137. Justine Durochat : 1 an d'exploration en Europe et Asie pour transformer notre rapport au changement

Épisode du 22 février 2026

Chercheuse de sens et de changement, Justine Durochat a quitté la France pour une odyssée d'un an à travers l'Europe et l'Asie, traquant les secrets de la transformation collective. De la Suède au Népal, elle a collecté les témoignages de ceux qui réinventent le vivre-ensemble.

Justine Durochat au Népal

De l'Europe à l'Asie du Sud-Est, Justine Durochat s'est mise en quête de changement. Gros coup de coeur : le Népal. © photos de la page : Justine Durochat

Présentation de l'épisode

Écouter Justine Durochat, c'est embarquer pour un voyage où l'aventure géographique devient prétexte à l'exploration de soi et de nos sociétés. Un récit nécessaire pour tous ceux qui cherchent à transformer le monde en commençant par transformer leur regard.

Dans cet épisode on vous emmène découvrir :

  • L'art de l'impermanence - Comment les cultures asiatiques transforment la peur du changement en sagesse
  • La force de l'expérimentation - L'histoire bouleversante d'une coopérative népalaise qui révolutionne un village patriarcal
  • Créer des espaces de transformation - Les clés pour accompagner le changement dans nos organisations
  • Voyage responsable - Conseils pratiques pour explorer le monde autrement (transports, logements, financement)
  • Cercles de parole et justice restaurative - Des outils concrets pour apaiser les conflits
Justine micro en main donnant une conférence

Conférencière, Justine n'est pas du genre à se contenter de la théorie. L'expérimentation est la seule jauge valable dans l'exploration d'un changement. Et loin des KPI, il est évident pour Justine que le coeur du réacteur est humain, voire spirituel.

Mike Horn et Pangaea X

C’est dans l’agitation créative de Pangaea X, ce creuset d’entrepreneurs pour un monde plus durable fondé par Mike Horn, que j’ai rencontré Justine Durochat. Nous étions alors tous deux coaches, aux côtés d'Annika Horn (vers l'épisode enregistré à cette occasion avec Annika : l'aventure, une histoire de famille).

Justine, à l'époque, esquissait les contours d’un voyage qui ne ressemblerait à aucun autre. Pas de quête de records, pas de défi médiatique, mais une envie tenace : partir pour comprendre ce que « changer » veut dire, et comment transforme-t-on une société - et son rapport au monde.

Son périple, qu’elle nous raconte aujourd’hui sur Storylific, est né d’une intuition : et si le vrai luxe, en Europe, n’était plus la stabilité, mais la capacité à se réinventer ? Alors qu’en Asie, le changement s’impose comme une évidence , nos sociétés occidentales le craignent.

Justine, elle, a choisi de s’y abandonner.

Justine Durochat lors de son long voyage en quête de sens

En Europe comme en Asie, Justine est partie en quête des solutions innovantes pour des changements sociétaux inspirants. Pour un monde plus durable, et surtout (c'est intimement lié) plus humain.

En route : l’expérimentation comme boussole

Sur les routes d'Europe puis d’Asie, Justine a observé une idée simple, mais ô combien féconde : l’expérimentation est une nécessité

Elle a donc été témoin d'expérimentations sociétales ici et là-bas, mais a elle-même expérimenté son propre changement, lors de ce voyage hautement porteur. 

France, Belgique, Pays-bas, Suède, Allemagne, Thaïlande... Une quête à la fois pragmatique et spirituelle.

    Le retour : et si le voyage était une école de la présence ?

    Revenir, c’est toujours un peu mourir à ce que l’on a été. Justine est revenue avec une certitude : le voyage qui compte n’est pas celui qui vous éloigne, mais celui qui vous ramène à vous-même. Pas en héros·ïne, mais en humain·e un peu plus lucide.

    Aujourd’hui, son récit résonne comme un manifeste discret :

    • Le voyage engagé est une façon de se confronter au monde pour mieux le comprendre.
    • La peur du changement n'est, étonnamment, pas si universelle. Leçons à (ap)prendre.
    • L’aventure n’est pas réservée aux autres : elle commence là où l’on ose lâcher ses certitudes.
    A la rencontre des initiatives locales

    Justine nous parle longuement dans le podcast de cette coopérative de femmes, au Népal, qui s'organisent pour gagner leur propre pain, et leur propre dignité, dans une région où le statut de la femme n'avait rien d'enviable. Un exemple inspirant d'une transition réussie, qui ne fera jamais la une des journaux, trop occupés à assombrir notre vision du monde pour parler des solutions qui pourtant, partout, existent.

    Pourquoi écouter Justine ?

    • Parce qu’elle incarne cette aventure intime, celle qui transforme sans tambour ni trompette.
    • Parce qu’elle rappelle que partir, c’est aussi un acte politique : refuser l’immobilité, questionner les normes, choisir la curiosité contre la peur.
    • Parce que son histoire est une invitation à expérimenter, même à petite échelle. Et si votre prochaine aventure était… de dire oui à l’inattendu ?

    Où trouver l'invitée

    Linkedin : Justine Durochat

    Autres épisodes mentionnés pendant la discussion :

    Pour aller plus loin

    Illustrations sonores

      Musique :

    Cali by ItsWatR (Direct Licence)

    Whipped Cream by IsWatR (Direct Licence)

    Global Village-WTJ015301(AudioHero Licence)

    Sons :

    Freesounc CC 4.0 & AudioHero

    Retranscription de l'épisode

    Transcript automatique

     

    [00:00:00.03] - Teaser
    Celui qui m'a, je pense, le plus touchée, c'est une coopérative de femmes au Népal que j'ai découverte parce que j'ai fait un trek dans la vallée de Langtang et mon guide, qui est maintenant un ami, venait de ce village-là. Du coup, il m'a accueillie dans son village pour passer, entre autres, un festival. Je m'étais fait avant de partir un petit sachet avec des objets un peu symboliques et j'avoue que les 2-3 moments où c'était très difficile pour moi, entre autres au Vietnam où j'étais hospitalisée et que ça a été très long, me voir être en mesure de déposer ces 2-3 petits objets que j'avais pris avec moi m'a amené énormément de réconfort. S'il y a des personnes qui se disent tiens, j'aimerais bien, ou ça m'intéresse, c'est de se fixer une date, une fixer une date de départ. Moi c'est aussi quelque chose qui entre autres a été un repère, c'est-à-dire dans ma tête j'étais ok, en janvier 2024 je pars.

    [00:01:03.17] - AnBé
    Bonjour et Bienvenue sur Storylific, le podcast 100% outdoor. Je suis NB et je te propose de découvrir avec moi des explorateurs, aventuriers, sportifs de haut niveau et autres dévoreurs de vie qui vont te parler de leur parcours inspirant pour réveiller ton envie de vivre tes rêves. Car s'ils l'ont fait, toi aussi tu peux le faire. Et simplement en écoutant, tu soutiens déjà la reforestation, car ici on ambitionne de planter des arbres avec les oreilles. Alors n'hésite pas à partager ce podcast. Un grand merci d'avance. Ce jour, nous allons voyager dans la géographie, mais surtout suivre une enquête internationale sur les traces du changement. Justine Durochat, coach et conférencière en entrepreneuriat social et santé mentale, passionnée de durabilité et de changements sociétaux durables évidemment, s'est mise en tête d'aller voir sur place diverses expérimentations de transformation sociétale. Le changement, l'Occident l'a oublié, est la norme et non l'exception. Alors comment changer puisqu'on n'a pas le choix? Et comment changer en mieux? Dans cet épisode, pas de théories qui balancent leurs pieds dans le vide, pas de réponse définitive, mais une exploration concrète, ancrée dans l'humain, qui a amené Justine à parcourir seule l'Europe et l'Asie du Sud-Est, à la rencontre de ceux qui testent différentes embarcations pour naviguer ce long fleuve pas si tranquille de la vie en société. Un épisode taillé sur mesure pour ceux qui pensent que voyager, c'est aussi étendre le champ mental des possibles. «Celui qui a planté un arbre n'a pas vécu inutilement», dit un proverbe indien. Depuis le début de ce podcast, je rêve de transformer mon projet en forêt et je le fais avec l'ONG Graines de Vie et vos oreilles. Et aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de leur programme «Une forêt pour ma vie» qui vous permet de compenser votre empreinte carbone en plantant des arbres. Graines de Vie propose de planter en votre nom 5760 arbres afin de compenser l'empreinte carbone de votre vie. Comment ça marche? Un soutien étalé sur le long terme et franchement pas cher, puisqu'un arbre ne coûte que 50 centimes grâce à leur approche que vous pouvez découvrir à l'épisode 2 de ce podcast. Ainsi, vous aurez planté votre forêt, mais également de l'espoir, du soutien aux communautés locales, de la solidarité, des abris pour la biodiversité et une belle dose d'inspiration pour que demain reste source d'émerveillement. Je vous mets un lien dans les notes pour découvrir ce projet en partenariat avec StoryLeefik. Le prix Nobel de la paix Wangari Maathai a dit: Lorsque nous plantons des arbres, nous plantons les graines de la paix et de l'espoir. Au vu de l'actualité, cela me parle énormément et j'espère que ça vous parlera aussi.

    [00:03:45.19] - AnBé
    Place à l'épisode. Bonjour Justine Durochat.
    Justine Durochat
    Hello, hello AnBé

    [00:03:47.86] - AnBé
    Écoute, ça fait tellement plaisir de te revoir puisque ce n'est pas un secret, on se connaît. On a fait connaissance dans le cadre du projet Pangaea X de Mike Horn, dont on a eu la chance de travailler aux côtés d'Annika et Jessica du coup pour coacher des jeunes à projet impact et c'était juste trop, trop bien. Donc il y en a, on en parlait juste en off juste avant, qui font de très beaux parcours maintenant.
    Et voilà, c'est vraiment un plaisir de continuer à suivre ces projets-là qui sont nés dans un esprit aventure parce qu'après tout, l'entrepreneuriat, c'est une sacrée aventure. Il faut être résilient, il faut avoir toutes les qualités d'un aventurier. Ce n’est pas pour rien qu'il y a plein d'aventuriers qui se retrouvent en conférence en entreprise après. Ce n’est pas toi qui vas dire le contraire puisque tu fais aussi de temps en temps, on va en parler. Eh bien, on va commencer peut-être par te présenter.

    [00:04:42.00] - Justine Durochat
    Alors, j'ai envie de me présenter presque avec ce qui me vient.
    Je pense que la première chose, et du coup ça fera sens avec les quelques partages que tu as faits juste avant, exploratrice, mais alors du coup sur différentes dimensions. Et je pense qu'avant tout, ça sera plus la dimension humaine, en fait, exploratrice humaine, parce que je suis convaincue qu'on a un impact et qu'on Et quand on va aller chercher cet alignement, cet état d'esprit, cette dynamique exploratoire, et je pense que ça je l'ai depuis que je suis petite et qui entre autres du coup s'illustre beaucoup par ce trait de caractère qui est la curiosité.
    Mais en tout cas d'aller explorer en soi, au contact des autres, et du coup aussi l'exploration dans son sens général. Donc je pense que c'est comme ça que je me présenterais assez intuitivement quand tu me poses la question.
    Mais après, plus concrètement, effectivement, entrepreneuriat parce que j'ai créé ma boîte, donc maintenant il y a 3 ans, dans l'accompagnement des transformations, dans l'accompagnement humain, pour remettre plus d'humains, plus de coopération au cœur des entreprises et des organisations au service d'une transformation positive.
    Et puis je reviens d'un an, d'un an d'exploration en Europe et en Asie pour aller recueillir ces témoignages-là et pour pouvoir établir un peu et avoir certains résultats et inspirations pour mieux comprendre comment on peut arriver à créer des conditions qui vont être propices dans nos différents collectifs pour pouvoir intégrer le changement à un niveau vraiment culturel et pas seulement comme un projet à manager comme tous les autres aujourd'hui.

