Il existe des hommes qui transforment leurs chaînes en ailes. Paul Fontaine appartient à cette race rare d'aventuriers de l'âme qui ont fait de leur fragilité une forteresse. Avec seulement 55% de capacité respiratoire, ce "bisounours radical" - comme il se définit lui-même - a parcouru 1764 kilomètres en 42 jours, d'Hendaye à Bray-Dunes, un marathon quotidien malgré la mucoviscidose.

Plus qu'un exploit sportif, c'est un manifeste d'amour adressé à un monde qui a oublié la tendresse comme principe révolutionnaire.

Dans cette conversation exceptionnelle, Paul Fontaine révèle comment une maladie chronique peut devenir un puits de sagesse, pourquoi l'amour doit guider nos choix les plus audacieux, et comment préserver notre planète en préservant notre humanité.

Un épisode à ne pas manquer : Paul me disait qu'il n'avait jamais été aussi loin en interview, et que c'est sa préférée à ce jour.

Si vous aimez les belles personnes, vous êtes au bon endroit.

paul fontaine au sommet du kilimandjaro avec son fameux drapeau vaincre la mucoviscidose

Kilimandjaro, sommet Copin.
© les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.

Un guerrier de velours

Paul Fontaine n'est pas né coureur, il est devenu marcheur de lumière. Diagnostiqué dès l'enfance avec la mucoviscidose, cette maladie génétique qui épaissit les sécrétions et entrave la respiration, il a d'abord vécu sa différence comme une honte, puis comme une colère, avant d'en faire sa plus belle leçon de vie.

Aujourd'hui conférencier et défenseur d'une philosophie qu'il nomme "l'amour radical", Paul Fontaine parcourt la France pour partager une vision du monde où la bonté n'est pas naïveté mais révolution.

Ses défis sportifs, dont les légendaires 42 marathons en 42 jours pour l'association Grégory Lemarchal, ne sont que la partie visible d'une quête plus profonde : prouver que nos limitations peuvent devenir nos plus grandes forces.

De la honte à la sagesse : l'alchimie d'une vie

Dans notre échange, Paul dévoile les strates de son parcours avec une sincérité désarmante.

L'enfant malade qui cachait ses traitements est devenu l'adolescent en colère contre un corps défaillant, puis l'homme qui a compris que sa maladie était son plus grand professeur. 

Une sentence médicale devenue hymne à la vie.

Le défi des 42 : quand l'impossible devient quotidien

Courir 42 marathons en 42 jours avec 55% de capacité respiratoire relève de l'héroïsme ordinaire cher à Paul Fontaine.

Chaque kilomètre parcouru le long des côtes françaises était un acte de foi, chaque lever de soleil une victoire sur les statistiques médicales.

Mais au-delà de l'exploit physique, ce défi portait un message universel : nos limites ne sont que des invitations au dépassement.

La planète comme prolongement de soi

Paul Fontaine lie intimement préservation de l'environnement et préservation de l'humain.

Pour lui, courir le long des côtes françaises, c'est aussi témoigner de leur beauté fragile, rappeler que nous sommes gardiens d'un patrimoine qui nous dépasse. 

Paul Fontaine sur scène pendant une conférence TEDx à Belfort

© TEDx Belfort. Paul Fontaine est devenu conférencier, pour partager ce que la maladie lui a enseigné. De belles leçons de vie apprises à la dure, transmises avec passion, et qui ne font que parler d'amour. Une brillantissime leçon de résilience.

Ce que cette conversation pourrait changer dans votre vie (et a changé dans la mienne)

Cette interview est un électrochoc pour quiconque se sent limité par ses circonstances. Paul démontre avec une authenticité bouleversante qu'il n'existe pas de fatalité, seulement des histoires qu'on se raconte.

Sa méthode pour transformer la mucoviscidose en "chance" révèle une vérité universelle : nos plus grandes blessures peuvent devenir nos plus grandes forces, à condition d'accepter de faire le travail intérieur nécessaire.

Au-delà de l'inspiration, vous repartirez avec des outils concrets immédiatement applicables. Les Accords Toltèques qu'il maîtrise parfaitement, ses 5 questions essentielles pour prendre les bonnes décisions, ses techniques de méditation respiratoire : autant de méthodes éprouvées pour gagner en sérénité et en efficacité dans un monde qui ne nous fait pas de cadeaux.

Mais ce qui rend cette conversation vraiment précieuse, c'est la brutalité de l'honnêteté de Paul. Il évoque sans fard ses échecs, ses moments de doute, même sa période de dépression paradoxale après l'amélioration de son état de santé. Cette authenticité sans concession transforme chacun de ses conseils en or pur, testé dans le feu de l'expérience réelle.

Paul avec deux comparses qui tendent le drapeau "vaincre la mucoviscidose".

L'arrivée du Marathon de Paris, en 2013. Un moment de bascule (positive) pour Paul. Tout est possible...
© Paul Fontaine

Extraits de l'entretien : 

"Il n'y a pas de mauvaises personnes sur Terre, il y a des gens qui souffrent. Même la pire personne, elle a été bébé un jour avec des petits yeux qui brillent et des gens qui lui faisaient des bisous et qui lui faisaient des câlins. En fait c'est juste parti en sucette derrière. Moi je pense que rien n'est excusable mais tout est pardonnable parce que le pardon c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même. Et l'amour, il peut tout. L'amour, il est plus fort que tout. Dans mon monde à moi, j'ai envie de faire en sorte que l'amour gagne toujours parce que j'agis au quotidien pour qu'il en soit ainsi. En fait, il en faut dans le pantalon pour mettre l'amour au centre de ses valeurs et chercher à incarner ça dans l'action au quotidien. Il faut du courage."

"La maladie c'est une chance pour dire encore plus souvent je t'aime, pour le dire avec plus de conscience, plus de profondeur à tous les gens qui nous entourent. C'est une chance pour s'accorder encore plus de douceur, encore plus de tendresse, pour prendre encore plus soin de soi. C'est une chance pour s'émerveiller de la beauté de la nature et du vivant, de cette chance qu'on a d'être en vie d'avoir un cœur qui bat sur cette terre. Donc la vie elle perd parfois mais l'amour il gagne toujours."

Paul Fontaine, extraits de l'épisode 126

paul fontaine en tenue de course, fait un demi-coeur avec un petit garçon faisant l'autre moitié avec ses doigts

Honfleur 2025. © Mathilde Lecoz
Paul Fontaine court pour l'association Grégory Lemarchal et sensibilise à la mucoviscidose à travers ses conférences et défis sportifs. Son message d'amour radical et de transformation positive inspire des milliers de personnes à travers la France.

Paul au sommet de l'Aiguille du Tour 3542 m déployant fièrement son drapeau "viancre la mucoviscidose" /

Aiguille du Tour, 3542 m
© Paul Fontaine

Les trésors de cette rencontre

Écouter Paul Fontaine, c'est recevoir un manuel de résistance joyeuse pour notre époque. Vous découvrirez comment :

Transformer vos obstacles en tremplins : Paul démontre par l'exemple que nos plus grandes difficultés peuvent devenir nos plus beaux enseignements. Sa méthode pour alchimiser la souffrance en sagesse offre des clés concrètes pour réinventer votre rapport aux épreuves, que ce soient des clés mentales (il m'a appris un questionnement puissant et simple qui depuis guide mes choix presque chaque jour - merci Paul) ou physiques (Paul est un grand fan de yoga et donne furieusement envie de s'y mettre).

Cultiver l'amour radical comme philosophie de vie : Loin du sentimentalisme, Paul propose une vision révolutionnaire de l'amour comme principe d'action. Ses témoignages sur la bonté sans compromission donnent envie de se lancer (encore plus) dans nos propres quêtes d'authenticité.

Redéfinir l'héroïsme quotidien : À travers le récit de ses 42 marathons, Paul nous rappelle que l'extraordinaire se cache dans l'ordinaire répété avec constance. Ses stratégies pour maintenir la motivation face à l'impossible vous équiperont pour vos propres défis.

Réconcilier performance et humanité : Dans un monde obsédé par la rentabilité, Paul prouve qu'on peut être exigeant avec soi-même tout en gardant son cœur ouvert. Son approche de l'effort comme acte d'amour révolutionnera votre rapport à l'accomplissement.

Cette conversation n'est pas un simple témoignage, c'est une invitation à repenser notre façon d'habiter le monde.

Paul Fontaine nous rappelle que dans chaque limitation se cache une libération, dans chaque fragilité une force insoupçonnée. Écoutez-le, et vous ne verrez plus jamais vos obstacles de la même façon.

Où trouver l'invité

Instagram : https://www.instagram.com/paul.fontaine.conferencier/
Linkedin : https://www.linkedin.com/in/paul-fontaine-pro/
Facebook : https://www.facebook.com/paul.fontaine.conferencier

Site Web : http://paul-fontaine.com

A mentionner aussi : l'association Vaincre la Mucoviscidose

Autres épisodes mentionnés pendant la discussion :

  • Episode - Stéven le Hyaric - projet 666 Atacama (aventure vélo gravel) : l'aventurier qui prend des risques en disant son emblématique  "ça passe. Large !"

Pour aller plus loin:

  • Livres mentionnés : Laurent Gounelle, Les Accords Toltèques, "Les Cinq blessures de l'âme" de Lise Bourbeau Livres : "Arrête de râler" de Christine Lewicki, David Goggins "Can't hurt me", Le Petit Prince (B612)
  • Personnes citées : Alexandre Jollien (philosophe), Henri Matisse, Stéphane Hessel ("Indignez-vous"), Albert Camus, Carl Gustav Jung, Henri Guillaumet, Anne-Delfine Julian, Jean d'Ormesson, Kery James, Satish Kumar, Cyril Dion, Philippe Croizon, Maud Fontenoy, Gérard d'Aboville, Mike Horn.

Illustrations sonores

Musique :

Cali by ItsWatR (Direct Licence)

Whipped Cream by IsWatR (Direct Licence)

what-u-thinkin-instrumental-1971 by IsWatR (Direct Licence)

01-Focus-on-the-Mist-FULL-SM463 (licence AudioHero)

HeartBeatSlow63Bea PE146601 (licence AudioHero)

Sons :

Short Whoosh - Vilkas Sound

HumanBreath_DIGIFX5-12 (licence AudioHero) 

Retranscription de l'épisode

 

etranscription automatique - certaines erreurs et incohérences peuvent subsister !

 

AnBé - Bonjour à tous alors ce jour j'ai l'immense plaisir de recevoir à mon micro même si c'est à distance l'incroyable Paul Fontaine. Alors marathon ascension du Mont Blanc du Kilimanjaro à traverser des Alpes 600 km 40 milles de D +, en mètres bien sûr, en solitaire et en autonomie avec 55 % de capacité pulmonaire.

Paul Fontaine vit avec la mucoviscidose. Il a fait de la maladie un catalyseur de vie, un tremplin vers le bonheur. Au-delà de l'exploit sportif, il souhaite vivre sans limite et libérer toujours plus son enfant intérieur dans la pleine présence, dans la joie et dans l'amour. Cette très belle intro, je l'ai piquée sur ton site web, tu l'auras remarqué. J'ai adoré la formule qui s'y trouve également. Tu serais un impitoyable bisounours. Donc c'est ce qu'on va voir. Bonjour Paul Fontaine.

Paul Fontaine - Bonjour Anne-Bénédicte

AnBé - Alors j'en ai pas fini avec ce que j'ai lu sur ton site. Il y a aussi dit que tu veux faire triompher l'amour et le respect de la nature. Donc je crois qu'on va bien s'entendre et surtout passer un super moment avec les auditeurs. Alors ceux qui nous écoutent en ce moment en direct évidemment, qu'on salue et ceux qui nous écouteront par la suite. Alors est-ce qu'on commencerait par expliquer un peu ton parcours ?

Paul Fontaine - Tu l'as déjà bien brossé en tout cas.

AnBé - J'ai tout volé sur le site, parce que je trouvais ça tellement bien écrit, je sais pas qui a écrit mais il faudra féliciter.

Paul Fontaine - Je vis avec la mucoviscidose. Je suis né avec cette maladie, qui est une maladie génétique. Comment ? Oui, forcément. J'ai été diagnostiqué de cette maladie. J'avais deux ans.

AnBé - La claque pour tes parents.

Paul Fontaine - Et puis vous voyez forcément c'est un coup de dur. Et puis en fait j'ai longtemps vécu dans le déni de la maladie. J'avais honte aussi de cracher ces trucs tout jaunes tout verts, du staphylocoque, du pus et cette infection qui avait élu domicile aux poumons. Je pense qu'à un moment donné on pourra revenir aussi sur ce qu'est la mucoviscidose au long de...

AnBé - Exactement.

Paul Fontaine - de l'interview. Et puis, en fait, j'ai eu une grosse prise de conscience à l'âge de 26 ans, il y a 10, 15 ans, qui m'a amené à prendre soin de ma santé, à prendre soin de mon bonheur, à devenir acteur de ce qui compte vraiment dans ma vie. Et puis, d'abord à faire du sport, parce qu'en fait, le sport, me permettait d'extérioriser cette colère. C'était un exutoire au départ. Et puis, ça me permettait aussi de tousser, cracher, de faire sortir tout ce mucus infecté qui avait élu domicile dans les poumons et qui revenait à mesure. Et donc d'où après les défis sportifs qui sont arrivés derrière pour donner du sens à ma pratique sportive au quotidien. Et puis aujourd'hui 42 ans avec ce défi de 42 marathons.

AnBé - Et d'accord...

Paul Fontaine - en 42 jours et puis c'est vrai que je bénéficie aussi, pour me représenter aussi, depuis 4 ans d'une trithérapie extraordinaire. En fait, je bénéficie d'un médicament américain qui fait que je respire aujourd'hui avec 70-75 % de capacité respiratoire, ce qui me permet de faire tout ce que je fais. Et dans ma façon de me présenter, moi je ne suis pas malade. Je ne suis pas malade. Je suis Paul.

AnBé - Génial !

Paul Fontaine - Tu vois ce que je veux dire ? Je ne m'identifie pas à la mucoviscidose. Il y a moi, il y a elle et moi si je peux lui mettre quelques longueurs d'avance, j'en profite. Et je ne suis pas quelqu'un qui souffre d'elle. Je vis avec la mucoviscidose dans la manière de me présenter. Et également, je ne suis pas quelqu'un qui se bat contre la maladie, contre la mucoviscidose. Je me bats pour la vie, pour la joie, pour mes rêves, pour l'amour, pour tout ce qu'il y a de beau aussi sur terre et tout ce qui nous permet de nous émerveiller. Voilà un petit peu comment je peux me présenter.

AnBé - C'est déjà un très très beau début. Donc moi effectivement, ma mère c'est quand même... Moi j'ai une sœur handicapée qui est décédée maintenant. Mais elle s'est toujours battue pour en dire une personne handicapée. Donc on n'est pas le handicap comme toi. Tu n'es pas que la mucoviscidose. Tu dois vivre avec ce paramètre là comme d'autres vivent avec d'autres traumatismes ou caractéristiques quoi.

Paul Fontaine - Tout à fait. C'est ça, parce que si je suis handicapé, si je suis cancer, dépression, si je suis muco, il y en a qui disent comment tu peux faire pour avancer, tu ne sais pas quoi. Et tu vois, depuis que j'ai mon médicament, depuis quatre ans, c'était très déstabilisant d'aller mieux d'un seul coup. Tu sais, cette question aussi que je peux...

AnBé - Oui. Exact.

Paul Fontaine - offrir aussi en coaching. Alors professionnellement, j'ai une formation de coach de vie, de coach en développement personnel et puis j'accompagne les personnes qui le souhaitent même si je ne marketise pas ça aujourd'hui sur mes réseaux sociaux. Moi ce que je vends c'est des conférences, donc je suis conférencier professionnel. J'ai une formation de prof de yoga aussi, donc de ashtanga yoga. J'ai suivi cette formation pour moi, j'enseigne pas le yoga et puis je pratique beaucoup la méditation. Oui c'est ce que je peux dire des fois en coaching, c'est... C'est... Qu'est-ce que la maladie te permet d'être en fait ? Être muco, être handicapé ou je sais pas quoi, qu'est-ce que ça te permet d'être ? Quel statut ça te procure aux yeux de tes proches ? Et tu vois, des fois c'est bien confortable de... pouvoir se définir de cette façon-là et peut-être même un peu trop. Quand j'ai eu mon médicament, j'ai gagné énormément de temps et d'énergie au quotidien parce qu'avant, je passais mes journées entières à nettoyer mes poumons, me demander encore une fois, je serais encore là dans 15 jours. Et puis, ma vie était pleine de sens. Elle était calibrée. Je me réveillais le matin, je savais ce que j'avais à faire et tout d'un coup, j'ai eu du temps et de l'énergie parce que mes poumons étaient tout propres. Je suis passé de 40 % de capacité respiratoire à 75 % en deux jours. Donc c'est fabuleux, c'est extraordinaire. C'est grâce à deux petits comprimés ridicules par jour. Et en fait, ça a été un grand bouleversement pour moi. J'en ai profité pour bader, en fait, pour aller moins bien dans ma tête, en fait, parce que qu'est-ce que je vais faire de ce temps, de cette énergie, à quoi ça sert la vie, est-ce qu'il faut courir après le pognon, comme tout le monde. Et moi, tu vois, j'en ai discuté avec une infirmière de l'hôpital il y a quelques temps qui me disait qu'elle a une patiente

AnBé - Oui d'accord.

Paul Fontaine - qui lui disait, moi j'avais pas prévu de vivre. Et cette phrase p***, elle m'a scotché. Malgré tout ce que je t'ai dit depuis tout à l'heure, déjà,

AnBé - C'est terrible mais c'est beau.

Paul Fontaine - de cette manière de me présenter et tout et tout, d'un seul coup d'un seul, ça m'a fait un grand vide en fait dans ma vie, ce temps que j'ai gagné et du coup un grand bouleversement malgré le fait que je ne suis pas la maladie.

AnBé - Oui. Et bien je comprends. Oui mais bien sûr mais ça avait quand même été tout un pan de ta personnalité, enfin t'as grandi avec en plus donc... c'est vrai, c'est connu hein, il y a des gens qui ont des dépressions et qui tout à coup vont mieux et quelque part vont peut-être s'arranger pour ne pas aller si bien que ça parce qu'ils se sont tellement définis par rapport à ça, avec un entourage bienveillant par rapport à ça, qu'ils ont du mal à faire autrement que de parler de leurs problèmes ou de... Oui d'être dans un sale état quoi. Donc c'est parfois difficile de dire mais tiens il y a plus d'excuses ou je suis plus spécial, je dois fonctionner finalement, je dois vivre ma vie et... Et c'est avec énormément de bienveillance parce qu'il y en a qui s'écroulent avec tout ça et bravo à ceux qui arrivent à passer le cap mais passer le cap n'est peut-être pas aussi facile qu'on le pense donc ça c'est intéressant que tu en parles.

Paul Fontaine - C'est clair. Puis tu sais, le labo américain, l'hôpital, l'association, ils se sont vraiment posé des questions pour savoir s'il y avait un effet secondaire de dépression lié au médicament. Parce que c'était vraiment quelque chose d'assez général chez de nombreux patients et qui continue à se poursuivre. J'en discutais encore hier avec une maman. Moi je suis convaincu et puis on l'a vu. Ça a été sourcé qu'il y a des gens qui ont eu le choix de bénéficier de ce médicament et qui ne l'ont pas pris. Parce que c'était trop inconfortable de le prendre et que c'était plus confortable de rester englué dans la maladie, ce mucus et dans ce qu'ils connaissaient depuis leur naissance. C'est terrible, mais c'est évident que ça existe et oui, il y a des gens qui ont fait ça.

AnBé - Dans ce qu'on connaît. Mais ça m'étonne pas, je crois qu'il faut vraiment un suivi psychologique, un accompagnement psychologique de...

Paul Fontaine - Du mieux, du mieux, de la guérison.

AnBé - ton identité va changer, ta vie va changer, tes perspectives vont changer et tu vas te retrouver finalement un peu comme les autres et c'est pas si facile en fait, oui. C'est génial quand on arrive à passer le cap parce qu'après évidemment qu'il y a une libération, on peut être comme les autres mais c'est pas facile, non. Donc c'est très intéressant, je m'attendais pas à ce sujet-là mais il est passionnant. En tout cas t'es pas allergique au chat d'après ce que je vois. Il fait un petit coucou à l'oreille, oh il est trop chou ! Et t'es pas superstitieux non plus, il est noir, magnifique.

Paul Fontaine - Non. Non ça va, tu vois. C'est Shanty.

Paul Fontaine - J'aime bien conjurer le sort.

AnBé - Voilà, il est magnifique. Alors, beau chat noir avec des yeux verts mais magnifique. J'ai une question de Valentine :

Valentine - Bonjour, Paul, est-ce que ce n'est pas dangereux de courir avec ta maladie ?

AnBé - Du coup, d'abord, on va expliquer exactement ce qu'est la maladie et puis, tu t'es mis à courir. Donc, est-ce que c'était conseillé ou pas ? Je crois que tu as donné quelques sueurs froides à tes médecins.

Paul Fontaine - Oui, alors si tu veux, alors du coup la mucoviscidose, les médecins justement, ils appellent ça une pathologie chronique et évolutive. Ce n'est pas très enthousiasmant comme dénomination. Donc c'est une maladie génétique. Il y a une erreur sur le chromosome 7. Je suis né avec. C'est une maladie qui vient de mon papa, de ma maman, qui sont eux...

AnBé - Non, pas vraiment, non.

