#75. Jessica Horn :
Etre soi dans une famille d'aventuriers
Épisode du 12 mars 2024
Ecouter
Il y a quelques semaines je vous proposais un épisode avec Annika Horn. Cette fois c'est sa soeur Jessica que j'ai eu le plaisir d'avoir à mon micro. Avec elle on a parlé
- Â HMDS (demi marathon des sables)
- qu'est-ce que l'aventure
- connexion Ă la nature : est-ce vraiment si important ?
- et l'aventure n'est pas toujours celle qu'on croit : quand la startup INOCEL est bien plus hors de sa zone de confort que les pĂ©rĂ©grinations avec son père !Â
Episode enregistré à Station F Paris lors de la finale de Pangaea X 2023. Exceptionnellement à cette occasion les questions habituellement posées par mes filles ont été posées par mon équipe, EauHisse, que j'ai eu la chance de coacher ces quelques mois de l'aventure PangaeaX.
Marc et Anne merci pour vos questions très pertinentes - et pour tout le reste.
Jordanie - HMDS 2023 - Annika & Jessica Horn
© Les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.
Station F, Paris, 1-12-2023, finale de Pangaea X (et jour de l'interview Jessica Horn x Storylific)
© Les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur
"Ce n'est pas seulement la motivation qui va nous faire avancer dans la vie : il faut de la discipline. "
Jessica Horn, Storylific épisode 75
Où trouver l'invitée
Instagram : @jessicaahorn
Linkedin : https://www.linkedin.com/in/jessicaahorn/
Linkedin Inocel : https://www.linkedin.com/company/inocel/
Inocel : https://inocel.com/fr/
Pour aller plus loin:
Site web du programme éducatif Pangaea X à suivre également sur Instagram : @pangaeax
Livres :
Le Club des Aventuriers, tome 1 : bienvenue au Club - auteur Bertrand Puard, avec la participation de Mike, Annika et Jessica Horn
Mike Horn - Survivant des Glaces (éd. Michel Lafon)
Illustrations sonores
Musique:
Cali by ItsWatR (Direct Licence)
Whipped Cream by WatR (Direct Licence)
Sons:
short whoosh Vilkas_Sound CC BY 3.0 Attribution
Transcription de l'épisode
AnBĂ© - Storylific - Bonjour Jessica Horn !
Jessica Horn - Bonjour AnBé !
AnBé - Storylific - Ça fait très très plaisir de te revoir depuis Lausanne.
Jessica Horn - Mais oui, de mĂŞme, de mĂŞme.
AnBé - Storylific - Et de te parler pour te poser quelques questions pour les auditeurs aujourd'hui depuis Station F Paris pour la grande finale de Pangaea X.
Jessica Horn - Oui, un moment très excitant pour toutes les équipes et tous ces mois de travail qu'ils ont fait, donc on se réjouit de voir les résultats ce soir et de savoir qui va gagner cette édition de Pangaea X.
Anbé - Storylific - C'est là qu'on regrette de ne plus être dans les émissions pour enfants où tout le monde gagne à la fin, parce que franchement, ils ont tellement donné.
Jessica Horn - Oui je suis d'accord on aimerait. Bah je pense qu’ils ont tout de même tous gagné quelque chose de cette expérience en soi. Donc même s’ils ne repartent pas vainqueurs, ils ont quand même, ils repartent avec quelque chose et c'est ça le plus important c'est de créer cette communauté, que ça continue et qu'ils continuent à évoluer sur leur chemin et qu’ils partagent leurs projets et que ça devienne des projets concrets. Donc on se réjouit de suivre toutes les équipes.
AnBé - Storylific - Oui, on espère qu'ils ont créé des liens entre eux, des synergies, et on se réjouit de continuer à les regarder. Donc ici. Ben je vais te demander de te présenter toi.
Jessica Horn - Oui. Alors moi je m'appelle Jessica Horn. J'ai 29 ans, je suis la fille cadette de Mike Horn, un aventurier que tu connais peut-être un peu. La cadette de deux sœurs, donc ma sœur Annika Horn, qui est passée dans ton podcast que j’ai adoré, que j'ai vraiment adoré, j'ai adoré écouter. Et du coup, sur ma petite vie, j'ai grandi en Suisse, à la montagne, une vie un peu particulière, normale pour nous, mais enfin voilà , mais pleine d'aventures, pleine de voyages. Et j'ai continué avec des études en communication à Boston et après lancée dans l'entreprise familiale aux côtés de ma sœur et mon père. Et c’est quelque chose qu'on a continué et qu'on continue encore aujourd'hui. Et plus récemment, lancée dans une nouvelle start-up, que mon père a lancé l'année dernière, qui développe une technologie hydrogène pour aider à décarboner tout ce qui est l'industrie et la mobilité de manière générale, et du coup pour faire accélérer cette transition énergétique. Donc voilà , un petit peu plus récemment, dans quoi je m'engage.
AnBé - Storylific - Ouais et je me souviens d’ailleurs à Lausanne, j'avais écouté d'une oreille et j'avais mal compris, j'ai dit “mon Dieu, il y a une catastrophe dans ton entreprise”, je me suis dit “ça a explosé”. Hydrogène, explosion, tu vois, je me suis dis, “oh mon Dieu, l'usine a explosé”. Mais non en fait vous êtes passés de 40 à 700 employés ou je sais plus très bien quoi, mais un tuc de dingue.
Jessica Horn - On a explosé, voilà . C'est mon père qui a dit ça ou c’est moi ?
AnBĂ© - Storylific - C'est toi, oui !
Jessica Horn - Ah oui, oui oui. Alors…
AnBé - Storylific - ”On a explosé” je me suis dit, “oh mon Dieu les pauvres, quelle catastrophe”.