    [00:06:21.80] – AnBé
    Dis donc, c'est déjà tout, tout un programme. En tout cas, moi j'ai un souvenir de toi, on s’est très bien entendues, donc c'était très chouette de faire ta connaissance. Et puis je me souviens, ton groupe, quand tu le coachais, c'était certainement le groupe le plus zen parce que tu les recentrais en permanence avec de la respiration, avec des phrases pour dire bon, maintenant c'est parti, on ne se disperse pas. C'était vraiment très agréable de te voir travailler aussi. Donc je te reconnais bien dans ce que tu viens de dire.
    Et on va commencer la première question, enfin la deuxième puisque j'ai déjà demandé de te présenter, avec ma petite fille Valentine qui a 12 ans et qui voudrait savoir ceci.
    Valentine
    Bonjour Justine, pourquoi as-tu eu cette idée?

    [00:07:03.00] - AnBé
    C'est quoi ton déclic?
    Pourquoi tu as décidé que tiens, il fallait voyager pour aller Pour retirer les enseignements que tu es allée en retirer, et donc effectivement on va les détailler également, pour ces changements, ces acteurs de changement, ces vecteurs de changement?

    [00:07:21.93] - Justine Durochat
    C'est une très bonne question qui m'est
    souvent en fait posée sans avoir une— peut-être en ayant certaines hypothèses de la réponse, pour voilà, en mode « bah oui, j'ai eu envie de voyager, du coup je suis partie ». Et en fait, je dirais la raison principale, ça a été avant tout un ressenti intérieur extérieure, cette sensation de, d'être dans un cadre qui ne me permet pas de me connecter à mon pouvoir d'agir, d'autant plus renforcé par les constats que je faisais en entreprise ou dans les organisations, de : il y a une société qui évolue, il y a des enjeux, il y a des crises, et on a le souhait de changer pour certains, mais cette sensation d'être perdu de pas savoir par où commencer, de pas savoir comment faire. Et en même temps, de se rendre compte que par rapport aux enjeux et à leur échelle, juste le considérer comme on va essayer de juste mener cette politique en interne et s'arrêter là ne suffisait pas.
    Et c'est vrai qu'entre le constat extérieur et moi-même, mon besoin de me dire là je me perds un peu, il y a un désalignement qui se recrée dans ce que j'avais fait les 2 années précédentes.
    Et je me suis dit, mais rester dans un cadre de référence dans lequel on a grandi, dans lequel on évolue, n'est pas forcément le meilleur moyen de sortir du cadre et d'essayer de voir et de changer de perspective sur ces vecteurs de changement. Et surtout compte tenu du fait que les conséquences du changement climatique, les conditions même en termes de justice sociale, ne sont pas les mêmes qu'elle soit en Europe, dans les différents pays d'Europe, mais aussi particulièrement quand on va changer de continent, ce que j'ai fait du coup avec l'Asie.
    Et il y a eu cet élan intérieur, et je pense que c'est vraiment ça qui a fait que j'ai persévéré. Parce que forcément, comme tout projet, il y a eu des moments, que ce soit avant dans la préparation ou que ce soit pendant, des moments où on a beaucoup de doutes.
    qu'il y a eu cet appel en moi de me dire, de toute façon, si je reste ici, mon feu intérieur s'éteint complètement et je perds vraiment des repères et ce qui m'anime et ce qui me permet de me sentir vivante.
    Et donc ça a été vraiment ça qui a fait que derrière je me suis dit en fait d'allier cette envie d'aller voir autre chose, de rencontrer, de mettre de l'humain, aussi dans ces vecteurs de changement pour sortir un peu du cadre de la performance, des indicateurs, de la structuration, des process, d'essayer d'aller trouver témoignages, et d'aller rencontrer remettre justement l'humain dans le changement. on vit dans une société de changement, et c'est bien la seule constante dans notre monde. Donc cet alignement entre ces différents éléments qui ont fait que j'ai eu cette idée et que je l'ai concrétisée de ce fait.

    [00:10:34.29] - Speaker 2
    Génial! Quand tu veux dire remettre de l'humain, ça veut dire quoi concrètement? Quel est le manque? Quel est l'appel qu'il y avait pour toi?

    [00:10:41.96] - Speaker 1
    L'appel qu'il y avait pour moi, c'est que j'ai eu cette sensation de de déconnexion.
    Notre société actuelle, en tout cas moderne européenne, si je peux mettre en tout cas une zone un peu plus précise sur ce constat, va remettre l'individu au cœur des choses. Mais du coup, c'est très individualiste et, on perd cette connexion à la nature humaine, tant pour nous-mêmes, c'est-à-dire qu'on va peut-être dire c'est une société individualiste, mais fondamentalement, est-ce qu'on se connaît réellement, soi?
    Donc il y a, ce système qui va pas du tout être propice à cette connexion émotionnelle, à ces espaces qui nous permettent d'être dans l'introspection et de mieux nous connaître.
    Et au-delà de ça, il y a cette peur de l'autre qui est devenue, très prégnante aujourd'hui dans nos sociétés. Et qui de ce fait place le collectif comme un poids, comme quelque chose qui est un obstacle à surmonter, au lieu de le voir comme un potentiel et comme quelque chose qui peut démultiplier un impact, un projet positif.
    c'est ça que j'entends par il y a un manque d'humain, parce que je me suis dit la vie peut pas se limiter à ça, enfin Par rapport aussi aux différentes approches sur lesquelles j'étais formée, entre autres je pense à la communication non violente où il y a vraiment ce changement de paradigme, en tout cas de perception du paradigme, et de considérer l'humain comme un être à part entière et pas d'être dans cette dichotomie de il y a un bien et il y a un mal.
    Forcément derrière, ça demande un effort parce qu'on a été éduqué avec certains codes, certaines façons de penser. Et je me suis dit, mais je touche du doigt quelque chose. Et je sais que moi, ma méthode d'apprentissage, et maintenant je suis convaincue que c'est pas que la mienne, passe beaucoup par l'expérience, par le vécu et par la rencontre. je pense que la dimension humaine est clé aujourd'hui. Et je suis loin d'être la seule, il y a des scientifiques qui le disent aussi.
    Les sciences comportementales progressivement prennent leur place dans les transformations sociétales, mais ça se vit aussi à une échelle plus locale et à une échelle d'une vie, de comment moi-même même aussi je pouvais incarner ce que j'allais prôner ou en tout cas ce que j'allais chercher.

    [00:13:08.77] - Speaker 2
    C'est vrai que quand j'avais parlé avec François Sarano, qui est quelqu'un qui m'a beaucoup marquée, un ancien de l'équipe Cousteau, océanographe, le co-créateur avec son épouse de Longitude 181 dont je fais partie, mais j'en fais partie parce que vraiment c'est quelqu'un qui m'a fort impressionnée. Et il disait aussi, et je ne comprenais pas très bien au début, que voilà, il devient urgent de se reconnecter bien sûr à la nature, mais que ça repasserait par la reconnexion à soi et aux autres. Et je me disais: « Attends, là, on mélange un peu tout. C'est quoi ce truc? » Et puis, plus tu tires sur le fil, plus tu vois que, effectivement, tout est terriblement interconnecté et que changer tout seul, c'est super difficile. Quand le voisin ne fait rien, on le dit toujours: « Je suis parti, je suis Tout seul dans mon coin. Pourquoi? À quoi ça sert? » Si, ça sert déjà, ça peut faire tache d'huile. Mais effectivement, on manque de collectif. Et quand tu vois pourquoi est-ce qu'on manque de collectif, on a fort poussé la société individualiste. Quand les gens attendent, ils sont sur leur écran, ils n'essaient plus de parler à leurs voisins. C'est le manque de connexion. Pourtant, c'est vraiment ça. J'ai lu un article récemment qui disait qu'il y a la fameuse zone bleue où les gens vivent plus longtemps et que supérieur à ça comme facteur pour vivre vieux, c'est la connexion aux autres, les amis, la famille. Et je me disais tout ça, ça se perd, quoi. Les célébrations ensemble qu'on faisait aux différentes saisons et puis les fêtes religieuses et tout ça où tout le monde se rassemblait, ça n'existe plus chez nous en Europe. Et donc il y a vraiment ce manque de connexion avec ses voisins, sa famille, etc. Qui rend évidemment plus facile aussi, c'est d'instiller la peur, la peur de l'autre, qu'on ne connaît plus, un discours ambiant très anxiogène. Tu repenses au très vieux «diviser pour régner». Tu te dis: «Tiens, dans quel sens on ne se connaît plus?» Pas plus facilement manipulable si on finit par faire plus confiance à des avatars, des images IA, des influenceurs qui n'existent même pas parfois, qu'aller rencontrer son voisin. Et tu te dis: «Ça paraît idiot, ça paraît gentillet, ça paraît boy scout, mais c'est vraiment fondamental en fait.» Et si c'était si bénéfique pour la santé, pour la santé mentale, pour la santé physique aussi, parce que les deux sont liés, à nouveau tout est lié, eh bien oui, ça pourrait rester dans un débat juste gentil effectivement aux veillées scout, mais c'est vrai que là il y a un véritable enjeu. Et donc c'est pour ça que ton parcours aussi, ce voyage m'intéresse, parce que c'était vraiment un voyage de reconnaissance, comment font d'autres collectivités, comment est-ce qu'on change ensemble, et donc ça me passionne vraiment de savoir ce qu'est devenu Moving Ways. Alors, comment tu as décidé que tu allais faire ça? Comment tu as décidé que, enfin, comment tu as financé ça? Parce qu'il y a quand même fallu un moment tout quitter, ou je ne sais pas, tu avais déjà commencé à travailler, je pense, parce que tu es assez jeune. Tu as quel âge, Justine?

    Justine Durochat
    Moi, j'ai 26 ans.
    [00:15:47.34] - AnBé
    Ben oui, voilà, donc je me dis, tu

    [00:15:49.08]
    as pas fait ça juste après les études, tu avais quand même commencé à faire autre chose.
    [00:15:53.01] - Speaker 1
    Alors oui, et je pense que ta question est très importante parce qu'un projet comme ça ne se démarre pas de façon facile facile et simple dans le sens où tout d'un coup on se dit on part et on part 2 semaines après. C'est quelque chose qui se prépare. Moi après mes études j'avais donc, j'ai créé mon entreprise donc j'avais déjà 2 ans derrière moi plus des expériences aussi pendant mes études qui avaient commencé à forger un regard aussi sur le monde des organisations puisque j'avais travaillé en start-up, j'avais travaillé dans un ministère donc forcément c'était C'était des univers qui étaient différents et à la fois qui se rejoignaient sur certains aspects.
    Par où j'ai commencé? Comme tout projet, et l'entrepreneuriat du coup m'a énormément aidée là-dessus parce que j'ai pu réappliquer des choses que j'avais apprises appris déjà dans les 2 années d'entrepreneuriat que j'avais fait auparavant. Où là, j'ai commencé de zéro en me disant: ok, j'ai une envie, qu'est-ce que je fais?
    Et donc j'ai travaillé sur la mission, les valeurs, qu'est-ce qui m'intéresse.
    Donc le constat, quelles sont les problématiques, quelles questions à laquelle j'aimerais essayer de répondre, peut-être les hypothèses que sous-tendent ces questions.
    Donc c'est plus vraiment tout un travail en amont de de réflexion, de brainstorming, qui vont toucher quelque chose de très profond, qui vont devenir mon ancre tout au long du projet.
    Quand je parle de mission, de valeur, c'est une boussole, c'est pourquoi je le fais. Et ça, c'est hyper important de le faire au début, mais derrière aussi d'aller le questionner au fil de l'eau et de pas l'oublier, parce qu'il peut évoluer, comme parfois on peut le perdre de vue.
    et après un aspect plus pragmatique sur le sujet en tant que tel et le projet de recherche.
    je suis allée chercher des partenaires, donc du soutien financier, puisque l'idée dès le départ, c'était de le faire certes de le faire de façon indépendante,. Par contre, j'avais l'élan de m'intégrer dans un écosystème, en tout cas avec des liens.
    Donc je suis allée chercher des mentors qui ont pu m'aider avec leurs différentes casquettes, basket. Et surtout, l'idée, c'était de pouvoir embarquer des organisations et des individus dans cette exploration. Et dans ce cadre-là, on crée un dossier, on explique son projet, et puis après, on le pitche, on contacte des personnes, on discute. c'est un process qui est long, et c'est là où on parle aussi de persévérance dès le début.
    Et puis à côté de ça, j'ai également fait une campagne de financement participatif plus pour embarquer aussi des proches et des individus qui pouvaient être intéressés par ce sujet-là, sur l'aspect aventure mais aussi sur l'aspect transformation sociétale et comment nous on peut avoir un impact et se reconnecter à notre pouvoir d'agir, notre pouvoir d'action.
    Et ce qui m'a aidé, , s'il y a des personnes qui se disent tiens, j'aimerais bien, ou ça m'intéresse, et ça, ça a été des conseils que j'ai reçus d'autres personnes qui ont pu faire des projets similaires, c'est de se fixer une date, une fixer une date de départ. Moi, c'est aussi quelque chose qui, entre autres, a été un repère, c'est-à-dire dans ma ma tête, j'étais ok, en janvier 2024 je pars, voire même le jour. Donc, et puis dans ma tête c'était quel que soit ce qui se passe dans la préparation, je pars.
    Il faut savoir que juste par mon épargne, j'avais pas assez. Donc au final, le portefeuille, enfin le budget que j'ai pu assembler, ça a été une partie de mon épargne un partenariat principal avec une entreprise qui m'a soutenue et avec lequel du coup aujourd'hui on est toujours en relation pour aussi l'aspect partage. Et puis la campagne de financement participatif et aussi une subvention d'un département qui m'a permis de soutenir tout ça. Voilà rapidement.
    Et donc après, bon, forcément il y a plein d'autres éléments au niveau pratique en termes de préparation, plus sur la préparation purement du voyage où on pourra en parler plus loin, mais ça c'est vraiment que trouver des mentors. En