Paul Fontaine - qui sont eux en bonne santé mes parents. Donc ils sont porteurs de ce gène de la mucoviscidose qui est un allèle, un gène récessif, donc il ne s'exprime pas chez eux. Et j'ai trois frères biologiques, et trois frères et sœurs qui ont été adoptés, mais mes trois frères biologiques aussi sont porteurs sains de la maladie. Donc moi je suis né avec cette maladie.

AnBé - Encore heureux qu'ils n'étaient pas...

Paul Fontaine - qui touche 8000 personnes en France, principalement des enfants. Je pense que tout de suite, trigger alert si je puis dire, moi j'ai la chance d'avoir un degré d'atteinte de cette maladie qui me permet de faire tout ce que je fais sportivement. Il y a différentes mutations génétiques qui conduisent aux mêmes symptômes de la mucoviscidose. Et puis il y a différents degrés d'atteinte aussi de la maladie. Il y a des enfants, des bébés même, qui sont beaucoup plus atteints que moi et qui sont obligés de naître sous césarienne parce qu'en fait ils sont en train de faire une occlusion intestinale. Donc la maladie, c'est une erreur sur le chromosome 7, il y a une protéine qui s'appelle CFTR qui n'est pas bien synthétisée, qui n'est pas fonctionnelle, elle sert au transfert des ions chlore entre la membrane interne et externe des poumons. Et puis ces ions chlore ensuite à fluidifier le mucus dans les poumons. Et du coup, comme le mucus chez moi est plus épais, il y a des poussières, des bactéries qui se mettent dedans, notamment du staphylocoque, du pseudomonas ou un tas de réjouissances. Et du coup, ce mucus infecté, cette infection, ce staphylocoque s'accumule, s'accumule, s'accumule. Et en fait, la maladie entraîne un encombrement bronchique permanent, une diminution progressive de la capacité respiratoire de par... d'infection qui peut y avoir de par l'inflammation liée à cette infection et puis également c'est une maladie aux Etats-Unis qui s'appelle cystic fibrosis au Québec c'est fibro-kystique c'est à dire que l'infection génère des kystes au niveau des alvéoles pulmonaires qui sont plutôt des grosses cicatrices on peut dire si je vulgarise vraiment qui les alvéoles pulmonaires ne font plus correctement leur travail d'échange gazeux au bout d'un moment et donc il y a une diminution progressive de la capacité respiratoire et donc en fait jusqu'à 15-20 % de capacité respiratoire de VEMS, je vulgarise en disant le VEMS qui est le terme scientifique

AnBé - ce mot capacité respiratoire et puis quand on arrive à 15 20 % on arrive sur liste de greffe pour avoir des nouveaux poumons sachant qu'une greffe ça dure 10 ans 10 15 ans et après et après pas plus quoi après il y a des ennuis qui arrivent donc on est la greffe c'est pas une guérison et le médicament dont je bénéficie aussi depuis quatre ans ce n'est pas non plus une guérison puisqu'en fait il y a deux composantes à la maladie une composante au niveau respiratoire et puis au niveau digestif également, c'est toutes les sécrétions du corps finalement qui sont épaissies, ce n'est pas seulement le mucus dans les poumons et donc au niveau du pancréas, tout ce qui sert à digérer les enzymes, qui sert à digérer les graisses, les oméga 3, les vitamines, restent bien au chaud dans le pancréas et puis ils ne vont pas là où il faut dans l'intestin et également au niveau de l'intestin, il y a une malabsorption de ce qui est encore une fois vitamine et graisse. Du coup, c'est pour ça que je suis bien fit et voilà. Donc avec tout un tas de désagréments aussi qui peuvent arriver au niveau des organes digestifs d'occlusion intestinale, des gaz, tout un tas de choses. Voilà un petit peu la maladie comme elle est. Et puis après, le quotidien des patients, c'est de la kinésithérapie respiratoire, une heure le matin, une heure le soir, des aérosols, de fluidifiant, du mucus, d'antibiotiques énormément, beaucoup d'antibiotiques, des poignées entières de gélules et de comprimés et puis des perfusions au final d'antibiotiques en intraveineuse où pendant 15 jours, t'es branché avec une perf dans le bras ou au niveau d'un portacath ici et avec des traitements, des cures qui sont de plus en plus rapprochés jusqu'à la greffe. Voilà un petit peu ce qu'est la maladie et

AnBé - Et alors d'une espérance de vie qui n'était pas terrible, donc... Avant. Oui, tout à fait, il y a la fondation.

Paul Fontaine - Alors tu vois le chanteur Grégory Lemarchal, je ne sais si il y en a qui se rappellent, il avait mon âge, il avait 24 ans quand il est décédé, j'avais le même âge que lui, donc il aurait 42 ans aujourd'hui. Et puis à ce moment-là, jusqu'à il y a 4 ans en fait, il y avait une espérance de vie de 47 ans et un âge moyen de décès de 27 ans. Donc maintenant qu'il y a eu ce médicament, les chiffres ont été re... comment dire ? Ils ont été chamboulés donc on ne sait pas trop où on en est aujourd'hui même si les effets secondaires à long terme de ce médicament on ne sait pas non plus ce que ça peut être.

AnBé - Et ça marche aussi bien sur les femmes que les hommes parce que je sais bien que les filles sont beaucoup plus atteintes en général. C'est plus sévère pour les femmes.

Paul Fontaine - Oui alors le médicament il marche aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Alors ce médicament il a été conçu pour 75 % des patients qui vivent avec la même mutation génétique que moi et donc il marche plutôt sur ces gens là. Et sur 8000 patients il y en a 1000 qui sont greffés donc qui n'ont pas besoin d'accès à ce médicament. Et puis il y a 1000 patients aussi qui n'ont pas cette mutation génétique ou qui sont désorganisés, qui sont trop atteints pour pouvoir supporter, digérer le médicament. Du coup tout le monde n'a pas accès à ce médicament fabuleux.

AnBé - D'accord, donc voilà, c'est toujours un sujet auquel il faut s'intéresser, des gens qui ont envie d'envoyer de la force. C'est ce que tu fais justement.

Paul Fontaine - Et donc oui, le sport, comme je te disais tout à l'heure, c'est super important pour moi parce que ça me permettait de... Depuis 15 ans, 10 ans, 15 ans, ça a été vital pour moi. C'était une question de vie ou de mort. Ça me permettait de tousser, cracher, faire sortir tout ce mucus infecté qui allait dans mes poumons. Il fallait que ça sorte en permanence tous les jours.

AnBé - Et tu dis que...

AnBé - Tu expectores bien avec ça. Mais tu disais que ça avait commencé par un exutoire à ta colère. T'avais beaucoup de colère quand t'avais 25 ans.

Paul Fontaine - Oui. En fait, quand j'étais petit, au départ, j'étais plutôt en forme, quand j'étais gamin, je gagnais encore le cross de l'école quand j'étais en quatrième. Et puis, j'ai été élevé comme mes frangins. Moi, je viens du milieu agricole, je suis originaire du Jura. Mon père est paysan. Moi, je n'ai pas été élevé dans la prise de risque, dans... dans le défi sportif, dans une culture du sport et tout ça, tout ça. Les mots préférés à mon père, il n'y a pas de souci, il faut être raisonnable, tu vois. Et puis, chez moi, il y a beaucoup d'amour, mais on ne se le dit pas. Il y a une grosse valeur travail aussi. Il y a un rapport aussi à la nature et à l'écologie qui est lié à des pratiques, comment dire... conventionnelles de l'agriculture, voilà, sur le modèle de ce qui se passe depuis l'après-guerre en France.

AnBé - Et puis voilà, et puis en fait, j'étais plutôt en forme quand j'étais gamin, la maladie a évolué après à la fin du collège et quand j'étais au lycée. Et puis quand je suis arrivé au lycée, cette maladie, j'en ai parlé à personne en fait. J'avais honte de cracher des trucs tout vert, tout jaune et en permanence, je me disais mais quelle fille va vouloir m'embrasser ? Quelle fille va vouloir être en couple avec moi, sachant que je vais mourir dans je ne sais pas combien de temps. Et puis en même temps, comme je n'en parlais pas, je me sentais finalement seul et incompris, incompris aussi de la part de... de mes camarades de classe qui étaient au lycée, ils ont su 15 jours avant le bac que je vivais avec cette maladie puisque je mentais, je faisais semblant, je faisais semblant de plein de choses et puis mes parents, après j'ai été étudiant, je n'étais plus à la maison, mon médecin, j'avais des problèmes de communication avec lui donc voilà, je me sentais seul, incompris et puis il y avait toute cette colère qui a éclaté en moi.

AnBé - suite de cette incompréhension en fait aussi parce que j'en voulais à Dieu, à mon médecin, mes parents, au monde du travail, aux filles, à la terre tout entière tout au long de mes études. Donc il y a eu le lycée, après j'ai fait un BTS agricole, je me voyais un avenir de malade et dans l'idée où si demain j'étais pas en forme je pouvais revenir bosser sur la ferme de mes parents, j'ai eu mon BTS avec les matières générales et puis après je suis parti faire une fac d'histoire dans l'idée d'être prof parce que quand t'es prof dans mon... ou l'imaginaire, tu as du temps pour prendre soin de toi. Et puis, j'ai fait 5 ans de fac et puis après je me suis rendu compte que ce n'était pas ma vocation. J'ai eu cette prise de conscience à la fin de mes années de fac, ce qui m'a emmené à entrer chez Decathlon. Je bossais à Decathlon pendant 5 ans avant de monter ma boîte et de faire des conférences. Et donc, il y avait toute cette colère en moi qui a éclaté à la suite d'une énième déception amoureuse. Moi quand j'étais au lycée, j'étais amoureux tout seul. Et la fille, elle me regardait, ça y est elle me lançait un regard. Moi, j'étais comme un dingue. Et quand il y avait une fille qui me plaisait vraiment, avec laquelle j'avais vraiment des sentiments, je me mettais à chialer. C'était dramatique. Moi, j'étais comme immobilisé, paralysé, balayé, de manière générale. Je n'étais pas capable d'aller lui mettre deux mots devant une fille. Et quand ça craquait, il y avait tout qui craquait. Donc c'était une catastrophe.

AnBé - Oui, d'accord, l'image est bonne.

Paul Fontaine - Et donc suite à une énième déception amoureuse, je me suis mis à faire du sport justement pour évacuer cette colère qu'il y avait en moi. C'était super important. Et en même temps, j'avais que ça à faire de mes journées. J'étais à la fin de mes études et je me disais, mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Dans le sens aussi où je ne savais pas si j'étais capable de bosser ne serait-ce que 33 heures par semaine physiquement. Et puis je me suis rendu compte aussi que oui, le sport, ça me faisait du bien, ça me permettait encore une fois de tousser, de cracher. Et pendant 15 ans, 10 ans, quand j'allais faire mon sport, tu pouvais me suivre comme le petit poucet. Il y en avait partout le long de la route. C'était assez dégoûtant. Mais c'était vraiment vital. C'était vraiment vital.

Parce que le sport ça amène une fatigue, évidemment. Mais en même temps j'avais un bénéfice à nettoyer mes poumons à chaque fois aussi. Et en fait je me sentais au bout d'un moment comme Sisyphe, ce personnage de la mythologie grecque qui a été condamné par Zeus, par Zeus, à monter son rocher au sommet de la montagne. Tous les jours il fallait que je nettoie mes poumons. Et en fait ce mucus il revenait à mesure. J'ai eu beau passer des journées entières à faire de la kiné, j'ai eu beau changer toute mon alimentation.

AnBé - Et un petit bon endorphine qui fait pas de tort.

Paul Fontaine - la qualité de mon sommeil, optimiser tout un tas de choses et puis expérimenter tout un tas de choses aussi, il y avait toujours autant de mucus dans mes poumons, d'infection et de staphylocoque.

AnBé - Oui, d'où la colère effectivement accumulée avec le...

Paul Fontaine - Et puis la colère ça fait partie des étapes du deuil d'Elisabeth Kübler-Ross : le déni, le choc, la colère, donc c'est un processus normal.

AnBé - Bien sûr.

AnBé - Tu as eu tes années collège déni et puis après études supérieures plutôt choc et puis après colère.

Paul Fontaine - Et puis en fait, je voyais ce succès de colère aussi parce que pour moi c'était à cause de la maladie que je n'avais pas de copine, à cause de la maladie que je ne pouvais pas travailler. Moi j'avais qu'une envie, c'était d'être dans les bouchons le matin et de klaxonner et de râler parce que les autres ils n'avancent pas. D'avoir une vie comme tout le monde et au lieu de ça, je me voyais faire des siestes de plus en plus longues et puis je me refondais dans mon truc.

AnBé - Pour ceux qui ne connaissent pas les étapes, parce que c'est intéressant de savoir effectivement que ce soit un deuil d'une mort ou un deuil d'un état précédent ou d'une relation finie. Donc tu as le choc, tu as le déni, la colère, la tristesse et puis l'acceptation. C'est ça. Voilà.

Paul Fontaine - Le choc, le déni, la colère. Oui. L'acceptation. Le marchandage avant même, l'acceptation.

AnBé - Ok, oui, c'est tout un processus intéressant à savoir parce que c'est pour plein de choses. Ça peut être pour une carrière, pour une capacité physique, pour tout. Donc intéressant à savoir comme ça quand on comprend ce qui nous arrive. Je crois que c'est parfois plus facile aussi de passer les étapes avec un peu moins de casse. Alors, tu en es même arrivé jusqu'à dire que la maladie est une chance. Donc tu peux expliciter pourquoi tu en es arrivé à dire ça. Quand même, il y a une petite acceptation là. On doit être à l'étape 4 là.

Paul Fontaine - C'est tout un chemin, tu vois. Oui, oui, on est à l'étape Z. Écoute, ça a été tout un chemin depuis 15 ans d'en arriver là. Pour commencer, dans l'idée, en fait, il y a 15 ans, quand j'avais 26 ans, quand je suis arrivé à fin de mes études, là j'ai eu cette grosse période de remise en question qui m'a amené à... déjà oui à faire du sport, à sortir de ce masque que je portais où je faisais semblant de plein de choses, je voulais montrer une image de moi en société qui était tout là haut alors qu'en réalité quand j'étais sous perfusion chez moi, j'étais à râler pas possible et en fait dans la vie comme plein de gens on cherche à faire semblant, on veut montrer une image de soi qui est tout là haut alors qu'en réalité on est bien bas et là il y a un élastique qui a fini par péter d'où cette colère aussi et puis ce faire semblant. Je suis sorti de là dans l'idée aussi de faire du sport, d'extérioriser cette colère et puis ça marchait pas au bout d'un moment. Je revenais, j'avais roulé deux heures sous la pluie à Besançon. J'avais toujours autant de colère, autant de questions en moi et là je me suis mis à écrire.

dans un journal intime d'abord, pour faire sortir cette colère. Donc j'ai écrit des bouts de phrases dans tous les sens, des insultes. J'ai sorti ce qui... J'ai vomi ça sur le papier en vrac. Et puis... Puis derrière, je suis allé dans ma douche ce jour-là et je venais d'écrire quatre pages, mais je me suis dit, waouh, je ne pense plus à rien. J'étais en paix dans ma tête juste pour un moment, juste pour un instant, tu vois. Et donc j'ai continué à écrire pendant trois mois et puis après, dans ma vie, depuis 15 ans j'écris régulièrement. Au départ c'était beaucoup de colère que je sortais sur le papier pour pouvoir laisser rentrer du positif derrière. Et puis aujourd'hui, de plus en plus j'écris des jolies choses, des jolies prises de conscience. Donc l'écriture m'a beaucoup aidé à ce moment-là dans mon parcours de vie il y a 15 ans. Et puis la lecture aussi et en fait toutes les questions que je me posais dans la vie, toutes les souffrances intérieures que je pouvais avoir, j'allais chercher des réponses dans les bouquins.

Déjà d'une part dans les bouquins sur le défi sportif, les livres de Philippe Croizon, Maud Fontenoy, Gérard d'Aboville, Mike Horn, toutes ces personnes qui réalisent leurs rêves sportivement. Philippe Croizon qui n'a pas de bras pas de jambes, qui a traversé la Manche à la nage, Maud Fontenoy et Gérard d'Aboville ont traversé l'Atlantique à la rame, puis aujourd'hui tout le monde connaît Mike Horn aussi. Et en même temps des livres aussi de développement personnel, mes premiers bouquins c'était les livres de...

Laurent Gounelle, aujourd'hui ça peut être Maud Ankaoua, j'ai beaucoup lu aussi les Accords Toltèques, les Cinq blessures de l'âme de Lise Bourbeau et les Accords Toltèques, je reviens dessus, mais comme les Cinq blessures d'ailleurs c'est pour moi des bases, des sources de travail, des outils infinis, c'est extraordinaire. Et donc en fait tout ce chemin de développement personnel, je lisais ces bouquins en disant, oui ok lui il en est là dans le bouquin et même si c'est une fiction, les livres de Laurent Gounelle ce sont des fictions, et même si c'est une fiction, lui il en est là dans le livre, le personnage principal, moi où j'en suis dans mon parcours de vie par rapport à ça. Du coup j'allais vraiment me questionner à chaque ligne sur mon parcours. Et petit à petit j'ai lu des livres de plus en plus pointus, de plus en plus profonds et j'ai observé aussi qu'il y avait de moins en moins de colère aussi en moi. Et puis...

Et puis j'ai commencé à réaliser mes rêves sportifs parce que je me sentais comme je te disais tout l'heure condamné à faire du sport comme Sisyphe. Et qu'en fait c'était trop dur pour moi de faire mon sport sous la pluie toute l'année à Besançon. L'hiver c'était ma vélo route, il n'y avait que moi sur cette vélo route quand il faisait moins 10. Et pour aller se motiver à faire du sport... juste pour conserver, défendre, conserver une capacité respiratoire et défendre face à la maladie, c'était pas suffisant. Oui, c'était la guerre. Des fois, je me comparais à un grand-père de la guerre de 14, qui sortait de la tranchée. Tous les jours, c'est peut-être excessif, mais c'est ce que je vivais à l'intérieur. Et tous les jours, fallait que je nettoie mes poumons. Et sans perspective, c'est ça le plus dur. Il n'y avait pas de perspective de mieux.

AnBé - Comme on tient derrière des barricades quoi, vraiment c'est ça. Je lâche pas la barricade.

AnBé - Les tranchées oui.

AnBé - Non.

Paul Fontaine - Donc c'est ça qui est... Je sais pas si on arrive à le palper, à ressentir un peu ce que ça peut représenter mais c'est surtout ça le plus dur. Et donc je me suis rendu compte que c'était plus facile d'aller faire mon sport en ayant un objectif fort et mon médecin à l'hôpital me... Il me préconisait de m'inscrire aux Rives du Doubs, d'aller faire 10 km je ne sais d'où et puis ça suffit tu vois et en fait moi c'était... moi si j'avais juste fait ça depuis 15 ans je serais plus là clairement je n'aurais pas été assez motivé parce que c'est très dur d'aller faire son sport sous la pluie quand il fait froid et surtout pour défendre.

AnBé - Tu parles à une belge, donc on est bien d'accord. Au moins, l'hiver, il n'y a plus grand-chose qui se passe. J'avoue, je suis pas motivée tous les jours.

Paul Fontaine - Voilà, et donc je me suis rendu compte que moi ce qui m'intéressait c'était l'extrême et c'est les symboles, c'est tout ce... c'est les rêves, c'est ce qu'ils nous portent, c'est Oscar Wilde quand il dit qu'il faut avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit, c'est même Oscar Wilde qui dit qu'il faut toujours viser la lune car même en cas d'échec on a tiré dans les étoiles et puis encore Napoléon Hill qui dit qu'il faut toujours, enfin, qui dit brûler les ponts derrière vous et avancer quand vous voyez que vous ne pouvez plus reculer, tu vois. Moi j'aime ces extrêmes là, c'est l'histoire du capitaine du bateau pirate qui va couler son bateau avant de passer à l'abordage du galion espagnol et là les mecs, il n'y a pas de plan B, tu vois, ils sont obligés d'avancer. Moi dans ma vie c'est pareil, ou je respire, ou je respire pas, ou je vis, ou je vis pas même si...

AnBé - ça marche ou ça marche pas quoi donc même si comme on dit dans le coaching il y a 26 lettres dans l'alphabet et j'ai toujours un plan B d'avance mais à long terme ça passe ou ça passe quoi et donc j'ai eu besoin de ces extrêmes là et notamment de tous ces symboles de la pointe du Raz, du marathon du Mont Blanc du Kilimandjaro de Forrest Gump de tous ces trucs là pour... pour continuer à faire mon sport au quotidien parce qu'en fait ce qu'on voit sur les photos que je peux diffuser sur les réseaux, sur mon site internet ou un petit peu partout, sur la photo du marathon notamment de Paris en 2013, ben moi je suis déchiré, je suis fatigué, je suis épuisé, j'ai une sale tête et deux jours après je suis sur mon vélo en fait. Parce qu'en fait la maladie elle s'en fout en fait, rien à foutre le staphylocoque que je fasse le marathon de Paris. Moi ce qui m'intéressait c'était pas de courir un marathon de Paris et oui ok super j'ai été fort ce jour là et les gens me disent t'es fort t'es... mais en fait moi ce qui m'intéresse c'est pas d'avoir été fort une fois ce qui m'intéresse c'est d'être fort demain dans deux jours pour aller continuer à avoir cette niaque en moi et faire ce sport sous la pluie parce que c'est ça qui est vital c'est ça qui... c'est ça la petite lumière au bout du tunnel c'est ça la petite flamme qui compte vraiment et donc... Donc tous ces défis, ces symboles sont arrivés derrière en plus pour encore une fois donner du sens à mon activité sportive au quotidien. Et puis j'ai compris dans la pratique de mes défis que j'apprenais sur moi, j'apprenais sur la maladie, j'apprenais sur ce qu'il y a là-dedans, ce qu'il y a là-dedans, ce qu'il y a dans mon cœur. Et qu'en fait... Le plus important, ça a été d'abord dans mes prises de conscience de me dire que c'est moi le patron, c'est moi qui décide ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Ce n'est pas mon médecin, ce n'est pas la maladie. C'est moi qui vais avec cette maladie, ce n'est pas mes parents. Il n'y a que moi qui décide si je suis capable ou pas. Ce qui a compté pour moi aussi dans mes prises de conscience, ça a été de me dire, et c'est ce que je continue à faire encore aujourd'hui, de me dire que demain ce sera forcément meilleur qu'aujourd'hui.