Jessica Horn - C'est vrai qu'on associe souvent l'hydrogène avec de l'explosion, mais on a explosé dans le bon sens. Nos équipes ont grandi, on est aujourd'hui à -peu-près 80. Donc voilà , après un an, on avance et on essaie de faire un max pour proposer notre produit et commencer à décarboner.
AnBé - Storylific - Ben écoute on vous souhaite encore beaucoup d'explosions.
Jessica Horn - Merci, merci beaucoup.
AnBé - Storylific - Alors d'habitude nos petites filles posent des questions, mais donc comme elles ne sont pas là , j'ai demandé à des gens qui comptent beaucoup pour moi, c'est mon équipe.
Jessica Horn - Oui d'accord.
AnBé - Storylific - Et donc la première question, je la laisse à Anne qui demande, quel est l'impact de l'éducation « à la Horn » dans ta vie ?
Jessica Horn - C'est une très bonne question. Je pense qu’en grandissant, quand on est plus jeune, on ne comprend pas forcément que ça a un impact sur les personnes qu'on devient et qui on sera dans le futur. Mais je pense qu'on a grandi avec un père qui a toujours réalisé ses plus grands rêves et qui nous a montré que rien n'était impossible. Et du coup, je pense qu'avec Annika, on a réalisé qu’on pouvait aussi accomplir tous nos rêves et que si on mettait les moyens pour le faire, on pouvait rendre les choses impossibles possibles. Et c'est vraiment un message clé qu’il nous a transmis en étant plus jeune. Et c'est cette persévérance qu'il faut pour commencer un projet, le continuer et l’aboutir. On a toujours eu cet exemple-là à travers les expéditions de notre père et la vie de notre père. Et du côté de notre mère, qui nous a éduqué et qui nous a fait grandir, elle nous a transmis toujours cette humilité, cette gentillesse et générosité, le côté humain et l'importance humaine des relations, des connexions. Et je pense qu’il faut avancer sur ses rêves, mais tout en restant humble et réaliste. Et je pense que c'était un beau mélange des deux, c'est de rêver grand. Notre père nous donnait les ailes et notre mère, nous gardait quand même les pieds sur terre. Donc c'était un bel équilibre entre les deux avec nos parents et c'est quelque chose qu'on continue à transmettre et qu'on espère transmettre aujourd'hui, et peut-être un jour à nos propres enfants.
AnBé - Storylific - Et là tu le sens quand parfois dans ta carrière ou dans ta vie de tous les jours que tu ne te mets pas trop de limites par rapport à d'autres qui peut-être s'arrêtent plus tôt ?
Jessica Horn - Oui, mais je pense que je suis une personne très optimiste et je crois qu'on peut tout réaliser si on y met du sien et qu'on y met de l'énergie, on peut accomplir plein de choses. Et peut-être qu'il faudrait que je sois un petit peu, enfin, non il ne faudrait pas que je sois un petit peu plus pessimiste, mais au moins, ça me fait avancer d'une manière où je suis saine d'esprit et je sais dans la direction où je vais et que je fais les choses pour les bonnes raisons. Et je vois d'autres personnes qui vont peut-être aller un petit peu plus loin mais qui changent qui ils sont à l’intérieur mais ce n’est pas le but non plus. Mais je pense que c'est important de rester proche de ses valeurs et de rester alignée. Même si on veut accomplir un but, de toujours aller dans la bonne direction et de rester humble et rester qui on est sans trop dévier et sans trop s'éloigner de qui on est et je pense qu'on peut accomplir de belles choses de cette manière-là .
AnBé - Storylific - Top j'aime beaucoup. Et alors on t'entend parler beaucoup de sagesse comme ça, mais tu es la plus rebelle des 2 dans la famille.
Jessica Horn - Oui mais bon après plus rebelle, Annika c'est un ange. C'est vraiment une perle rare, elle est juste incroyable et du coup, oui, tout le monde est rebelle comparé à Annika. Mais j'ai peut-être plus de caractère. Oui, je suis beaucoup plus comme mon père. Malheureusement ou heureusement, je sais pas, je suis très têtue.
AnBĂ© - Storylific - Pour le meilleur comme pour le pire. On est dans ce cas-lĂ .
Jessica Horn - Pour le meilleur comme pour le pire, exactement.
AnBé - Storylific - Tout les défauts de la qualité et la qualité du défaut.
Jessica Horn - Voilà , ah j'adore, j'avais jamais entendu ça.
AnBé - Storylific - Ah ben écoute, tu me citeras.
Jessica Horn - Oui, quand j'écrirai mon livre. Mais oui, ma sœur, elle a pris les traits de caractère de ma mère, et vraiment c'est pour moi ma sœur, c'est toute ma vie. Donc voilà , moi je suis beaucoup comme mon père et j'ai envie de la défendre et de la protéger. Et du coup voilà peut-être d’où mon côté rebelle.
AnBé - Storylific - C’est le monde en croisade facilement. Pourquoi, à ton avis, cherche-t-on l'aventure dans nos vies ? Parce que tu as quand même un sacré cas, comme dans la figure paternelle. Peut-être qu'il y a autant de raisons de partir à l'aventure que de personnes, tu crois ou pas ?
Jessica Horn - Partir à l’aventure c'est trépidant. C'est quelque chose qui, quand on part physiquement quelque part, c'est… oui, il y a le voyage physique, mais il y a aussi le voyage qu’on fait à l'intérieur de nous. Et c'est toutes ces émotions qu'on vit tellement intensément, qu’on ne pourrait pas vivre dans notre zone de confort, en tout cas de manière personnelle. C'est ce que j'aime le plus de l'aventure. On peut être sur un bateau et aller d'un endroit à un autre endroit, mais c'est tout ce qui se passe entre où on se retrouve avec nous-mêmes, où on se retrouve confronté à des choses qu'on a essayé de mettre de côté parce qu'on a toutes les distractions de la vie qui viennent nous déranger. Et là on n'a pas le choix que d'être confronté et d'évoluer et d’en ressortir différent. Et je pense que non seulement d'arriver à son but, ça nous apporte une joie, mais aussi ça nous fait revenir à notre routine ou notre monde normal d'une autre manière. Et c'est ça que j'aime le plus avec l'aventure et c'est pourquoi je pense qu'il faudrait que tout le monde sorte et parte à l'aventure et même des plus petites aventures réalisables. Mais ça peut aussi être sur le côté professionnel. Comme une aventure d'une start-up, c'est aussi intense. On passe aussi par toutes les émotions. Et je pense qu’il y a l'aventure physique, l'aventure professionnelle et personnelle. Mais c'est le voyage intérieur qu'on fait, comment on évolue, comment on grandit et on ressort de ces expériences-là qui est plus important pour moi.