    [00:20:48.56] AnBé
    plus, c'est bien parce qu'on parle souvent des financements mais rarement des mentors. Comment on fait pour chercher un mentor? C'est des gens que tu connaissais qui t'inspiraient?

    [00:20:57.18] - Justine Durochat
    C'est des gens qui m'inspiraient. j'ai grandi avec toutes ces histoires de par la curiosité que, donc, je te partageais en introduction. J'allais beaucoup me nourrir d'histoires de personnes via des TEDx, TED Talk, comme on peut en parler, mais aussi de livres et de plein d'autres typologies de ressources où en fait C'était ces histoires de vie qui m'ont beaucoup nourrie.
    adolescente, si ça parle à certains, il y avait une émission qui s'appelait «Parenthèses inattendues» qui passait à la télévision animée par Frédéric Lopez, qui est un animateur que j'admire énormément et qui m'inspire beaucoup.
    dans ma tête, j'avais toujours rêvé de pouvoir avoir quelqu'un hors de mon cadre habituel, familial, amical, qui pouvait aussi m'accompagner sur le chemin et aussi auprès duquel on pouvait avoir une relation aussi de donnant-donnant.
    Et mon projet a été la raison pour laquelle je me suis dit, , il y a une justification pour lesquelles je pourrais peut-être contacter ces personnes. Et puis après, il y en a qui ont répondu, il y en a qui n'ont pas répondu, mais en l'occurrence, j'ai eu, donc il y a eu déjà premièrement un coach qui m'a accompagnée, donc là ça a été plus par mon réseau et mes connaissances, qui accompagnaient des aventuriers, des explorateurs sous ce format-là de projet, donc qui m'a accompagnée en amont, pendant et après. Thomas Bouchard, qui a été une vraie aide.
    Et après, en mentor, bah typiquement une personne, Jérémy, qui avait écrit un livre sur le voyage alternatif. Donc là on va parler justement des modes de transport, mais on parlait aussi des modes de logement, donc le woofing, différentes choses comme ça. Et donc je me suis dit pourquoi pas, et il a répondu, il a dit oui.
    Je pense aussi à Sam qui lui est aussi aventurier. Aventurier dans le sens où lui, il utilise ses aventures pour sensibiliser au handicap puisqu'il est tétraplégique. Et il fait des aventures assez folles. Il est parti en Asie avec son van de l'Europe. Enfin, c'est des grosses, grosses aventures et explorations.
    Et puis après, voilà, j'ai été épaulée par d'autres personnes Stéphane plus sur le côté recherche ponctuelle pour qu'il me donne un peu le cadre pour que je puisse aussi un peu cadrer les interviews.
    Et puis Tiffany qui avait plus l'approche un peu plus neurocognitive de comment on peut arriver à analyser ou à construire des interactions, des interviews qui peuvent être utiles, où tu vas un peu plus toucher et créer les conditions favorables à une interview où tu vas aller un peu plus en profondeur, quoi.
    Voilà, c'est un peu les personnes phares auxquelles je pense. Je pense.
    [00:23:52.59] - AnBé
    Quelle richesse, c'est top, vraiment extra!

    [00:23:55.11] - Justine Durochat
    Donc oser, en fait, oser envoyer un message. Et au pire, si j'ai un non, il y a pas de réponse, c'est pas grave. 

    [00:24:44.32] - AnBé
    Est-ce que tu peux parler de ton parcours sur place, l'itinéraire?

    [00:24:52.17] - Justine Durochat

    , l'idée c'était de partir un an. Donc dans ma tête, c'était important de me fixer déjà une durée, mais malgré tout, je me suis vraiment laissé l'espace de liberté dans le sens où je me suis fixé un an en me disant: si quelque chose se passe ou tu as l'élan de continuer parce que ça fait sens à ce moment-là, tu continues en reprenant en considération les conditions et les ressources nécessaires. Donc voilà, fixer un an, mais il y avait quand même cette souplesse qui, je pense que d'une manière inconsciente, m'a permis de vivre la chose pleinement en me disant: advienne que pourra, si j'ai envie de continuer, je continue, si j'en ai encore la possibilité.
    Donc j'ai fait, je suis remontée jusqu'en Suède, donc je suis partie de France et puis j'ai fait la Belgique, les Pays-Bas, j'ai fait la région plutôt du nord-ouest de l'Allemagne, Berlin, Allemagne, et après je suis remontée une partie du Danemark et le sud de la Suède. Et puis ensuite, donc ça, ça a fait peut-être 4 mois, 4 mois et demi. Et puis ensuite je suis partie donc en Asie du Sud-Est, où là j'ai fait Thaïlande, Cambodge, Vietnam, et 3 mois au Népal avant de rentrer donc en fin, ouais, mi-décembre 2024.
    [00:26:08.17] - AnBé
    D'accord. Et à chaque fois tu allais rencontrer des
    associations, tu les découvrais sur place?
    [00:26:14.52] - Justine
    Alors la méthode de contact et de découverte a un peu
    évolué aussi au fil du périple.
    au début, c'était beaucoup de la veille ou parce que j'en avais parlé autour de moi et que certaines personnes connaissaient certaines organisations, que ce soit collectif ou entreprise. Mais ça a été quand même beaucoup, beaucoup via de la veille sur LinkedIn par exemple, ou sur internet, ou via des recommandations. Et puis au fil de l'eau, ce qui a été assez fou, c'était à chaque fin d'interview, je leur demandais s'ils connaissaient des organisations collectives dans les différents pays que j'allais traverser ensuite, qui pourraient être intéressées, intéressés récent. Et c'est comme ça que j'ai pu en fait rencontrer des entreprises et des collectifs que j'aurais pas pu rencontrer très honnêtement sans ça. Je pense entre autres à une interview que j'ai faite à Bruxelles, mais en l'occurrence elle habitait dans le nord de l'Allemagne, à Lübeck. Et du coup elle m'a accueilli quand j'étais à nouveau sur le périple pour remonter en Danemark, et elle m'a mis en contact avec un collectif, un projet au Vietnam, à Hué, que j'ai rencontré, que j'ai pu rencontrer rencontré parce qu'il y a eu ce lien. Et c'est pas le seul exemple, mais c'en est un en particulier.
    [00:27:53.16] - AnBé
    Et justement, commençons un peu de chauvinisme pour
    notre tout petit pays, que je dis toujours c'est même pas un département français. Donc voilà, c'est un pays un peu pour rire, d'ailleurs c'est sans doute pour ça qu'on rigole beaucoup. Qu'est-ce que tu as été voir en Belgique?
    [00:28:09.98] - Justine
    Alors en Belgique, ça a été principalement parce
    que la Belgique est quand même très avancée sur tout ce qui va être transition transition. Donc tu vas avoir le réseau transition, par exemple le réseau de transition belgique, qui est quand même assez présent et assez développé. Et donc ça a été principalement ça. Après, j'ai vu aussi des entreprises, entre autres à Bruxelles du coup, qui elles avaient plus ce rôle d'accompagnateur d'organisation dans leur transformation. Donc c'est grâce à eux que j'ai pu avoir plusieurs exemples d'économie circulaire ou d'entreprises familiales qu'ils ont accompagnées dans le changement sur cette notion d'impact environnemental. Et puis aussi aussi sur ce domaine de l'éco-psychologie qui était aussi du coup, entre autres, j'avais, il y avait une personne qui est assez reconnue sur ces thématiques que j'ai pu, Elie Walet, qui est présent du coup en Belgique et que j'avais pu

    rencontrer.

    [00:28:57.98] - AnBé
    Et c'est quoi alors là l'éco-psychologie?
    [00:29:08.93] - Justine Durochat
    Ouh là, alors je ne suis pas experte du tout, donc je vais pas faire toute l'heure dessus. Mais
    voilà, non, en fait l'éco-psychologie c'est comment l'expliquer, c'est vraiment aller plus en profondeur

    [00:29:11.38]
    de la psychologie en fait, et avec une approche très holistique de l'écologie. Donc on va aussi prendre en considération l'écologie intérieure humaine et le vivant en son entier, et donc toute l'interdépendance, l'ensemble des éléments qui font le vivant et dont on en fait partie. Mais ça, c'est vraiment résumé, Mais en tout cas, c'est une approche qui va aller vraiment, vraiment en profondeur au niveau de l'écologie et du vivant. C'est-à-dire que l'écologie n'est pas considérée comme l'environnement, comme quelque chose d'extérieur, mais bien plus interconnectée, reliée, et nous faisons partie du vivant.

    [00:30:04.66] - AnBé
    OK, mais tu sais quoi, je mettrai, trouver les liens vers tout ça pour ceux que le sujet a fait tilter comme moi. Et comme ça, dans les notes de l'épisode ou dans les notes sur la page surlesfilles.com, j'irai mettre des liens pour aller plus loin sur le sujet. Ça me paraît intéressant. OK, donc ça, c'est la personne que tu as

    été voir en Belgique alors? Exactement. Je vais te laisser choisir toi-même une carte

    postale ou l'autre de personnes qui t'ont marquée, peut-être d'organisation si tu as envie

    [00:30:27.44] -
    d'en demander une ou l'autre, enfin de nous en proposer l'une ou l'autre, ce que ça a pu t'apporter. Une carte postale?
    [00:31:04.26] - Speaker 1
    Alors j'aime bien l'image de la carte postale. En tout cas, celui qui m'a,
    je pense, le plus touchée c'est une coopérative de femmes au Népal dans le village de Chapakot. C'est un village qui est situé entre Katmandou et Pokhara. C'est un petit village que j'ai découvert parce que j'ai fait un trek dans la vallée de Langtang et mon guide, qui est maintenant un ami, venait de ce village-là. Et j'étais au Népal à la période des festivals. Il y a différents festivals qui sont des super moments de convivialité, très festifs, donc on se reconnecte vraiment pour le coup à la culture népalaise à ces moments-là. Et il m'a parlé de son village et de cette fameuse coopérative. Et du coup, après mon petit périple, il y a eu un moment où j'ai pu aller à Tchapakot, il m'a accueilli dans son village. Ils m'ont accueilli dans leur village pour passer entre autres un festival. C'est un festival qui se fait beaucoup en général en famille, donc c'était encore plus touchant dans l'ouverture et l'invitation. Donc cette coopérative, qu'est-ce qu'elle fait? Faut il faut savoir que cette coopérative au Népal, c'est une coopérative de femmes qui aujourd'hui compte 50 femmes. Par contre, c'était loin d'être le cas il y a quelques années. Donc en 2015, au Népal, il y a eu un tremblement de terre, pour ceux qui le savent. Et aujourd'hui, en 2025, il y a encore des villages qui n'ont pas accès à l'eau suite à ça. Donc on n'est pas du tout sur les mêmes échelles temporelles et surtout la même accessibilité des ressources pour pouvoir surmonter ce genre d'événement, une catastrophe naturelle. Bref, ça c'est pour le contexte. En tous les cas, à ce moment-là, il y a eu 2-3 personnes du village qui se sont dit, qui se sont rendu compte que la société évolue aussi et qu'il y avait énormément d'inégalités hommes-femmes au sein