Parce que je vais faire en sorte que je vais poser les actions pour que ça le soit tous les jours. Donc depuis 15 ans je teste des choses tous les jours pour être mieux demain, pour être toujours plus heureux demain, pour vivre toujours plus en conscience et vivre mes rêves toujours plus en profondeur. Et donc ça implique de l'action. Oui !

AnBé - Ça c'est très très très fort d'entendre dire ça, puisque tu es quelqu'un à qui on disait ben demain ce sera un petit peu moins bien, puis un petit peu moins bien, un petit peu moins bien, enfin c'était un peu ça, parce que c'est une maladie dégénérative, et dire non demain sera mieux c'est vraiment vouloir nager à contre-courant quoi, oui oui...

Paul Fontaine - Oui c'est ça, c'est... tiens tu sais quoi, parce que mon médecin quand il me disait... quand je lui dis je vais faire le marathon de Paris il m'a dit c'est impossible tu vas pas y arriver, quand je lui dis je vais faire le Mont Blanc il m'a dit c'est impossible tu vas pas y arriver quand je lui ai dit quand j'ai concrètement fait remonter ma capacité respiratoire par les chiffres à la machine qui mesure la capacité respiratoire à l'hôpital, il m'a dit c'est pas possible, c'est la machine qui a dû bugger. Moi, d'une manière générale, quand tu me dis que c'est pas possible, tu vas pas y arriver, je te dis tiens tu vas voir. Tu vas voir si je vais pas y arriver. Et oui, oui, c'est en mode Accords Toltèques. Encore une fois, c'est vraiment porteur pour moi de toujours faire de mon mieux. Et ça, c'est vraiment un élément fondateur de mon parcours de vie, c'est de continuer à faire de mon mieux tous les jours, à chaque instant, toujours faire de son mieux. Accords Toltèques.

AnBé - Tu peux dire justement les Accords Toltèques, tu en parles plusieurs fois, tout le monde ne les connaît pas, donc on va les résumer très rapidement.

Paul Fontaine - Il y a toujours faire de son mieux, il y a cette parole impeccable des Accords Toltèques, faire un maximum de phrases positives, parler positivement, tourner 7 fois sa langue, dans sa bouche avant de sortir une phrase. Est-ce que c'est pertinent de dire cette phrase ou pas ? Est-ce que ça fait avancer le schmilblick ou pas ? Est-ce que je taille sur les gens ou pas ? Qu'est-ce que j'amène de positif sur cette terre ? Qu'est-ce que j'amène de croyance positive sur cette terre ? La parole impeccable des Accords Toltèques, avoir une parole impeccable. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Ne pas en faire une affaire personnelle, ne pas faire de suppositions. Donc là on les a les quatre. Et le cinquième, puisqu'il y en a un cinquième dorénavant, c'est sur la remise en question. De ne pas prendre pour argent comptant tout ce qu'on nous dit. C'est un sujet qui est tout à fait d'actualité en ce moment aussi. Et de savoir se remettre en question, d'avoir une... Comment dire ? un esprit critique et de choisir. Pour moi, tu vois, c'est choisir aussi de croire en ce qu'on a envie de croire aussi. Et je pense qu'une allégorie de la vie, c'est ça, c'est le petit prince, c'est de choisir si oui ou non dans nos vies le mouton a mangé la rose en remontant sur B612. Et je pense que c'est aussi une allégorie de la vie. On choisit si dans la vie on veut croire les médecins. On veut croire tout ce qui nous limite, tout ce qui nous rend triste et en colère et malheureux. Ou alors on choisit de croire en quelque chose d'autre. Et ce qui compte le plus important dans la vie, c'est pas de changer le monde, c'est d'être heureux, c'est de réaliser nos rêves et ensuite de rayonner la joie et l'amour autour de soi. Ça c'est ma conviction profonde. Et c'est comme ça qu'on change le monde de proche en proche, se changer à l'intérieur dans son cœur. Comme dit Gandhi, c'est changer le monde. Si demain je suis un écolo frustré...

AnBé - Et c'est comme ça qu'on change le monde en plus.

Paul Fontaine - qui donne des leçons et qui est en colère, ça sert à rien. Ça sert à rien. Ça rebute les gens. On n'a pas envie d'aller vers ces gens-là, d'écouter ces gens-là. Au contraire, si j'incarne le changement, si je fais mon potager en permaculture et que je montre que par l'action, par l'exemple, ça marche, je suis beaucoup plus inspirant et au bout d'un moment, je n'ai même pas besoin de parler. C'est juste être, faire ce que j'ai à faire. Et puis les gens sedisent, tiens il a  l'air heureux ce mec-là, mais comment...

Et là, là on commence à planter des graines.

AnBé - Oui, comme tu disais, ne prêchez pas la bonne parole, soyez la bonne parole. Ne prêchez pas le message, soyez le message.

Paul Fontaine - Oui, ne cherche pas à convaincre. Moi, c'est une amie qui me disait ça, il y a une nana qui m'a vu en conférence il y a deux ans, qui me disait, je ne cherche pas à convaincre des gens qui n'ont pas envie d'être convaincus.

AnBé - Non, non.

Paul Fontaine - Tu fais ton truc, tu avances. Et puis tu vois, moi, mon chemin, c'est ça aussi. Parce que quand je cherche à convaincre, si tu veux, je dévie complètement de là où on en est. Et je reviens, j'ai toujours ta question en tête. Quand je cherche à convaincre, je suis comme ça, je suis avec mes mains crispées, je suis avec mes grands yeux, je suis penché en avant, je ne suis pas en train de respirer. En fait, moi, si tu veux, depuis 15 ans, ma quête, mon chemin, c'est de respirer. C'est d'aller au-delà de ce que les médecins, les médicaments, les chercheurs, de ce qu'ils peuvent m'apporter aujourd'hui. Donc d'aller chercher à grappiller, gratter quelques pourcentages de capacité respiratoire. Et depuis quatre ans que j'ai, avec ce médicament fabuleux, mes poumons sont tout propres, c'est ce que je disais encore tout à l'heure. Depuis quatre ans mes poumons sont archi-clean. Et pour autant, qu'est-ce qui m'empêche aujourd'hui de respirer à 100 % et ce n'est pas un problème. Moi je suis très heureux avec 75, regarde tout ce que j'arrive à faire. Mais j'aime les challenges.

J'aime les challenges, j'aime les défis et j'ai envie de rebondir le plus haut possible grâce à ce médicament aussi en sachant que tu vois au mois de janvier, régulièrement depuis deux ans, il m'arrive à nouveau de refaire des traitements antibiotiques en comprimé seulement parce que à nouveau... j'ai un petit peu d'infection dans les poumons, c'est quand je travaille trop, c'est quand je suis un peu moins au taquet sur mon hygiène de vie. Et voilà, on le voit bien, je ne suis pas guéri, j'ai encore besoin de faire très très attention à mon hygiène de vie. Donc pour éviter ça, parce que pour moi, ce n'est pas concevable à nouveau de devoir prendre des antibiotiques alors que je bénéficie de ce médicament fabuleux, je cherche dans ma pratique du yoga, du sport, de la méditation, dans mon hygiène de vie, à encore aller toujours plus haut. Parce que ce dont je me rends compte, c'est ce qui m'empêche de respirer à 100%, c'est juste de l'inflammation. C'est juste, on l'entend en plus dans ma respiration, c'est juste un besoin de lâcher prise, un besoin de non-jugement, de pleine présence, de faire chaque souffle à partir de mon cœur, à partir de ma respiration, de faire chaque mouvement à partir de là. Je suis très inspiré par une petite phrase d'Alexandre Jollien qui dit, naître et mourir à chaque instant.

AnBé - Et moi ce que je vois là-dedans c'est d'inspirer comme si je nais, comme si j'étais ce bébé là qui prend sa première inspiration avec toute la joie qu'il peut y avoir là-dedans et en même temps d'expirer comme si je meurs au bout du bout du bout de l'expire avec toute cette sérénité, cette paix, cette joie que je vais puiser au fond de mon cœur dans ce bout du bout de l'expire, dans la méditation. Et en même temps que ça va... me permet de faire sortir une tristesse qui est en moi, qui est en nous tous. Les poumons en médecine chinoise c'est la tristesse. Et je pense que si chacun on accepte de ne rien faire, de prendre le temps de la solitude, le temps du rien, le temps d'aller faire une retraite de méditation de 10 jours, où tu médites 6 heures par jour, le temps du silence et de ça, je pense qu'au fond de nous, on a tous, on a de la tristesse. Et en fait d'aller sortir cette tristesse dans la méditation, pour pouvoir laisser entrer la joie et l'amour derrière. Donc c'est ça que je cherche à faire. C'est une quête qui est à la fois physique, une quête qui est à la fois physique de 100 % de capacité respiratoire et à la fois très tout à fait spirituelle puisque cette méditation et cette douceur en fait pour moi la méditation, ce mouvement du diaphragme et je suis venu au yoga il y a dix ans avec une petite phrase qui dit que tout ce qui ne bouge pas dans le corps est potentiellement sujet à maladie.

Paul Fontaine - Cette phrase, encore une fois, je peux choisir de faire quelque chose d'anxiogène et je peux choisir aussi de voir un côté hyper challengeant dans cette phrase, tu vois. Et c'est comme dans la nature, comme dans la vie, une flaque d'eau, pour expliquer un petit peu cette phrase, une flaque d'eau qui ne bouge pas, elle croupit. Dans le corps, c'est pareil, notre corps est constitué d'eau à 70, 80 %. Donc il faut que ça bouge et en fait, ça bouge dans la respiration, dans la méditation, dans le yoga et ça bouge aussi dans la pratique du sport.

AnBé - OK.

Paul Fontaine - et j'ai longtemps été fâché avec la méditation parce que pour moi je ne pouvais pas simplement rester assis pendant des heures sans rien faire, la maladie elle ne prenait pas de vacances, le staphylocoque, le mucus ils s'en foutaient en fait que je médite et donc moi aujourd'hui j'associe le souffle à la méditation dans ma pratique et donc dans cette pratique il y a ce diaphragme qui vient masser, vient caresser avec beaucoup de douceur, une infinie douceur dans ce bout du bout de l'expire qui vient stimuler et sourire mes organes. Et c'est comme ça que je m'accorde de la douceur face à cette tristesse que je peux vivre depuis 4 ans beaucoup plus parce que je ne pouvais pas aller au bout de l'expire avant. Et puis tu vois il y a deux ans j'ai vécu une séparation extrêmement douloureuse 2 mois avant le mariage. Et j'ai beaucoup écrit depuis deux ans dans mon journal et ça a été très très dur. Et donc c'est ce qui m'a amené, c'est grâce à cette séparation aussi que j'en suis arrivé à la méditation et au yoga et j'ai compris que tout ce qui me manquait chez mon ex, la douceur, la tendresse, la joie, l'amour, c'est ce que j'ai besoin d'aller m'offrir à moi dans la méditation et c'est vraiment dans ce moment là, dans ce bout du bout de l'expire avec ce diaphragme qui vient m'accorder cette douceur que j'y parviens et donc c'est aussi une connexion, c'est aussi un moment où j'arrive dans ce bout du bout de l'expire ensuite après la méditation à me connecter à Dieu, au divin, au vivant, à Bouddha, Yahvé, on appelle ça comme on veut, on s'en fout, c'est pas la question. Mais à me connecter à plus grand que moi et puis à être en capacité encore une fois de... Tu vois, comme dit Henri Matisse, il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir.

AnBé - Mais si je cours partout comme un débile toute la journée et je suis attiré par tout un tas de choses, je ne vais pas voir la douceur, la joie et l'amour déjà en moi et je ne vais pas non plus la voir autour de moi dans mes rapports avec les autres, ni dans mon rapport avec la nature. Donc l'idée c'est d'aller d'abord en soi, de se reconnecter à soi pour ensuite pouvoir s'émerveiller, pouvoir prendre conscience qu'en fait... que ce soit mon chat ou la nature autour, on est tous un. Tu vois, dans le yoga, on parle de puraka et rechaka. C'est ce qui te vide et ce qui te remplit. C'est à la fois ce qui te nourrit, c'est la nourriture qu'on mange, c'est ce qu'on boit, c'est l'air que j'inspire ou que j'expire. C'est les rêves que je réalise ou pas, c'est mes rapports avec les autres. C'est puraka et rechaka. C'est aussi la pulsation de l'univers. C'est le big bang, l'expansion, la contraction. Respire, inspire, expire. Et puis c'est la respiration de tout ce qui vit, des arbres qui montent en journée et qui descendent la nuit.

Paul Fontaine - quand je suis dans cette pulsation, cette respiration pleine et complète et entière, je me sens aussi beaucoup plus en connexion avec toute cette nature qui respire autour de moi. Donc encore une fois plus en capacité de... d'être bien avec moi-même, de m'émerveiller et finalement d'arriver à dire des trucs comme les bonnes sœurs et de se dire, bah non mais tu vois je ne suis pas tout seul, je suis avec lui. Et lui encore une fois je dis on appelle ça comme on veut moi je ne suis pas partisan de la religion mais je me suis retrouvé dans... Jésus, dans Dieu ou quoi que ce soit, dans le grand tout, l'univers aussi, ce sont des choses qui me parlent énormément. Donc voilà, la maladie c'est une chance et comment j'ai fait ce chemin ? Au départ, dans mon premier marathon, il y a eu cette idée de... J'ai compris au fur et à mesure de ma prépa physique, c'était en 2013, que si j'ai 10 raisons de faire ce que je fais plutôt qu'une, je suis 10 fois plus motivé.

AnBé - Et donc ça a été l'idée de trouver du sens, de donner du sens à ma pratique sportive au quotidien dans ce marathon et encore une fois d'aller chercher encore du sens dans ce marathon de Paris. Et ce n'est pas les 10 raisons que je vais noter sur un calepin en 5 minutes sur un coin de table. C'est les 10 raisons qui viennent du plus profond de mon cœur, du plus profond de mes tripes que je vais peut-être mettre 6 mois, 9 mois à coucher. C'est vraiment tout ce qu'il y a au plus profond de moi. et encore une fois je récite à nouveau Napoléon Hill qui dit : brûler les ponts derrière soi. C'est une manière de s'engager. d'acheter ma paire de baskets, d'aller voir mon kiné de l'époque Thibaut Baronnier, champion de France de trial aujourd'hui, qui est un ami d'ailleurs, et avec qui j'ai couru mes premiers marathons, c'est de s'engager auprès de cette personne, lui dire, tu veux courir le marathon ? Le gars il me dit, à notre premier rendez-vous c'était en septembre 2013, moi je ne courais pas avant, je suis allé le voir, je lui dis, je veux courir le marathon de Paris, il m'a dit, ok on y va. Donc je me suis engagé avec une association, il y a des parents qui venaient me voir à Decathlon, parce que je bossais encore à Decathlon, et qu'en fait ils voyaient qu'en fait, avec cette maladie, tu peux courir des marathons, tu peux avoir une copine, tu peux avoir un travail et tout et tout. Et c'était fabuleux. Et c'est le pire où ils avaient les larmes aux yeux parce que leur enfant, leur bébé, va vivre.

Paul Fontaine - Et là tu te dis, je cours pas, je cours. Et donc c'est tout ça, donner du sens. Ça a été récolter 8000 euros pour Vaincre la mucoviscidose. Ça a été de passer dans des médias et je ne pouvais plus reculer. Je ne pouvais plus reculer, il fallait que j'avance. J'avais ma crédibilité, qui était en jeu et au-delà de ça, mon estime de moi était en jeu. Et donc c'était une question de vie ou de mort pour moi d'atteindre cette ligne d'arrivée du marathon de Paris. J'étais prêt à y aller avec les dents s'il le fallait, mais j'allais y arriver, j'étais une machine, j'étais programmé pour courir. C'était un truc de ouf.

AnBé - J'avais la conviction profonde jusqu'au fond de mes tripes, qu'il fallait que je le fasse quoi. C'était plus fort que moi que j'avais eu la conviction profonde, ça allait changer ma vie et que j'avais rencontré plein de gens extraordinaires aussi. Donc donner du sens. Et puis finalement j'ai suivi, j'ai commencé à faire des conférences après ça et on m'a offert une formation de coach, coach en développement personnel. Et dans cette formation j'ai fait un travail sur mes valeurs, mes valeurs personnelles. les valeurs, ce qui compte vraiment au plus profond de mon cœur. Donc mes valeurs, j'ai retravaillé, auxquelles j'ai réfléchi plusieurs fois, qui m'ont beaucoup guidé aussi dans les choix que j'ai pu faire dans la vie depuis 15 ans. Et tu sais, quand on grandit...

Paul Fontaine - Comment choisir si ce choix qu'on fait dans la vie est bon ou pas ? Alors quand t'es petit, t'as ton papa et ta maman qui disent bah oui c'est bien mon garçon, continue c'est la bonne voie, c'est ce qu'on aurait fait nous tu vois ! Et en fait au bout d'un moment tu te rends compte qu'en fait, est-ce que les choix que... projettent les autres sur toi ce n'est pas forcément ce qui est le plus adapté. Moi si j'avais fait ce que mon papa il attendait de moi j'aurais été secrétaire de mairie et peut-être bien que je serais mort aujourd'hui tu vois enfin bref donc et je pèse mes mots j'aurais pété un câble bref j'avais besoin de ces extrêmes là

AnBé - N'importe quoi.

AnBé - Et mort malheureux en plus.

Paul Fontaine - Oui, j'avais besoin des extrêmes sportifs encore une fois pour être en vie aujourd'hui. Si je n'avais pas fait tout ça, je ne serais plus là. C'est clair et net. Et donc ce travail sur mes valeurs, parce qu'en fait c'est un travail qui est fabuleux, qui te retourne le cerveau. Et en fait... non !

AnBé - On a l'impression que c'est simple, quand on commence moi aussi j'avais fait une formation de coaching simplement pour moi en fait. Je me suis dit bon, suivre un coaching ou apprendre à devenir coach en fait. Moi je pourrais m'auto-coacher un petit peu même si c'est pas si simple. On a quand même bien d'avoir un regard extérieur, en tout cas ça m'a forcé à faire un travail aussi sur mes valeurs et de poser vraiment la question très très très profondément de quelles sont tes valeurs. Après c'est vrai que pour les choix, c'est un travail, ça revient, c'est pas une fois pour toutes, il faut le refaire. Mais quand on est en phase avec soi ou bien clair dans son esprit, qu'on garde bien clair dans mon esprit les valeurs qui sont les plus importantes pour nous en général après les choix qu'on doit faire deviennent beaucoup plus clairs.

Paul Fontaine - Et ces cochers, ces choix de vie, tous ces choix de vie au quotidien au regard de ces valeurs et la question d'être aligné sur ces valeurs, c'est ça l'objectif. Et c'est des choix de vie à différents niveaux d'échelle de temps, plus ou moins long terme. Et quand il y a un choix de vie qui ne coche pas toutes les cases de ces valeurs, l'amour, l'espoir, la vérité et la liberté qui sont mes valeurs à moi, c'est peut-être que c'est pas tout à fait le bon choix. Et c'est vraiment la question pour travailler sur ces valeurs, c'est quoi le plus important pour toi ? C'est quoi qui est important pour toi ? Et d'aller vraiment encore une fois dans ces questions en tiroir, dans les en profondeur, vers ce qui est important pour soi. C'est un travail qui est très riche, qui prend d'abord 3 heures ou une demi journée puis qu'on peut remettre à l'ouvrage pendant plusieurs jours, pour pouvoir voir plusieurs semaines et d'y revenir même 6 mois après pour revoir si à nouveau c'est toujours ça qui compte. C'est un travail fabuleux, c'est une manière pour moi de donner du sens, encore une fois, puisque...

AnBé - On dit être bien aligné, c'est le fameux alignement.

AnBé - J'ai pas ça pire que l'olive, hein. Clair.

Paul Fontaine - Ce qui compte pour moi, ça a été pendant un temps ces valeurs, j'ai cherché à être aligné sur mes valeurs dans ma pratique, à incarner ces valeurs parce que je me disais, tu vois, comme ce petit garçon que j'étais le 1er juillet, le jour des grandes vacances, tu te rappelles quand tu étais petit, à Besançon, tu sais, on était là, on était dans la cour de nos parents. Je sais pas...

AnBé - Bye !

AnBé - Arrête de faire rêver Paul !

Paul Fontaine - Non mais là tu me disais en plus que tu étais dans le jus depuis quelques jours. Mais tu te rends compte, c'était fabuleux quoi. Et là on était pleinement dans le présent, dans la pleine présence, en conscience. On pouvait passer une heure de notre après-midi à regarder les fourmis tu vois. Et là... Voilà !