AnBé - Storylific - Et d'un point de vue des aventures, ben t'en as vécu quand même un petit paquet déjà . Soit en essayant de courir derrière papa, ce qui n’est pas évident parce que vraiment il disait qu’il aimait bien, fin qu’il prenait toujours de l'avance et que vous étiez toujours derrière ?
Jessica Horn - Oui, oui, oui.
AnBé - Storylific - C'est sa manière à lui de vous entraîner, loin devant et cravache.
Jessica Horn - Bon, quand on était plus jeune, on a été au pôle Nord. C'était notre première expédition familiale, on va dire un peu extrême. Il nous avait quand même préparé une année avant en partant au Canada où il nous avait fait marcher d'un côté de l'autre du Nil. Et ça, c'était pour nous préparer, nous mettre en jambes, apprendre à tirer une luge. Commencer à avoir des températures un petit peu plus fraîches, donc c'était une mise en jambes pour le pôle Nord où il set le pace, on va dire pour qu'on puisse le suivre. Il était beaucoup plus gentil quand on était plus jeune que plus récemment.
AnBĂ© - Storylific - Il ne fallait pas grandir.
Jessica Horn - Non ! On a participé à l'UTMB ensemble, première course qu'on fait en famille, on est plus aventure mais là c'était une course. Donc déjà Annika, grande sportive, une gazelle, pour elle c'est la promenade du dimanche mais moi j'ai un petit peu plus de difficultés physiques que le reste de la famille. Donc on part déjà , lui il part à une de ces vitesses et là en fait il ne nous attend pas. Il commence, il part et il faut suivre. Annika, elle est beaucoup plus encourageante, elle t'encourage tout au bout du chemin, elle est là pour te soutenir, pour te donner de la bonne énergie. Mais donc mon père, je l'ai vu au loin pendant 40 km et dès que j'arrivais, il m'attendait quand même au ravitaillement, mais dès que j'arrivais, c'était “OK, on repart”.
AnBé - Storylific - Ah oui non, ça c'est l’horreur.
Jessica Horn - Donc moi, pas le temps de faire une pause. Mais oui, ça a été un peu, c'était un peu comme ça toute notre vie en grandissant. Voilà . Au niveau physique en tout cas, c'est comme ça qu’il nous entraîne.
AnBé - Storylific - Ouais et donc, tu l'as fini l’UTMB?
Jessica Horn - Oui, je l'ai fini. Mais heureusement, je suis têtue comme mon père. Donc dès que je commence quelque chose, j'ai envie de le finir.
AnBé - Storylific - Ah ouais, ça aide.
Jessica Horn - Ouais, ça aide.
AnBé - Storylific - Ça compense super. Et donc il y a une autre chose que tu as fait récemment, c'est le demi-marathon des sables en Jordanie. Donc ça m'intéresse parce que Patrick Bauer, le créateur du marathon des sables tout court, m’a vraiment fait rêver. C'était une interview qui a beaucoup plu et à moi d'abord. Et donc du coup quand j'ai entendu parler de ce demi-marathon des sables, mais tout de suite je me dis “ah ouais”, quelle est ton expérience donc en tant que participante cette fois-ci, qu'est-ce qu'on en ressort ?
Jessica Horn - Non, c'était une expérience incroyable. Donc oui il y a la partie course mais y a le côté aventure qui vient s'ajouter à cette course. Donc il faut être en autosuffisance, il faut porter sa nourriture, son sac de couchage, tout pour pouvoir tenir les 3 jours d'étapes mais c'est sur 4 jours au total. Et on se retrouve sur 3 étapes à faire, des distances de 30, 60 et de nouveau 30 km au milieu du désert du Wadi Rum, en Jordanie. Et c'est juste, il y a l'effort physique, le dépassement physique, mental, mais il y a aussi tout ce qui se passe autour, au niveau des paysages et juste le mélange de toutes ces choses-là , ça a rendu l'expérience, incroyable. Physiquement difficile, donc première longue distance on va dire sur 3 étapes. Mais mentalement ça a été…Enfin juste tout, c'était juste incroyable. Je n’arrive pas à le décrire en mots, j'ai les images qui sont en train de passer dans la tête, mais c'était génial de partager ça avec ma sœur. Donc au départ, c'était Annika qui s'était inscrite et elle m'a dit “bon ben je me suis inscrite pour le half marathon des sables et en Jordanie”, je fais “mais tu ne peux pas partir sans moi”. Parce qu’on a toujours eu…
AnBé - Storylific - Mais qu’est-ce que tu fais? Qu’est-ce qu’il te prends ?
Jessica Horn - No, it’s a no for Jess ! On a toujours en expédition brainstormé sur nos projets. On avait toujours pour but de partir ensemble à l'aventure et de vraiment continuer ce que notre père nous a transmis. Et là , qu'elle… Ben vu que je suis très occupée maintenant dans l'aventure de la start-up hydrogène, j'ai moins de temps pour partir à l'aventure, donc ça a un peu changé les plans. Mais là , qu'elle décide de partir toute seule. J’étais là , non c’est pas possible même si physiquement c’est difficile, je n’ai pas eu beaucoup d'entraînements ces derniers temps, mais je savais que potentiellement mentalement et avec les encouragements de ma sœur, j'allais pouvoir réussir à finir à finir ce challenge…
AnBé - Storylific - Attends, attends, peu d'entraînement… Quand on s'appelle Horn, ça veut dire quoi, avoir peu d'entraînement ?
