club des aventuriers et j'en suis tellement fière parce que pour moi je trouve que c'est l'âge clé.
C'est le moment clé dans la vie où tu commences vraiment à développer tes propres opinions et avoir tes propres inspirations.
Et moi, je me souviens que c'était à ce moment-là où je commençais à rêver et puis il y avait l'histoire de Tipi, cette petite qui vivait en Afrique avec les animaux qui m'avait vraiment hyper inspirée. Et aujourd'hui.
AnBé - Et tu t'es dit ce jour là, mais pourquoi moi j'ai un papa ennuyeux qui fait rien ? [Rires]
Annika Horn - Tu vois, j'étais là, mais en fait c'est trop cool, elle est en train de vivre avec les éléphants et moi et puis moi. [Rires]
Et en fait je voulais offrir quelque chose à cette jeunesse-là qui… Il y a des histoires superbes pour animer les rêves d'enfants.
Mais là, on s'est dit, on va créer un “club des aventuriers” dont Mike est un peu le chef ou le directeur de ce club et qu'on peut lancer des missions à cette jeunesse qui leur permettent de partir à l'aventure, mais tout en préservant la planète, c'est des thèmes qui sont très très, on les entend aujourd'hui.
AnBé - Heureusement, ils sont devenus d'actualité.
Annika Horn - Voilà, ils sont devenus d'actualité et en fait de donner les outils et la force et le courage à cette jeune génération de pouvoir aussi de nous aider dès leur plus jeune âge dans cette mission, mais sans leur mettre la pression.
Vraiment, d'abord apprenez à connaître la planète ou les choses qui vous passionnent et puis ensuite on verra comment on les protège ensemble.
AnBé - Ah trop bien, trop bien. Et donc il y a un autre livre, un deuxième livre qui va sortir pour eux, c'est ça que tu m'avais dit non ?
Annika Horn - Oui, donc il y a le donc “Le club des aventuriers” en coédition avec PKJ. On est en train de travailler sur plusieurs tomes. Dans quel deuxième tome qui va sortir. Donc la suite de l'histoire. Donc voilà pour nos jeunes lecteurs, la suite arrive.
AnBé - Top. Un grand grand merci pour ton temps.
Annika Horn - Merci à toi AnBé, c'était chouette.
AnBé - Merci encore à Anika pour l'interview et je salue avec grand plaisir au passage toute l'équipe de Pangaea X : l'orga, les coachs et tous ceux qui rendent ce programme possible.
Pour ceux qui voudraient suivre Anika, Pangaea X ou l'expé “What's left” de Mike, toutes les infos seront comme toujours dans les notes de l'épisode et la page web qui lui est consacrée où tu retrouveras en plus des photos, vidéos et autres liens mentionnés pendant notre discussion.
On a parlé des pôles dans cet entretien et bien justement dans les prochains épisodes, on va retourner vers du blanc, beaucoup de blanc puisque nous nous rendrons sur le continent antarctique pour y poser nos valises dans une station polaire de cette région du globe consacrée à la paix et à la science, à la découverte de la vie quotidienne à la station belge princesse Elisabeth pendant l'été austral.
Et nous reviendrons aussi sur l'aventure qui mena à sa création la traversée de l'antarctique d'Alain Hubert et Dixie Danskeur avec des voiles, ce qui était à l'époque une grande première que l'aventurier nous racontera lui-même.
Merci à A.S. Adventure pour le soutien apporté à cet épisode. Merci à toi pour ton écoute.
J'espère que la conversation t'a apporté plein de valeurs. Je pense en particulier aux dix équipes de l'édition Pangaea X de cette année bien sûr, qui sont train de bosser très dur pour présenter fin novembre au jury des projets durables, des solutions pour demain. Alors Aqua.ia, One-to-tri, Sun Horizon, Limeat, Nemo, Izalgue et Wild Rover, bravo à tous pour votre engagement !
Comme toujours, je termine en te demandant de faire un petit geste tout simple qui fait un monde de différence pour le projet, Storylific soutient la reforestation en redistribuant 50% de ses bénéfices. Donc si cet épisode t'a plu, partage-le sur tes réseaux, abonne-toi, parles-en autour de toi à un ou deux amis, car plus il y a d'oreilles, plus on plante. Merci. À bientôt !