AnBé - J'allais dire exactement les fourmis sur un tronc d'arbre. C'est exactement l'exemple que j'allais te donner. Trop fort !

Paul Fontaine - ou à jouer avec son chat, bref, on était dans le présent. Et moi à ce moment là, si tu veux quand j'étais petit, la maladie n'existait pas, j'étais en pleine forme.

AnBé - Oui.

Paul Fontaine - parce que je n'étais pas cette grande personne qui est en moi aujourd'hui, qui a ses rigidités en elle, hashtag Lise Bourbeau, qui cherche à contrôler tout un tas de choses, qui est anxieuse, qui est dans la peur ou quoi que ce soit. Et qui, encore une fois, limite ma capacité respiratoire et m'empêche d'aller respirer à 100 %. Et encore une fois, dans cette amplitude respiratoire, naître et mourir à chaque instant, moi je me dis, il n'y a pas de maladie, la maladie n'a pas de place, le mucus n'a pas de place pour s'épaissir, s'installer et le staphylocoque non plus. C'est pour ça que dans le présent, dans ce petit garçon que j'ai été, et je pense qu'il n'y a pas de but à la vie, mais si la vie a de vrai un but, ce serait déjà d'une part pour moi de revenir à son enfant intérieur.

AnBé - Présent.

Paul Fontaine - de se libérer de toutes ces rigidités, de tout ce qui fait de nous une grande personne dans le petit prince, tu vois, et de revenir à son petit prince à l'intérieur. Le but de la vie, c'est ça, d'être un vieux papy de 90 ans qui saute dans les flaques, qui tire la langue et qui fait la roue parce qu'il en a encore la capacité, d'avoir les yeux qui pétillent, de s'endormir ..., de mourir avec le sourire. Moi, c'est ça, mon objectif de vie, c'est de mourir avec le sourire, de faire mon dernier souffle de vie avec un petit sourire un peu de bouddha sur les lèvres et de me dire putain j'ai eu une sacrée vie quand même et puis je ne sais pas si toi tu crois en la réincarnation mais des fois je me dis et je pense que le jour où je meurs je penserai à ça je me dirais mais ça me mettra en joie parce que je me dirais putain le gars d'après là le gars d'après qui va récupérer mon âme tu vois, et quand il aura 20, 30, 40 ans à un moment donné il va se dire putain mais il va se retourner un peu sur son parcours de vie il va se dire mais je ne sais pas le gars d'avant qui avait mon âme hashtag moi tu vois ce gars là il a dû sacrément bien bosser faire avancer notre homme sur ce chemin d'évolution. Et ça me met en joie, ça me fait rire. Et je reviens à mes valeurs. Chercher à incarner mes valeurs pour moi, c'était forcément...respirer à 100%. C'était forcément être en pleine présence et en pleine conscience et donc diminuer l'emprise de la maladie sur moi. Et puis à la suite de ça, j'ai compris qu'en fait il n'y a pas besoin de 10 raisons de faire les choses, il y a besoin d'une seule. C'est celle qui compte vraiment, c'est celle qui est dans mon cœur. C'est ce qui me fait chialer quand j'ai une belle idée en tête et que ça me fait lever les yeux au ciel et je me dis putain mais... Ce serait tellement beau si je faisais ça. Tu vois, c'est ça qui compte.

AnBé - J'ai la même chose, j'ai pleuré comme un bébé quand j'ai eu l'idée du podcast en me disant c'est ça, c'est le truc, c'est le... oui... Oui.

Paul Fontaine - C'est ton corps qui est en train de te dire mais vas-y c'est ça qu'il faut que tu fasses. Tu vois là j'en parle mais j'ai la chair de poule en même temps. Mais c'est ça qui est bon. Exactement. Tu vois, bref. La seule vraie idée de ça c'est ce qui me fout les larmes, c'est ce qui me fout la chair de poule, c'est ce qui me prend aux tripes, c'est ce qui me fout les "oilps" (poils). Et c'est ça qui compte.

AnBé - Je crois qu'on va finir par pleurer tous les deux, ça va être bien. Mais ce sera de joie. Ce sera de joie !

AnBé - Ce qu'il me disait, c'est de trouver ce qui te fait vibrer et va là. Tu te poses pas de questions si ça te fait vibrer, si tu sens qu'il y a un appel, que ton corps, qu'il y a une réaction, c'est que c'est bon quoi. Parfois, il vaut mieux écouter son corps que sa tête. Toi, t'as appris à le faire.

Paul Fontaine - Oui. Exactement. Toujours. Toujours. Ce n'est même pas parfois, c'est toujours. Et en fait, parce que le corps, il sait beaucoup plus de choses que ici. En fait, écouter... Non mais alors... Oui, alors écouter son corps, c'est aussi écouter son cœur. Et dans ma vision du bonheur, de la spiritualité, de la vie, de... ça du développement personnel c'est le corps et la santé d'abord et écouter son corps ce n'est pas...

AnBé - Enfin, gaffe aux pulsions sur le chocolat, les gars.

Paul Fontaine - C'est pas mon corps veut du chocolat, mon corps a besoin de chocolat donc je lui donne du chocolat et du sucre et de la clope et du sexe et de la drogue et je ne sais pas et je sais pas et des gâteaux apéros, non c'est pas ça. Ton corps d'abord il cherche, il veut respirer d'abord ce qui l'intéresse puis c'est de s'émerver de la nature, c'est de s'oxygéner, c'est aller faire du sport, c'est de la méditation, c'est de s'étirer, c'est de prendre soin de soi, de faire du yoga et diminuer les tensions. Et c'est pas d'abord le..

Ce qui intéresse n'est pas de tamponner, ce pas de s'abandonner dans la lasagne et de le gras et dans le sucre. n'est pas ça qui veut ton corps. Ton corps, l'idée c'est de prendre soin d'abord de ce corps, de cette machine fabuleuse qui n'est pas une machine d'ailleurs, ce corps fabuleux quoi. Donc l'idée c'est de...

AnBé - C'est vrai que toute façon, si tu fais l'excès dans la bouffe, dans la drogue, dans la cigare et tout, ton corps après, va se sentir pas bien. va te dire, hop, c'était pas une bonne idée.

Paul Fontaine - Il va te dire ta g***. Et moi tu vois dans le dev perso, dans la spiritualité, je vois plein de gens qui sont là, qui se disent spirituels. Mais en fait ça se voit dans leurs yeux, ça se voit sur leur corps, qui ne pas en forme. Et pour moi une spiritualité qui n'est pas incarnée dans la santé, à quoi ça sert ? Et je suis convaincu.

AnBé - Les anciens disaient, men sana in corpore sano, n'espressa dans un cor-sant. Là, t'avais l'un et l'autre.

Paul Fontaine - Il y a deux images de bouddha qui circulent et je pense encore une fois on croit en ce qui nous rend heureux. Mais attention ce n'est pas du déni ce que je dis, ça implique de l'action derrière. on croit en ce qui nous rend heureux. Il y a deux images de bouddha qui circulent, il a une image d'un bouddha bien enveloppé, peu obèse avec son sourire et puis y a une image d'un bouddha avec un corps hyper-athlétique et tout et tout.

Et je pense que Jésus, je parle de Jésus parce que c'est mon éducation aussi mais je pense que Jésus c'est pareil je pense que c'est des deux personnes mais aussi on prend Mahomet ou je sais pas qui d'autre ce sont des personnes qui devaient être en pleine forme qui devaient avoir un corps de dingue j'en suis convaincu moi je crois en ça je peux pas croire qu'un bouddha obèse il était heureux moi je vois très bien quand je suis pas bien dans mon corps quand il de la tension dans mon corps et quand tu ne pratiques pas le yoga ou quand tu ne pas de sport, tu n'as pas conscience de la tension que tu dans ton corps. Tu n'as pas conscience de ça.

Mais quand tu commences à pratiquer un peu, tu te ouais, ça me fait vachement de bien. Et puis le lendemain, tu te rends compte à nouveau que tu hyper tendu et plus tu pratiques le yoga et le sport, et plus tu te rends compte qu'il y a plein de tensions à enlever. Et ce que je me rends compte, c'est que plus moi je suis bien dans mon corps, plus je suis ronchon, plus j'ai du mal à... justement à méditer plus j'ai de la difficulté à m'émerveiller et à prendre soin de moi et à manger sainement et tout et tout donc c'est une spiritualité qui est liée au corps et donc l'idée pour moi donc ça a été de comme je reviens au sens mes valeurs.

AnBé - Toutes les grandes spirituales télé, tu as raison, elles parlent toutes de la modération dans la nourriture. Donc dans tous les textes, à un moment, ça revient.

Paul - Oui.

C'est pas une punition, c'est comme l'écologie, c'est pas une punition. Je me rappelle, c'est ce qu'on nous fait croire un peu à la télé, mais avec mon ex, à un moment donné, on s'était acheté un parasol sur le bon coin, en bois, avec du tissu, avec un pied de parasol en fonte qui appartenait à une grand-mère. on était super fiers de notre parasol zéro déchet. Et ça nous rendait heureux. Et aujourd'hui, c'est pareil, de faire du zéro déchets. Je suis pas en mode j'ai ma poubelle qui tient dans un bocal tu vois mais d'acheter un, sponsoriser un système plutôt qu'un autre dans ma manière de consommer, de manger, de pratiquer, de faire mon potager en permaculture à côté de chez moi, de montrer aussi à mes voisins qui ont de la moquette en plastique et des fleurs en plastique chez eux que ça marche, qu'on peut faire autre chose et que faire du potager ça fait du bien à soi,c'est gavé de sens en fait parce que tu fournis le gîte, couvert à toute la nature, tu montres un exemple, tu fais tes légumes et ça coûte moins cher, c'est mieux que bio, c'est encore mieux à la santé, il n'y a pas de transport, il n'y a pas de plastique parce que tu fais tes semis enfin bref et en même temps je plante des framboises sur le trottoir pour les gardiens de l'école encore une fois se changer c'est changer le monde si moi je plante des framboises mon voisin va planter autre chose et puis tout le quartier fait pareil bah c'est le monde qui change de proche en proche et donc

AnBé - trop cool ! Oui. Oui. Exact.

Paul - C'est ma manière à moi de changer le monde puisque j'ai compris dans le Covid qu'il a plein de gens qui parlent, qui savent tout et qui parlent beaucoup trop et qui te disent un jour il faut des masques et le lendemain ils te disent il faut pas de masques mais des gens qui agissent il en a beaucoup moins et donc je pense que ce qui compte c'est d'agir d'abord pour soi et tu vois plutôt que de chercher à sauver les autres, à changer les autres en sachant qu'en fait tu peux sauver personne que ce soit ton père, ta mère, ton frère, ta sœur, tes enfants, ton amoureuse, tu peux pas changer les gens tu peux juste avoir un impact sur toi et ensuite rayonner autour de soi ce changement et susciter les interrogations et ben c'est ce que je cherche à faire.

Quand tu vois que c'est quelqu'un comme Gandhi qui le disait, qui effectivement essaye que de faire ça, lui il quand même changé pas mal de choses quoi. Donc tu te dis, bon bah il doit tenir le bon bout quand même le gars.

Voilà, donc l'idée d'écouter son coeur, d'écouter ses ressentis corporels de chair de poule, de poils, de larmes, de trucs qui te prend triples. dit, mais vas-y fais-le ! C'est ça l'unique et seule vraie raison de faire les choses. La vie ça sert à réaliser ses rêves et encore une fois à rayonner ensuite la joelle à mon autour de soi. C'est tout, point final. Tout ce qu'on a à faire dans la vie c'est d'être heureux. On n'a pas à être en colère, à s'indigner pour reprendre Stéphane et celle. Moi je suis pas d'accord avec ça.

Bien sûr, il y a de la colère en moi et il y a plein de choses que j'ai envie de changer mais quand je fais ça je ne pas dans je ne ne pas dans mon essence je suis pas dans je me gâche à être en colère ne pas respecter ses valeurs sur terre c'est perdre son temps sur terre quand je cherche à convaincre je ne pas dans ma merveille je ne pas dans ce que je peux apporter de mieux

Et tu vois, j'ai ces 42 marathons, je les ai courus avec mon petit frère qui est très en colère, qui est anarchiste, qui très en colère sur tout ce qui se passe dans le monde. Mais il n'est pas heureux et il en vient même à être en colère après moi parce qu'en fait il voit que je heureux et du coup...

Pour lui, ça veut dire que je marche dans la combine et je marche dans le système. Et ça me fait penser à moi qui... qui a 20 ans et j'ai fait du mal aux animaux il y a 20 ans. J'ai fait du mal à des chats. Aujourd'hui, j'ai un chat qui s'appelle Shanti. Ça veut dire père en sans-script. Quand j'étais plus jeune, j'ai fait...

Paul Fontaine - j'étais plus jeune, j'ai fait...

AnBé - [le chat revient dans le cadre vidéo ] il revient tout le temps, donc soit il est maso, soit tu le traites très bien.

 Paul Fontaine - Non mais je l'adore ma minette tu vois. Quand j'étais plus jeune j'ai fait du mal aux animaux et pourquoi je te dis ça ? Parce que j'étais jaloux des chats. Parce que j'étais jaloux des chats, j'ai compris ça. J'étais jaloux de leur calme, de leur je-m'en-foutisme, de leur flegme, du fait qu'ils faisaient des siestes tout le temps alors que moi je vivais avec cette maladie tu vois.

AnBé - Tu parlais de ton frère qui était en colère.

AnBé - oui !

AnBé - Ils avaient l'air trop bien quoi. Pas assez de soucis...

Paul Fontaine - Et c'est pour ça que je leur faisais du mal et je pense que mon frère aujourd'hui c'est un peu ça. Alors il est en colère après tous ces gens qui sont dans le système et qui sont heureux mais moi je lui dis mais pourquoi t'es en colère après moi ? Moi je suis d'accord avec toi tout ce que tu dis mec. Sauf qu'en fait moi j'ai décidé d'être heureux et j'ai pas envie d'être en colère, j'ai envie d'aller voir autre chose. Voilà. On a le choix, dans la vie on a le choix.

AnBé - Oui.

Paul Fontaine - Et encore une fois, c'est ce choix du petit prince, tu vois, de choisir que le mouton il a mangé la rose. À ce moment-là, on se suppose de la merde, de croire en des choses qui nous font souffrir, qui sont des freins pour nous, qui nous incitent à se plaindre, à nous plaindre, à être en colère, à nous sentir tristes, qui éteignent petit à petit la lueur d'espoir qui est en nous. On a le choix de... de supposer le verre à moitié vide, de se dire que le mouton a mangé la rose, supposer la peur, de supposer la mort. Et à ce moment-là, les étoiles se transforment en 500 millions de larmes, où on a le choix de supposer la joie, l'amour, qui est moteur pour nous, ce qui nous permet d'avancer, ce qui nous permet d'être dans l'action, ce qui nous enthousiasme. On a le choix de choisir le verre à moitié plein, de choisir la vie. Et à ce moment-là, les étoiles se transforment en 500 millions de greolots qui savent rire. C'est les mots du renard et du petit prince. Et la vie c'est ça. On choisit ses rêves. Et donc l'idée, plutôt que de dire, je reviens à ta question qui aura duré une heure, mais plutôt que de dire que la maladie c'est une abomination, que la maladie c'est une abomination et une souffrance insurmontable.

AnBé - Et tant que je le relise, je ne savais plus que c'était dedans ça. Oui.

AnBé - Mais on s'en fout. On est là pour parler.

Paul Fontaine - et une pathologie chronique, évolutive, moi je choisis de dire que la maladie c'est une chance. Que j'en ai fait une chance déjà depuis 15 ans et que je vais continuer à en faire une chance. Mais j'ai pas envie de dire je ... et j'ai pas envie de dire faire. Parce que si je dis ça les gens, souvent ils s'arrêtent à ça, ils disent c'est cool ta vie Paul Fontaine, toi tu peux le faire, nous on peut pas.

AnBé - Moi j'ai envie de dire la maladie c'est une chance déjà d'une part parce que bah oui des fois je suis un peu provocateur même si peut-être j'ai conscience que cette phrase elle peut rebuter un peu les gens et peut-être qu'elle est un peu "putaclic" aussi mais au moins les gens ils vont lire ce qu'il y a derrière et je vais expliquer ensuite pourquoi est-ce que ça veut dire pour moi ça j'en suis... J'en suis arrivé là et pour reprendre un petit peu aussi ta question, c'était un journaliste il y a quelques années qui me demandait au cours d'une conférence, un dîner conférence. En 83, si c'était à refaire, tu choisirais quoi ? Tu choisirais le gène de la maladie ou les trois autres ? Et du coup quand il m'a posé la question, j'ai buggé, j'ai pas su quoi répondre. Et petit à petit j'ai réfléchi et j'en suis arrivé à cette phrase qui rejoint aussi, que j'ai découvert après, rejoint quelque chose qu'Albert Camus aussi a pu dire apparemment, qui est « lâcher prise c'est choisir de ne pas choisir ». Et moi je choisis de ne pas choisir. Tu sais moi j'aime beaucoup Carl Gustav Jung.

Paul Fontaine - philosophe qui dit ce à quoi tu résistes persiste donc ça veut dire que le jour du permis quand il fait nuit que tu vois arriver le gros poids lourd en face sur la route avec ces gros phares là bah plus tu le regardes et plus tu as peur du camion plus tu vas dedans inconsciemment tu mets ton focus dessus et plus tu tapes et comme tu mets ton focus dessus parce que tu le regardes et bah tu tournes un peu le volant vers lui tu vois et

AnBé - Mais carrément, c'est vrai. À cheval aussi on te dit, ne regarde pas l'obstacle. Inconsciemment tu diriges ton... Ou même à vélo tu le fais. Si tu regardes un obstacle, tu vas voir, tu vas tourner vers l'obstacle. Regarde là où tu dois aller. Un athlète qui disait aussi, tu vas marcher sur un fil, mais regarde le bout de la poutre. Ne regarde pas sur les côtés, tu vas tomber. Donc... Oui, oui, regarde-le.

Paul Fontaine - C'est ça. Regarde loin devant, Merci pour cet ajout qui est clair aussi. De regarder loin devant, regarder ses rêves, de regarder vers ce qui compte, vers l'amour, vers le bout du bout, tu vois, le bout du bout de l'expire. Je fais un un gros plein d'œil. Et donc ce à quoi tu résistes persiste. Donc lâcher prise c'est choisir de ne pas choisir. Et tu vois, je pensais à... Donc moi je choisis de ne pas me focaliser sur la maladie, de ne pas chercher à me battre contre la maladie, mais à me battre pour mes rêves, pour la joie, pour l'amour.

J'en suis venu aussi à cette conclusion quand je regardais un petit peu le parcours de vie d'Alexandre Jollien, qui est né avec le cordon ombilical comme plein d'autres enfants, comme plein de bébés autour du cou. Et je me suis dit à quel moment, et je pense qu'un bébé il n'est pas con, je pense qu'un bébé quand il est dans le ventre de sa mère aussi, il cherche à dénouer de cette histoire et de cette emprise quand ça leur arrive. Et que peut-être aussi en cherchant à desserrer ce nœud, peut-être qu'il le serre aussi.

AnBé - Bonne nuit.

Paul Fontaine - et tu vois et je pense peut-être qu'il arrive des choses comme ça un petit peu dans le ventre aussi de notre maman et donc lâcher prise c'est choisir de ne pas choisir choisir de ne pas choisir entre le bon gène ou le mauvais gène et j'ai dit ça aussi parce qu'en fait... J'avais déjà couru mes premiers marathons, j'ai vécu déjà des choses extraordinaires. En fait, le fait de me mettre à nu, et c'est le message que je donne en conférence, d'ouvrir son cœur aux autres, d'oser la vulnérabilité, d'oser être vrai, authentique, on pourrait y revenir après tout à l'heure éventuellement, ça me permet de rencontrer des gens extraordinaires, des gens de plus en plus positifs. des gens fabuleux qui m'encouragent, qui croient en mon rêve, avec qui je partage des choses extraordinaires. Et de réaliser tous ces défis sportifs par la suite. Donc, depuis 15 ans, je vais reprendre aussi Henri Matisse, il y a des fleurs partout pour ceux qui veulent bien les voir, moi je vis plus intensément et je cite aussi Anne-Dauphine Julliand qui a perdu deux filles de la locadystrophie, elle dit quand on ne peut plus ajouter des jours à la vie, il faut ajouter de la vie aux jours.

Paul Fontaine - Quand on peut ajouter des jours à la vie, il faut ajouter de la vie aux jours. Moi depuis 15 ans je vis plus intensément. Et quelque part, oui je vis avec cette maladie, mais la maladie ça fait... ça fait...

AnBé - Jean d'Ormesson disait ça aussi. Il dit on ne peut pas rallonger la vie mais on peut mettre plus de vie dans la vie. Ça c'est génial.

Paul Fontaine - Et c'est ça. C'est ça. Donc en fait, je vis plus intensément et j'ai compris plein de choses depuis 15 ans qu'il y a des gens, ils ont 90 ans et ils ont toujours pas compris. Donc finalement, je gagne du temps et je ne sais pas quand je mourrai. Pour autant, je gagne du temps. Donc la maladie, quelque part, c'est vraiment une chance. C'est une chance pour vivre plus intensément et puis pour s'émerveiller encore.

AnBé - Oui. Exact.