Jessica Horn - Ah bah c'est…
AnBĂ© - Storylific - Parce que j'ai quand mĂŞme un peu peur.
Jessica Horn - C'est minimum 2 fois par semaine. Non maximum! Ouais peu, c'est maximum 2 fois par semaine.
AnBĂ© - Storylific - Oui mais 02h30 ?
Jessica Horn - Non, c'est des petites courses d'une dizaine de kilomètres.
AnBé - Storylific - Ah d'accord, ça va! On a presque la même définition de pas beaucoup.
Jessica Horn - Voilà , c'est raisonnable. Mais enfin, en comparaison avec Annika qui s'entraîne, qui court en tout cas 5 jours par semaine, c'était difficile. Mais elle m'a bien motivée et ce qui est incroyable, c'est qu'elle croit en moi plus que moi je crois en moi-même. Et du coup, ouais, j'ai l'impression qu'elle m'a boosté, elle m'a tiré tout le long de ce challenge et elle est là , à m'encourager et t'as pas envie de décevoir ta grande sœur qui croit en toi. Et avec le fait d'être têtue, bah j'étais là “il faut que je finisse”. Et le sable, et le chaud, il y a tous ces facteurs externes. Il faisait à peu près plus de 30 degrés et on se retrouve au milieu d'un canyon où il n’y a pas d'air, à 12h00 donc, il n’y a pas d'ombre, c’est là où il faut vraiment pousser et le dépassement de soi est juste incroyable. Et du coup, c'était une première et ça ne sera pas la dernière je pense.
AnBé - Storylific - Ah oui, ça te donne envie de recommencer ?
Jessica Horn - Oui, de faire plus. C'est addictif comme sentiment, c'est comme dès qu'on rentre d'une aventure, on a envie de repartir sur une nouvelle. Et je comprends beaucoup plus mon père comme ça. Après, en participant à ces différentes choses, ça m'aide à le comprendre et à comprendre le personnage.
AnBé - Storylific - Je crois que c'est Érik Orsenna qui a dit “les rêves font la courte échelle aux rêves”, donc quand t'en as un, ça enchaîne l'autre, ça enchaîne un autre…
Jessica Horn - C’est très vrai, on devient accro à cette sensation et à ce que ça nous apporte.
AnBé - Storylific - Et alors le sable partout, ça rentre partout ?
Jessica Horn - Alors le sable… Le sable et moi, nous avons besoin d'un peu de temps à part. Je pense en tout cas jusqu'à l'été prochain.
AnBé - Storylific - Il a été un peu trop intime.
Jessica Horn - Trop, trop intime, désagréable. On s'est pris la tête. J'ai dit choses méchantes au sable.
AnBé - Storylific - Il était tellement vexé qu'il n’a pas répondu.
Jessica Horn - Voilà , il m'a fait souffrir. Mais ouais, non, en tout cas jusqu'à l'été prochain, je ne veux plus voir de sable.
AnBé - Storylific - Dans le désert, on me disait “mais fais gaffe, ton appareil photo ça rentre dans tout, etc” Alors moi j’imagine le sable que je connaissais en Belgique.
Jessica Horn - Il y a du sable en Belgique ?
AnBé - Storylific - Oui on a une toute petite tranche de littoral comme ça. Mais le sable c'est comme du gros sel par rapport du sel fin. Parce que la première fois que j'étais dans le désert, je disais “mais c'est pas du sable, c’est de la farine”. C’est tellement fin et c'est pour ça que ça rentre dans tout, tout, tout.
Jessica Horn - Ouais et en fait ça double ton effort physique de marcher dans du sable. Si tu ne sais pas comment marcher correctement sur du sable c'est fatiguant. Et tu vois des autres, le premier-là , qui a gagné la course et qui court sur le sable, t'as l'impression qu'il court sur des nuages et toi t'es là mais “pourquoi je ne fais pas la même ?”. Mais voilà , on est des filles de la montagne avec Annika donc voilà , le sable c'est encore un autre environnement à apprendre à apprendre à maitriser.
AnBé - Storylific - Toutes les excuses sont bonnes, il faut les prendre, elles sont faites pour s'en servir. Et alors le pied, ça va ? C'est quand même la première fois, j'ai un pote qui a fait justement le marathon des sables cette année, et j’ai dit “c’est quand même la première fois qu'on m'envoie des photos de ses pieds”. Ses pieds étaient dans un état pas possible aussi parce qu’avec l'abrasion justement du sable qui rentre partout, même avec les guêtres, affreux.
Jessica Horn - Alors j'ai eu de la chance, avec mes guêtres, j'étais bien dans mes chaussures. Mais c'est les ampoules, ça il faut les accepter et tous les soirs il faut s'occuper de ses pieds, percer ses ampoules et en prendre soin parce que le lendemain t’as 60 km à faire. Mais les ampoules, ouais, mes pieds ont été un chantier pendant quelques semaines. Mais ma cheville est en train de se remettre. Malheureusement, un physio doit voir mes pieds de manière hebdomadaire. À chaque fois, je dois m'excuser de l'état. Mais bon, les pieds, c'est fait pour s’en servir ! Voilà , ils ont vécu des choses, ils se renforcent.
AnBé - Storylific - Ils en ont des choses à raconter. Alors parlons des nuits étoilées dans le désert. Il fait froid dans le désert ?