    [00:33:14.66] - du

    [00:33:15.13] - village. Faut savoir que la situation des femmes au Népal, c'est comme la situation dans d'autres pays asiatiques des femmes, c'est elles sont très dépendantes.
    on va chercher à marier et une fois qu'on est marié on va dans la famille du mari et on est 100% dépendante de la famille du mari. Autrement dit, on est dépendant financièrement et on est chargé des tâches ménagères, des enfants. Mais du coup, il y a absolument aucun espace de prise d'initiative, d'autonomie et tout plein d'autres choses.
    Et ils se sont dit: on a envie de changer ça, on a envie de pouvoir donner plus de pouvoir, enfin en tout cas d'amener plus d'égalité dans le village. Et donc il y a eu cette proposition de se dire: aujourd'hui, un secteur qui était développé et sur lesquels, grâce auquel, il avait des ressources, c'était l'agriculture. Donc ils se sont dit: on va essayer de créer un organisme, une organisation dédiée aux femmes où on leur donne les ressources pour qu'elles puissent monter en compétences les compétences en agriculture pour qu'elles puissent cultiver elles-mêmes leurs champs, leurs cultures. Et donc dans l'idée, , c'était qu'il y ait au moins une femme de chaque famille du village qui fasse partie de cette coopérative., quand ils ont proposé l'idée, il y a eu énormément de doutes, de réticences., il y a eu peut-être 5 femmes qui ont exprimé leur envie de rejoindre le projet., faut savoir que, les femmes n'ont pas de pouvoir de décision globalement, c'est leur mari qui décide. Donc il y a aussi ça qui rentre en ligne de compte.
    Et, majoritairement les 5 femmes, c'était soit parce que leur mari était décédé, soit parce que en fait on n'est pas le— c'est pareil, là du coup je digresse juste parce que j'ouvre une parenthèse, parce que c'est très important je pense de l'avoir en tête, c'est que le passeport français, pour ma part, est une porte ouverte à énormément du coup d'autres pays en termes de voyage. Et c'est un énorme privilège puisqu'au Népal, typiquement, les raisons pour lesquelles ils partent à l'étranger, c'est soit les hommes qui partent sur la péninsule arabique pour pouvoir travailler dans le bâtiment pendant plusieurs années, faire de l'argent et revenir au Népal pour pouvoir subvenir aux besoins de leur famille sur le restant des années futures, soit c'est des familles qui ont déjà un certain niveau qui envoient leurs enfants à l'université dans des pays étrangers. C'est ça les raisons de départ à l'étranger, donc faut avoir un peu ça en tête.
    Et donc pour revenir à la coopérative, malgré tout ils ont persévéré et ils se sont dit on crée cette organisation avec ces 5 femmes. Et puis ils ont testé, expérimenté, ils ont fait venir entre autres aussi des ingénieurs français mais aussi des universitaires népalais pour pouvoir tout simplement permettre aux femmes de monter en compétences sur ces différentes compétences de culture et d'agriculture agriculture avec des outils.
    Donc après, il y a eu tout un dispositif, donc je passe là-dessus, pour pouvoir justement faciliter le changement et surtout essayer d'écouter et de répondre aux réticences qui pouvaient être exprimées. Et puis, au fil de l'eau, ce qui a été assez fou, c'est que ces 5 femmes ont vraiment pris une certaine confiance. Elles sont devenues autonomes financièrement, elles ont commencé à pouvoir être en mesure de financer leurs frais de santé, puis bientôt leurs frais, les frais de scolarité de leurs enfants. Et on a vu là pour le coup un trait culturel qui a changé, c'est-à-dire qu'elles ont gagné beaucoup plus en respect, surtout de la part des hommes dans le village. Et donc au fur et à mesure, bah ça a eu— et tu parlais tache d'huile en introduction— il y a eu cet effet boule de neige, cet effet d'inspiration où en voyant ça, d'autres femmes se sont dit c'est intéressant, , je vais me joindre à ce projet-là.. Et aujourd'hui, c'est une coopérative où il y a 50 femmes, donc les 50 familles du village. Et aujourd'hui, elles aident, d'autres femmes dans d'autres villages pour développer ce même type de projet de coopérative. Voilà, en exemple très concret et donc du coup très très riche en termes de recherche et en termes de compréhension de quels sont un peu les ingrédients essentiels qui pour eux étaient vraiment utiles et qui ont permis cette transformation e transformation réellement culturelle. Parce qu'aujourd'hui, c'est un des rares villages où il y a une réelle égalité et respect mutuel entre hommes et femmes.

    [00:38:16.17] - AnBé
    Et ta grande leçon qui est transposable par ici pour toi, c'est quoi, puisque tu fais la recherche là, justement, pour le coup ?

    [00:38:23.40] - Speaker 1
    c'est cette force de l'expérimentation, cette force de rendre tangible une idée, de se dire on commence petit et on persévère là-dedans. C'est pas parce que dès le départ il y a pas 50 femmes qui adhèrent que du coup ça ne marchera pas et qu'on abandonne, et c'est cette expérimentation qui a permis aux autres personnes qui étaient en spectateur, spectatrice, de se dire, tiens, ça m'intéresse. Et c'est ça tout le pouvoir aussi de l'inspiration. Et ça, c'est un élément clé dans la conduite du changement, c'est de se dire, il y a ce besoin d'expérimentation, il y a ce besoin de créer un espace où certes il y a de l'incertitude, mais on teste et après on avance avec. Et on est dans une approche itérative, surtout dans un monde qui devient de plus en plus complexe. Il y a ce besoin-là, tant sur l'aspect pur d'amélioration continue et de pertinence par rapport aux besoins, que dans l'inspiration et de l'adhésion des personnes qui vont pouvoir peut-être prendre part au projet ou le soutenir d'une manière d'une autre.
    [00:39:47.73] - AnBé
    Extra! Je vais t'emmener vers un autre lieu, une autre histoire, mais pour t'y
    emmener, justement, tu as utilisé beaucoup de transports. Te connaissant, à mon avis, tu n'as pas nécessairement pris l'avion et l'hélicoptère à tout le temps, n'est-ce pas? Donc comment tu as fait pour les transports? Quels sont tes moyens utilisés, tes meilleurs tuyaux?
    [00:40:08.01] - Speaker 1
    Oui, alors en Europe, franchement, on a la chance d'avoir des moyens de transport très
    facile. Donc ça a été principalement train, bus, et ponctuellement j'ai fait du stop et de la marche. Globalement, ça a été principalement ça, parce que du coup je suis montée de France à la Suède via des transports, on va dire, terrestres. Et je pense très sincèrement que je l'ai pas forcément exploité parce que c'était pas l'objectif de mon voyage et que j'avais déjà assez de changements de repères. Mais je pense que le stop fonctionne très bien et encore un moyen pour aller encore un peu plus loin et pousser le voyage en termes de rencontres et d'inattendu et d'expérience. Et Asie du Sud-Est, bah étonnamment, en Thaïlande le train est quand même assez développé, surtout les trains de nuit. Donc ça a été train, bus également.
    AnBé
    Tu as pris le train vers le nord ou ?

    [00:41:14.01] - Justine Durochat
    Vers le nord. Vers le nord-est, nord-ouest. J'ai fait les deux.

    [00:41:17.46] - Justine Durochat
    Donc ça, et puis bus. Pareil Cambodge,
    bus. Après voilà, c'est

    [00:41:19.50] - Justine Durochatbus concrètement en Asie du Sud-Est, c'est bus. Vietnam, ça a été bus et un train de nuit aussi pour remonter progressivement. Et Népal, de toute façon il n'y a pas 10 000 possibilités, donc c'était du bus aussi.
    Et je trouve qu'en termes de mode de transport, ça apprend beaucoup. Pour vous donner une idée, au Népal, le Katmandou-Pokhara, si je me trompe pas, ça doit faire entre 200 km de distance, quelque chose comme ça. En bus, on peut prendre, on prend en général 8, 9, 10 heures, et encore c'est très dépendant des conditions météorologiques. Donc ça apprend énormément le temps long.

    AnBé
    Et pour les logements, tu faisais comment?

    [00:42:44.98] - Justine Durochat
    Alors, les logements, Europe, couchsurfing majoritairement. Au début, j'étais plus chez l'habitant,

    mais dans un cadre typiquement, tu vois, chambre d'hôtes ou des choses comme ça, parce que c'était aussi mon élan. J'avais vraiment l'élan de pouvoir être chez l'habitant aussi. Ponctuellement, auberges de jeunesse, mais le couchsurfing a extrêmement bien marché en Europe. Ça marche très bien. Alors, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est vraiment une application exprès où des personnes en fait, ils ont un espace pour accueillir quelqu'un pour dormir, d'où couchsurfing, sinon un canapé de libre. Et donc c'est un super moyen aussi de rencontrer. Et moi j'ai été, je pense que ça c'était une expérience aussi, j'étais stupéfaite et agréablement surprise de la confiance que les personnes qui m'accueillaient me faisaient. La plupart d'entre eux m'ont donné leur double de clé pour que je sois autonome dans mon quotidien Donc ça, c'est typiquement, c'était assez, assez fou. Donc bon, ça, oui, franchement, j'étais plus en mode merci de m'accueillir, déjà je m'adapte à vous. Et en fait, c'était automatique pour eux, quoi. C'était bah non, on va se débrouiller, je te donne mon double.
    AnBé
    Ok, fabuleux. Donc ça, en Europe principalement. Et puis après, Asie du Sud-Est, tu as été?
    Justine Durochat
    Oui, auberge de jeunesse. En fait, chez l'habitant, c'est plus complexe, oui, parce qu'aussi il y a des lois dans certains pays où ils ont pas le droit d'accueillir un étranger. Exact. Donc s'ils le font, c'est qu'il est un peu, voilà, hors du cadre.
    AnBé
    Donc je sais bien, en Birmanie, on avait été très étonnés qu'il y a une fille qui venait voir sa mère qui avait un restaurant là-bas, elle

    [00:44:19.44] était à l'hôtel, elle ne pouvait pas loger chez sa mère parce que bon, même non-famille, tu vois, même ça, ouais, parce qu'elle était étrangère. Donc ouais, Ouais, ouais, ouais, ça, étonnant. Donc du coup, ce que tu me dis ne m'étonne pas. Donc plus complexe, donc c'était auberge de jeunesse, et puis forcément les prix sont un peu moins chers, donc parfois

    [00:44:37.67] - Speaker 1
    c'était aussi d'avoir une petite chambre à soi, ça fait du bien comme on dit. Donc oui, et du coup, mais pour t'emmener au prochain endroit, on va laisser Amandine te poser une question.