AnBé - Je te comprends, je dis parfois tout le monde n'a pas eu la chance de frôler la mort parce que souvent on accorde sa vraie valeur à la vie que quand on est confronté à la mort, la sienne, celle de quelqu'un d'autre ou la maladie.

Paul Fontaine - C'est ça.

Paul Fontaine - Tu sais les gens ils disent oui j'ai tout essayé, j'ai tout essayé. Non t'as pas tout essayé. C'est Henri Guillaumet qui disait on n'a pas tout donné, enfin on n'a rien donné quand on n'a pas tout donné, enfin bref. J'aime beaucoup l'aviation, l'histoire de l'aviation. Et mon ex disait aussi parfois on est trop confortable dans notre inconfort.

Paul Fontaine - Et encore une fois, si je reprends ce qu'on disait en début d'interview, qui est-ce que la maladie me permet d'être ? Quel statut ça me permet d'être. Donc lâcher prise c'est choisir de ne pas choisir. Et puis en fait il y a quelques mois je réfléchissais encore à cette question et j'y revenais là dessus. Cette remise en question et ça c'est des éléments fondateurs de mon parcours de vie. C'est remise en question, action, remise en question, action. C'est pas remise en question, remise en question, remise en question, remise en question. Non c'est action. Ok aller expurger sa souffrance et ses peurs et tout ça dans un travail sur soi c'est super. Mettre les mains dans le cambouis c'est génial.

AnBé - Oui !

Paul Fontaine - Plein de gens n'arrivent pas à faire parce qu'ils ont trop peur de sombrer, de se poser des petites questions. Des petites questions qui viennent le jour où il pleut, j'appelle ça des petites questions en tiroirs. Au début la petite question, la première, elle est grande comme ça. Elle est toute mignonne et on n'a pas peur de celle-là, on se la pose tu vois. Et après on sait qu'il y a celle-là, puis après on sait qu'il y a celle-là, puis celle-là, puis celle-là, puis celle-là. La grande question, la peur de la mort, la peur de la solitude, c'est des poupées russes, des poupées matriochkas, la Russie est à la mode en ce moment. Mais c'est des questions en tiroir, parce qu'on sait que derrière la toute petite question qui est toute mignonne et toute gentillette, il y a la toute grande derrière, la petite on la met sous le tapis, on ne veut pas la voir. Sauf qu'en fait nos peurs, elles nous poursuivent, elles nous poursuivent jusqu'au lit de mort. Et tant qu'on n'a pas mis ses mains dans le cambouis, on y est confronté.

AnBé - c'est le petit caillou

Paul Fontaine - Donc c'est super de répondre à ces questions et de ne pas avoir peur de sombrer. Qu'en fait encore une fois petit prince tu choisis tes réponses, tu choisis tes réponses et quand tu tires le fil de toutes ces questions, soit tu choisis de la peur, tu choisis l'amour ou alors tu choisis l'amour et à un moment donné quand tu as choisi l'amour et tu as choisi la vie, parce que si on a envie c'est parce que forcément on croit en l'amour, petit clin d'œil encore. Si tu as choisi l'amour, à un moment donné tu comprends qu'il n'y a rien à comprendre. Il y a juste à aimer, il y a juste à s'aimer, il y a juste à prendre soin de soi. Parce qu'en fait tu peux passer ta vie à te poser des questions. On peut passer notre vie à aller voir, à savoir si tel ou tel truc, récit complotiste est vrai ou pas vrai sur des sites internet plus ou moins foireux avec des sources douteuses écrits en javanais. Tu peux passer ta vie à chercher le vrai du faux et tu ne sauras jamais.

AnBé - Et comme mon petit frère qui est en colère, qui passe sa vie à aller voir ce qui ne va pas sur terre, pour ensuite le mettre sur Facebook pour dire aux autres que ça ne va pas. Mais oui, mais tu deviens, au bout d'un moment, tu deviens ce qui ne va pas. Et donc tu peux passer ta vie à ça, où tu peux te dire et te rendre compte qu'en fait, quand tu te poses des questions dans la vie, tu n'es pas dans le présent. Tu es dans le passé, tu es dans le futur.

Paul Fontaine - T'es dans tes peurs, t'es dans de l'anxiété et t'es pas dans le présent. Tu ne peux pas t'émerveiller. Donc si t'es pas dans le présent, tu ne respires pas à 100%. T'es pas dans naître et mourir à chaque instant. Donc tu crées des tensions dans ton corps. Donc des rigidités. Donc tu crées de la souffrance. Et donc à un moment donné, quand tu décides d'avoir envie d'arrêter de souffrir, et bien tu te dis, ben non moi j'ai pas envie de continuer à me poser des questions. J'ai pas envie de savoir. En fait, je m'en fous de savoir. J'ai envie de croire, j'ai envie de voir, j'ai envie de... Putain c'est une phrase qui m'émeut et qui m'a porté pendant 42 jours. Il suffit d'y croire pour le voir. C'est Kery James dans une de ses chansons qui dit juste de la lumière, juste de l'amour, il suffit d'y croire pour le voir. Ça me fait chialer. J'adore inverser cette phrase, si on a l'habitude de la voir en mode Saint Thomas, il faut voir pour y croire, c'est des conneries, il faut croire pour le voir. Moi, cette ligne d'arrivée à Dunkerque, je l'ai vue dans mon cœur d'abord et j'avais envie d'y croire pour la voir arriver derrière et ça implique forcément encore une fois de l'action. Et quand tu choisis l'amour en tirant le fil de toutes les questions...

AnBé - Wow, c'est super beau. Oui, tu vas m'avoir aussi. Je me dis on va finir tous les deux en larmes.

AnBé - Oui.

Paul Fontaine - à quoi ça sert de se poser des questions ? Tu te rends compte qu'en fait ça sert à rien, qu'il n'y a pas besoin de souffrir. Et que tu vois dans ce monde dans lequel on vit, on ne sait plus ce qui est vrai, ce qui n'est pas vrai. Tu as l'IA qui te balance des photos, tu ne sais plus, tu ne sais plus. Et je reprends une petite photo que j'ai vue il y a quelques temps. En fait tu voyais une balançoire rose, une balançoire rose entre le mur et les... entre le mur qui sépare les États-Unis et le Mexique. Et en fait il y a plein de gens qui commentent en dessous qui disent c'est du fake, c'est du fake, c'est du fake, c'est de l'IA.

AnBé - Et pour plein de photos aujourd'hui, plein de choses, moi quand je cours 42 marathons en 42 jours, il y a un quart des gens sur Ouest-France, sur Facebook qui ont commenté pour dire c'est impossible, c'est forcément du fake qu'il est dopé ou alors il va mourir ou je ne sais pas quoi. Mais là, je me sens empathique. D'abord, je ressens de la tristesse pour ces gens là, puis après je me sens de l'empathie parce que je me dis putain mais mec tu ne crois en rien. C'est triste.

Paul Fontaine - c'est triste dans le monde dans lequel on vit mais ta vie elle est triste à mourir et on choisit de croire et tu vois cette balançoire rose bah oui j'ai été tenté d'aller vérifier savoir si c'était vrai il se trouve que ... Tiens je ne sais même pas si j'ai envie de dire que si c'est vrai ou si c'est pas vrai mais je veux dire pourquoi aller voir le danger c'est quoi ? De voir deux gamins d'un pays à l'autre derrière un mur qui les sépare, derrière un mur de Trump, de politique et de peur et de merde, c'est quoi le danger de voir deux gamins qui font de la balançoire ? Il n'y en a pas. Il n'y en a pas.

AnBé - oui c'est cette balançoire là de chaque côté du mur. oui je vois.

Paul Fontaine - C'est juste deux gosses qui font de la balançoire. Donc qu'est-ce qui t'empêche d'y croire ? Que l'humain il est beau. Que forcément, parce qu'il y a une belle photo, ben pourquoi ce serait forcément l'IA qui a généré cette photo ? L'humain est capable de faire des jolies choses. C'est ça la croyance. L'humain n'est pas... Oui.

AnBé - Bien sûr.

AnBé - Écoute, je suis en train de lire Satish Kumar qui dit mais si vous regardez autour de vous tous les jours ce que font les gens mais ils ne passent pas leur temps, ils passent beaucoup plus de temps à se rendre service, à s'aimer qu'à être en colère ou à faire... L'état de base de l'être humain c'est beaucoup plus l'amour que la colère, que la haine. Donc il dit mais regardez autour de vous et vous verrez que oui la colère fait peur donc on la voit plus mais l'état de base est très pacifique en fait. Et puis il y a des éclats d'autres choses qu'il faudrait éliminer et tempérer mais ce n'est pas la majorité de nos états et de notre temps et juste ça je me dis mais c'est pas con ça en fait c'est pas con par contre les récits qu'on se met dans la tête comme tu dis que ce soit des images ou des récits c'est très important comme on dit on a besoin de nouveaux récits et moi ce que j'ai fait ça s'appelle storylifique c'est parce que je veux être prolifique et ça va d'uvrir une prolifération d'histoires positives qui donnent une autre image du monde parce que l'image qu'on a dans la tête c'est exactement ce que tu dis je confirme il faut le croire pour le voir tu vois et si on croit dans sa tête que le monde va mal on ne verra que ça et si on croit par contre que l'être humain est fondamentalement bon oui à ce moment là on va le voir et effectivement le monde ira mieux donc oui oui c'est ça que c'est hyper important non je suis tellement à 200 % avec toi oui oui oui

Paul Fontaine - Bien sûr !

Paul Fontaine - Et le monde ira mieux. Parce que si on a... c'est véhiculé par ce qu'on voit dans les médias et sur les réseaux sociaux. Encore une fois, on a des réseaux sociaux aujourd'hui qui privilégient la polémique. Ce qui fait l'algorithme, ce n'est pas seulement les likes, ce n'est pas seulement les j'aime et les j'adore, c'est les commentaires. Et donc c'est tous les j'aime pas, et la colère et le jugement qu'il y a en commentaires. Et donc c'est ce monde-là aussi qu'on a besoin de changer, avec lequel on a besoin de couper.

AnBé - Oui.

AnBé - puisque comme tu le dis quand on va voir nos voisins ou regarder les gens autour il y a beaucoup plus d'amour qu'on le croit sur cette terre et à un moment donné même ça devient vital de pour moi ça est devenu vital aussi pour moi de me dire que l'amour il gagne toujours j'ai envie de vivre dans un monde où l'amour gagne toujours j'ai envie de créer cette réalité pour moi c'est pas un truc de bisounours gros clin d'œil aux personnes qui vont me traiter de bisounours

Paul Fontaine - Oui.

AnBé - Ou alors d'un nounours particulièrement impitoyable. Un impitoyable bisounours.

Paul Fontaine - C'est impitoyable. C'est qu'en fait il en faut dans le pantalon pour mettre l'amour au centre de ses valeurs. Juste dans ses valeurs personnelles, de chercher à incarner ça dans l'action au quotidien. Il faut du courage. Et encore en plus en entreprise. Et encore en plus en entreprise. Oui. Pourquoi pas ? C'est ce qu'aurait dit le petit prince.

AnBé - Ah, mais oui. Mais complètement. Et en entreprise, le nombre de fois qu'on a dit, écoute, on n'est pas chez les bisounours, c'était horrible. C'était horrible. On dit, mais on n'est pas chez les bisounours. J'avais envie de dire, pourquoi ? Et pourquoi pas, en fait ? Et pourquoi pas ? Oui. Oui.

Paul Fontaine - Et en mode n*que sa race pourquoi pas quoi ! Non mais sans déconner quoi ! L'amour, l'amour c'est aussi dire ce qui ne va pas et tu vois le mec il va me traiter de bisounours il n'est pas foutu de dire je t'aime à sa femme ou à ses gosses ! Parce qu'il n'ose pas, parce qu'il a peur. Et en même temps c'est Churchill en 1942 qui promettait aux anglais de la sueur, du labeur et des larmes. Et je te passe le sang. Pour moi c'est ça l'amour. Et Churchill oui il aurait été condamné à mort. Et à mort si les nazis avaient gagné la guerre. On s'en fout, c'est pas la question. Mais c'est se dire les choses l'amour. C'est se dire quand ça va, quand ça ne va pas. C'est se dire qu'aujourd'hui, croire qu'en fabriquant des abeilles drones, on va changer le monde et en tapant des trucs sur ChatGPT, c'est comme ça que ça va s'arranger. On va sauver le monde, c'est pas vrai. C'est pas vrai. Donc à un moment donné c'est se retrousser les manches.

AnBé - Oui, c'est ça, *que sa race, pourquoi pas. J'adore, j'adore.

Paul Fontaine - C'est ça l'amour, c'est se mettre au boulot, c'est se dire ce qu'il faut faire et revenir à ce qui compte vraiment. Arrêter de faire des boulots juste pour gagner du pognon et toujours plus de fric dans un monde fini, avec des perspectives de croissance infinie dans un monde fini.

AnBé - C'est ça que ça veut dire. C'est prendre soin de soi et encore une fois oser le silence. Oui, vas-y le mec qui me traite de bisounours. Vas-y, fais le silence toi. Vas-y, va faire 10 jours de méditation, on va voir dans quel... Qu'est-ce que tu vas voir au fond de toi ? Toi qui es super fort, qui es le plus fort du monde. Ben va voir, vas-y, je t'invite. Voilà, donc...

Paul Fontaine - Il y en a qui deviennent fous quand ils sont seuls avec eux-mêmes sans plus aucune distraction.

AnBé - Donc dans mon monde à moi, moi j'ai envie de faire en sorte que l'amour il gagne toujours parce que j'agis au quotidien pour qu'il en soit ainsi dans mon boulot, dans ce que je dis en conférence, dans mes poumons, dans ma façon dont je respire, dans chacune de mes respirations c'est dans cet extrême là, dans ce bout du bout là et donc c'est une quête qui est infinie et c'est un...

Paul Fontaine - Totalement. Et ce que j'aime bien aussi, ça je vais quand même souligner parce que tu n'as pas beaucoup parlé de lâcher prise et je comprends ce que tu voulais dire. Mais attention, le lâcher prise ne veut pas dire rester inactif et ne rien faire. Toi tu vas courir, quand tu cours tu fais du plogging donc tu ramasses des déchets, des choses comme ça. Donc c'est une manière de choisir l'amour de la planète, l'amour d'autrui, l'amour du beau, de se dire mais tout ce qui ne me convient pas c'est pas que je dis je lâche prise, je ne le regarde pas, je fais mon truc et je laisse les choses en l'état. Attention, c'est pas ça. Du tout.

AnBé - non c'est pas du déni. Il ne faut pas confondre le lâcher prise et le déni d'ailleurs on peut revenir aussi sur la définition de l'acceptation à ce moment là ça me fait penser à ça mais accepter, accepter les choses, accepter ce qu'on ne peut pas contrôler, accepter la maladie pour moi c'est dire ok je vis avec cette maladie aujourd'hui je suis là et tu vas voir toi déjà toi à l'intérieur toi ici et ici tu vas voir demain je vais faire ça

Paul Fontaine - C'est ça pour moi, accepter. Je vais faire ça. Ça implique aussi de l'action et de l'être. Et tu vois, mon défi aussi de 42 marathons, il a été permis parce que j'ai pratiqué le yoga et la méditation. Et depuis trois ans que je pratiquais énormément ça, j'ai créé beaucoup de souplesse, de flexibilité dans mon corps, d'espace aussi dans mes articulations pour éviter qu'au bout de 42 jours, mes deux genoux soient... qui soient comme ça et d'aller vers de la douleur. Donc mon défi a été permis par cette pratique de la visualisation du yoga pour faire redescendre l'énergie et m'assouplir et avoir un corps qui soit plus résilient, un peu comme le roseau pensant de Pascal qui va plutôt ployer sous la contrainte plutôt que quelque chose de rigide qui va éclater à la moindre difficulté.

AnBé - à la Goggins

Paul Fontaine - Donc, oui, on parlait du yoga, de la méditation, de tout ça, de l'amour qui gagne toujours, parce que j'ai envie, j'ai besoin en fait pour moi aujourd'hui. C'est vital, c'est viscéral pour moi, et en tant qu'écolo aussi, avec toutes les éco-anxiétés que tout humain peut vivre, de faire en sorte et d'agir au quotidien dans mon monde, dans mon univers, dans mon cercle autour de moi. de faire en sorte que l'amour gagne toujours. Ça implique encore une fois ma façon de consommer, mon rapport à la nature, mon rapport à mon voisin, ma façon de sourire aux autres ou pas. Ça implique de revoir tout ce que je diffuse aussi sur les réseaux sociaux. Est-ce que Accords Toltèques, paroles impeccables, est-ce que ce que je balance sur les réseaux et dans mon métier, c'est de la souffrance ? Et dans ma façon de consommer, est-ce que je rajoute encore de la souffrance et des inégalités sur cette terre ? Est-ce que je rajoute encore des peurs, de la colère dans un monde déjà qui déborde de tous les bouts qui en dégueule de colère et de souffrance ou est-ce qu'en fait j'essaye d'amener autre chose et tu parlais des nouveaux récits et des nouveaux récits de notamment c'est Cyril Dion qui parle de ça toi dans les films aujourd'hui tu vois je suis allé voir  c'est génial je fais des liens mais je suis allé voir Mission Impossible la semaine dernière au cinéma tu l'as vu ? J'ai kiffé oui j'ai adoré en fait ça il dépeint le du cinéma souvent qui vient d'Hollywood où en fait on a ces récits de fin du monde, la Matrix, Terminator, le jour d'après où en fait il ne nous arrive que des catastrophes et en fait puisqu'on est imprégné de toutes ces croyances de merde et de ces films, forcément voilà, Oppenheimer, on va vers ces mondes là tu vois et aujourd'hui tu regardes LCI et compagnie, les chaînes d'infos en continu, les mecs te parlent de nucléaire en permanence.

AnBé - Et c'est là que tu... Oui, vas-y.

AnBé - Ok, il est bien ? Non pas encore. Tu le conseilles ? Il est sympa ?

AnBé - La fin du monde devient inéluctable dans nos esprits, oui, bien sûr, bien sûr, c'est ça.

Paul Fontaine - Et on voit bien qu'on est en train de créer notre réalité. On le voit bien depuis l'invasion de l'Ukraine. Donc il faut sortir de ça et à force de dire, oui, Poutine, il risque de nous envoyer une bombe. Il risque d'envoyer une bombe. Oui, il va nous envoyer une bombe. Du coup, on habitue, on incite Poutine à nous envoyer une bombe, en fait, parce qu'il voit, le mec, il voit qu'on est prêt à la recevoir. Non, mais tu vois, c'est gravissime. Le mec, il peut voir qu'en fait, on est prêt à recevoir cette bombe, puisqu'en fait, on s'y attend. Donc en fait, il se dit, puisqu'ils s'y attendent, je peux en envoyer une petite en Ukraine, c'est bon ça va passer. Alors que si on arrête d'en parler et on balance d'autres choses, on crée une autre réalité, c'est ça créer sa réalité. Et donc il y a quelque chose de concret qui arrive ou pas derrière et dans ce film, Mission Impossible,

AnBé - clairement.

AnBé - ça devient une possibilité

AnBé - Il y a des barrières psychologiques qui tombent.

AnBé - Ce n'est pas du déni, c'est de la lucidité, comme ceux qui disent que je suis en optimisme réaliste, parce que l'optimisme est une force et pas parce qu'on ne veut pas voir la réalité. Voilà.

Paul Fontaine - C'est pas un optimisme béat du genre ça va bien se passer.

Non, c'est un optimisme d'action. J'agis et j'agis dans ma bouche, dans ma parole, dans mes croyances, dans tout ce qu'il ya dans mon cœur pour. Et donc dans ce film, je reviens encore en Mission Impossible, j'insiste. On vit dans un monde où en fait... dans quelques années l'IA, je ne sais pas, contrôle le monde, tu as une IA extraordinaire qui vient contrôler les humains et qui n'a qu'une envie c'est de survivre à l'espèce humaine qui est en train de se détruire et d'instaurer un nouveau monde, bref c'est une IA qui domine tout et qui manipule tout le monde et les croyances de tout le monde avec des gens qui partent en sucette et en fait dans ce film.

A un moment donné, il y a le petit coup de pied au cul à Trump, aussi où en fait une présidente américaine, elle est noire, elle dit oui, en fait quand on est les plus forts, ben en fait il ne faut pas en profiter pour écraser les autres, au contraire, il faut en profiter pour avoir un peu plus d'humilité et montrer l'exemple et incarner. De qu'on peut faire ou pas avec notre armée.

Et en même temps, dans ce film aussi, sur ce sujet de l'IA, il y a ce choix de se dire, est-ce que je crois en ce que l'IA, ou ce que le monde, ou l'égo, pour moi c'est tout le même chose puisque l'IA c'est une construction humaine, est-ce que je crois en ce que l'égo veut me faire croire, à savoir de la peur, des croyances, de la tristesse, de la colère, ou est-ce que je choisis de croire en autre chose et de faire en sorte d'agir pour que le monde soit autre chose. C'est l'histoire du film. Je ne raconte pas le film mais c'est l'histoire du film. C'est à la fois un film catastrophe et à la fois un film qui en tout cas moi, ça me remet ces questions sur le tapis. Et donc l'amour gagne toujours. Je dis ça parce que je dis que la maladie c'est une chance.