Jessica Horn - Oui, ça allait. Je pense qu'il faisait à peu près une dizaine de degrés le soir. J'avais pris des leggings pour le soir mais au final on était tellement fatiguées, tu te mets dans ton petit sac de couchage, tu dors à même le sol, et tu t'endors. Les nuits sont assez courtes, on pouvait se réveiller à 02h30 ou à 4h pour prendre le départ. Et d'un côté c'est mieux parce que t'évites la chaleur et tu finis la dernière étape à 08h00 du matin, donc on a pu voir le lever du soleil au milieu du désert, on arrivait sur une dune et là il y a le soleil qui se lève et vraiment là c'était un moment incroyable. C'est vraiment pour moi le moment qui m'a le plus marqué de cette expérience et il n’y a rien de tel que ça. On est là en train de faire un effort physique, il y a cette vue et c'est plein d'émotions. Mais oui, heureusement il fait un petit peu plus frais le soir et du coup on peut se reposer un petit peu, mais dès que le soleil se lève, il fait chaud.
AnBĂ© - Storylific - Donc c'est vraiment comme un marathon complet, c'est les tentes, on dort Ă mĂŞme le sol, etc.
Jessica Horn - Oui, les tentes ça ils nous les fournissent. Après, si on veut, on peut prendre un matelas vu qu'on doit tout transporter nous-mêmes. Beaucoup de personnes n'ont pas pris de matelas. Mon matelas était tellement fin que ça aurait pu être la même. Mais ouais, juste l'ambiance au bivouac et le côté communauté que tu crées parce que t'es en équipe de… Je pense qu'on était 400 ou 600 personnes et les liens que tu crées sont tellement forts, tu vis dans cette petite bulle, cette petite communauté avec des gens qui partagent la même passion que toi et qui viennent de partout autour du monde. Et c'est juste incroyable. On s'est fait des potes géniaux et vraiment ça fait partie de l'expérience humaine. L'aventure humaine qui se passe aussi sur ces bivouacs, c'est vraiment génial.
AnBé - Storylific - Cela donne envie en tout cas, à t’écouter. Et ton état à la fin alors, t'en es ressortie comment ? Quand tu es arrivée ?
Jessica Horn - Fatiguée, avec pleins d’ampoules, je n’ai pas réussi à mettre des baskets pendant quelques jours. J'étais en claquettes chaussettes, pour revenir au début de l'hiver en Europe. Mais quand même, ça m'a marqué d'une manière où on revient à la vie normale et c'est comme si ça ne s’est jamais produit, on ne se sent pas à notre place. C’est trop bizarre comme sensation, on était en train de se partager ça avec Annika et Lucas, qui a fait l'aventure avec nous, on se sent out of place.
AnBĂ© - Storylific - Ouais, ouais
Jessica Horn - On est tellement nous-même, tellement proche de la nature. Je pense qu’on est juste nous, après on revient et on doit retourner à notre poste et remettre un peu ce front. Et désolée, j’ajoute des mots en anglais.
AnBé - Storylific - Oui, tu parles en franglais aussi, grave. Tu devais réendosser un costume social et professionnel.
Jessica Horn - C’est ça ! C’est un peu cette armure pour te confronter à la société de nouveau. Et c'est bizarre.
AnBé - Storylific - Ton père en parle parfois de ça ? Parce que quand il rentre d'expé comme ça au loin où il ne voit pas une enseigne lumineuse pendant… Quand il revient, ce n’est pas un peu aussi… ?
Jessica Horn - Il m'impressionne dans sa manière de pouvoir s'adapter à son environnement. Je pense que c'est une de ses forces. Et aussi parce que les aventuriers, ils sont très solitaires. Mais mon père se débrouille très bien dans un contexte avec pleins de gens, il est très sociable et du coup il s'adapte super bien et je pense que c'est une force. Il faut pouvoir s'adapter mais il ne faut pas perdre qui on est vraiment à l'intérieur. Donc je le vois qu’il doit changer justement cette personnalité, switcher et mettre son armure. Mais c'est parce qu'il sait qu'il va retourner dans la nature et qu’il va retrouver son confort en quelque sorte, il va retrouver qui il est lui.
AnBé - Storylific - Ça m'a impressionné, toutes les deux vous avez dit exactement la même chose, c'est que vous avez enfin compris ce qui drivait, ce qui motivait votre père. Et vous avez compris un peu qui il était quelque part et son pourquoi quand vous êtes allées au K2 avec lui et que vous l'avez vu regarder vers les sommets. Et ce regard de votre père vers les montagnes là -bas, vous en parlez toutes les deux, c'est ça qui est très marrant.
Jessica Horn - Pour moi c'est vraiment un moment particulier, enfin décisif dans tout parce qu’en grandissant, oui, on comprend que notre père est aventurier et part l'aventure, on ne le voyait pas beaucoup. Notre mère nous a éduqué, elle a fait en sorte qu'on ait une vie aussi proche “de la normale”, donc je vais mettre les guillemets, “de la normale” pour qu'on puisse grandir et suivre nos propres chemins. On avait une liberté de devenir qui on voulait et c'est vrai que moi j'ai eu en étant plus jeune, peut-être mon côté rebelle, je n’ai pas toujours compris ce que faisait mon père et il ne m’a jamais forcé là -dedans. Et du coup de pas comprendre pourquoi notre père n’est pas là pour certains événements marquants de notre vie, notre graduation, nos auditions de musique, nos courses de ski, enfin ces choses-là , moi je ne comprenais pas forcément quand j'étais plus jeune. Et il était là , c'est pas grave, et de partir avec lui suite au décès de notre mère, on n'avait pas jamais vraiment eu cette proximité, je pense que j'avais encore quelque chose contre lui de pas avoir été là pendant toute mon éducation, même si j'adorais les moments qu'on passait ensemble. Mais, c'est vraiment de pouvoir partir avec lui, donc moi je n’étais pas trop aventure non plus, beaucoup moins qu'Annika, mais je me suis dit que c'était important qu'on le fasse parce qu'il fallait qu'on se retrouve les 3 et qu'on décide comment on allait avancer dans la vie. Et de partir avec lui, bon déjà il y a le voyage pour arriver au camp de masse du K2 qui est 7 jours de marche sur le Karakoram.