    [00:44:49.03] - Amandine
    Bonjour Justine, quelle est la solution qui t'a la plus tenu. Voilà, peut-être une qui t'a vraiment— waouh, ah bon, c'est possible? Ça

    [00:44:57.82] - Justine Durochat
    va me demander un petit temps de réflexion. Peut-être en plus, il y apas— alors du coup, je ne sais pas ce qu'elle entend par solution, mais je pense que pour nous les auditeurs et auditrices, c'est important de le dire, il va pas y avoir une solution.
    Je me suis dit, il faut l'appliquer partout. Il y a pas de solution unique, il y a pas une recette qui marche partout. Miracle. Voilà, et donc ça, c'est important de l'avoir en tête. C'est plutôt au contraire d'arriver à prendre les ingrédients, quelles sont les conditions propices, et derrière d'arriver à se les approprier.
    Mais par contre, là où j'ai été surprise, alors j'ai plusieurs éléments, mais un peut-être en particulier, alors que j'ai pas fondamentalement vécu, je l'ai vécu par intermédiaire, par le récit qui m'a été fait par Alice. Donc Alice, je l'ai rencontrée à Berlin. Elle a créé une ONG ou association, en tout cas collectif, qui vise justement à regrouper du monde pour aller creuser, approfondir tous ces sujets de transphobie, formation. Et elle, ce qu'elle a fait, entre autres, un des projets qu'ils ont fait, ça a été autour de cercles de parole auprès d'anciens ex-soldats qui revenaient avec souvent, bah du coup, PTSD, je sais pas, en post-traumatique. Et elle m'a vraiment relaté des retours d'expérience et comment ces cercles de parole ont été extrêmement puissants pour ces personnes-là. Et alors j'en étais déjà un minimum convaincue de la puissance des cercles de parole. Mais alors, pour le coup, typiquement, l'exemple qu'elle m'a donné, l'expérience qu'elle m'a relatée, m'a extrêmement touchée. Parce que ces cercles de parole, C'est un espace, c'est un espace avant tout. Et ça, typiquement, c'est un des— c'est même pas un des, c'est le concept.
    Et même au-delà du concept, c'est que j'ai pas de mots parce que c'est assez impalpable. Mais en tout cas, c'est cet élément, cette notion qui est ressortie de l'ensemble de mes recherches, c'est cette notion d'espace.
    C'est, on a cette capacité de nous reconnecter à notre pouvoir d'agir à travers des espaces où on est déjà acteur ou actrice. Et ces espaces-là, c'est typiquement des espaces où on va être en interaction avec d'autres personnes, ou alors ça va être un espace intérieur aussi, ça marche.
    Et en l'occurrence, les cercles de parole dont elle me parlait, c'est un espace où l'idée c'est de justement créer et de co-créer avec les personnes présentes présente dans le temps long, parce que du coup c'est à plusieurs reprises. Alors ça peut marcher aussi de façon ponctuelle, mais l'effet va avoir forcément, va se démultiplier plus on construit une confiance, parce que c'est des espaces où il va y avoir une sécurité, sécurité émotionnelle, psychologique, une ouverture du dialogue, une écoute, un partage sans jugement.
    C'est des espaces où du coup moi aussi j'ai pu déjà aussi les expérimenter qui sont extrêmement puissants. Donc c'est pour ça qu'après on peut entendre parler de cercle de femmes, ou cercle aussi du coup d'hommes, de cercle de parole en son entier. C'est un outil qui est très simple, mais ça s'apprend un minimum sur comment tu peux tenir et ouvrir ces espaces-là. Mais c'est extrêmement transformateur intérieurement. Et en fait, tu le disais aussi un moment, tu disais à quel point aussi le l'autre peut être un miroir. Et en fait, les transformations, c'est pas que soi, c'est aussi en relation. Et je pense que les cercles de parole en est l'illustration.
    Et des concepts qui se sont appropriés ce cercle de parole, c'est entre autres aussi, je pense à la justice restaurative. Je sais pas si ça te parle? Non, ça je connais pas. Donc la justice restaurative, en quelques minutes, c'est justement une idée, c'est d'aller un peu de sortir du mode habituel de notre justice pénale, principalement, qui va être vraiment dans on va juger un acte. Et du coup, la personne qui l'a effectué est égale à son acte. Donc en fait, on va vraiment l'étiquette de la personne, c'est le crime qu'elle a commis. La justice restaurative, elle va justement au-delà, c'est-à-dire que l'idée, c'est d'aller pouvoir accompagner tant les personnes qui ont causé et qui ont été du coup à l'origine, qui sont entre guillemets les accusés, et les victimes. Ils vont aller au-delà de ce qu'elles ont vécu en se connectant à leur nature humaine. Et en fait, elles vont utiliser utiliser, alors je résume aussi parce que c'est des process qui sont très longs, qui sont existants en France, mais c'est vraiment le tout tout début, c'est des associations qui mènent ça, qui vont utiliser les cercles de parole pour faire dialoguer des victimes et, si je peux appeler ça des criminels, même si je sais pas trop si c'est le bon terme, je ne pense pas, en tout cas des personnes qui ont également du coup agi sur et qui ont fait certains actes. Et alors, donc pas directement, c'est-à-dire qu'on va pas voir la victime et la personne qui a causé ça, par contre sur des thématiques un peu similaires. Et l'objectif, c'est justement d'utiliser cette puissance des cercles de parole, de dialogue, pour pouvoir permettre aux personnes, et ben, de, comment dire, pas forcément de guérir, mais en tout cas d'avancer dans leur trauma et de prendre, d'éveiller leur conscience aussi sur la perspective d'autres personnes, sur ce qu'elles ont vécu, sur pourquoi pourquoi elles l'ont fait. La question c'est pas excuser, mais par contre c'est dialoguer pour pouvoir essayer d'avancer ensemble sur ce qu'on a vécu réciproquement, respectivement. Et donc c'est un autre exemple d'application de la puissance des cercles de parole dont j'en suis pour le coup aujourd'hui convaincue. Donc créer des espaces alors. Donc ce que tu dis, te créer des espaces pour quel que soit la thématique, qu'elle soit compliquée, sombre comme tu viens d'expliquer, pour si possible pour solutionner, pas rester dans le sombre, ou alors vraiment lumineuse, vraiment des choses. Mais ces histoires, à nouveau on en revient à être, faire communauté, être ensemble, c'est vraiment important. Et on en revient à cette question de l'intention, tu vois, comme tu disaisen résumé, l'idée c'est de créer des espaces. Et effectivement les espaces vont pas avoir forcément les mêmes intentions, avoir des espaces qui vont être plus sur le côté qui vont être plus sur le côté régulation émotionnelle. En fait, il y a une diversité d'espaces et je pense qu'il y a même un nombre d'espaces qui est juste incalculable. Mais cette question de quelle est notre intention et derrière comment nous on se co-responsabilise aussi pour occuper cet espace d'une certaine manière et en faire quelque chose ensemble. Et je pense que c'est clé. Et dans ces espaces, forcément, il y a des temps intenses temps introspectifs et des temps collectifs.

    AnBé

    Et quand on parle d'intelligence collective aussi, moi c'est un thème qui me fascine. Quand on voyait des gens non

    [00:53:20.59] spécialisés qui arrivaient à avoir des résultats similaires, voire meilleurs, à des ingénieurs de la NASA qui travaillaient seuls, c'est assez interpellant. Donc je dis, il faut vraiment pas négliger la puissance qu'il y a dans un groupe, même s'il y a les tensions, même si on sait bien c'est pas facile d'être en collectivité tout le temps. Mais il y a quelque chose à ne vraiment pas négliger parce qu'on a peut-être son petit confort tout seul, mais on va pas bien loin. C'est pas pour qu'on dit, hein, seul on va vite mais ensemble on va loin. C'est qu'il y a vraiment, il y a vraiment quelque chose qui se passe, tu le ressens, un groupe vraiment porteur, ou des espaces, des incubateurs, ou des ceci, ça n'a rien à voir, quoi. Donc c'est vrai que ça a vraiment des limites, complètement. Et puis c'est, après, les espaces, effectivement, c'est pas facile dans le sens

    [00:54:04.78] - Justine Durochat

    où il y a vraiment une question de posture, il y a une question de qui fait quoi aussi, parce qu'en fait ouvrir un espace, ça se fait pas comme ça.
    Donc il y a aussi tout ce travail derrière derrière. Mais je voulais juste rebondir rapidement sur ce que tu as souligné, sur le fait que parfois être en collectif, c'est pas facile. Et je pense que ça, c'est aussi un autre élément que j'aborde et qui a été aussi une grande découverte pour moi, enfin découverte en tout cas approfondissement.
    Ça a été comment on peut arriver à changer de perspective sur les conflits, sur les tensions.
    Parce qu'en fait, aujourd'hui, ce qui crée aussi peut-être cette peur du collectif, bien sûr il y a une multitude de facteurs, mais il y a aussi le regard qu'on porte sur les tensions émotions et des conflits. Et aujourd'hui, ce qui crée, entre autres, au sein des communautés, des collectifs, des organisations, peut-être quelque chose d'assez cristallisé, c'est parce qu'il y a énormément de non-dits et qu'il n'y a aucun espace pour accueillir les conflits et pour réguler les émotions. Parce que ça vient de notre culture moderne, etc., on n'a pas appris à réguler nos émotions et à savoir ce qu'on vit. Mais au-delà de ça, c'est— et d'ailleurs, justement, c'est une interview que j'ai faite à Bruxelles, en Belgique, on a principalement parlé des conflits et Comment on peut arriver à créer des espaces où il y a pas quelqu'un n'a pas le monopole de la vérité? Comment on arrive à percevoir les conflits comme au contraire un espace d'opportunité, de, un espace sain? Ou par contre, ça demande à nouveau un cadre où on va essayer en fait de faire émerger ces non-dits, de faire émerger ces tensions, que ce soit en prévention, que ce soit en régulation. Parfois, alors c'est sûr qu'il va y avoir des intensités extrêmement différentes, mais par contre, de le voir comme aussi une contribution à derrière des relations beaucoup plus saines, un engagement beaucoup plus sain, et du coup une adhésion et un groupe qui est fédéré. Parce qu'ils se disent: on a chacun individuellement notre espace d'expression, et on peut dialoguer, et on peut co-construire. Et en fait, souvent les personnes disent: oui, mais attends, je vais pas discuter avec la personne, elle a une vision complètement opposée au mien, à quel moment on va trouver une solution? En fait, la priorité, c'est pas de forcément trouver une solution, c'est de créer un espace d'expression expression et d'écoute. Et c'est ça avant tout. Et en fait, on se rend compte à quel point créer un espace d'expression et d'écoute est à la base de tout, parce que derrière, ça va désamorcer énormément de choses, parce qu'on va prendre le temps de juste d'écouter la personne, qu'elle est, qu'est-ce qu'elle vit, le pourquoi. Et à nouveau, c'est pas cette idée de, d'excuser. Essayer de comprendre, ce qui veut pas dire que tu vas adhérer, c'est pas l'objectif. L'objectif, c'est d'essayer de créer un dialogueEt de ça peuvent sortir des choses assez folles, , que ce soit en termes purement relationnels ou que ce soit derrière en termes de créativité, d'idées, de coopération.
    Parce que chacun se dit: j'ai ma place et je ne suis pas nié dans qui je suis. Et ça, tu vois, c'est extrêmement fort.
    Et on peut l'aborder derrière quand tu vas toucher des thématiques beaucoup plus autour des privilèges, parce qu'on va avoir une société où il y a des privilèges. Et du coup, il va y avoir des postures de domination, des dynamiques de pouvoir qui sont plus ou moins intangibles et parfois même inconscientes. Et de mettre le doigt dessus, pas en mode accuser de toute façon toi tu es blanche, de toute façon toi tu es un homme, donc en fait de toute façon non, mais de juste mettre des mots dessus et se dire bon, qu'est-ce qu'on en fait?
    Parce qu'en fait nos privilèges, on peut les utiliser au service du bien commun. Comment on fait pour construire un cadre où il y a plus d'inclusion, Et ça, ce qui est absolument dingue, c'est bien plus que des KPI, etc. Là, il y a vraiment un gros enjeu de productivité et de pérennité des entreprises, donc elles ont tout à y gagner.. Tu vois, tu parlais de KPI, en fait notre système s'est fixé sur de la pure performance et du court terme. Donc c'est sûr que quand on parle de nature humaine, et ben en fait on n'est pas sur le même rapport important pour elle.
    Donc nécessairement, à partir du moment où c'est dit non mais en fait ça rentre pas du tout dans notre cadre, nous on veut rapidement faire du retour sur investissement, donc en fait on considère les êtres humains comme des ressources, comme du capital travail. Et, à partir de ce moment-là, ce ne sont que des numéros, qu'on les considère comme des machines d'une certaine manière. Je caricature, mais quand on étudie l'économie sous certains prismes, c'est vraiment ça. On va chercher à optimiser toutes ces ressources pour pouvoir avoir la meilleure équation qui nous permet d'avoir la meilleures performances.
    Et donc forcément, de ce fait, eh bien, ça rentre pas dans le cadre. Donc là, on est en train de venir challenger, de dire en fait aujourd'hui on se rend compte que les organisations sont en train de faire face à une grosse problématique et à des complexités de modèles qui ne fonctionnent plus par rapport aux enjeux auxquels on fait face d'un point de vue sociétal. Et en fait, au cœur de tout ça, il y a l'humain.
    Donc c'est se reconnecter à l'humain et on est extrêmement challengé parce que forcément ça nous demande de construire un autre rapport au temps où on voit pas directement les résultats, où c'est sur du long terme, ou c'est chacun vient avec son unicité. Donc forcément, et ben, ça demande beaucoup plus de présence et puis de prise en compte de la diversité. Et oui, en fait, c'est moins facile, 'on a cette recherche de la facilité parce que c'est moins énergivore. Mais n'empêche que fondamentalement, il y a ce besoin de changement d'état d'esprit qui va pas se passer comme ça, mais par contre qui peut commencer à se faire à partir du moment où on intègre petit à petit des pratiques qui vont être au service de ça et qui remettent de la valeur sur ça, en fait,.
    AnBé
    Ça me fait penser à un livre, j'arrive plus à tomber, c'était pas Laloux qui avait fait? Oui, c'était Laloux, oui. Oui, voilà. C'est Reinventing