Parce que, comme tu l'as vu, j'ai vécu plein de choses extraordinaires au travers de mes défis, dans ma façon de me mettre à nu, tout ce que j'ai réalisé dans ma vie, je l'ai réalisé parce que je me suis foutu à poil, j'ai ouvert mon cœur aux autres et les gens, ils m'ouvrent leur cœur aussi. Tu vois, pendant 42 jours, on a dormi chez des gens différents. parce que quand tu es une belle personne, tu as un beau projet, tu portes des beaux messages, des belles valeurs, les gens ouvrent leurs coeurs, ouvrent leurs portes et ça marche. Et ça, j'en suis convaincu aussi niveau professionnel. Quelqu'un qui a des belles valeurs, qui imprime ses valeurs en entreprise dans un produit, un service qui est conçu, qui est bénéfique au bien-être de tous, de la nature, des humains, de la planète, le collaborateur est content d'aller bosser, il vient bosser avec le sourire. Il ne compte pas ses heures, il est engagé, il est au taquet, le produit n'a pas besoin de faire de la pub, il est fabuleux.

AnBé - bah justement là je vais... Bah carrément.

Paul Fontaine - les gens achètent des valeurs d'entreprise bien plus qu'un produit qui a été fait à l'autre bout du monde et qui va rajouter des inégalités et de la souffrance sur cette terre parce qu'il a été fabriqué par des gamins ou je ne sais pas quoi. On achète des valeurs d'entreprise, on n'achète pas les valeurs d'entreprise de l'autre gogol, de l'autre débile aux États-Unis qui fait des coucous bizarres tu vois. Tu vois ce que je veux dire et je pense que ce monde est déjà en train d'arriver tu vois quand on voit ce qui se passe avec Tesla les gens commencent à percuter, d'acheter des valeurs d'entreprise. Et moi, c'est ce que je cherche à faire et je pense toi aussi, les gens qui ont cette fibre pour la planète et pour l'humain aussi.

AnBé - On va passer à la question de ma petite fille cette fois-ci justement pour parler de tes marathons.

Amandine - Bonjour Paul, pourquoi tu as pris la décision de courir 42 marathons avec ta maladie ? On commence à s'en douter mais parlons de ce projet, d'où il vient ?

Paul Fontaine - D'où il vient, en fait c'est très con. Moi j'adore Forrest Gump. C'est un film qui m'a beaucoup fait chialer aussi et c'est un film qui est simple. Peut-être on peut dire qu'il est simplet mais c'est très bien d'être simplet, c'est bienheureux les simples d'esprit tu vois, encore une fois si je reprends ça. Ma motivation de base elle vient juste de là, de traverser un pays en courant c'st cook. Point. Et c'est ce mot cool, tu vois, qui aussi basique et...

AnBé - T'as pas eu de chance, hein ? En Belgique, c'est beaucoup plus atteignable !

Paul Fontaine - bah ça va plus vite, on peut faire le tour de la Belgique. Déjà. Mais je trouve ça cool de traverser un pays en courant, de faire comme Forrest Gump, de jouer avec Forrest Gump. Et puis l'idée c'était un projet qui est en lien avec l'océan et le Vendée Globe de Maxime Sorel, Parrain National de Vaincre la mucoviscidose. Donc il y avait une petite peluche en forme d'émoji flamme que j'avais fait fabriquer par Audrey Petitlabro. C'est une artiste sur Instagram, elle ramasse des déchets dans la nature et puis elle en fait des sculptures animalières absolument extraordinaires, magnifiques. Audrey Petitlabro, L-A-B-R-O-T. Il faut aller voir ce qu'elle fait, c'est magnifique. Donc je lui ai commandé cette petite peluche en forme d'émoji flamme que j'ai mise à bord du bateau de Maxime. Cette peluche devait faire le tour du monde avec Maxime et moi je devais ensuite récupérer cette flamme pour la porter dans notre traversée.

C'est la flamme du dragon des océans, parce que c'est le surnom du bateau. Il y a un dragon sur la grande voile. C'est la flamme de l'espoir face à la maladie. C'est la flamme qui m'anime dans mon cœur et dans mon regard. Et c'est la flamme olympique aussi que j'ai portée l'année dernière à Sète. Donc il y avait toute cette symbolique aussi. Et comme c'était le Vendée Globe, je me suis dit que c'était l'occasion aussi de faire cette traversée en lien avec l'océan, donc qui partait de Hendaye, de la frontière espagnole, qui allait jusqu'à Dunkerque, en longeant toute la côte. et puis la Manche. Et puis mon but c'était de me faire kiffer, mon but c'était de m'émerveiller de tous ces beaux paysages, de cette côte atlantique que je ne connaissais pas. Simplement, moi j'aime beaucoup la violence de la nature, de l'océan, c'est quelque chose qui me fascine et en même temps c'est la paix et la sérénité qui se dégagent dans la nature, dans l'infini de l'océan. Donc je voulais voir ça et tu vois quand je traversais c'était l'hiver ou quoi. Ce que j'aime aussi c'est les fleurs. Je suis capable de faire 2000 mètres de dénivelé positif juste pour aller voir des fleurs et de répéter ça pendant 23 jours. Voilà ma motivation est là. Ma motivation c'était de réaliser un raid, me faire kiffer.

Je n'étais pas en mode souffrance, je n'étais pas là pour souffrir, je n'étais pas là pour prouver quoi que ce soit, je n'étais pas là pour montrer quoi que ce soit, je n'étais pas là pour me faire mal. Moi dans ma vision du dépassement de soi, et je pense qu'on a une vision bien souvent qui est faussée dans notre société, on voit des gens qui n'ont plus de peau sous les pieds ou qui souffrent le martyr. Moi mon but n'était pas ça, je n'étais pas là pour me flinguer les genoux à vie. Si à un moment donné quand j'en ai marre, quand j'ai mal, je m'arrête et puis si je ne vais pas au bout je ne vais pas au bout. Il se trouve que là je suis allé au bout et tu vois quand j'ai eu mal au genou, quand j'ai eu mal à ma tendinite au releveur du pied droit, j'ai marché en fait. J'ai pris mon temps, j'ai pris soin de moi, j'ai ralenti et puis ce n'était à aucun moment même si j'ai eu ces petites douleurs, j'ai serré les dents. Je n'étais pas là pour ça et j'étais juste là encore une fois dans l'idée de me faire kiffer et pendant 42 jours j'ai juste eu le sentiment de faire un souffle à la fois.

De vivre un souffle à la fois, une inspire, une expire, de faire un pas devant l'autre. Et je me suis surpris malgré le fait que le soir je boitais, au bout de quelques jours, le soir je boitais, le matin je boitais, et pour autant, entre les deux, je courais quoi. Et je me suis surpris à me retrouver à Bordeaux, je me suis surpris à passer la Loire, je me suis surpris à me retrouver en Bretagne, au Mont-Saint-Michel et puis sur la ligne d'arrivée.

Et ce qui m'a porté, c'est cette envie de découvrir au quotidien de nouveaux paysages, de découvrir de nouvelles fleurs. Et puis cette petite phrase, il suffit d'y croire pour le voir. Je peux le faire, en fait. Je peux le faire. Et tu vois, quand au quatrième jour, j'ai chialé un bon coup dans les Landes parce qu'en fait, je me disais, mais en 2013, je courais mon premier marathon. C'était une question de vie ou de mort pour moi. Il y avait toute cette... importance vitale en moi ce jour-là et là je suis en train d'en courir 42. Easy. Et simplement en me faisant kiffer mais c'est fabuleux, la vie est extraordinaire. Qui aurait cru... Est-ce que moi en 2013 tu m'aurais dit tu vas courir 42 mais laisse tomber c'est un truc de dingue. C'est vraiment un truc de ouf.

AnBé - C'est pour kiffer, juste pour kiffer.

Et ce 42 c'était pour symboliser ton espoir puisque c'est un âge où effectivement il y a une année avant il n'y avait plus beaucoup qui étaient en vie et tu voulais un peu célébrer ça ou tu te disais tiens 3x42 c'est sympa

Paul Fontaine - Oui, même pas. En fait, encore une fois, c'est mon kiné et ami Thibaut qui me disait, en plus, cette année, tu as 42 ans. Plutôt que de dire, je vais faire 1700 km, 42 ans, c'est bien. Et du coup, c'était des étapes que j'ai faites et entre les étapes, je me déplaçais en van. Alors j'aurais aimé me déplacer en vélo électrique, en vélo cargo, je ne sais pas quoi, mais c'était beaucoup trop de contraintes dans le délai que j'ai organisé ce défi. On s'est quand même déplacé en van. Tu sais, je fais de mon mieux et je pense que... je suis un écolo qui mange de la viande. Car c'est de la viande, c'est le boucher du village. J'aime manger de la bonne viande et tu vois, quand je discutais avec un gars de chez Sea Shepherd il y a quelques années, moi j'étais en train de faire des free hugs à ce moment là, place de la comédie à Montpellier, et j'invite les gens à aller faire des câlins gratuits avec leur petite pancarte. Tu passes une journée extraordinaire, plutôt que de... Tu vois, je dévie, mais encore une fois dans cette éco-anxiété qu'on peut vivre.

AnBé - de voir qu'il y a de l'amour partout, que les gens sont pleins d'amour, qu'ils te voient avec ta petite pancarte et ton sourire, ils te sourient. J'ai fait un câlin à la minute pendant cinq heures à la Comédie et j'ai passé une journée extraordinaire. Tu te rends compte, il y a plein d'amour sur Terre, tout ce qu'on peut entendre à la télé et qu'en fait ça donne beaucoup d'espoir pour l'humain, pour la planète et pour moi agir en mode l'amour gagne toujours, ramasser des déchets dans la nature et m'organiser en associant... intégrer, côtoyer des gens comme ça qui se bougent et qui agissent pour l'humain, pour la planète. C'est une manière de venir apaiser une forme d'éco-anxiété aussi, de me dire que le monde il n'est pas que ce que j'entends à la télé et ce que mon ego veut me faire croire. Moi j'habite à 200 mètres du McDo ici, il y a des déchets partout. Tu vois quand je ramasse des déchets devant chez moi et quelqu'un me dit merci...

Paul Fontaine - et je crois qu'il y en a plus en plus des gens qui me disent merci et qui me félicitent, je me dis ok la personne le voit, tu vois c'est pas comme si elle passait à côté et qu'elle ne me regardait pas, c'est qu'il y a des gens qui ont de plus en plus conscience qu'il y a besoin de faire ça. Et tu parlais de plogging, aujourd'hui j'ai arrêté de ramasser des déchets quand je cours.

J'ai arrêté de faire ça parce qu'en fait je le fais devant chez moi parce que j'en ai marre que je ne puisse pas les voir depuis ma terrasse. Mais quand je cours, j'ai arrêté de le faire parce qu'en fait au bout d'un moment ça devenait une prison. Je ne voyais plus que les déchets, je ne voyais plus les oiseaux, je ne voyais plus les fleurs. Et je sortais de chez moi en me disant aujourd'hui je ramasse rien. Et puis en fait au bout de 200 mètres il y avait forcément une canette qui était là au bord de la route et au départ quand j'ai commencé à ramasser les déchets je voyais toujours cette même canette et je me disais mais j'en ai marre de la voir, je la ramasse.

AnBé - oui.

Paul Fontaine - Et puis ce jour-là, je me disais mais non, aujourd'hui je ramasse rien. Non, je cours, s'il te plaît. Non, pas pour aujourd'hui. Et en fait, au bout d'un an, je voyais cette canette et je me baissais. C'était une prison, c'était une contrainte, c'était une souffrance. Même si j'avais beau me dire, je ramasse pas un déchet, je libère la nature du déchet qu'il y a par-dessus,, ça ne suffisait plus. Et donc j'ai arrêté de ramasser. J'avais besoin de... de revenir à la nature et en fait en me disant aussi que peut-être aussi que pour prendre conscience on a besoin de voir le Rhône qui charrie des déchets et que le mec qui jette sa canette de bière tous les jours dans la nature tant qu'en fait la nature est propre parce qu'il y a un couillon comme moi qui ramasse il se dit bah c'est bon il y a des gens qui ramassent je peux continuer donc c'est ok c'est ça la forme de lâcher prise pour moi qui est encore plus hardcore et tu vois quand je dis ça

AnBé - Il ne sera pas compte.

AnBé - Oui.

Paul Fontaine - on peut ne pas être d'accord avec moi et se dire que c'est une forme de facilité, de déni, de simplicité ou je ne sais pas quoi, d'abandon mais quand je dis ça moi je sais quand je dis ça à des écolos qui vivent des éco-anxiétés ou des écolos pur et dur qui ont ça dans leur sang, leurs tripes, dans leur cœur ils ramasseront toujours des déchets abandonnés dans leur vie. C'est juste qu'ils ne le feront plus quand ils courent. Tu vois, c'est comme quand je dis à des gens qui sont dans le fait plaisir et qui s'oublient et dans le service aux autres et qui n'arrivent pas à se respecter, à oser dire non et tout et tout et à prendre soin d'eux. Je leur dis TPMG, tout pour ma g***. Pense à toi.

AnBé - Oui.

Paul Fontaine - Tout pour ma gueule. Et la prochaine fois que tu t'oublies dans les autres et que tu n'arrives pas à dire non, t'es TPMG. Je sais très bien que la personne n'ira jamais dans TPMG, dans tout pour ma gueule, parce qu'elle a ça en elle, cette générosité, ça fait partie d'elle, c'est dans son sang, c'est dans ses gènes. Mais par contre, elle reviendra un peu plus à l'équilibre, à un équilibre entre les deux.

AnBé - Oui c'est ça, exactement. Je comprends parce que j'étais à la Côte d'Opale ce week-end, je le fais de façon naturelle autour de chez moi mais je ramasse aussi volontiers. Mes filles, disent ah regarde là, regarde là ! J'ai dit écoutez les filles, j'ai envie d'en profiter aussi, donc ce qu'on va faire, on va nettoyer le premier quart d'heure jusqu'à la prochaine poubelle et après on profite. Et si tout le monde fait ça, la plage sera propre. Voilà, c'est pas... entièrement notre responsabilité. Moi j'ai pas envie de passer deux heures à ramasser des déchets, j'ai envie de regarder le paysage, on n'est pas là tous les jours. Donc du coup je fais comme ça, je dis ok je fais un peu, jusqu'à la prochaine poubelle et après c'est aux autres à faire aussi. Oui c'est ça !

Paul Fontaine - Voilà.

Paul Fontaine - T'as fait ta part ? Oui...

Paul Fontaine - Parce que quand t'es à la plage au bout d'un moment tu ne vois plus qu'il y a les mégots et les petits bouts de plastique, tu ne profites même plus de l'horizon et de la mer. J'ai arrêté un petit peu le plogging et j'ai vraiment envie de couper, je ne sais plus où est-ce qu'on en était, mais la maladie c'est une chance, parce qu'en fait la maladie c'est une chance pour prendre soin de soi.

AnBé - Oui c'est ça, c'est ça. Donc moi ça a été ma solution.

Paul Fontaine - Pour revenir à ce qui compte vraiment, pour revenir à nos rêves, pour prendre soin de ses émotions, d'éviter d'aller tamponner ses émotions dans la consommation ou dans cette société du divertissement, d'écouter ses émotions de la colère, de la tristesse, de la peur, je pense que dans la vie on s'incarne tous sur cette terre pour vivre, expérimenter la souffrance et à partir de là soit on reste avec cette souffrance toute notre vie. et on finit avec des yeux tout ternes, tout tristes et tout frustrés comme des yeux de grandes personnes, comme dans le Petit Prince. Soit on décide d'alchimiser, de transcender, de magnifier cette souffrance en quelque chose de positif. d'aller chercher, d'aller revenir à ce qui compte vraiment. La maladie c'est une chance pour ça, de revenir à ce qui compte vraiment, nos rêves, d'aller puiser la joie et l'amour dans notre cœur, dans la méditation, dans le yoga, dans une pratique spirituelle, dans le développement personnel. La maladie c'est une chance et quand je dis ça j'ai conscience qu'en fait il y a des enfants qui partent.

AnBé - Et il y a des parents qui restent. J'ai conscience que... Tu vois, hier encore on m'a annoncé un décès. J'ai conscience qu'il y a plein de gens qui souffrent de la maladie et pour qui ça paraît absolument insurmontable. Il y a deux nanas aussi qui sont décédées récemment de cancer dans mon entourage, de femmes extraordinaires. Et l'une qui est sur Facebook, sur LinkedIn, elle s'est intitulée souriologue.

Paul Fontaine - C'est une fille qui est morte avec le sourire. Dans mon cœur, elle est morte avec le sourire. Il y a Claire aussi qui est une femme magnifique. J'en suis convaincu et elle est morte avec... Elle est partie avec ce sourire, tu vois. Et j'ai conscience de ça qu'il y a de la souffrance et qu'il y a un processus de deuil qui est terrible pour les gens qui restent, pour les parents qui restent. Il y a des enfants qui partent, il y a des parents qui restent. Il y a un processus de deuil qui est terrible. Pour autant, au-delà de ça, la maladie, c'est une chance pour dire encore plus souvent je t'aime. pour le dire avec plus de conscience, plus de profondeur à tous les gens qui nous entourent. Pas seulement à son amoureux ou à ses enfants, mais aussi à son père, à sa mère. Bien souvent, ce sont des choses qui sont négligées. De le dire à ses amis, de se le dire entre hommes ou entre femmes, et c'est ok. Et de le dire à ses collègues de bureau, c'est ok aussi. La maladie, c'est une chance pour s'accorder encore plus de douceur, encore plus de tendresse, pour prendre encore plus de soins de soi, de son corps. La maladie, c'est une chance pour s'émerveiller de la beauté de la nature et du vivant, de cette chance qu'on a d'être en vie d'avoir un cœur qui bat sur cette terre, d'avoir des poumons qui respirent. Voilà pourquoi la maladie c'est une chance. Donc la vie elle perd parfois mais l'amour il gagne toujours et l'amour il gagne toujours dans cette idée où la maladie ça fait partie de la vie. C'est ok de vivre avec la maladie, on est tous confrontés un jour ou l'autre et mourir...

AnBé - il faut être prêt pour entendre ça aussi mais est-ce que finalement c'est si grave que ça de mourir ? Voilà moi je sais que j'ai vécu plein de choses extraordinaires, je sais que au moment où je mourrai je reviendrai à cette méditation, à ce souffle et je saurai revenir sur mon parcours de vie, me dire que j'ai vécu plein de choses extraordinaires déjà à 42 ans et qu'en même temps... J'espère vivre encore très longtemps, tu vois. Et en même temps, dans ma spiritualité, de me sentir en paix avec moi-même, avec tout ce que j'ai pu diffuser dans ce monde, avec tout... Je sais que j'ai aimé dans ma vie, je sais que... Je sais ce que j'ai diffusé, je sais ce que j'ai rayonné autour de moi, et il n'y a pas de peur en moi. Dans cette idée de la mort, de revenir à...

Paul Fontaine - au vivant, de revenir poussière, de me réincarner un petit peu. Tu sais moi j'aimerais être enterré nu sous un arbre et de voyager au travers des brins d'herbe qui vont pousser au dessus de moi, au travers des feuilles de l'arbre, au travers des insectes qui vont aller dans l'arbre, de la petite souris, de l'oiseau qui va venir picorer les cerises ou j'en sais rien et de voyager aux quatre coins du monde au travers de cet arbre, de cette nature, de ce grand tout, cet univers. Oui ça me met en joie aussi de me dire p***, ce que j'ai pas pu faire dans ma vie d'humain et je vais pouvoir le faire aussi après parce qu'en fait on ne peut jamais tout faire à moins d'avoir un bilan carbone extraordinaire et en même temps pour profiter de quoi, courir partout ça ne sert à rien, vivre à fond c'est Alexandre Jollien aussi qui dit ça, vivre à fond c'est aussi ralentir.

AnBé - J'adore, j'adore. Je vais te poser les questions de la fin. Mais j'adore cette discussion. Moi on pourrait continuer trois heures, mais j'ai un peu pitié des auditeurs après. J'ai pas envie que le message soit dilué par trop parce que c'est tellement riche.

D'ailleurs je les encourage quand ils réécouter ont, quand je sortirai l'épisode, pas le live. De mettre sur pause de temps en temps et de continuer à réfléchir là-dessus. Et puis de reprendre et puis de remettre sur pause.

Paul Fontaine - Oui. Tu vois, j'écoute aussi des longs et je les écoute en plusieurs fois et c'est OK, tu vois.

AnBé - Non mais pour réfléchir, simplement, tu vois, pour faire la petite méditation après certains de nos passages qui vous parlent, mettez sur pause et restez dans le silence un petit peu pour que ça infuse, c'est super.

J'ai une question que tu vas aimer, quel est l'échec qui t'a le plus appris. Toi tu dis l'espoir c'est enchaîner les échecs et continuer à agir. "Ne rien lâcher induit déjà la possibilité de l'échec prenez tout." Donc voilà, je vois que tu parles déjà plusieurs fois de l'échec donc quel est l'échec qui t'a le plus marqué. Parce que ça a été quelque part une pierre angulaire ou...

Paul Fontaine - Je ne sais pas si c'est vraiment un échec. Le cadeau de ma vie, encore une fois, c'est la maladie, c'est cette souffrance initiale. C'est tous les râteaux que j'ai pris avec les filles, c'est ma séparation d'il y a deux ans qui m'a amené au yoga et à la méditation. C'était une nécessité vitale pour moi de méditer et de faire du yoga parce que je souffrais trop.

AnBé - Quand mon ex me manquait, encore une fois, ce qui me manque chez elle, c'est la joie, c'est la tendresse, c'est la douceur. Comment je fais, moi, pour amener ça dans mon corps ? Tu vois, avant de méditer, elle me manque. Et puis après, quand j'ai médité, elle ne me manque plus et je ne me sens plus triste. C'est vraiment comme ça que ça se passe. Et j'invite les gens à expérimenter ça. Donc, c'est ces échecs-là. Et c'est aussi ma réponse à ta question. C'est tous les petits échecs que je peux vivre au quotidien.

Paul Fontaine - et dans mon parcours de vie qui me disent ok là ça n'a pas marché maintenant qu'est-ce que j'essaye d'autre ? Qu'est ce que je fais ? Qu'est ce que je teste encore et encore et encore et encore et encore ? Tiens je pense que... Oui ?

AnBé - Tu sais, parfois on me dit... Vas-y. Non, j'ai dit parfois, quelqu'un me dit, oh, mais quelle chance... Il y a tout qui lui réussit tout le temps, tout ce qu'il touche, ça réussit. Moi, j'ai envie de dire, le pauvre ! Mais qu'est-ce qu'il apprend ?

Paul Fontaine - Des fois, je me dis... C'est important aussi que je dise, mais la maladie est une chance. Je le disais déjà avant, quand je sortais deux verres de staphylocoque par jour de mes poumons. Quand encore une fois, je me demandais si je me soignais pour vivre ou si je vivais pour mes soins. Quand je me demandais si je serais encore là dans 15 jours et quand je réalisais qu'en fait, ben oui. Tant que tu as envie de vivre, tu vis. Comment on fait pour avoir envie de vivre ? Parce que cette phrase est très simple à dire, elle est très conne à dire. Comment on fait pour avoir envie de vivre quand on remplit ses journées de chaînes d'infos en continu ? C'est l'envie qui compte. Si le lundi, je ne le fais pas, je continue le mardi, le mercredi, toute la semaine, toute l'année, ma vie au final est remplie de merde, de peur, de souffrance, de colère, de tristesse et j'ai plus envie de vivre. L'idée c'est d'aller cultiver la joie et l'amour autour de soi au quotidien, autour de soi dans son expérience de vie et aussi à l'intérieur au fond de son cœur, dans le yoga, dans la méditation. Donc là j'ai fait un aparté et je me suis perdu.

AnBé - sur l'échec qui t'a le plus appris.

Paul Fontaine - sur l'échec, c'est tous les petits échecs du quotidien qui me font me remettre en question et d'aller vers, tu vois, mon intention depuis deux ans, c'est de briller comme un soleil. Aujourd'hui, tu vois je ne fais pas les conférences que j'aimerais faire en termes de financièrement, je gagne ma vie, mais je suis un peu stressé aussi encore par rapport à mes finances et j'aimerais, j'aimerais... avoir un petit peu plus d'argent dans ma vie. Et du coup, il y a de la frustration en moi. Et parfois de la colère, parfois de la tristesse, tu vois. Et mon intention depuis deux ans, c'est de briller comme un soleil. Et tu vois, ça reprend aussi cette idée que l'amour il gagne toujours. Depuis 20 ans, à chaque fois que j'ai pris, je refais le lien avec l'échec, à chaque fois que je me suis pris un râteau, que j'ai vécu des échecs dans ma vie. Je me suis dit demain je serai mieux, demain je serai encore une plus belle personne avec de plus belles valeurs, un plus beau message  encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore, ça se voit, ça transpire et t'as pas besoin de faire de la pub. On n'est pas né pour faire de la pub sur les réseaux sociaux. On n'est pas né pour ça. Je me gâche, si je passe ma vie à faire de la pub, à chercher encore une fois, à convaincre des gens qui n'ont pas envie, je me gâche. Je ne suis pas sur mon chemin. Je ne suis pas sur ce qu'il y a de plus beau en moi. Qu'est-ce que je peux amener de plus beau au monde ? Moi ce que je peux amener de plus beau sur cette terre, ce n'est pas de faire de la pub pour dire, regardez comme je suis super, regardez comme je suis super. Si je passe mon temps à regarder les autres dire comme je suis super, à quel moment je deviens super moi même tu vois. Donc je reprends cette image aussi de Jésus et encore une fois on peut remplacer Jésus par Bouddha, Allah, Yahvé ou n'importe qui. Mais Jésus il marche sur l'eau, il croit, il ne croit pas, c'est le miroir d'eau à Bordeaux, on s'en fout. Saint Pierre il arrive là, il est dans sa barque et Jésus lui dit ben Saint Pierre viens me rejoindre.

Paul Fontaine - Pourquoi Saint-Pierre il vient ? C'est pas parce que Jésus il lui fait des funnels de ventes, du copywriting, du Google ads, de la pub télé et toutes ces merdes. Saint-Pierre il vient parce qu'en fait Jésus il l'est, il fait ce qu'il dit, il dit ce qu'il fait, il marche sur l'eau le gars. Et en plus il rayonne et en plus il a les yeux qui pétillent. Donc Saint-Pierre il se dit putain mais c'est génial ce qu'il fait, moi aussi j'ai envie de faire ça. Saint-Pierre il vient tu vois. Et quand t'es bon ça se voit et tu deviens un aimant à belle personne, tu deviens un aimant à client, à opportunités.

AnBé - et à belle rencontre. Mon intention depuis 2024, depuis deux ans déjà, c'est de briller comme un soleil. Parce qu'en fait, il n'est pas comme le Vaniteux du Petit Prince, tu vois, qui brille de l'extérieur et qui baisse son chapeau et qu'on l'applaudit et tout ça. Ce n'est pas ça que je cherche. C'est de briller comme un soleil de l'intérieur, depuis mon cœur, depuis l'espace du cœur. Parce qu'en fait, le soleil, tu ne peux pas faire style que tu ne l'as pas vu dans le ciel.

Paul Fontaine - même si tu te fous des œillères, même si tu veux vivre au fond d'une cave, tu ne peux pas faire style que tu n'as pas vu le soleil. Il brille tellement fort dans le ciel, tu oublies de savoir qu'il est là. Il devient inévitable, il est inévitable et incontournable. Mes clients et les personnes que j'ai envie de rencontrer dans ma vie seront obligés de savoir que... j'existe, que je suis là et que je suis bon sans même avoir besoin de faire de la pub. Donc c'est ça que je cherche aussi à faire et c'est vers ça aussi que m'amènent mes échecs. Tu vois, moi j'ai le sentiment après ce chemin là, il y a une fin aussi.

AnBé - Cette infinité a une fin dans l'idée où si demain j'ai, je ne sais rien, moi je gagne 3000, 4000 balles par mois, moi je suis le plus heureux des hommes, tu vois je n'ai pas besoin de plus, c'est cool quoi. Et je vais rester avec ma petite voiture, ou pas d'ailleurs, et faire mon potager, moi tu me mets un potager, un chat et des légumes et tout et tout, de quoi cuisiner et d'aller courir une paire de baskets, ça me va très bien tu vois.

Paul Fontaine - T'es heureux. Oui, oui, carrément. Le succès alors dont tu es le plus fier.

AnBé - Le succès, Je ne sais pas si c'est le mot fier. Ce qui m'intéresse, c'est d'être fier pour moi, c'est ce que je fais moi, c'est les valeurs que moi j'incarne et c'est le regard que j'ai sur moi en fait. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce que les gens voient en moi. Moi je m'en fous. Si je pouvais me passer des réseaux sociaux ou des podcasts, je m'en passerais très bien. Non mais dans le rapport aux autres, parce que dans la fierté, il y a un rapport aux autres, il y a un rapport à soi.

Paul Fontaine - Je pense que ce qui me nourrit le plus encore une fois c'est ce premier marathon que j'ai couru en 2013. C'est vraiment un élément déclencheur pour moi et ce qui me rend heureux et ce qui me nourrit c'est ma capacité, c'est cette quête. c'est d'arriver, de parvenir en 42 ans à avoir toujours des yeux qui pétillent, à préserver cette âme d'enfant et même à... et je pense que ce n'est pas le mot préserver, tu vois, on croit parfois que... que c'est garder son âme d'enfant dont on a besoin alors qu'en fait je pense que ça c'est moi un point de vue qui est très personnel, mais je pense que si on cherche à garder ça... On n'est pas dans la responsabilité, on n'est pas à la fois adulte. En fait, ce qui compte, c'est d'être à la fois de sortir du déni, d'être pas dans un déni de l'enfance, d'être à la fois conscient de ce qui se passe dans le monde.

AnBé - Pas d'idée d'évolution non plus quand tu gardes quelque chose.

Paul Fontaine - de pouvoir à la fois regarder ce qui se passe dans l'actualité et à la fois être heureux. Le challenge il est là. Parce qu'en cherchant à garder son âme d'enfant, il y a une forme un peu dénie. Ça c'est mon point de vue personnel. Mais par contre de revenir, de revenir à de la félicité à cette âme d'enfant, ça c'est différent. C'est dire ok, voilà le monde il est comme ça, je le sais tel qu'il est, je le prends comme il est. Et moi par contre, j'essaye d'être heureux et d'avoir ses yeux qui pétillent. Ce qui me nourrit, c'est ça, cette quête-là et puis dans l'idée de réaliser ce rêve, de courir 42 marathons, de réaliser les autres rêves à venir, d'être dans l'écoute de mon cœur, de ce qui compte vraiment et de parvenir à ça au quotidien quand je vois...

AnBé - Oui.

AnBé - Exactement.

Paul Fontaine - Quand je vois les gens de mon âge, déjà à 30 ans, des gens qui ont ces yeux où il n'y a plus de flamme dans les yeux, et je me dis mais... Putain, je suis balèze, je suis fort quand même. Quand je vois les gens autour de moi, je me dis, je vis avec cette maladie, j'ai vécu tout ce que j'ai vécu, et j'ai encore ces yeux qui pétillent, et je ne sais pas jusqu'où ça va, mais je suis là. Et ça c'est balèze. Et puis il y aura d'autres rêves derrière. Pardon ?

AnBé - Oui, c'est vrai. Il y en a qui sont morts avant de mourir. Je dis, il y a des gens qui sont morts avant de mourir. Oui. C'est ça qui fait peur.

Paul Fontaine - Oui c'est ça. Pour moi c'est pas négociable, c'est hors de question devenir cet adulte avec des yeux tout tristes et plus d'étoiles dans les yeux.

AnBé - Exactement. Au cours des 5 dernières années, récemment, est-ce que tu as eu un déclic ou un nouveau mindset qui a vraiment amélioré ta vie ? Encore, parce que tu n'arrêtes pas de chercher. Je suppose qu'il y a un truc que tu aurais envie de partager avec les auditeurs. T'as déjà beaucoup partagé, c'est pas ça.

Paul Fontaine - C'est un... C'est la méditation, c'est le yoga, on a pu en parler. C'est ça les gros gros des clics pour moi depuis deux ans. Et c'est ce que je vais continuer aussi à aller chercher là-dedans. Qu'est-ce que je pourrais t'apporter de plus encore ? Voilà, c'est de faire de la maladie une chance et que l'amour gagne toujours.

AnBé - D'accord, très bien. Oui, ça a l'air d'être très porteur.

Paul Fontaine - et de chercher à incarner ça. Vraiment, je peux ouvrir là-dessus, c'est... Cette idée de mourir avec le sourire, c'est à la fois ça aussi. Et moi, ce qui m'attire aujourd'hui, c'est de respirer à 100%, comme je te disais, je serai encore beaucoup plus impactant. Convaincant, plutôt que de chercher à convaincre les gens qui n'ont pas envie par la parole et par ma gestuelle et mes regards, si demain je me fous sur scène avec un micro et même plus de micro, où en fait j'ai juste un tuyau dans la bouche, des slides qui s'affichent derrière et qui disent que je respire à 100%. Donc ma quête elle est là aussi. Tu vois, briller comme un soleil pour moi c'est ça. C'est arrête de dire, fais. Arrête de dire, arrête de causer, fais.

AnBé - Oui. Je suppose que t'as des messages, énormément de messages de parents ou de gens à qui t'as pu redonner espoir.

Paul Fontaine - Oui, oui, bien sûr, bien évidemment, énormément. Et arrête de dire fais, mais ça veut dire... C'est ce que je te disais tout à l'heure, tu vois, quand je faisais la démonstration à un ami il y a peu - je reviens encore là-dessus, mais quand je cherche à convaincre, je me crispe et je ne suis pas dans ma respiration. Si je suis dans ma respiration, moi, que ferait l'amour ? Et c'est une question que je peux me poser.

AnBé - C'est génial.

Paul Fontaine - 20 fois par jour et que j'offre en conférence que ferait l'amour si j'étais l'amour incarné qu'est-ce qui ferait l'amour là tout de suite maintenant l'amour il pardonne il fait confiance il écoute il respecte il accueille l'amour c'est simple c'est fluide c'est facile c'est une évidence ça coule de source, l'amour il prend soin de soi, l'amour il mange des choses saines, il respire,l'amour il s'émerveille, l'amour...

AnBé - Il fait les choix altruistes.

Paul Fontaine - ...il écoute son cœur et il a cette chair de poule et cette belle idée en tête, tu disais pardon ? Voilà, il prend soin aussi des autres, soit d'abord, soit d'abord et aussi des autres et puis l'amour il prend soin de la planète. Et donc que ferait l'amour ? Dans le choix que j'ai à faire maintenant, qu'est-ce qui ferait l'amour ? La deuxième question que j'offre en conférence, c'est que ferait l'amour de moi maintenant ?

AnBé - Il fait les choix altruistes aussi quand on a des choix à faire en entreprise comme dans sa vie.

Paul Fontaine - Si j'ai besoin d'aller pisser, je vais pisser. L'amour de soi, c'est ça. C'est aussi simple que ça. Que ferait l'amour de moi maintenant ? Qu'est-ce que je ferais si je m'aimais vraiment ? Dans le choix que j'ai à faire là tout de suite maintenant, où est l'enthousiasme ? Où est l'envie ? Où est la peur ? Et puis au final, qu'est-ce que je ferais si je n'avais pas peur ? C'est ça les cinq questions que j'offre en conférence. Et en fait, quand tu te poses ces cinq questions dans l'ordre, dans la vie de faire des choix qui viennent du cœur. de faire des choix qui comptent vraiment, d'éviter de faire des choix qui viennent de l'égo, qui sont liés à des peurs, des croyances, à des blessures, des croyances limitantes. Moi je pense qu'en fait il n'y a que des belles personnes sur Terre, qu'il n'y a que des gens qui souffrent. On a tous de l'amour en nous, même la pire personne de l'histoire de l'humanité. Cette personne elle a été bébé un jour avec des petits yeux qui brillent et des gens qui lui faisaient des bisous et qui lui faisaient des câlins. Et qu'en fait c'est juste parti en sucette derrière et après peut-être qu'on peut creuser très très longtemps dans le cœur de cette personne. pour aller voir l'amour au fond et on peut passer peut-être une vie à aller chercher l'amour au fond de cette personne et tu vois à qui je pense malgré toute la souffrance que cette personne a amené sur terre et qui est inexcusable mais voilà moi je pense qu'on peut..  rien n'est excusable mais tout est pardonnable parce que le pardon c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même

C'est pour se libérer qu'on pardonne, c'est pas forcément que pour les autres qu'on pardonne. Bref, j'ai encore dévié. Oui.

Paul Fontaine - Écoute, là je vais faire une parenthèse que je couperai après, mais ma petite fille priait... L'autre jour, elle a fait la petite prière. Ils ont fait leur profession de foi, donc on prie à nouveau tous les soirs. Et ça c'est pas mal. On fait le bilan de la journée, on voit ce qui est important pour elle dans ce qu'elle demande. Et on prie ensemble. Et elle disait, ceux qui sont en live l'auront quand même, c'est pas grave. Elle disait, "et fais que Donald Trump retrouve là où il a encore un petit peu d'amour dans son cœur et qu'il a oublié parce que certainement il a dû avoir mal pour être comme ça. Mais si c'est possible, fais qu'il retrouve ce petit coin d'amour dans son cœur et qu'il redevienne une personne gentille."

Paul Fontaine - C'est magnifique, mais je pense qu'il ne faut pas couper ça. C'est merveilleux. Je sais très bien aussi quand je vais plus souffrir, quand je suis moins, quand je fais trop de trucs. Je ne suis pas dans l'accueil de ma tristesse ou de ma colère. Je vais plus facilement être emporté dans un steak, dans un McDo ou je ne sais pas quoi. La priorité pour moi, c'est de prendre soin de moi pour éviter d'aller bouffer de la merde ou d'aller faire la gueule à quelqu'un que je vais croiser, qui va encore me poser des questions ou me solliciter alors qu'en fait, je n'ai pas d'espace pour ça.

AnBé - mais c'est génial si à son âge elle a déjà compris qu'une personne a priori entre guillemets méchante on va utiliser des termes simplistes mais a quelque part on a tous quoi et voilà ça m'a beaucoup touché quand elle a fait cette petite prière voilà.

Paul Fontaine - C'est magnifique, mais je pense qu'il ne faut pas couper ça. C'est merveilleux. Je sais très bien aussi quand je vais plus souffrir, quand je suis moins, quand je fais trop de trucs.

AnBé - Oui.

Paul Fontaine - Et là moi je deviens un petit Trump aussi dans ma vie. Et quand je fais des posts sur les réseaux et que je cherche un petit peu parce que ce qui marche sur les réseaux c'est un peu de dire tu fais ci tu crois ça tu machin d'être un peu putaclic et on vit dans un monde des réseaux sociaux qui nous incite à devenir tous des petits Trump et à manier la petite phrase parce qu'en fait aujourd'hui pour exister sur les réseaux il faut plus simplement poster, il faut choquer quelque part et c'est ce que fait Trump et c'est qu'il a très très bien compris.

AnBé - Et pour autant, là on est dans l'égo, on rajoute de la merde et de la souffrance. On divise, on n'est pas en train de rassembler au prix de likes qui ensuite permettent de vendre des conférences. Donc c'est génial qu'elle a compris ça. Moi ce que j'ai compris aussi c'est qu'à la base de la base, c'est que la personne qui me fait souffrir dans ma vie, elle le fait et tu vois je pense à mes ex quand j'ai...

Paul Fontaine - Quand j'ai eu cette phrase, j'ai pensé à mes ex, c'est qu'en fait dans l'histoire, moi je suis juste un dommage collatéral. La personne ne le fait pas contre moi. Souvent les gens sont en colère pour eux, ou même contre eux-mêmes, mais pas forcément contre toi. Ne pas en faire une affaire personnelle : Accords Toltèques. Donc, la personne qui me fait souffrir, elle agit dans un réflexe de survie pour elle.

AnBé - Et moi dans l'histoire, je suis juste un dommage collatéral et c'est normal et c'est ok. Ces personnes, bien souvent, elles continuent à souffrir. Même si moi j'entame un chemin de résilience et je marche vers mes rêves, vers la joie, vers l'amour, je vois autour de moi que ces personnes restent bloquées dans leur schéma répétitif, bien souvent, et qu'au final elles souffrent beaucoup plus que moi, je souffre. Et donc ça ouvre le chemin de l'empathie et du pardon, tout ça.

Paul Fontaine - Donc il n'y a pas de mauvaises personnes sur Terre, il y a des gens qui souffrent et tous ces échecs que je vis dans ma vie m'amènent aussi à comprendre ça aussi.

AnBé - Oui.

AnBé - Même si effectivement c'est pas facile d'être le dommage collatéral. Mais c'est vrai que c'est intéressant ce que tu dis.

Paul Fontaine - C'est ça. Et comme tu dis, les échecs, c'est cool hein, on apprend dans nos échecs. Des fois je me dis, putain, j'en ai marre d'apprendre. J'en ai un petit peu marre d'apprendre. Tu n'es pas tranquille univers, la vie, tu n'es pas tranquille, je n'ai plus envie d'apprendre. Et donc oui, je peux répondre encore à ta question, puisque c'était ça ta question, c'est ne pas chercher à convaincre. Moi, l'amour de soi, que ferait l'amour ? L'amour, il ferait ça, tu vois.

AnBé - Oui c'est ça. Je veux bien faire un moi un peu con là.

AnBé - Oui, carrément.

Paul Fontaine - Je ne suis même pas allé au bout, on n'a pas dix minutes. Mais ce que je vais chercher dans la méditation, c'est qui respire ? Est-ce que c'est mon égo qui respire ? Je pense que de la même manière qu'on surconsomme, qu'on surmange, qu'on mange beaucoup plus que ce dont on a vraiment besoin aussi, on surrespire.

AnBé - Et qui est-ce qui respire ? Est-ce que c'est mon corps qui a besoin de respirer ou est-ce que c'est mon égo qui a besoin de respirer ? Est-ce que je respire parce que j'ai peur ? Est-ce que j'inspire là, ou dans ce bout du bout de l'expire, j'inspire à nouveau parce qu'en fait ma tête me dit, oh bah là quand même faut que t'inspires ou est-ce qu'en fait j'ai vraiment besoin là ? Donc qui est-ce qui respire et...

Paul Fontaine - Et qu'est-ce que je retiens ? C'est deux questions que je me pose en méditation dans ma respiration. Qu'est-ce que je retiens là tout de suite maintenant ? Dans ma tête et aussi quelle crispation je retiens dans mon corps ? C'est quoi qui reste contracté ? Est-ce que c'est mon petit doigt là qui crispe un peu ? Où est-ce qu'elle a la crispation ? Dans mes clavicules ? Dans quel endroit de mon corps ? D'où est-ce d'aller mettre de la conscience et de chercher à dénouer tout ça ? Et en fait ce dont je me suis rendu compte aussi au début de l'année, c'est dans cette pratique de la méditation, c'est que quand à un moment donné j'agis, je fais tout mouvement en coordonnant ce mouvement avec l'inspire, c'est à dire que si j'ai ma tasse qui est là, je pose ma main sur la table, j'expire encore une fois au bout du bout du bout du bout du bout. Quand j'inspire sur l'inspire, je fais le geste. Moi, je me dis que si j'agis au quotidien aussi de la sorte, alors je pense qu'avec l'entraînement, ça fait un peu moins choper et on arrive à faire ça de manière un peu plus coordonnée en vivant dans la matière et dans une vie avec... Alors j'ai pas d'enfant, mais avec des enfants et un travail, en étant connecté aussi à la réalité, je pense que c'est possible de le faire. d'agir de la sorte et en fait à ce moment là de...

AnBé - de devenir hyper économe en énergie. Alors là on rejoint aussi le sujet de l'écologie, c'est comment je suis écolo avec moi-même, avec ma dépense en énergie. Parce que si demain je ne suis pas en forme, derrière ça génère des déchets hospitaliers, tout un tas de merde aussi. Et je participe encore à la pollution. C'est sûr que le meilleur écolo c'est celui qui se fout en l'air. Non mais c'est vrai, tu veux pas avoir d'impact, tu veux être hyper intègre et écolo, bah suicide-toi.

Paul Fontaine - C'est la meilleure façon de ne pas avoir d'impact sur cette terre. Parce que le simple fait de respirer, c'est balancer du CO2. Donc l'idée pour moi, c'est d'être économe en énergie et de créer un minimum de tension en moi, en faisant tout mouvement depuis ma respiration.

AnBé - Et encore, est-ce que tu crois à se foutre en l'air ? Avec l'impact négatif que tu auras dans le storytelling mondial, sur tes proches etc. qui vont pourrir la vie, donc ils vont entrer dans des schémas négatifs. Est-ce que tu crois vraiment que ça va amener plus d'écologie ou au contraire des comportements plus compliqués ? Donc tu vois ça s'arrête pas là ! Peut-être que finalement, même si c'était dit par boutade parce qu'évidemment on n'estime ni toi ni moi que c'est une solution, je vais dire même ceux qui prendraient la chose au sérieux, je crois que ça aurait un effet rebond bien méchant en fait. Ce n'est pas une solution non plus.

Paul Fontaine - Oui, oui, à réfléchir, à réfléchir.

Paul Fontaine - Je reviens aussi à ce que je te disais quand il y a des gens qui meurent. Ça rend plus les gens  à même de dire "je t'aime",  à être obligés, à avoir besoin, un besoin vital et viscéral d'aller au fond de son cœur. Encore une fois, la mort gagne toujours aujourd'hui on se rappelle beaucoup plus de Jésus que d'Hitler et de personnes comme ça que de l'inverse. Même s'il y a peur et la souffrance, ça marque les gens. On a besoin de croire en ça aujourd'hui et dans le monde dans lequel on vit, on a besoin de croire en l'amour.

Paul Fontaine - de se dire qu'en fait on va se bouger le cul, on va se retrousser les manches et on va agir pour ça quoi. Parce que ça devient une nécessité vitale. Moi je peux plus et c'est comme ça que commence ma conférence aujourd'hui. Je ne peux plus nourrir cette croyance en moi qui dit que c'est la faute des autres et que les autres c'est tous des cons et qu'ils ne font rien pour que ça aille mieux. Je ne peux plus, c'est une colère dont je me suis rendu compte qui m'a habité pendant de longues années et qui me ronge.

AnBé - Nickel.

Paul Fontaine - qui me ronge à petit feu et demain si je dois à nouveau avoir cette croyance en moi je sais que je reviendrai toujours à la méditation pour revenir à cette douceur à cette sérénité, à cet amour et au delà de ça j'agis au quotidien je me sens un peu comme sur un tapis roulant de gare là tu sais ces escaliers, escalators là et parfois qui sont plats tu vois je pensais à la gare Montparnasse à Paris il y a un grand truc qui est immense et en fait je me sens sur un tapis roulant d'action où je suis obligé d'agir pour briller comme un soleil pour faire en sorte que l'amour gagne toujours dans ma vie parce que je refuse de croire en l'inverse tu vois parce que c'est trop destructeur voilà

AnBé - Oui. Oui. Oui.

AnBé - Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un ... Parce que ça, je l'entends, "mais oui, de toute façon, les gens sont trop cons, ils ne comprennent rien, ça ne marchera jamais pour l'écologie, etc." Qu'est-ce que tu leur dirais ?

Paul Fontaine - cette personne-là encore une fois, ok oui t'es frustré, t'es en colère mais toi t'es parfait. Va voir en toi déjà, va voir en toi et plutôt que de la perfection même, moi j'aime pas ce mot la perfection mais viser l'excellence, va voir en toi d'abord parce que ok t'es écolo, super, tu vis dans ta grotte et dans ta forêt et ta forêt comme on dit là... Tu fais de la permaculture et de la forêt nourricière, je ne sais plus comment ça s'appelle le délire. Mais quand tu dis ça, est-ce que tu es écolo dans ta phrase en fait ? Tu vois, c'est la parole impeccable, des Accords Toltèques, c'est ça aussi l'écologie. C'est faire un maximum de phrases positives, c'est remplacer les mais dans ces phrases par des et, par des virgules, par des cependant.

C'est arrêter de dire on lâche rien, c'est de dire on prend tout. C'est un... C'est tout ça à la fois et ça c'est pas ok. Quand tu dis les autres c'est tous des cons, qu'est-ce que tu diffuses aux autres ? J'ai lu un bouquin il y a de longues années qui s'appelle Arrête de râler de Christine Lewicki. Quand je râle, j'imprime la râlerie dans mon cœur, dans mes croyances. J'invite les autres à râler aussi. C'est... Va au fond toi même et tu verras. Et puis encore une fois l'idée aussi c'est d'aller agir dans...

AnBé - dans son quotidien et d'agir aussi dans des associations, d'aller faire des free hugs. C'est ça que je dirais. Ma réponse elle est là.

Paul Fontaine - Génial. Est-ce qu'il y a une citation qui t'inspire ? Tu nous en as déjà offert énormément et je te remercie. C'est super pour fixer une pensée. Est-ce que tu as envie d'en donner une dernière avant qu'on se quitte ?

AnBé - Il n'y a rien à comprendre, il y a juste à aimer. Il n'y a rien à comprendre, il n'y a rien à faire, il y a juste à s'aimer soi-même et à kiffer la life et à aimer tout court. L'amour, il peut tout. L'amour, il est plus fort que tout. Moi, je ne peux pas croire dans la vie que quand on aime, on ne se sépare. Je ne peux pas croire dans la vie que l'amour, il nous réunit tous à un moment donné. Si on a envie, c'est parce qu'on aime.

Paul Fontaine - Et tu vois, ce qui me porte, c'est ce que je te disais aussi tout à l'heure, je sais que si demain, dans la vie, tout ce qu'on a à faire, c'est d'être. Tu vois, cette phrase, c'est un peu galvaudée. On ne sait pas trop comment y arriver à être. Ça veut dire quoi, être. Et comment mettre en lien ce mot être avec le monde dans lequel on vit, qui est un monde du faire. Et pour moi, faire, ce n'est pas un gros mot non plus. Pour certains, faire, ce monde du faire, c'est un gros mot, ce n'est pas un gros mot, c'est être et ensuite faire, être en grand pour faire en géant. Comment faire le lien entre les deux, relier le haut et le bas, le haut là-haut et le bas en bas dans la matière et jusque dans mon souffle. Et il n'y a rien à comprendre, il y a juste à aimer. Moi je sais que... Voilà ce que je te disais tout à l'heure là, si vraiment j'ai un chemin sur cette terre et un rôle à jouer c'est juste de respirer. La seule chose que moi, Paul, qui vit avec la mucoviscidose, j'ai à faire sur cette terre, c'est de respirer à 100%. Derrière, il n'y a plus rien à dire. Il n'y a plus rien à dire.

AnBé - Le mec qui n'a pas compris, bah tant pis. Tant pis mec, tu ne veux pas comprendre, va bosser avec d'autres coaches, va continuer à expérimenter la souffrance, fais tes trucs, continue, tant pis. Moi je ne suis pas là pour ça tu vois. Et je respire et les gens qui le voient, qui voilà, bah...

Paul Fontaine - Si demain, je ne sais rien, peut-être que je perche. Ce qui compte, c'est que à un moment donné, mon parcours de vie, j'ai cherché à changer mon ADN. Et tu vois, mon père, il a 50 ans... On apprenait la théorie fixiste des continents qui consiste à dire que la terre c'est comme un gros bol de lait et plus le lait est refroidi, plus il y a de la peau qui se crée en surface et de la croûte terrestre et du petit relief et des montagnes qui s'élèvent. C'est comme ça qu'en gros on expliquait la technique des plaques il y a plusieurs dizaines d'années. Aujourd'hui ça a bien changé.

AnBé - 50 ans seulement, c'est à l'échelle d'une vie. Aujourd'hui on ne soupçonne même pas le potentiel du cerveau et du corps humain. Je pense qu'il y a encore énormément de records sportifs qui vont tomber et notre fameux cerveau qu'on utilise à 10 % tu vois. Donc, qu'est ce que je disais, il y a encore des perspectives extraordinaires.

Paul Fontaine - Et je crois que je peux changer mon ADN. Peut-être, pourquoi pas, tu vois. Et encore une fois, ce qui compte, ce n'est pas ce en quoi je crois, c'est que j'y crois. C'est que ce soit moteur pour moi, c'est que ça me met en joie, que ça m'incite à être dans l'action. Et personne n'a le droit de me dire non, mais ton truc, ça n'existe pas, c'est impossible. De toute façon aujourd'hui, même si quelqu'un me le dit, moi je dis de toute façon, je m'en fous de ce que tu dis. Moi, j'y crois.

AnBé - Je m'en fous de ce que les 8 milliards d'êtres humains peuvent croire. Moi j'y crois. C'est la seule chose qui compte et ça me met en joie. Point. Et moi quand je vois des gens qui m'expliquent ce que c'est que le bonheur, la foi, l'amour, la philosophie, tous ces grands philosophes qui ont écrit plein de bouquins, qui savent tout et qui ont plein de diplômes, et qui ont des yeux tout ternes, tout tristes et tout frustrés et qui m'expliquent ce que c'est que le bonheur...

Paul Fontaine - Je ne sais pas mais j'ai envie de croire autre chose tu vois. Je ne te crois pas mec parce que tu ne le fais pas déjà pour toi. Donc il n'y a rien à comprendre et juste à aimer, juste à être et je sais que mon chemin est là, c'est tout ce que j'ai à faire.

AnBé - Oui, exact, trop top !

Paul Fontaine - Écoute, moi je sors deux bouquins cette année. Un premier livre qui est un livre d'analyse et d'interprétation du petit prince de Saint-Exupéry, forcément. Au regard du développement personnel et de la spiritualité, c'est un livre de vulgarisation aussi. J'écris avec mon cœur, avec l'idée d'écrire de jolies phrases, de respecter au maximum le sens que j'ai vu dans Saint-Ex dans ce livre. Et puis... Voilà, j'ai pas écrit un bouquin parce qu'il fallait, j'ai écrit avec l'envie de partager mon amour et ma passion du petit prince. Dans cette idée que le petit prince pour moi c'est un enfant qui est plein de joie, plein d'amour, qui saute dans les flaques, qui se tape des barres de rires avec le rat de l'astéroïde 325. Et voilà, c'est pas cette image gnan gnan, tristounette, réservée aux enfants, ou qui va encore nous faire pleurer, que certaines grandes personnes peuvent avoir du petit prince.

AnBé - Il est rempli d'espoir, jusqu'au plus profond de son cœur, il a ses yeux qui pétillent. Donc j'avais envie de dépoussiérer ça aussi. Et puis en même temps, je suis en train de... Les posts que je fais en ce moment sur les réseaux depuis deux ans, je les compile dans un bouquin, qui serait un plus autobiographique, encore plus axé développement personnel. Et puis cette année, j'intègre la Team Adaptive, donc c'est une équipe de 15 sportifs handisport, qui viennent des quatre coins du monde.

Paul Fontaine - et qui sont porteurs de beaux messages, de belles valeurs. Et je vais participer, tu vois là, il y a 10 jours, j'ai participé à un marathon trail sur la Maxi Race à Annecy. 42 km avec plus de 2000m de dénivelé positif. Là je vais faire pareil à la fin du mois au marathon du Mont Blanc. Après il y a la MCC dans le cadre de l'ultra trail du Mont Blanc. Je me suis inscrit au marathon du médoc. Je me suis inscrit  à la Veni Vici, pareil à marathon trail à Nîmes. Et là tout récemment je me suis inscrit à... au Béziers Urban Trail Format Marathon puisque j'habite à Béziers. Et l'idée c'est de continuer à faire mes conférences, à diffuser ces messages, ces trois clés là qui sont d'être vrai, authentique avec ses peurs, ses croyances, ses valeurs, d'aller travailler sur soi dans le yoga, le développement personnel, la méditation.

Se direok c'est la faute des autres, les autres sont tous des cons ... mais moi qu'est ce que je fais aussi moi pour aller vers les autres ? Est ce que vraiment je fais de mon mieux ? Et d'aller travailler sur cette petite question et ça permet de conclure aussi de revenir à ça, ces petites questions qu'on met sous le tapis, de ne pas avoir peur, de plonger dedans et puis de choisir l'amour à chaque instant plutôt que la peur. Ça c'est les messages que je donne en conférence, la parole impeccable des Accords Toltèques et puis ensuite ouvrir son cœur, ou oser la vulnérabilité.

Paul Fontaine - Oser être soi, oser se mettre à nu, oser tomber le masque, oser parler de ses projets, de ses rêves, de ses valeurs aux autres, d'oser parler de ses souffrances et de ses difficultés positivement aux autres. Quand on fait ça, on se rend compte en fait qu'on se sent relié. qu'on partage tous la même chose, les mêmes rêves, les mêmes projets pour l'humain, pour la nature. En fait les gens quand tu fais ça, ils se sentent en confiance. J'aime beaucoup Nelson Mandela qui dit « En faisant scintiller notre lumière, nous permettons aux autres d'en faire autant ». Et tu vois... Moi quand je me mets à nu sur scène, en conférence, quand j'ouvre mon cœur, les gens viennent me voir à la sortie et me racontent un petit bout de leur histoire. Des fois ils pleurent et on pleure ensemble et on se sent reliés et on se rend compte qu'en fait on est pareil, qu'on a les mêmes valeurs, les mêmes projets et les gens te suivent au bout du monde. Après t'as plus besoin de chercher à convaincre. Et c'est ce qui fait que j'ai réalisé tout ce que j'ai fait dans ma vie, tous ces marathons, tous ces défis, ces montagnes qu'on m'a offerts à coups de milliers d'euros parfois, toutes ces portes qu'on m'a ouvertes pendant 42 jours, ces opportunités.

AnBé - ces conférences où mon boulot c'est juste de raconter mon histoire et de parler d'amour en entreprise dans des grosses boîtes chez Pepsi, Décathlon, AstraZeneca, Colas Endis et de parler d'amour dans ces boîtes là en disant que chez Pepsi, l'amour en entreprise ça peut être le retour de la consigne et puis qu'en fait les gens de chez Pepsi, les 60 managers de Pepsi France, ça les fait rire parce qu'en fait c'est l'objet du séminaire.

Paul Fontaine - Et en fait, moi, ça me donne beaucoup d'espoir de voir ça, de me dire que si Pepsi demain met de l'amour dans ses valeurs et organise le retour de la consigne sur les emballages, McDo, Coca, Unilever seront obligés de s'y mettre, c'est le monde qui change.

Donc les messages que je donne, c'est ça et ça permet de se sentir relié aux autres, de pratiquer ces trois clés. Ça permet de rencontrer des gens de plus en plus extraordinaires, des gens de plus en plus positifs, énergisants, qui te suivent au bout du monde en fait et qui sont plus simplement... Ça permet de trier ces relations en fait, de faire en sorte que tu vois, parce que quand tu parles de toi, de ce que tu vis, les gens ils peuvent te dire, bah hier j'ai mangé une pomme. Ou il y a la personne qui va dire, viens mon pauvre petit, on va pleurer ensemble.

Paul Fontaine - Et puis il y a la personne qui se sert de ce que je lui dis, de mes souffrances, de mes difficultés, pour me dire, pour me planter une lame, pile poil au bon moment quand ça va bien.

AnBé - et la bonne personne, c'est celle qui t'encourage, qui te dit vas-y fonce, si c'est ton rêve, moi je crois en toi, tu vas y arriver. Oui tu vas prendre des murs dans ta gueule parce que dans la vie des murs il y en a plein par contre je sais qui tu es, tu vas passer à droite, tu vas passer à gauche, tu vas creuser un tunnel en dessous du mur, si c'est ton rêve, tu vas voler par dessus le mur, tu vas y arriver, fonce, vas-y. Et ces trois clés permettent ça de rencontrer ces gens de plus en plus extraordinaires et en fait de trier ces relations. Voilà ce que je propose.

Paul Fontaine - aussi en conférence, je pense que c'était important d'en parler aussi, d'arrêter de rencontrer des gens qui ne nous répondent pas, encore une fois c'est la faute des autres, les autres tous des cons. Moi je me mets à nu et je rencontre des gens de plus en plus ouf et qui partagent aussi cette même vision et ensuite on avance ensemble avec nos projets. Et c'est le monde qui change au final. Et finalement le message de la conférence c'est de l'amour. Et je parle de ma conférence parce que c'est mon histoire, c'est ma vie aussi. C'est de l'amour et de l'action. C'est du sens, donc de l'amour.

AnBé - Exactement.

Paul Fontaine - et une dynamique d'action. Qu'est-ce que je teste aujourd'hui ? Qu'est-ce que je teste demain ? Qu'est-ce que je teste après demain ? Ça a marché, ça n'a pas marché. Ok, je n'ai pas réussi à courir. Qu'est-ce que je teste demain ? Ok, j'ai réussi à courir mais j'ai envie de mieux. Qu'est-ce que je teste demain ? Et en fait, ça fait 15 ans que je fais ça dans ma santé. Et ce n'est pas la victoire qui compte. C'est dans ces légers échecs et de continuer à agir. Ce n'est pas la victoire qui compte. C'est de garder la petite flamme à l'intérieur. et de continuer à agir. C'est important aussi d'en parler. Tant qu'à être à 2h15, autant être à 2h22 et 22 secondes. Ça sonne bien.

AnBé - Très bien. Oui, c'est ça, Oui, exactement. Exactement. Je t'avais dit, je prendrais le temps. Les sujets viennent comme ils viennent et ça ne me dérange pas de diverger. Surtout, c'est pour apporter autant de valeurs. Merci, Paul Fontaine.

Paul Fontaine - Oui, merci.

AnBé - pour cet entretien à cœur ouvert qui est très inspirant. Quand je disais qu'il faut mettre sur pause, c'est pas parce que c'est long, c'est juste parce qu'il y a des choses, il faut les digérer dans ce que tu dis, dans le sens très positif du terme, mais ce serait dommage de les écouter et de les laisser partir. Donc il faut qu'elles restent à l'intérieur. Oui, je me suis dit, il est en forme parce que là, il vient de nous faire un marathon, une interview marathon. Tu vas juste me...

Paul Fontaine - Ben moi je suis fracassé là, je vais méditer, faire mon yoga et boire, du coup ça fatigue je pense que toi aussi. Et du coup, je suis content. Je te remercie vraiment du fond du cœur. Merci infiniment pour ça de m'avoir permis de faire cette longue interview. Je n'ai jamais fait une interview aussi longue dans ma vie. Et je suis toujours frustré à la fin des interviews qui durent une heure. parce qu'on n'est pas allé au bout. C'est la première fois dans ma vie que je fais ça, d'avoir quelque chose de très complet sur ce que je peux dire, ce que je peux amener. J'ai encore plein de choses à dire mais on va s'arrêter là.

AnBé - Ah bah super, écoute quand j'ai des retours comme ça, ça me fait tellement plaisir. Par contre je voudrais qu'on sache où te retrouver pour ceux qui veulent te suivre sur les réseaux sociaux puisque justement tu partages...

Paul Fontaine - Et bah écoute Facebook, LinkedIn, Instagram, Paul Fontaine ou paul.fontaine.conf J'ai des vidéos de conférence qui sont en ligne sur Youtube, des TEDx, des choses comme ça. Et puis la sortie de ces futurs bouquins qui seront annoncés aussi sur mes réseaux.

AnBé - D'accord, super.

Paul Fontaine - Et sinon, on peut me retrouver dans son cœur, dans la méditation, dans ce que je dis, dans toutes ces petites croyances qu'on peut laisser maturer un peu en soi et de se dire « oui, c'est vrai, c'est Paul Fontaine qui a dit ça, mais en fait, il l'a entendu aussi d'ailleurs et des fois, tu vois, moi, j'aime ma pensée, quoi. Ce que je dis et ce que je pioche, ça ne vient pas que de moi, ça vient aussi de... d'une forme de bibliothèque interstellaire, Interstellar là, de ce film et qu'en fait tout ce qu'on peut dire de croire, de croire en fait, ce soit positif ou négatif, ça existe déjà quelque part sur Terre. Et voilà. Oui, l'ego il veut être la source, mais on l'est aussi. Mais on l'est aussi, enfin bref là, je divague mais voilà.

AnBé - Eh ben un énorme merci et au plaisir évidemment.

Paul Fontaine - Merci infiniment. Merci. Je fais des cœurs. Ciao ciao.

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