AnBĂ© - Storylific - Highway.
Jessica Horn - Ouais, exact et c'est difficile. Et déjà tu dois faire tout ce voyage intérieur pour y arriver. Oups
AnBé - Storylific - Tout va bien. Il ne tombera pas plus bas. Tu me parles toutes ces hauteurs moi, ça voilà …
Jessica Horn - Et d'arriver sur place et de le voir, je ne sais pas, c'était juste un moment, tu ouvres ta tente le matin, il est là , il a les étoiles dans les yeux, tu vas te coucher le soir, il est encore là et il regarde le K2 et il a les étoiles dans les yeux. Et c'est à ce moment-là qu'il y a tout qui a fait sens et je n’avais plus rien en fait, il y a tout qui s'est libéré, il n’y avait plus de rancoeur. Et j'ai compris en fait pourquoi il n’a jamais essayé d'être plus proche, parce qu'il voulait laisser ma mère gérer et prendre le lead pour qu'on ait une vie normale. Et en fait, il nous a fait un cadeau parce que je pense, ça aurait pu nous éloigner plus que nous rapprocher. Et maintenant on est tellement proches. Dès qu'on peut être ensemble et à l'aventure. Et c’est génial de pouvoir partager tous ces moments avec lui maintenant. On a eu notre mère, toute notre jeunesse et maintenant on a ce temps avec notre père et en fait, c'est incroyable de pouvoir vivre ça de cette manière-là aussi. C'est différent, oui, mais maintenant c'est notre meilleur poto donc c'est ça qui est trop cool. Ouais donc je ne sais pas si je l'ai bien expliqué, mais voilà pourquoi ce moment a été un des plus marquants de ma vie.
AnBé - Storylific - C'est beau ! Et alors quand tu as réussi à quelque part ressentir ce qui le faisait vibrer, tu as commencé à comprendre pourquoi en tant qu'enfant vous n'auriez pas pu quelque part vous vous rencontrer au bon endroit ?
Jessica Horn - Je pense, j'étais arrivée à l'âge adulte et j'ai fait le chemin que je devais faire et il voulait que je devienne moi-même, qui je suis, et Annika aussi, qu'on devienne qui on est aujourd’hui, sans imposer sa vie sur nous en fait, en étant plus jeune. Il voulait comme lui, il a son indépendance ou comme lui il est qui il est et c'est la seule personne que je connais comme ça sur cette planète Terre. Il voulait qu'on fasse la même de notre côté.
AnBé - Storylific - Qu'est-ce qui te marque le plus alors chez ton papa ? C’est la seule personne comme ça sur terre.
Jessica Horn - Il est très, très wise, il est sage. Il arrive tout de suite à … J'adore la manière dont il réfléchit aux choses ou qu’il voit les choses. Fin c'est très “out of the box”, mais il a une certaine sagesse qui m'a toujours très impressionnée. Et cette passion pour la transmission, cette passion pour l'humain, pour l'éducation, pour toutes ces choses-là , chaque chose, chaque aventure a un but. Les gens peuvent voir ça comme égoïste peut-être, mais c'est loin de là . C'est vraiment, c'est pas du tout égoïste, c'est pour les autres aussi. Et il en fait quelque chose pour les autres de ses aventures. Il s'est créé une crédibilité, il peut lancer des programmes comme Pangaea X où il peut accompagner des jeunes, il peut transmettre des choses, des images et vraiment un savoir que personne d'autre n’a. On a eu la chance d'avoir cette école de la vie, comme il l'appelle, toute notre jeunesse. Et c'est quelque chose que, je pense, tout le monde devrait avoir, tous les jeunes devraient l'avoir et nous c'est quelque chose qu'on essaie de faire aussi en continuant avec Pangaea X, c'est l'école de la vie en quelque sorte.
AnBé - Storylific - T’as un exemple de cette sagesse ? Un moment où ça t'a marqué ? Fin un truc qui te marque ? Pour parler concret.
Jessica Horn - Comme ça, c'est difficile à dire.
AnBé - Storylific - Un truc que tu aimes et que tu as envie de transmettre aussi, une chose que tu as envie de donner à chaque fois en disant “ouais, ça on l’a appris, j'ai envie de continuer à le transmettre plus loin” ? Quand tu vois tous ces jeunes de Pangaea qui passent ou…
Jessica Horn - C'est juste de leur donner… C'est déjà qu'il soit présent et qu’il les accompagne. Il les inspire, il les motive. C'est une énergie, ça se ressent, ça émane d'eux, c'est vraiment… c'est contagieux. Et moi, les jeunes de Pangaea X m'ont aussi inspiré dans ma vie privée. Ils m'ont inspiré… Moi je n’aime pas la prise de parole en public mais je me suis poussée à le faire et vraiment ces jeunes qui ont des idées et qui veulent les réaliser, ils savent dans quelle direction ils veulent aller et inspirer d'autres. Et c’est quelque chose qui m'a touchée et que j'essaye de mettre en pratique dans ma vie personnelle aussi et qui me fait avancer dans ma carrière et du coup c'est contagieux. J'adore que ce soit genre, ça a commencé avec une personne, ça a commencé avec Mike Horn et maintenant il y a tous ces jeunes qui en inspirent d'autres et on est pris dans ce cercle vertueux. Et c'est fait, par mon père d'une manière tellement simple et humble et il n’a pas besoin de crier sur tous les toits. C'est juste il a planté une graine et maintenant il y a l'arbre qui est en train de pousser et c'est un catalyseur.
AnBé - Storylific - Tout à fait, ça s'appelle le charisme, c'est assez magnétique. Il a aimanté des jeunes qui te deviennent des aimants eux-mêmes pour d'autres.