    Justine Durochat
    Organization. Ça, c'est entre autres un livre essentiel. Ça, c'est une bible à lire et à relire. Ensuite, si tu devais nous parler, par exemple, parce que ce qui était intéressant, tu as voulu sortir du cadre et donc je suppose que bon, les exemples qui peuvent être sur la Suède, qui a déjà une autre mentalité, ou le Cambodge, le Vietnam, qui est encore plus éloigné. Cette mise en perspective, donc ce recul forcé par rapport au cadre d'ici, est-ce qu'il y a quelque chose, tu t'es dit «tiens, cette mentalité-là ou ce point de vue-là, cet angle-là, je n'y aurais pas pensé ici en France et c'est intéressant quand même, ça m'a apporté quelque chose»? Du coup, là, je vais prendre peut-être un niveau plus plus global qu'un pays, c'est le point de vue, enfin oui, continental, culturel, dans le sens où en Europe, oui, il y a des différences culturelles que j'ai pu percevoir de façon très agréable parce que justement j'ai progressivement atteint la Suède. Et donc en fait, progressivement, tu sens des petites choses changer, tu observes, ça joue sur des petits détails, même surtout, bah, on parlait de transport, il y a moment, oh tiens, ils mettent des magazines dans les, dans le tram, tu vois, et c'est libre-service. Donc tu vois, c'est des petits exemples comme ça, tu dis ok, là je sens qu'il y a un petit switch progressif de culture, ou alors il y a pas de barrière dans les transports en commun. Je sais pas pourquoi, moi les transports ont été, enfin, sont, je trouve, une illustration entre autres d'une culture, de comment on perçoit l'être humain.. Mais sinon, effectivement, s'il y a un élément qui m'a, qui a vraiment montré qu'il y a une sortie ducadre, , entre la culture européenne, culture asiatique, et encore je dis culture asiatique Asie du Sud-Est, Clairement, je pense que si je prends un Un exemple, c'est leur perspective justement sur le changement, tout simplement.
    En fait, revenons aux bases de mon sujet. Aujourd'hui, en Europe ou dans les pays occidentaux, on va avoir quand même une approche du changement et des transformations comme quelque chose de très difficile. Et c'est ça qui va créer ces résistances.. On change catastrophe, je me bloque, je ne veux pas changer.. Donc oui, derrière, dans des analyses scientifiques, tu vas avoir ce côté de oui, le cerveau, la nature humaine n'aime pas le changement. Mais ça, c'est aussi une construction historique de par ce qu'on a vécu. Si on retourne même à l'homme de Cro-Magnon. Mais ce que je veux dire par là, c'est que notre société aujourd'hui, notre culture, comme elle s'est développée dans les pays qu'on nommait riches fait que le changement pour nous est quelque chose d'extrêmement critique, difficile. À l'inverse de l'Asie du Sud-Est où tu as une approche du changement qui est fascinante, et moi à laquelle du coup j'ai extrêmement adhéré, qui va toucher là du coup une sphère qui s'appelle la spiritualité. Et tu en parlais en introduction aussi en disant on a perdu un peu avec cette société individualiste réalistes. Tu donnais des exemples aussi de fêtes religieuses et tout ça, donc de toute la force aussi des rituels. Mais bon, ça je pourrais en parler aussi longtemps. Mais pour en revenir à la question, ils voient le changement comme quelque chose en fait qui, de par la spiritualité qui est très présente chez eux et qui n'a pas du tout cet aspect où on va chercher à convaincre, on va chercher à embrigader, voilà, qui est plutôt lié tout simplement à un état d'esprit, à une philosophie de vie.
    Donc oui, tu as des religions diverses et variées, qu'elles soient bouddhistes, musulmanes ou autres, mais en tout cas, il va y avoir quand même, je trouve, des aspects spirituels qui sont communs en fait à toutes les personnes qui sont présentes.. La vie n'est que changement, ce qui fait qu'ils ont un regard là-dessus comme, bon bah, tu vois, je suis le flow. Oui, oui, c'est dur, tu vois, mais par contre, il va y avoir quand même moins cette réaction du contre de je ne veux pas. Et puis une spiritualité de très liée à l'impermanence, de l'impermanence. Ils ont cultivé ça, tu le vois typiquement au Népal, dans des pays bouddhistes, tu le vois en Inde aussi où il va y avoir ce rapport. Et là, l'exemple qui à chaque fois pour moi m'a extrêmement touchée, c'est les mandalas. Entre autres, au festival dont je parlais plus tôt au Népal, ils font plein de mandalas devant leur porte. Donc les mandalas, c'est avec du sable de couleur, donc ils prennent énormément de temps à les faire parce que du coup ça forme, il y a des formes, il y a, il y a, il y a, c'est, c'est magnifique. Et en fait, un coup de vent, de la pluie, le mandala disparaît. Et, et je crois que la pratique du mandala aussi est très intégrée dans la, la pratique bouddhiste en tant que telle, où parfois ils passent des heures, des jours à faire des mandalas qui vont disparaître en un instant. Et ça, c'est une pratique qui cultive énormément notre rapport à l'impermanence et à quel point on peut arriver à créer une relation hyper saine et apaisée avec l'impermanence. Ce qui fait que oui, ça typiquement, cette sortie du cadre est presque extrême parce qu'il y a un rapport à la spiritualité. Oui, mais en fait ça fait partie de la vie. Enfin, il y a une philosophie de vie qui est vraiment dans l'accueil de ce qui se passe. Mais bien sûr aussi il y a les difficultés, je retire pas du tout ça. Mais bon, forcément tu me vois peut-être venir, il y a un élément qui change tout, c'est le degré de confort. Et l'histoire, on en revient toujours à ça, il y a quand même une histoire parfois. Typiquement, tu vois, tu me demandais en exemple du Cambodge. Le Cambodge a une histoire extrêmement lourde, entre autres avec les Khmers rouges. Et donc forcément, il y a une culture qui est née de ça. Mais ce que je veux dire par là, c'est que nous, on va être— il y a un changement qui arrive, hop hop hop hop hop, moi je suis très confort en fait. Donc là, le changement qui tu me demandes, bref, ça démultiplie les efforts que je dois donner parce que je suis bien dans ma situation. C'est ça, on a une matérialité qui fait que tout changement devient très pénible, en fait. Et puis parce que ça nous— du coup, on s'accroche, tu

    [01:08:15.50] 
    vois. Il y a cette notion d'attachement que tu cultives beaucoup en Asie du Sud-Est quand tu vas un peu plus creuser les différentes approches spirituelles, où il y a cette notion d'attachement qui est justement— qui est pas là, où l'idée c'est de cultiver cette approche du détachement. Et moi, ce que j'aime bien quand même, en petite astérie de pâte en fait, ne pas dire, c'est pas tu es détaché de tout et donc du coup tu n'es pas touché. Non, non, c'est juste que tu ne vas pas t'accrocher à quelque chose, c'est tu laisses passer. Et ce qui fait que ça cultive en toi une capacité à la gratitude et à la présence, parce que tu sais que c'est impermanent. Tu vois, rien que nous, notre échange là, si au fur et à mesure on arrive à cultiver, et tu vois, rien que de t'en parler, ça me permet de revenir au moment présent encore davantage, c'est que cet échange va se terminer. Et donc, c'est se dire c'est la vie, c'est le phénomène de la vie, mais d'avoir cette conscience fait que derrière on cultive encore plus, on a encore plus de gratitude avec, pour ce qu'on vit et ce qu'on a ou ce qu'on est, tu vois. Waouh, alors ça c'est une perle à retenir de l'épisode, je crois qu'on vient de la trouver. C'est, non c'est vrai, ça me

    [01:09:26.25] - AnBé
    rappelle aussi, c'est vrai que là-bas il y a le dharma Il y a Shiva. Shiva, c'est le destructeur, donc on a toujours l'impression que c'est très négatif, mais non, parce que le destructeur permet aussi un renouveau.. Oui, c'est vrai que trouver, reprendre le fait que le changement soit la norme, le fait de changer nous-mêmes, changer nos modes de vie, changer— et que ça peut être pour un mieux aussi, c'est vrai que C'est ça, c'est très sain. Oui, merci du rappel.. Et donc ce serait peut-être la réponse à Amandine alors. Ce qui est plus étonnant, c'est à quel point d'autres ont facile à envisager le changement par rapport à ce que nous, nous vivons peut-être. Et on peut l'intégrer dans notre quotidien avec des petites pratiques. c'est parfois on se dit oui, bah c'est ça, ça paraît vraiment intouchable, c'est très

    [01:10:45.02] - Speaker 1
    compliqué. Et, , c'est revenir à l'expérience, revenir à ce qu'on vit en fait, à notre quotidien. Et il y a des pratiques très simples, tu vois, se déconnecter par la performance en disant bah tiens, qu'est-ce que j'aime faire? J'aime dessiner, je dessine, mais je m'en fiche de ce que ça va donner. Des choses, voilà, la méditation bien sûr, parce que bon, après moi c'est parce que c'est une pratique que j'ai, mais toute cette reconnexion au présent, c'est des petites choses qu'on met dans notre quotidien qui peuvent nous aider en fait tout simplement à essayer d'être davantage adepte de ce changement, de prendre des temps on fait de la rétrospective, de dire bah tiens, qu'est-ce qui a changé ou qu'est-ce qui s'est passé.
    Après souvent je mets, voilà, parenthèse, en effet il y a des choses qui sont, qu'on vit, qui sont extrêmement difficiles. Avoir de la gratitude, c'est très compliqué, voire même ce serait très imbu de pas de déborder, que tout le monde ait de la gratitude en fonction de ce qu'on vit. Mais dans l'idée quand même, c'est d'arriver à prendre un pas de recul.

    [01:12:02.89] - AnBé
    Il y a une chose qui t'a vraiment marquée, qui t'a vraiment transformée après ce voyage? Un truc, tu vois que tu as changé par rapport à celle que tu étais avant?