Jessica Horn - Moi, ça me motive trop d'être autour de tous ces jeunes.
AnBĂ© - Storylific - Vers un futur enviable, enfin !
Jessica Horn - Ouais, c'est excitant ! Cela me donne plein d'énergie et je trouve ça génial.
AnBé - Storylific - Ouais, c'est vrai ça aussi, j'avais une énergie de dingue la semaine où j'ai compris ce que c'était parce que j'arrivais à peine à dormir, j'avais l’impression d’être sur du 100 000 volts, j’essayais de dormir dans mon lit, il n’y a pas moyen. Pendant toute la semaine je suis revenue ravagée, mais j'avais très peu dormi parce que tu rentrais et tu étais encore complément sous tension, mais d'enthousiasme, d'excitation quoi donc ça c'était vraiment très chouette. Parle-moi un petit peu de qu'est-ce que c'est pour toi la connexion à la nature ? Est-ce que c'est important ? Bon la question est bête, mais j'espère que la réponse sera intéressante parce que oui j’ai envie de te parler de cette connexion à la nature.
Jessica Horn - Pour moi, la nature et ben oui c'est super important la connexion à la nature. Je vois mon père comme il est connecté à la nature, il la comprend si bien. Et je pense qu’il faut qu'on puisse se sentir bien en nature, qu'on puisse y vivre des moments que tu ne peux pas vivre ailleurs, dans une ville où il y a juste, de nouveau toutes ces distractions. Et ces connexions avec la nature, c'est vraiment indispensable pour savoir qui on est réellement. Pour moi, c'est ça se retrouver seule avec une présence et une puissance, c'est plus fort que nous, mais ça nous permet de nous centrer sur nous-mêmes.
AnBé - Storylific - Yes, quel est le fail ? Le ratage qui t'a le plus appris ? Le fail, toute façon les claques, en général, ça peut être des bonnes écoles en elles-mêmes.
Jessica Horn - Hein, qu'est-ce que j'ai raté ?
AnBé - Storylific - Mais je n'ai rien raté.
Jessica Horn - J’ai raté plein de choses.
AnBé - Storylific - J'espère bien, bienvenue parmi les humains.
Jessica Horn - Je n’en ai pas un en particulier. Je pense que là , plus récemment, de m'éloigner… Enfin de partir dans la start-up qu'on a lancé, il y a un an.
AnBé - Storylific - Qui a explosé ?
Jessica Horn - Ça, c'était mon plus gros fail. Ça a été le plus challenging pour moi. J'ai dû… Ce n’est pas vraiment un fail, mais ça m'a challengé d'une manière où genre ça m'a totalement sorti de ma zone de confort. Moi le confort c'est être à l'aventure, c'est être avec ma famille. Et l'aventure d'une start-up c'était loin de ce que je connaissais et j'ai réalisé que je n’avais pas cette expérience-là vu qu'on a toujours été dans cette entreprise familiale et c'est quelque chose que je recherchais et que je voulais. Et j'ai débarqué dans ce monde et j'ai réalisé que je ne connaissais rien et ça a pris du temps à me mettre en jambes et de vraiment commencer à avoir une confiance dans ce domaine-là et d'apprendre d'une structure qui est en train de se construire et ça a été difficile parce que ça m'a éloigné de tous mes repères. Et donc sortir de sa zone de confort ça peut être aussi donc du côté professionnel, mais je m'en suis pris plein la pomme les premiers mois de la start-up mais vraiment plein la pomme, je me suis dit non enfin je faut que je retourne à l'aventure, je suis pas bien là . Et oui j'ai eu des petits fails, j’ai fait des erreurs, je me suis trompée, j'ai dû me rattraper, j'ai dû me relever, mais j'ai quand même avancé.
AnBé - Storylific - Ah tu sais que dans le livre de ton père, “Survivant des Pôles”, je crois, c'est ça…
Jessica Horn - Survivant des glaces. Bon t’y étais.
AnBé - Storylific - Il a dit un truc, je vais y être aussi à peu près, mais que j'ai beaucoup aimé “que les erreurs sont les briques avec lesquelles on se construit”. C’est cool ça, je l’ai mémorisé.
Jessica Horn - Et c'est vraiment ça. Je l'ai vraiment appris là cette année. J'ai dû faire ces erreurs pour apprendre et pour grandir et je suis trop fière d’où j'en suis aujourd'hui. Mais j'ai dû passer par là et j'ai dû persévérer et j'ai dû tout donner. Et c’est ce que je vais continuer à faire ? Mais ouais ça a été, c'est des erreurs, c'est des fails, il faut les accepter et avancer. Voilà .
AnBé - Storylific - Et tout donner dans la famille, ça va, on connaît.
Jessica Horn - Oui voilĂ .
AnBé - Storylific - Le succès du coup dont tu es le plus fière? La chose dont tu as été vraiment fière de toi ?
Jessica Horn - Alors il y a le succès, on est arrivées au pôle Nord quand on avait 11 et 12 ans. Voilà , on a planté notre drapeau Suisse, y avait le drapeau Suisse, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud, nos 3 nationalités. Ça c’était un moment…
AnBé - Storylific - Et tu t'en es rendue compte à ton âge, tu prenais vraiment la mesure du moment où vous étiez les plus jeunes à aller là ?
Jessica Horn - Peut-être pas assez. J'aurais voulu pouvoir le faire maintenant et vraiment d'être en pleine conscience de ce que qui était en train de se passer. Mais après, quand on est jeune, on ne réalise pas forcément, on ne réalise pas forcément.
AnBĂ© - Storylific - Non, on fait avec papa et maman et puis voilĂ .
Jessica Horn - On est là , bon, on va faire la photo. Oui, tu tournes en rond, j'ai marché autour du monde.
AnBé - Storylific - Oui, tu m’avais promis un paquet de marshmallows.
Jessica Horn - Mais il m'avait promis de voir le Père Noël, mais on ne l’a pas vu.
AnBé - Storylific - Il t'avait promis ça? Il ne tient pas ses promesses alors ?
Jessica Horn - Non, on a pas vu le Père Noël, mais bon tant pis. Il y a ce succès-là , il y a… Là on est dans le contexte de Pangaea X, donc de nouveau l'inspiration que j'ai eue de ces jeunes, de me mettre sur scène et d'affronter ma plus grande peur qui est la prise de parole. Et de pitcher pour notre start-up sur scène et j'ai gagné le pitch. J'ai gagné le Pitch pour notre société. Bon après il y a tout le travail de l'équipe, ce qui fait que j'ai pu pitcher un truc incroyable. Mais voilà , j'ai dû affronter mes plus grandes peurs et ça semble bête de le dire comme ça mais pour moi, c'était un gros challenge et un gros succès. Et maintenant, professionnellement, j'avance dans ma carrière dans la direction que je veux. Donc j'assume un nouveau rôle et je suis assez fière. Pour moi, c'est une petite victoire et un petit succès personnel.
AnBé - Storylific - Ah génial. Génial. Oui, c'est vrai, c'est très surprenant de voir quelqu'un qui fait le trajet inverse, qui dit “oui, le monde de l’aventure j’étais hyper à l'aise mais alors le monde de la start-up j’suis dans mes petits souliers”. C’est super cool.
Jessica Horn - C'est étonnant, je suis un peu différente de ma famille. Voilà , il faut un bon mélange.
AnBé - Storylific - Marc me demandait, quelles sont les astuces que tu donnerais pour se lancer un projet aventure extrême, les meilleurs tips ?
Jessica Horn - Les meilleurs tips, le plus important, c'est de bien s'entourer.
Anbé - Storylific - Ohh.
Jessica Horn - Il faut être bien entouré avec des gens qui soutiennent ton projet, tes idées, sur qui tu peux te pencher parce que tout seul oui tu peux aller réaliser des choses mais je pense c'est il y a la force dans le soutien et les préparations, aller demander conseil et aussi juste oser se lancer. Il faut comme mon père dit il ne faut pas avoir toutes les réponses pour se lancer dans une aventure et d'un côté et la raison, on va découvrir les réponses au fur et à mesure et c'est comme ça qu'on apprend et qu'on grandit. Donc de pas vouloir tout savoir avant de partir, de laisser un peu de place à la découverte. Mais aussi s'entourer, bonne préparation, bon équipement quand même un minimum, ça dépend si c'est les régions polaires ou dans la jungle et aussi quand même laisser la place à la découverte.
AnBé - Storylific - C’est vrai que tout le monde dit que le plus difficile c’est de quitter chez soi et de faire le premier pas. Les réponses elles vont venir, les problèmes vont venir, mais les réponses aussi, les solutions aussi.
Jessica Horn - Oui, c’est ça, il faut juste oser faire ce premier pas.
AnBé - Storylific - Est-ce qu’il y a une citation qui te motive en général ? Un truc auquel tu penses souvent ? Ou un truc qui te relance ? Ce n’est pas obligé que ce soit de ton père.
Jessica Horn - Mon père m'inspire tous les jours, il a des citations, chaque chose qu'il dit c'est une inspiration et c’est une telle sagesse. Bon, il y a celle du, ce n’est pas seulement la motivation qui va nous faire avancer dans la vie, il faut de la discipline ça je pense que c'est très vrai sur plein de niveaux différents auxquels je pense régulièrement. Mais aussi je veux juste dire genre de s'encourager soi-même le matin en se regardant dans le miroir et on dit « you are the best and you are going to do this and you gonna kick ass ». Et en vrai, faut juste faire ça tous les matins, on y croit et pour moi c'est ce qui c'est ce qui me motive le plus, c'est de croire en moi-même et de m'envoyer des petits boosts comme ça. Donc je vous conseille à tout le monde de le faire aussi. Et chaque fois avant une réunion ou avant une présentation ou avant un pitch juste de croire en soi-même et de se motiver soi-même. Il n’y a rien de mieux que de se regarder dans le blanc des yeux aussi et de se le dire avec le cœur.
AnBé - Storylific - Tout le monde, à vos miroirs. Est-ce qu'il y a une actu que t'as envie de mettre en avant ? On a parlé un peu l'INOCEL.
Jessica Horn - Oui alors bah INOCEL, jeune start-up d'un petit peu plus d'un an qui va bientôt révolutionner le monde de la mobilité et de l'industrie, donc suivez notre petite aventure. C'est vraiment né d'un rêve de décarboner la planète, c’est de mon père. Et vraiment c'est une société qui avance dans la vie avec cette mission là et voilà juste suivre l'actualité d’INOCEL et de nous encourager parce que toutes les équipes en ont besoin parce qu’ils sont en train de proposer une technologie et de développer une technologie incroyable et des fois, c'est un peu dur mais voilà , on va le faire.
AnBé - Storylific - Alors soyons tous tes Annika, puisqu'elle t’encourage si bien, voilà . Ah bah super, donc on peut suivre INOCEL sur les réseaux et toi aussi on peut te suivre sur les réseaux.
Jessica Horn - Et moi sur les réseaux, Jessicaa avec deux a.
AnBé - Storylific - C’est la spécialité familiale.
Jessica Horn - Alors un peu moins. Je suis plus LinkedIn maintenant. Ouais voilà , je suis passée d’Instagram à LinkedIn donc suivez-moi sur LinkedIn. Écrivez-moi toujours à dispo pour parler, échanger, etc.
AnBĂ© - Storylific - Merci beaucoup.
Jessica Horn - Donc merci à toi AnBé, ça m’a fait trop plaisir.
AnBĂ© - Storylific - Super