    [01:12:09.60] - Justine Durochat

    C'est, alors oui, enfin tu vois, c'est un grand oui. Après, les changements, je les commence, je continue continuer à les percevoir.. Je pense que globalement, en fait, c'est le processus du voyage, tu vois. J'en reviens à ce que je te disais, où j'ai beaucoup été nourrie par ces histoires de vie, où parfois beaucoup, voire même dans le storytelling de certaines, il y a vraiment ce côté de « J'avais ma vie, il y a eu un événement et ça a tout changé. » Et en fait, moi, il y a eu un moment où j'étais en mode: « Mais moi, je ne vois pas quel a été cet événement critique qui a fait que j'ai changé. » Et donc j'étais en mode: « Je veux arriver à cultiver au contraire le fait que, vu que je me nourris d'histoires de vie, bah que grâce à ça, j'attends pas le moment fatidique qui fait que, pour pouvoir peut-être prendre des décisions et changer radicalement. » Donc c'était la petite aparté.
    Mais je pense que, S'il y a quelque chose qui me, quelque chose qui a vraiment, entre guillemets, changé et qui a toujours des hauts et des bas, c'est cette sensation de paix. Alors bien sûr, je l'ai pas atteint, parce que c'est pas quelque chose qu'on atteint, c'est quelque chose qu'on cultive. Donc par rapport à tous les moments qu'on vit, on n'a jamais avant toujours cette paix. Mais par contre, peut-être pour être plus précis que paix, c'est peut-être une forme de sécurité intérieure, tu vois. je me rends compte qu'il y a une forme de, peut-être de sécurité intérieure, mais au-delà de ça, de confiance. Alors oui, peut-être qu'un jour ça se passera, je ne sais pas, mais ce que je veux te dire, c'est que cette approche très anxiogène en fait, et cet état d'anxiété que je pouvais avoir, parce que je pense que j'ai un terrain qui est plutôt anxieux, a été quand même extrêmement apaisé par ce que j'ai vécu. Parce que les premiers mois ont été extrêmement, pour le coup, éprouvants. Et tout au long, ça a été quand même souvent, on me demande un qualificatif, je dis éprouvant, dans le bon comme dans le plus mauvais sens du terme. Mais ça fait partie de la vie. Mais donc c'est vrai que là, de le voir au quotidien, de me me rendre compte que oui, je suis beaucoup moins dans essayer de planifier des choses. C'est-à-dire qu'avant, tu vois, je devais aller quelque part, je regardais en avance l'itinéraire, et du coup au final ça me faisait le regarder 4 fois jusqu'au moment où je devais prendre mon vélo. Enfin, tu vois, des choses vraiment basiques, ou de me dire tiens, faut que je trouve un café très précis, donc chercher sur internet pour savoir dans quel café. Puis maintenant je suis en mode bah non, tu te balades et puis tu le trouveras bien. Enfin, il y a une forme, tu vois, de, ouais, d'apaisement et puis de confiance dans cette charge mentale qui est du coup moins prégnante et peut-être moins lourde, tu vois. Inspirant ça disons.

    [01:15:48.65] - AnBé
    Ouais, super. Je pose toujours les mêmes questions en fin d'interview, donc je vais tedemander quel estl'objet qui t'a été le plus indispensable lors de ton voyage? J'aime cette question. Le truc qui disait « je repars, ça je le prends absolument » ou alors « j'aurais dû le prendre ».
    [01:16:13.56] - Justine Durochat

    J’ai droit à 2 réponses ?. Il y en a un très pragmatique, c'est un petit sac qui se condense en rien du tout, un peu tote bag tu vois, mais du coup un sac à dos qui se condensait en tout petit et c'était d'une praticité folle parce que du coup j'avais déjà mon sac à dos qui était déjà rempli Et donc c'était très facile à transporter. Et donc les fois où j'allais me balader, tu vois, une journée où j'allais faire quoi que ce soit, hop, je sortais mon petit sac à dos où je pouvais rentrer beaucoup de choses, mon ordi, plein de trucs. Et donc ça, c'était, ça me donnait beaucoup de simplicité, de facilité à la chose. Donc ça, c'est un truc, tu vois, maintenant j'en ai un aussi. Voilà, quel

    [01:16:54.63] - Speaker 2
    que soit le voyage, le déplacement, je prends

    [01:16:56.85] - Speaker 1
    mon petit sac. Moi aussi, je l'ai toujours avec moi. Donc ça, c'est vraiment

    [01:16:59.77] - Speaker 2
    une raison très pratico-pratique. Une autre, c'est

    [01:17:01.50] - Speaker 1
    je m'étais fait avant de partir un petit sachet avec des objets un peu symboliques, donc pas utiles, tu vois, matériellement parlant, mais qui m'ont accompagné pendant tout mon voyage. C'était un peu, tu vois, petit autel. Donc je l'ai peu déballé, ce petit sac, mais par contre, il toujours avec moi. Et j'avoue que les 2-3 moments où c'était très difficile pour moi, entre autres au Vietnam où j'étais hospitalisée, etc., et du coup ça a été très long, et ben à ce moment-là, je vais te dire que des moments où j'étais dans la phase de— j'ai le mot en anglais qui me vient, mais de recovery, où je— voilà, après rétablissement, merci, rétablissement, et bien j'avoue que d'avoir sur ma table de nuit dans le petit studio que j'avais loué pour me me remettre, quoi. Et de pouvoir être en mesure de déposer ces 2-3 petits objets que j'avais pris avec moi m'a amené énormément de réconfort. Voilà. Ah oui, tu peux pas te sentir beaucoup plus seule en voyage que dans un hôpital. 

    [01:18:06.27] - AnBé

    Qu'est-ce qui t'est arrivé encore? C'est vrai, j'avais vu ça sur les réseaux.

    [01:18:16.53] - Justine Durochat

    Ouais, donc, mais pour la faire, bah en fait j'ai eu une très très grosse infection alimentaire, intoxication alimentaire, mais qui du coup a été plus le point d'origine, mais du coup qui a en fait eu des conséquences beaucoup plus, en fait des réactions, voilà, des réactions beaucoup plus importantes que juste ce qui va avec une intoxication alimentaire. Donc mes membres étaient en arc, donc je pouvais pas marcher, j'avais plus de 42 de fièvre, je perdais parfois la parole. Et donc tout ça est arrivé, il était 2 heures du matin, j'étais en auberge de jeunesse, et donc tout ce qui va avec. Et donc là c'est vrai que c'est un événement qui a marqué, qui a marqué en fait, qui a été pour le coup un événement bascule quand même dans mon voyage, clairement. Enfin, ça a été assez fou. La suite a été très différente en termes d'état d'esprit pour moi, dans le bon sens du terme. Donc ça a été très difficile, mais par contre, ça a été un réel moment de bascule pour moi pour la suite, qui a aussi nourri cette sensation d'être éprouvée. Mais tu t'es sentie plutôt en disant, bon,ça a remis un peu les choses en perspective de ce qui était important, ce qui n'était pas. Ça t'a permis de lâcher pas mal de choses. Je pense que le moment typiquement où je suis parce que j'ai fait 3 hôpitaux avant d'être accueillie dans le 4e, qui était un vietnamien, donc pas ceux qu'on connaît, qui quelques heures plus tard m'ont dit « vous pouvez rentrer chez vous », alors que j'étais absolument pas en état. Et c'est le moment où j'ai refait la démarche pour aller dans un hôpital international où ils m'ont dit « mais madame, en fait, vos hospitalisations, c'est pas du tout possible ». Et au moment au moment où j'étais, je suis arrivée dans cette chambre d'hôpital et que je me suis allongée, c'est comme si c'est bon, j'étais en sécurité, tu vois. Et il y a eu vraiment, je pense, que cet apaisement-là après tout ce que j'avais vécu les 24 dernières heures, enfin, qui ont précédé ce moment. Mais donc je ne me rappelle plus de ta question, mais en tout cas, en tout cas, voilà ce qui s'est passé au Vietnam. Et ça a été vraiment un moment aussi de bascule quand même. Même plutôt. D'accord. Non, parler des petits objets là, et donc après ça t'a vraiment aidé à rentrer. En fait, ça m'a ramené un réconfort. Et ce mot, tu vois, ça fait quelque temps que je me suis dit, tiens, je l'utilise pas assez souvent, alors que pourtant il est juste parfois quand même ce dont j'ai besoin. Et cette présence, ça me faisait une présence. Et puis ça m'a amené une forme de rituel, de quelque chose qui était stable, tu vois. On parlait de changement, dans le changement on a besoin de stabilité.Donc derrière, c'est comment tu arrives à incarner cette stabilité malgré tout, malgré le mouvement. Et entre autres, du coup, les rituels sont une forme de stabilité. Mais ça, on peut en parler longtemps. Oui, oui, oui, oui, non mais c'est vrai, c'est des rituels collectifs ou individuels, tout à fait. Quel est le fail qui t'a le plus appris? Alors c'est peut-être ça, c'était peut-être ce— Franchement, oui. Après, c'est peut-être un peu dur envers moi-même de dire que ça c'était un fail, parce qu'au final c'était une réaction physique, tu vois. Donc mes revers, on va dire, dans ce cas-là plutôt qu'un fait. Mais par contre, oui, je pense que c'est quelque chose en tout cas pendant mon exploration qui a été le plus marquant et qui m'a appris énormément de choses par la souffrance et par des moments très difficiles, quoi.

    AnBé

    Le succès dont tu es la plus fière ?

    [01:21:42.02] - Justine Durochat

    Je pense que ça va être d'avoir réalisé cette exploration parce que ça faisait déjà plusieurs années que j'avais l'élan de partir longtemps. Alors après, en tout cas plusieurs mois. Donc là j'ai fait un an en voyage seule avec mon sac à dos. Et je pense que de me rendre compte aujourd'hui, de voir tous les efforts que j'ai faits, dont on a parlé au début, de préparation pour rendre possible cette chose, le fait que je l'ai fait, que je suis partie et que je l'ai fait et j'ai vécu les choses, etc. Aujourd'hui je pense que c'est, aujourd'hui c'est une grande fierté pour moi de me dire en fait tu as fait tout ça. Et je perds parfois ce que ça veut dire, tu vois. Et du coup de reparler de toute la préparation, de tout ce que j'ai vécu, là je me dis oui, en fait oui, quand même c'était quelque chose, tu vois. Clairement. Je me souviens quand tu en parlais avant, donc ça a été passionnant de te suivre parce que tu étais en plein dans les préparatifs. Ouais. Si tu avais en face de toi celle que tu étais juste avant le voyage, que qui était juste en train de faire tous ses préparatifs. Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire? J'aurais envie de lui dire: tu sais pourquoi tu pars. Et je pense que c'est la seule— ça sera ta boussole, quoi. Parce que presque, j'ai pas envie de lui donner un conseil ou de choses, tu vois, parce qu'aujourd'hui je suis en capacité de dire ça parce que j'ai vécu ce que j'ai vécu et Et ça serait plus peut-être un petit mot, tu vois, pour rassurer, On en revient à ça, en tout cas pour rassurer, de dire les raisons pour lesquelles tu pars, elles sont justes, elles sont vraiment présentes. C'est un élan vraiment intuitif. Et je pense que l'incarnation et la cohérence que j'ai apporté de par mon exploration, la cohérence que j'avais avec qui j'étais, en fait j'ai envie de lui dire: tu as bien fait.

    [01:23:49.21] - AnBé
    Génial. Et enfin, qu'est-ce que tu voudrais dire aux auditeurs, auditrices qui se sentent un peu perdus parfois face aux défis du monde actuel et peut-être qui ont envie d'agir?
    [01:24:01.72] - Justine
    Bah, la première chose,
    je pense que c'est vraiment, même si parfois c'est impalpable. On a tous en nous ce pouvoir, en fait, ce pouvoir d'agir, d'action. Ça, je pense, c'est le premier élément. Et quand je dis pouvoir, aujourd'hui, pouvoir, c'est le terme très galvaudé parce qu'on y donne, on y met des images, on y met des croyances. L'idée, au contraire, dans la transition, très grande transition, transformation qu'on vit, c'est de changer d'un pouvoir sur un pouvoir avec. Et je pense que c'est vraiment l'enjeu aujourd'hui.
    Et donc le pouvoir n'est pas du tout quelque chose de malsain ou quoi que ce soit. C'est effectivement qu'est-ce que tu en fais et sous quelle forme il est, quoi. Est-ce que c'est égotique ou est-ce qu'au contraire c'est— on a tous notre puissance en fait, presque, si on utilise un autre terme.
    Et le deuxième élément, c'est oui, on a ce pouvoir d'agir en nous. Par contre, Pour qu'il puisse émerger, il y a cette notion de culture et de comment— alors culture dans le sens le cultiver, et culture dans le sens où ça prend du temps, , de pouvoir intégrer dans qui on est, mais aussi dans notre espace, dans notre environnement, dans nos interactions,. Mais du coup, ça serait revenir à la connaissance de soi pour savoir en fait ce qui peut venir en soutien. Parce que parfois on est— on a ce sentiment d'impuissance par rapport à ce qu'on vit et à tout ce on vit aujourd'hui. Et c'est pas facile. Et donc je pense, la première chose, c'est d'accueillir peut-être les émotions qui viennent à tout ça, de la peur, de la colère, etc., de laisser cet espace d'accueil. Et derrière, de se dire, OK, concrètement, revenons un peu à ce sur quoi j'ai le contrôle, d'une certaine manière, tu vois, et peut-être à ce, aux éléments qui me permettent de voir concrètement ce qui change, de voir les impacts, tu vois. Et ça, c'est un autre élément dans les transformations c'est le fait de rendre tangible quelque chose va tout changer sur à quel point on va arriver à pérenniser la chose. Parce que plus on le voit, même si c'est en micro, on se dit ah, là il y a un truc. Et donc ça remotive. Et donc ça, je pense que c'est vraiment important.
    Et donc de trouver derrière aussi les soutiens, de dire ok, là, à ce moment-là, en fait, je sais pas, d'être au clair sur les besoins du moment. Donc je reviens du coup à la communication non violente, mais je pense ce que c'est clé, c'est qu'est-ce que je ressens et de quoi j'ai besoin fondamentalement. Et de pas se dire je dois tout régler par moi-même, parce que non. qu'est-ce qui peut nous soutenir dans ces moments-là, dire voilà, j'ai besoin potentiellement de confiance, ou j'ai besoin de connexion, de reconnaissance, de réalisation de moi, tout plein de formes de besoins. Après, de dire bon bah, comment ça peut s'incarner en fait, pour pouvoir en fait créer des conditions, créer un cadre propice à ça, dire que la vie est— alors là, je le dis et j'essaye de me l'appliquer, mais c'est pas facile parce que j'ai grandi avec, mais la vie peut être plus fluide que ce qu'on on croit en fait. C'est pas parce que la vie est dure que du coup on mérite d'être là. Si on peut faciliter les choses, c'est bien, parce qu'au contraire ça met de l'huile dans l'engrenage et ça rend du coup les changements plus faciles à vivre et à traverser si on a des changements plus radicaux à traverser. Donc ouais, se dire on a, d'avoir la confiance dans le pouvoir qu'on a en nous, et se dire ok, bah de quoi j'ai besoin pour pouvoir me soutenir dans ces changements-là.
    AnBé
    Extra, extra, j'aime beaucoup. Est-ce qu'il y a une situation qui t'inspire?
    [01:28:37.05] - Justine
    j'en ai deux. Est-ce que je peux avoir le droit? Vas-y.
    La première, c'est une qui est dans l'ouvrage Rework. Et la citation est la suivante, c'est: «Prendre position, ce n'est pas seulement le dire ou l'écrire, c'est le croire et le vivre.» c'est une citation qui me parle énormément. Et la deuxième, C'est la citation qui est dans le livre Respire, tu es vivante de Marion Chéneau-Dupuis, qui est une superbe personne aussi, très belle personne, qui a créé Clean Everest au Népal pour justement, comme son nom l'indique, pouvoir résoudre un peu le problème de pollution sur les Annapurna et en particulier du coup sur l'Everest, elle dit: offrez-vous l'espace de répondre à la vie et non d'y réagir. En fait, on a cet espace de décision: est-ce que je réagis? Est-ce que je me la situation, ou est-ce que je prends le temps et j'y réponds, tu vois. Et je trouve que du coup, ça, souvent, ça donne pas la même chose. Claire, claire. Ah génial! Et quelqu'un qui m'a justement dit un truc qui me fait dubien, c'est de me dire: respire, tu es vivant, justement. Alors, respire, tu es vivant, je sais pas si ça te parle. Moi, typiquement, je regarde à gauche,c'est aussi très présent dans la philosophie de Thich Nhat Hanh, qui est un maître zen très connu, qui a entre autres— à mon avis, c'est effectivement sa newsletter. À mon avis, j'ai Eh ben c'est ça, je l'ai acheté parce que j'ai fait une retraite en Thaïlande auThai Plum Village et ils vendent des papyrus où avec la calligraphie ils écrivent un peu des grandes citations de cette philosophie et j'ai mis à côté de mon lit justement «Breathe, you are alive». Ah ouais, trop cool! Oui, parce que je trouve que ça amène beaucoup d'apaisement de se dire «ok». Ouais, il y a Plum Village en France aussi? Oui, au contraire, c'est la plus grande communauté, mais j'ai découvert ça en Thaïlande, va savoir pourquoi.

    AnBé

    Ah ouais, oui, oui, oui. C'est vrai que c'est très présent, je l'ai revu aussi effectivement, je sais plus où, en voyage. Moi je crois que c'est en Thaïlande, je dis oh tiens, ça c'est l'écriture de

    Justine Durochat

    Thay, c'est ça. Ah ouais, c'est très présent. Moi c'est parce qu'il y a 5 personnes totalement différentes qui ne se connaissaient pas, que j'ai interviewées, que j'ai rencontrées, qui m'ont toutes dit Justine, faut que tu ailles creuser Plum Village, faut que tu ailles creuser la philosophie de Nathan. Et à un moment je me suis dit bon Justine, là quand même, on t'oriente quand même pas mal. Et c'est pour ça que j'ai pu les contacter pour pouvoir faire une retraite qui initialement n'était pas ouverte du coup aux étrangers.

    AnBé

    Et donc tu as été, oui, au Thaï Plum Village. Toute petite parenthèse pour m'en parler, parce que écoute, moi j'ai quelqu'un dans ma famille qui va régulièrement à celui de France.

    Justine Durochat

    Oui, à Paris. En fait, moi j'ai découvert, donc, et à nouveau mon projet m'a permis je pense d'ouvrir les portes de cette retraite qui était une retraite dédiée plutôt aux personnes, du coup Thaïlande, Indonésie, Malaisie, et je les ai contactés dans le cadre de mon projet. J'aimerais beaucoup vous interviewer, enfin vous rencontrer. Puis ils m'ont dit, bah attends, le mieux, viens à cette retraite, tu vivras par toi-même. Et elle arrivait vraiment au très bon moment, un moment où j'avais plus beaucoup de joie, et ça m'a permis de me reconnecter à ça. Mais donc oui, une superbe expérience, de très belles rencontres, entre. Et puis de toute façon, ce, enfin, j'ai vraiment adhéré à plein d'aspects de cette philosophie de Thich Nhat Hanh, qui aussi porte beaucoup cette voie de la non-violence et de la paix dans le monde avec la non-violence. Et donc maintenant, j'ai qu'une hâte, c'est d'avoir l'occasion de pouvoir aller au Plum Village en France. Tout le monde me disait: «Mais [01:32:51.85] - t'es française et en fait tu n'es toujours pas allée au Plum Village en France.»

    AnBé

    Mais oui. C'est souvent comme ça. Exactement. C'est pour ça qu'on dit: « Nul n'est prophète en son pays. » C'est qu'en général, c'est quand on est ailleurs qu'après on revient aux choses de chez soi. Ah oui, tout compte fait. C'est ça. Ah, excellent.

    Tu as un livre de lui à recommander que tu as lu avec plaisir? Il a écrit beaucoup, je pense.

    Justine Durochat

    Ouais, il a écrit beaucoup. Il y a beaucoup, beaucoup de livres, mais celui que j'ai lu pendant mon exploration, c'est [01:33:21.18] - celui sur l'enfant intérieur. Je me rappelle plus exactement le titre, mais qui est aussi très bien.

    AnBé

    On va essayer de mettre des références aussi dans les notes de l'épisode sur le site web. Bah écoute, c'est génial. Ceux qui voudraient suivre tes aventures futures entrepreneuriales,tes conférences, ou où est-ce qu'on peut te suivre, Justine?

    Justine Durochat

    Alors sur LinkedIn, mon profil Justine Durochat, où je partage différentes choses, à la fois donc plus mes explorations, mes aventures, mais du coup aussi beaucoup plus tourné autour de la transformation, des dynamiques de transformation, et comment chacun d'entre nous on peut aussi s'en s'inspirer. Et puis après, j'ai une newsletter aussi que j'ai rebaptisée à mon retour, donc une newsletter qui m'a accompagnée pendant tout mon voyage, une newsletter mensuelle où j'ai beaucoup écrit du coup pendant mon exploration. Et là, qui s'appelle La Bouscule, c'est une newsletter qui vient justement à nouveau essayer d'offrir un espace pour changer de perspective sur le changement et pour s'inspirer de choses pragmatiques, concrètes. Donc j'utilise pour le moment beaucoup de mes rencontres de mon exploration pour aller approfondir et donner un peu des questions clés pour faire réfléchir et se dire, bah tiens, moi qu'est-ce que je peux appliquer dans mon organisation ou dans d'autres typologies d'espaces collectifs? Donc qui vient aussi, voilà, l'idée c'est un peu de changer de perspective, et ça grâce à mes différents partages inspirants. Génial! Tiens, comme les podcasts on les écoute un peu n'importe quand, et je te dis, je sais pas encore quand je vais diffuser celui-ci, ce sera peut-être
    pas avant la rentrée, est-ce que Est-ce que les anciennes éditions de ta newsletter sont toujours accessibles? Comme ça, ceux qui voudraient se rattraper. Oui, oui, elles sont toujours accessibles. Et à chaque fin de newsletter, de toute façon, il y a toujours ce petit lien de si vous voulez voir les précédentes, vous pouvez.

    [01:35:12.63] - AnBé
    Ah ben voilà, donc ça vaut la peine de s'inscrire n'importe quand. Génial. Est-ce qu'il y a une question que je t'ai pas posée, que tu aurais voulu que je te pose?  Ou alors on a parlé de tout ce qui est des sujets qui te tiennent à cœur.

    [01:35:22.78] - Justine Durochat
     C'est une très bonne question. Je pense qu'il y en a Toujours eu de très bonnes questions. Oui, mais oui, moi aussi j'ai plein de choses, je medis ah ça, j'aurais bien voulu creuser avec elle. Qu'est-ce que j'aurais pu, faudra qu'on se revoit. Juste, écoute, j'ai envie de juste te dire, les questions qui sont venues, c'est qu'elles avaient du sens. Donc j'ai pas forcément envie de prendre le temps de réflexion, de dire tiens, j'aurais bien aimé. Non, parce que tu vois, comme je te l'ai dit en préparation, je te dis bah en fait je suis très dans l'intuition et dans l'intuitif des réponses aux questions que tu me poses. Donc voilà, pas d'attente, et du coup très heureuse des choses qu'on a eues. Ah génial! Ben écoute, un énorme merci en tout cas. Merci infiniment à toi. Je suis vraiment trop contente d'avoir cette occasion d'échanger à nouveau avec toi. Bah plaisir partagé, très sincèrement.

    AnBé

    Merci à toi qui as suivi notre conversation jusqu'au bout. Tu trouveras
    dans les notes de l'épisode toutes les ressources dont nous avons parlé pendant notre discussion si tu souhaites aller plus loin ou suivre Justine. Je vous mets un max de ressources dans ces notes, j'y mets en fait tout ce que moi j'aime y trouver, donc allez-y, c'est open bar. La semaine prochaine, on retrouve l'aventure pour l'aventure avec Catherine, dite Catoche, qui se promène avec le beau Marcel, son vélo, sur les routes d'ici et d'ailleurs. Un épisode bourré de bonne humeur qui vous invitera à tout simplement prendre la route la route, parce qu'il n'y a pas d'âge, ni d'heure, ni de lieu qui justifierait de ne pas le faire. Comme toujours, je vous termine en vous demandant de faire un petit geste tout simple qui fait un monde de différence pour le projet. Storylific soutient la
    reforestation avec l'ONG Graines de Vie grâce à vos oreilles. Donc

    si l'épisode vous a plu, partagez-le sur vos réseaux, parlez-en autour de vous, cela nous aide énormément. Les adeptes du l'ont, prendront peut-être le temps de mettre à Storydiffic des étoiles et une évaluation positive

     

     

    Suggestions d'épisodes: