#111. Cyril Derreumaux : doublé de traversée Pacifique-Atlantique en kayak solo
Épisode du 15 avril 2025
L'aventure extrême, entre records du monde et connexion profonde.
Ecouter l'épisode (1:12':48'')
Ecouter l'extrait (10':42'')
Le 4 mars 2025, après 71 jours, 14 heures et 57 minutes de traversée, le kayak de Cyril Derreumaux touche le ponton de la marina du Marin en Martinique. Il est 20h02 heure locale.
Derrière lui, les 2500 milles nautiques (4630 km) qui le séparent de son point de départ, l'île d'El Hierro aux Canaries. Une nouvelle aventure réussie pour cet aventurier qui est loin d'en être à son coup d'essai.
Cyril Derreumaux, c’est l’histoire d’un Français devenu citoyen du monde, qui a troqué les sentiers battus pour le bleu des flots. Aventurier insatiable, il détient non pas un, mais deux records du monde en kayak océanique . Et dans ce nouvel épisode il nous raconte cette traversée de l'Atlantique en solitaire sans assistance qu'il vient de boucler.
Ce qui rend Cyril passionnant ?
C'est qu'il n’est pas "juste" un sportif hors normes mais c'est surtout un explorateur qui nous invite tous à vivre sans plus attendre ce qui vous fait vibrer.
© Cyril Derreumaux
Qui est Cyril Derreumaux ?
Né à Lille en 1976, aujourd’hui âgé de 46 ans et également citoyen nord-américain, Cyril Derreumaux se décrit avant tout comme un citoyen du monde. Polyglotte maîtrisant six langues, il est animé par une soif insatiable d’apprendre et de découvrir de nouvelles cultures.
C’est cette curiosité profonde qui, à l’âge de 25 ans, l’a poussé à parcourir le globe en sac à dos pendant un an avec seulement 7 000 euros en poche. Une aventure fondatrice qui a profondément transformé sa vision de la vie.
Installé ensuite en Californie pour y poursuivre une carrière dans le vin, il découvre la pirogue polynésienne, le canoë et le kayak — renouant ainsi avec son amour d’enfance pour les sports nautiques. Très vite, Cyril repousse ses limites dans des défis d’ultra-endurance en rivière et en mer.
Sa rencontre avec la Great Pacific Race marque un tournant décisif. Découvert par hasard, il est séduit par le slogan de la course : "Vous n'avez pas besoin d'être un rameur pour ramer un océan." Cyril se lance dans l’aventure : il traverse l’océan Pacifique à la rame avec une équipe de quatre hommes, reliant la Californie à Hawaï en un temps record de 39 jours. Cette performance leur vaut un record du monde Guinness pour la traversée océanique la plus rapide en équipe.
Mais Cyril ne s’arrête pas là. Toujours en quête de dépassement, il rêve alors d’une traversée encore plus folle : traverser le Pacifique à la seule force de ses bras, en kayak, et en solitaire. Malgré les obstacles et une première tentative avortée, il réalise cet exploit monumental en septembre 2022, atteignant Hilo après des semaines de traversée.
Et en mars 2025, il vient de réaliser une nouvelle traversée océanique, celle de l'Atlantique, toujours en kayak. Avec ce doublé, il réalise une incroyable première mondiale.
C'est sans surprise que vous apprendrez que Cyril fait partie de l'Explorers Club de New York et de la Société des Explorateurs Français...
"Dans l'histoire des traversées océaniques, a eu environ 800 traversées en bateau d'aviron, dont 230 en solitaire. En kayak, avait que 5 personnes qui l'avaient fait. Donc, on a vraiment une grande mesure de différence. Et la raison, c'est simplement que le bateau est beaucoup plus petit, il est moins efficace parce qu'on utilise une pagaie double et pas les jambes. Comme les rames sont plus petites, il faut pouvoir toucher l'eau des deux côtés en étant ainsi. Ça veut dire que le cockpit est plus petit, la cabine est plus petite...." (extrait de l'épisode 111)
© Cyril Derreumaux
Le parcours de la traversée de l'Atlantique. Les points sont des articles de son blog (lien vers ce dernier en bas de page).
Extrait de l'entretien :
"Je pense que j'ai choisi ces aventures-là parce que il n'y a personne qui peut m'empêcher de le faire. C'est à dire que si je veux être skateboarder professionnel, il faut avoir du talent, il faut être bon à la compétition. Si je veux être chanteur, si je veux être peintre, c'est les autres qui jugent de ta capacité ou non à le faire. Là, non, je peux être aventurier, je prends un bateau, je le fais, il n'y a personne qui m'arrête. Que je réussisse ou non, il n'y a personne qui peut m'arrêter, je le fais.
Et alors après, ce n'est pas vraiment le goût du long, c'est simplement que je me suis trouvé un talent à gérer le mental et en fait, je ne suis pas très bon à tout. Je ne pas très rapide, je suis pas très musclé, je suis pas bon en électricien, je ne suis pas bon en médecine, mais j'arrive à toucher à tout.
Donc en fait, j'ai trouvé une discipline dans laquelle il faut être comme un couteau suisse, savoir gérer son mental, savoir gérer son physique, savoir gérer tout ça quoi en fait, fabriquer le bateau, être passionné et donc ça me va bien mais oui c'est pas pour tout le monde de pouvoir traverser.
Ce qui est intéressant c'est que moi je suis extroverti et je suis pas introverti du tout donc quand tu parles du temps long, la solitude je savais pas comment la gérer. Comment je vais faire ? J'adore les gens !
Tu vois, je suis tout seul à maison, j'ai envie d'appeler des potes parce que c'est comme ça que je prends de l'énergie. J'adore ça. Alors que je suis tout seul, comment je vais gérer ça?
Et en fait, j'ai dû l'apprendre et j'ai découvert que j'aimais être seul et je l'aurais jamais su sans être sur le bateau."
Cyril Derreumaux, extrait de l'épisode 111
En touchant le ponton de la marina du Marin (Martinique) ce 4 mars 2025 à 20h02 locale, le kayakiste Cyril Derreumaux achève, en 71 jours 14 heures et 57 mn, une traversée de l’Atlantique exceptionnelle de 2500 milles (4630 km) entre l’île d’El Hierro (Canaries - Espagne) et Le Marin (Martinique - France).
© Cyril Derreumaux
Où retrouver Cyril Derreumaux
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Site officiel : https://cyrilderreumaux.com. http://www.solokayaktheatlantic.com/
- Blog : https://medium.com/@cyrildx
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Instagram : cyrildx
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Facebook : Cyril Derreumaux Adventure
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Twitter/X : cdxpro
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YouTube : Cyril Derreumaux - YouTube
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Podcast perso : I really want to do this
Autres épisodes mentionnés pendant la discussion :
- épisode 3. Ben Lecomte, traversées océaniques à la nage
- épisode 97. Isabelle Joschke, navigatrice, Vendée Globe
- épisode 26. Maxime Richard, quadruple champion du monde de descente de rivière
- épisode 108. Fabien Leroux, tentative de traversée de l'Atlantique à la nage, "2 AVC, et alors ?"
Illustrations sonores
Musique :
Cali by ItsWatR (Direct Licence)
Whipped Cream by IsWatR (Direct Licence)
Travel the Eastern Road (lic. AudioHero)
Son :
Radio Short Wave (lic. AudioHero)
Hit Dark Impact (lic. AudioHero)
WaterOcean L2WATER_98_1 (lic. AudioHero)
OceanWaves_DIGIC17-29 (lic. AudioHero)
Retranscription de l'épisode
Retranscription automatique donc fiable à 95% - les 5% d'erreurs peuvent être parfois assez délirants... En espérant ainsi être utile à nos amis malentendants. Numérotation pré-édition du son - donc il n'y a plus de correspondance avec l'audio définitif.
Bonjour Guillaume Funck.
Bonjour Anne -Bé.
AnBé
Ça fait très plaisir de te recevoir à Namur, chez moi carrément. Ça c’est les plus beaux d’enregistrement. C’est trop content. Tu as eu une grande première de ton documentaire hier en plus. Apparemment c’est bien passé. T’es chaud là comme on dit. Oui, exactement. Hier c’était la première.
du film sur la traversée des Alpes. Oui voilà, donc tu viens nous parler toi de la Paralpine qui a été ton projet. Donc je vais te laisser te présenter ce beau projet. Oui. Du coup, moi c’est Guillaume, j’ai 26 ans et je suis passionné de montagne depuis une bonne dizaine d’années. Donc je suis belge d’origine.
J’ai eu la chance de découvrir un peu ce monde de la montagne assez jeune, à 13 ans. Et puis après, j’ai commencé à en faire beaucoup. Et voilà, et puis maintenant, j’ai fini mes études d’ingé, d’abord à Loin -la -Neuve, puis en France. Et puis je me suis installé à Grenoble pour...
AnBé
pouvoir profiter encore plus des montagnes, en faire un max, et du coup aussi pour pouvoir concrétiser ce projet qui me faisait tant rêver de traverser les Alpes en parapente de la Slovénie jusqu’au Nice.
Et donc aussi la spécificité du projet, c’est qu’il y a 10 potes qui me rejoignent sur chaque sommet, parce que je voulais faire des sommets en alpinisme aussi, et je reliais entre les sommets en parapente. Et donc c’est vraiment un projet aussi pas mal tourné autour de l’amitié, du partage et tout ça, et c’est ce que j’ai essayé de raconter dans un film qui s’appelle La Paralpine, et qu’on a projeté pour la première fois devant 500 personnes hier à Stockel, à Bruxelles.
Oui, donc 500 personnes, alors ça impressionne ? Oui, alors ce qui est marrant c’est que au début je comptais faire ça dans un petit cinéma à côté de chez moi et puis il n’était pas dispo parce qu’ils refaisaient la carpette et du coup j’ai trouvé une autre solution et il y avait ce cinéma qui était dispo avec 500 places, j’avais un peu les boules, je pensais qu’on allait être 50, finalement on a réussi à le remplir. Donc trop bien, c’était vraiment génial de pouvoir...montrer ça pour la première fois aux copains, à la famille, et du coup vraiment très chouette.
AnBé Oui, et aux copains des copains, parce que soit tu as une famille vraiment très très chère et très importante, soit... Oui effectivement, il y avait aussi pas mal de monde que je ne connaissais pas.
AnBé
D’accord, vraiment bien. Et donc moi j’ai pu voir ce film.
Je pense que justement, ma petite fille avait des questions sur ça. Mais donc ce sont ces parapentes alpinismes. Mais tu reconnais certainement bien aussi des rochers tout près de chez moi, si tu as fait de l’alpinisme. Moi, j’ai grandi à côté des rochers de Freyr. Donc je voyais tout le temps les gens qui passaient avec leurs clochettes. Enfin, c’est les Gilles de Binche quand on passe avec les cordes et les mousquetons. Donc c’est bien sympa. J’ai vu qu’elle avait des photos. Tu connais peut -être aussi Pablo Recour ?
Guillaume Funck
Oui, bien sûr, il était là hier.
AnBé
Il est dans le podcast aussi. C’était un chouette entretien. Tu as fait aussi du ski alpinisme ? Pour ceux qui ne savent pas, le ski alpinisme, c’est du ski de randonnée en compétition.
Guillaume Funck
C’est un peu une course poursuite en montagne. On a souvent cinq montées, cinq descentes et le but c’est de faire le parcours le plus vite possible. Et donc ça, ça fait aussi un moment que j’en fais. Je suis... Moyennement bon, enfin ça va, je me débrouille, mais par rapport aux meilleurs, évidemment, il y a encore une grosse marge, mais c’est vraiment un sport qui me plaît beaucoup parce que ça permet d’être beaaucoup en montagne, de faire des grandes journées où tu fais plein de montées, plein de descentes, plein de sommets. Ça, je trouve ça vraiment top. Et puis du coup, il y a les compétitions où... Enfin moi, je suis un petit peu compétiteur, mais ce qui me plaît surtout, c’est de...
AnBé (09:44.398)
L’ambiance.
Guillaume Funck
L’ambiance et surtout de te donner à fond et de finir complètement éclaté à la fin. Et du coup, pour ça, c’est vraiment parfait. Et en plus de ça, et j’en profite pour le mentionner, il y a les championnats de Belgique de ski alpinisme qui ont lieu chaque année. Alors ça n’a pas lieu sur un terril à Charleroi.
AnBé
Oui, j’allais dire, mais on les fait où exactement ?
Guillaume Funck
On les exporte. On les exporte, on s’incrute dans des compétitions en Suisse ou en France. Et d’ailleurs, ça fait beaucoup rire les Français, les Suisses.
Il y a des championnats de Belgique, mais ça existe. Ce qui est cool, c’est que cette année, on était 40.
J’essaye de ramener un max de copains et de copines et ils viennent avec leur matériel lourd. C’est quand même assez spécifique, tu as des bottines en carbone hyper légères, normalement des skis tout fins. Et là, les gens, ils venaient avec du matériel pas du tout adapté, mais c’était bien rigolo. On a fait une grosse soirée, c’était chouette. Voilà, la réputation des Belges quand même étant des petits rigolos. Mais on est toujours là ! On en profite pour le moment. On fait le spectacle en plus. AnBé
J’avais une Inka Belles qui avait été championne du monde de ski à alpinisme, qui est passée sur le podcast. Elle est d’Andorre. Le coureur François D’Haene était passé sur le podcast aussi. On avait plutôt parlé de trail cette fois -ci. Je ne me désespère pas de le revoir une fois. On parle plutôt du ski alpinisme. François D’Haene fait aussi du ski alpinisme. C’est pour ça que je veux dire, ce serait bien de l’interviewer une fois sur ce volet-là. Et donc ta préparation pour ta transalpine, du coup … oh j’allais dire PieraMenta, non, ta paralpine.. Tu avais quand même bien préparé ça avec des stages par exemple de parapente en situation difficile. J’ai vu aussi le stage d’Annecy.
Guillaume Funck
Oui, ça s’appelle des stages de simulation d’incidents de vol. Donc c’est des stages où en gros...
Le point faible d’un parapente, c’est que c’est une structure gonflable et du coup, ça peut se dégonfler. Quand t’es en l’air et que ta voile qui se ferme ou dit que du coup, elle se dégonfle et qu’au-dessus de ta tête, il n’y a plus rien, ça devient embêtant. Donc, pour apprendre à se débrouiller dans ces situations-là et pas être pris de cours, on a des stages avec un moniteur qui est formé pour et qu’on a à la radio. On est briefé avant toutes les manœuvres qu’on va faire. On fait petit à petit des manœuvres de plus en plus difficiles. Et puis après, on les exécute au-dessus du lac. Et on le fait au-dessus d’un lac parce qu’au cas où on doit tirer le parachute de secours, comme ça, on n’atterrit pas sur les fesses. On peut se faire mal en atterrissant avec le parachute de secours.
Mais voilà, du coup j’ai fait ce stage -là, enfin j’en ai fait plusieurs, j’en ai fait quatre au fil des années. Et c’est vrai que c’est super important pour avoir plus de marge technique, de bagage qui te permet de savoir comment réagir. Parce que quand ça t’arrive pour de vrai, c’est encore autre chose.
AnBé
Ça t’est arrivé ?
Guillaume Funck
Non, des petits incidents de vol mais pas des gros...Pas des gros vracs
.
AnBé
D’accord.
AnBé (13:21.518)
Alors tu as... J’ai appris plein de choses avec ton film là. Heureusement j’ai pu le voir au moins en partie. Mal juger les vents. Ça c’était intéressant parce que toi tu disais, tu as décidé de le faire sans moteur du tout, même sans vélo. Donc tu marchais ou tu volais point barre. Donc ça c’était le concept. Et alors tu disais quand tu juges mal les vents, on passe très vite de tout bon à tout con. J’ai beaucoup aimé l’expression.
Guillaume Funck
C’est particulièrement vrai en parapente parce que... ta situation peut très vite évoluer autant du bien vers le mal que du mal vers le bien.
Et du coup, là, en l’occurrence, c’était un jour où j’avais mal évalué la direction du vent sur la montagne où j’arrivais. Du coup, il venait de la direction opposée à celle que j’avais anticipée. Donc, je me suis retrouvé du côté où le vent descendait très fort de la montagne au lieu de la remonter. Déjà, tu te fais chahuter en l’air parce que c’est assez turbulent quand le vent passe par-dessus une montagne. C’est comme dans une rivière avec les cailloux, et du coup, j’ai été amené en deux secondes vers le fond de la vallée alors que j’étais à 4000 mètres. Donc tu passes très vite de tout bon à tout con.
AnBé
Et le sac il fait combien encore ?
Guillaume Funck
En kilos ? En fait ça dépend assez fort. Maintenant il y a eu pas mal d’évolutions dans le matériel de parapente. Donc les parapentes les plus légers font moins d’un kilo. Et les sellettes, c’est notre siège, il y a des sellettes qui font 100 grammes. Donc on pouvait avoir vraiment du matériel très léger. Maintenant c’est des voiles qui sont faites uniquement pour descendre. Il y a aussi...
(15:09.006)
des voiles comme celles que j’avais qui sont plus faites pour le vol de distance. Et là ma voile pèse 4 kilos, ma sellette elle pèse 2 kilos et puis j’ai le parachute de secours qui fait 1 kilo. Donc ça fait 7 kilos. Et puis après j’ai mes habits et je n’avais pas beaucoup plus que ça. J’avais un sac de couchage, un matelas. Et un peu de quoi manger et boire. Et un peu de quoi manger et boire mais j’avais pas de tente, je n’avais pas de...réchaud ou quoi du coup j’avais un sac à vide qui faisait 13 -14 -13 kilos quelque chose comme ça et avec la nourriture et l’eau ça me faisait 16 kilos.
AnBé
Ce qui est déjà respectable quand on doit monter monter monter.
Guillaume Funck
Oui carrément mais j’avais un copain qui faisait plus ou moins la même... même traversée que moi mais juste en parapente sans l’alpinisme et lui il avait moins préparé son sac et il avait un sac de 24 kilos. Du coup tu réfléchis à deux fois avant de faire une montée quand t’as un sac aussi lourd.
AnBé
Excellent. Et alors oui pour le matos effectivement je voyais que c’était assez amusant parce que les Belges n’ont pas peur de rire d’eux-mêmes donc ça c’est trop cool. Les crampons sur basket tu conseilles ?
Guillaume Funck
Non. Au tout début de la traversée on était dans le haut de la Triglav du coup on a commencé notre périple là-bas parce que c’est le sommet de la Slovénie donc déjà c’est un peu l’extrémité est des Alpes et en plus de ça la Triglav c’est pour les Slovènes c’est vraiment la montagne qu’il faut avoir fait une fois dans sa vie la montagne est sur le drapeau etc et donc c’était aussi un peu symbolique de commencer là-bas sauf que je commençais avec Tonio un copain et qu’on n’avait pas prévu de prendre du matériel d’alpinisme parce que sinon on devait se le trimballer avec nous parce qu’il y avait personne d’autre qui pouvait le reprendre. Donc on n’avait pas de crampons, on n’avait pas de piolets, ni rien. Normalement, ce n’est pas très technique le Triglav, mais là, on était en début de saison, il y avait encore 3 mètres de neige et du coup on s’est retrouvés avec... Enfin déjà, on a essayé de trouver des crampons avant qu’on...
(17:15.15)
on avait juste des bouts de bois et on tapait dans la neige. Et puis après, une fois qu’on a trouvé des crampons au refuge, on les a mis sur nos baskets, mais ce n’était pas très très technique, donc ça passait bien. Mais ce n’est quand même pas très recommandé. Je ne sais pas s’il faut raconter ça dans un podcast.
AnBé
Si, en disant, ce n’est pas à faire. Et donc, au mois de quoi il peut y avoir encore de la neige sur le Triglav ?
Guillaume Funck
C’était au mois de juin.
AnBé
Au mois de juin, donc voilà. Même au mois de juin, il faut faire attention.
Guillaume Funck
Exactement. L’exemple à ne pas suivre.
AnBé
Attends, j’ai ma petite fille qui a aussi une autre question pour toi.
(Question de Valentine)
Pourquoi tu as dit que c’était une idée de merde ? Il a dit un gros mot ! T’as un pote qui dit, c’est beau, c’est bien, c’est une bonne idée, mais c’est une idée de merde quand même aussi. Il dit, qu’est-ce que je fous ici ?
au projet débile ou un truc comme ça. Oui c’est ça, c’est une bonne idée mais c’est quand même une idée de merde.
Guillaume Funck
Et puis alors du coup j’ai... Mais je suis pas sûr de voir exactement... Si, à un moment il y a un pote qui se regarde face à la caméra et qui dit qu’est-ce que je fous ici... oui, ça là aussi, je sais plus si c’est celui -là. Enfin c’était dans le trailer donc ça avait bien amusé. Oui il y en a plusieurs, il y a toujours des moments où on se demande qu’est-ce qu’on fout là.
AnBé
Toi aussi tu t’es demandé aussi mais : pourquoi je me suis lancé là-dedans ?
Guillaume Funck
Oui Oui à fond... Plus d’une fois et même pas que pendant la traversée parce que c’est vrai que c’est pas toujours facile quand t’as un gros projet comme ça d’arriver à croire en ton projet du début à la fin. Il y a plein de moments où tu te demandes mais qu’est-ce que je fous enfin...et peut -être même surtout après, pendant que je faisais le film, pourquoi je passe autant de temps là-dessus alors que ça ne va parler à personne ? Je ne sais pas, il faut... Ce n’est pas toujours tous les jours facile de croire jusqu’au bout dans ton idée.
AnBé
Maintenant, en débrief, ça va, c’est bon, tu es content de l’avoir fait ?
Guillaume Funck
Jje suis trop content de l’avoir fait, évidemment. C’était... C’était une super expérience. Ça et plein de trucs.
AnBé
Bah oui, clair. J’aime mieux aussi. A mon avis, maintenant ça doit aller.
J’avais une question de Valentine
Bonjour Guillaume, est -ce que tu as déjà failli t’écraser sur un rocher ?
Guillaume Funck
Dans les Alpes justement, à un moment j’ai un peu fait une mauvaise décision où j’ai décidé d’atterrir dans un pierrier quoi en gros, ce qui était pas très très malin mais...
AnBé
C’était pour ne pas descendre trop bas c’est ça ? Tu ne voulais pas faire encore une montée ?
Guillaume Funck
Oui parce que en fait je voulais passer de l’autre côté d’une montagne et du coup je voulais juste atterrir, porter ma voile sur 100 mètres et puis redécoller de l’autre côté.
Et du coup pour ça j’avais envie d’atterrir le plus haut possible et sauf que 200 mètres plus bas il y avait une prairie, quoi, j’aurais pu atterrir là. Mais pour gagner quelques mètres je ne l’ai pas fait donc c’était un peu con. Et là...
J’ai eu de la chance au final, mais je me suis quand même bien écorché le tibia.
AnBé
Oui, on voit que tu t’amusais beaucoup avec ta plaie, là qui est ouverte. Alors, tu appuies comme ça, on voit la pulpe en dessous, la chair qui sort et puis qui rentre. Tu te dis : mais arrête d’appuyer sur ce truc. Est -ce que tu t’es désinfecté les doigts avant de commencer à jouer avec ta plaie comme ça ?
Guillaume Funck
Oui, du coup, après ce n’est pas quelque chose dont je suis particulièrement fier. C’est plutôt débile. Mais... Mais ça arrive et après là c’est relativement mineur. Enfin je veux dire il n'est pas arrivé grand-chose au final. Non non non. Mais clairement ça peut arriver assez vite de finir encastré dans un rocher si justement tu as ta voile qui se ferme, qui se dégonfle juste à côté du rocher. Donc c’est pour ça que c’est quand même un sport...risqué et qu’il faut être très vigilant. Et quand t’es crevé, c’est dur. Et quand t’es crevé, c’est plus dur. Et quand t’as envie d’avancer dans un projet comme ça, c’est plus dur aussi de renoncer parfois.
AnB2
Oui, j’ai vu que ta motivation quand t’étais un peu à bout, c’était souvent de la perspective d’un lit douillet. On voit que tu arrives à tout donner. On se dit, j’aime bien en général voir le mindset des gens. Quel est leur moteur? Qu’est ce qui les fait avancer? Qu’est ce qui les relance quand ils ont vraiment dur? Certains ont la photo de leur enfant dans la poche. Et lui, c’est un bon lit. Mais on comprend quand on voit ton matelas qui en plus avait l’air de se dégonfler la nuit. Je te dis, je comprends.
Guillaume Funck
C’est vrai que je ne sais pas si je dirais que c’est le truc auquel je pense. Mais c’est clair qu’à ce moment-là, c’était une bonne motivation en tout cas d’arriver chez ma sœur pour pouvoir...dormir et puis juste arriver dans un endroit cosy, se faire accueillir. Ça fait du bien quand t’es un peu à l’arrache le reste du temps et que t’es crevé.
AnBé
Tu étais déjà à combien de jours avant d’arriver chez toi ?
Guillaume Funck
Je devais être à une trentaine de jours.
AnBé
oui, quand même.
Guillaume Funck
Oui, et puis c’était assez intense parce que le parapente, autant que l’alpinisme, ce sont des activités qui sont très prenantes mentalement. Il faut être attentif tout le temps. Et puis aussi, parfois tu as peur, parfois tu sais que tu dois être 100 % concentré parce que si tu te loupes à un endroit, ça peut faire mal. Et donc, ça te vide mentalement.
A la fin de la journée j’était complètement K.O. et moi je vois ça un peu comme si j’avais des points de vie dans ma tête et si je me prends une fermeture par exemple ça diminue mes points de vie si je vole dans des situations turbulentes et tout je perds aussi des points de vie et enfin des points de vie mentale qu’on a entre guillemets et du coup quand ma réserve de points de vie mentale est vide mais... c’est beaucoup plus dur de rester calme dans ces conditions et tout. Tu as plus tendance à paniquer et tout. C’est assez fatigant quand tu enchaînes comme ça tous les jours des situations comme ça, surtout que je suis seul, donc c’est moi qui prends les décisions et il n’y a personne d’autre avec qui en parler. C’est là que tu te rends compte que tu prends des dizaines de décisions par heure.
Quand je suis arrivé chez elle j’étais bien bien éclaté.
AnBé
Elle habitait où alors ?
Guillaume Funck
Elle habitait au Châble, c’est près en dessous de Verbier. Et maintenant elle a déménagé mais toujours en Suisse.
AnBé
Et alors c’est quoi ton vrai moteur maintenant qu’on rigolait avec le lit, mais… Pour redémarrer qu’est ce qui arrive à te relancer ?
Guillaume Funck
Pendant la traversée, de manière générale tu veux dire ?
AnBé
Oui, aussi pendant la traversée, oui.
Guillaume Funck
Pendant la traversée, c’est vrai que la perspective d’avoir les copains et les copines qui t’attendent au sommet suivant, c’était quand même assez motivant, assez cool, ça permettait de varier un peu le rythme du voyage. C’est très différent quand tu es seul ou quand tu es avec d’autres gens, les deux ont leurs avantages.
Mais ça je pense que c’était vraiment un vrai plus. Le voyage n’aurait pas été pareil si j’étais seul tout le long. Ça aurait été... Puis ça me correspond moins aussi. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup partager avec les autres.
Attends, je pose la question de mon autre fille. Peut-être qu’on a déjà répondu. Je crois que c’est sur les amis.
Amandine
Bonjour Guillaume, avec combien de partenaires as -tu fait ça ?
Guillaume Funck
C’est une bonne question. Il y a dix copains et copines qui m’ont rejoint.
Guillaume Funck
D’accord. On va les saluer au passage. Vas -y, dis -nous qui c’est.
Guillaume Funck
Du coup, il y avait Tonio avec qui j’ai commencé le trip. Lui, il vole aussi en parapente.
(26:03.47)
les dix premiers jours ensemble. Puis on a rejoint Eline dans les Dolomites, qui elle est une très forte grimpeuse et donc avec qui on a fait une magnifique voie. Après il y a eu Agnès, Albert et Elise qui m'ont rejoint au Piz Bernina, c’est le plus haut sommet des Alpes orientales. Et puis au Cervin il y a eu Damien, Quentin et Alexis. Et Lolotte au Grand Capucin, le Grand Capucin c’est dans le Massif du Mont Blanc, c’est un magnifique monolithe de 400 mètres de haut qui cassait la baraque.
AnBé
C’est clair que dans le film, ça c’est... Ça se voit quoi. C’est frappant la différence. Qu’est-ce qu’elle mange la copine? Parce que je veux la même chose.
Guillaume Funck
C’est assez frappant la différence d’énergie entre elle et moi. Toi t’es déjà un peu fumé à l’heure de ton parcours. Bon pardon, tu n’étais pas au début là. Et puis à la fin, il y a eu Sam pour le Viso. C’est un des beaux sommets des Alpes du Sud.
AnBé
Je crois que je suis arrivée là, moi.
Guillaume Funck
Oui, exactement. Super. Allez, salut au passage. Bravo les amis d’avoir fait partie de cette aventure.
AnBé
Et donc eux, ils t’amenaient un peu du ravito.
Guillaume Funck
Ils amenaient le matériel d’escalade.
AnBé
Tu vois le cas avec ton matériel d’escalade ?
Guillaume Funck
Oui, parce qu’en fait, le matériel d’escalade ou d’alpinisme, c’est assez lourd. D’alpinisme, pardon. On a fait de l’escalade et de l’alpinisme, donc ça marche quand même. Mais Oui, c’est assez lourd si tu dois prendre les...
parfois on a besoin de deux cordes, une dizaine de dégaines, plein de trucs, tu en as pour facilement 10 -15 kilos en plus. Donc ça c’était hors de question. Et donc l’idée que j’ai eue c’était de demander aux potes de ramener le matos à chaque sommet. Mais donc c’était quand même un sacré challenge logistique parce qu’il fallait s’assurer qu’ils aient tous et toutes les bons matos. Donc j’avais un peu dispatché du matériel un peu partout avant les Alpes avant et puis après il y avait du transit de matériel et au final ça a bien roulé mais c’est vrai que c’était quand même un...challenge logistique aussi.
AnBé
Et eux ils ont bien donné parce que tout à l’heure tu leur disais au revoir au sommet.
Guillaume Funck
Carrément.
AnBé
Bon après t’as marché beaucoup. C’est toi qui avais plus facile mais eux tu dis bon bah on est en train de redescendre avec tout.
Guillaume Funck
C’est un peu le côté... C’est vraiment des bons potes quoi. Oui, de ouf. Typiquement au Piz Bernina il y a du coup Élise et Agnès qui ont traversé la Suisse en stop pour me rejoindre donc elles ont fait plus que 5 heures de stop parce que c’est vraiment... à l’autre bout de la Suisse. Et elles avaient ma deuxième voile avec elles, le drone pour prendre des prises de vue, etc. En plus de tout le matériel de l’alpinisme. Donc c’est sûr sûr je les remercie beaucoup de l’avoir fait ça. Et en plus, on n’était même pas sûrs que j’allais pouvoir décoller du sommet et ni faire voler le drone. Quand on est arrivés sur la crête, il y avait beaucoup trop de vent, même pour faire voler le drone, alors que tu peux faire voler le drone dans plus de vent que le parapente.
Finalement, on a pu faire les deux. C’était trop bien et vraiment, c’était incroyable. Mais c’est vrai que ça a aussi un petit côté égoïste quand toi, tu décolles du sommet et 20 minutes plus tard, t’es dans la vallée posé et eux, il leur reste 9 heures de descente. Tu te sens un petit peu mal. En même temps, t’es très content quand tu arrives à décoller. Tu as aussi un peu ce truc en alpinisme où parfois tu te sens en prisonnier de la montagne, en fait, parce que t’as tellement... il faut tellement de temps pour pouvoir rejoindre la première route ou le premier chemin, et c’est pas du temps juste où tu marches tranquille, c’est du temps où tu as de la tension en permanence, etc. Donc parfois, quand t'es sur un sommet, t’es super super content, mais même temps, t’as cette sensation d'emprisonnement d’être...d’être vraiment engagé, d’être loin de la sécurité et du confort.
Et du coup quand tu arrives, quand tu t'envoles c’est en un coup cette sensation qui s’envole en même temps quoi, et tu te sens super libre. C’est assez incroyable quoi, surtout que après tu voles entre les glaciers et les sommets et tout, c’est assez fou.
AnBé
C’était assez joli. C’était assez beau, Oui Oui.
Guillaume Funck
Non c’est magnifique, c’est des des images, et puis Oui sur la vol d’aventure, c’est vrai qu’on a parlé des côtés un peu... voilà, c’était un peu plus compliqué.
AnBé
Mais ça fait partie et c’est bien aussi de ne pas montrer que tous les trucs, comme je dis toujours, instagrammables, sinon ça décourage les autres aussi. Et en plus, bon ben, j’en parlais avec la première femme guide de montagne d’Europe, qui était à mon podcast aussi, Martine Rolland. Et elle disait, oui, avec sa carrière, elle a quand même vu pas mal de copains qui sont morts en montagne. Et elle disait... C’est toujours des conneries quoi. C’est souvent le pas de travers tout à fait évitable le moment où on relâche l’attention comme tu le disais. Donc tu le disais oui bon c’est des conneries mais c’est exactement comme ça que ça arrive.
Tu es bien au courant évidemment mais c’est dommage. Il y a aussi un jeune champion qui est mort il n’y a pas très longtemps.
Guillaume Funck
Oui la semaine passée effectivement il y a un tout jeune...l’étoile montante du parapente français qui est mort en compétition. Il a eu une fermeture et après un enchaînement d’incidents de vol. On ne sait pas exactement.
En tout cas, ça s’est mal fini et c’est vrai que ça a fait un choc pour toute la communauté même si on sait que ça peut arriver et ça arrive malheureusement de temps en temps. Ça fait quand même toujours un rappel. En alpinisme, c’est pareil, c’est des sports qui sont quand même dangereux où finalement la mort, elle n’est pas si loin que ça. Ce qui est dingue, c’est que...On aime tellement ça et ça nous rajoute tellement quelque chose en plus je pense dans nos vies qu’on continue quand même à le faire même si c’est parfois très égoïste. Mais du coup c’est pour ça que je pense que c’est important d’arriver à le faire le mieux possible.
De dire que c’est pas non plus que pour soi. Parce que moi au final si je meurs en montagne ou en parapente, moi ça va être assez vite réglé quoi. Donc ce n’est pas tant pour moi que ça me fait peur, c’est plus pour mes proches et tout ça. Je sais que la douleur va être beaucoup plus...
et donc par respect je trouve ça bien de se former, de faire demi-tour et au final faire demi -tour c’est...Une fois que tu as décidé de faire demi-tour, c’est assez vite accepté. En alpinisme et en parapente, il faut arriver à changer de plan facilement, pas vouloir faire un truc à tout prix. C’est la première grosse erreur qui peut t’amener à la catastrophe. Après, c’est facile de parler de ce qu’il ne faut pas faire. Après, quand ça arrive à tout le monde de faire... Il ne faut pas quoi.
AnBé
C’est dans tout, c’est vraiment le coup d’être pressé d’arriver ou d’en faire terminer. Mike Horn dans son livre racontait aussi, il a arrêté de prendre des précautions pour tâter le terrain, parce qu’il y avait des crevasses et en voyant un bateau, ils étaient vraiment à fin de ravito avec les autres quand ils ont traversé le pôle nord, je crois, avec un autre et donc ils étaient vraiment...à bout de vivre quoi et puis quand ils ont vu le bateau et l’autre lui dit vas-y en avant et il n’a plus pris les précautions habituelles paf jusqu’à la taille dans l’eau ça peut ça peut tourner à la cata
Guillaume Funck
carrément
AnBé
Oui c’est toutes des conneries …ou même bêtement en voiture les gens ils s’endorment en général très proche de chez eux au volant quand il y a des crash c’est très très proche de chez soi en général que ça arrive là où on connaît bien la route et du coup tu relâches ta vigilance c’est toujours le même truc
Guillaume Funck
et puis ce qui est sûr ce qui est ce qui est un grand facteur de risque si tu as des chances d’avoir un accident ou pas, c’est le temps que tu passes en montagne. Si tu y es tous les jours, les probabilités s’accumulent. Tu parles aussi beaucoup avec les gens du coin quand tu ne connais pas. Oui, j’ai essayé vraiment de faire ça le mieux possible. J’ai contacté une série de pilotes vraiment très forts qui ont pu...me donner leur avis sur l’itinéraire que j’avais prévu, puisque j’avais prévu un itinéraire avec des sites internet où tu peux voir tous les coins où il y a le plus de gens qui passent. C’est un peu une heat map comme ça de là où il y a beaucoup de vols et ça te permet d’avoir une idée de là où tu pourrais passer. Mais après, ça reste un site internet. Du coup, ça ne te dit pas à cet endroit-là, il y a un truc bizarre qui se passe avec le vent l’après-midi, alors qu’en réalité, il y a pas mal de...
Donc c’était intéressant de demander à ces pilotes leur avis aussi et puis pendant la traversée je les avais parfois par message pour leur demander. Enfin il y en avait surtout un dans le Valais là où...qui me suivait. Il y a un live sur internet où on peut te voir en temps réel. Du coup, ils me suivaient, ils m’envoyaient des messages, ils étaient là, oui, nickel, là, j’irais là plutôt. C’est vrai qu’avoir cette connaissance locale, c’est assez précieux parce qu’il y a des trucs où si tu ne le sais pas, tu peux te faire avoir et c’est mieux de le savoir pour ne pas se faire surprendre.
AnBé
Et les tout beaux moments alors comme ça.
Guillaume Funck
Pendant la traversée ? Je pense que c’est des beaux moments de vol. Ce qui est marrant c’est que tu changes ta perspective par rapport au vol. Pour les parapentistes purs et durs, le grand jeu c’est de faire des triangles, des trucs pointus et de faire le plus grand triangle possible dans le ciel.
Et donc ton but c’est de voler 10 heures, de faire 200 kilomètres et voilà. Et là pendant la traversée, moi si je volais parfois, j’ai fait des vols d’une demi-heure où je suis super content parce que ça te permet de traverser toute une vallée. Tu dis yes, tout ça je ne vais pas devoir marcher. Et en fait, tu changes du coup toute ta perspective sur la pratique. Il y a des tout petits vols parfois qui sont trop bien. Ou bien quand tu arrives à atterrir sur le sommet d’une montagne et puis dormir là. Ça c’est génial.
Mais je pense que le grand moment de vol de toute la traversée, c’est quand j’ai décollé du refuge juste sous le Cervin. Et là, il y avait du coup...
Lexy, Quentin, Damien et Dom, c’est aussi un autre copain qui m’a rejoint mais pour filmer. Et puis j’ai décollé et il y a eu directement un rapace qui tournait aussi dans une ascendance. Donc on a tourné ensemble sur les flancs du Cervin.
AnBé (37:37.134)
C’est pas mal.
Guillaume Funck
C’était vraiment mythique. Je suis monté jusqu’à 3800 sur le long du cervin, et il dit coucou à des alpinistes de la main. Je me suis barré pour continuer ma traversée. La vallée de Zermatt, c’est incroyable. Il y a 38 4000 dans une seule vallée. C’est presque la moitié des sommets de plus de 4000 des Alpes. Ils sont dans une seule vallée.
Donc il y en a de partout et tu voles le long de ces faces qui sont énormes. C’est presque les Himalayens.
AnBé
Il n’y a pas besoin d’aller si loin. Il faut avoir une très belle sensation.
Magnifique paysage en tout cas, ça c’est clair.
Les vents, en tout cas moi j’en ai vraiment appris énormément.
Il y a des vents, tu disais, tu sais pas monter, il y a un espèce de plafond qui se fait avec de l’air chaud et tout, c’était quoi ?
Guillaume Funck
Oui, ça s’appelle une couche d’inversion. La minute scientifique : la couche d’inversion, les amis. C’est pas sorcier. On est partis.
Guillaume Funck
En fait, en parapente, ce qui est assez important, c’est la constitution de la masse d’air en termes de température. Donc pour qu’une bulle d’air chaude...elle continue à monter, il faut que l’air refroidisse suffisamment vite. Si l’air refroidit très vite avec l’altitude, la bulle d’air chaud va monter de plus en plus vite. Et s’il n’y a rien pour la stopper, ça fait des gros cumulus, puis des cumulonimbus et des orages. C’est pour ça que ça arrive des orages l’après-midi en été. Et par contre, si tu as quelque chose pour la stopper, ça veut dire si la température elle réaugmente dans le...l’altitude, et bien t’as tout qui s’arrête dans cette couche d’air chaud et donc c’est impossible d’aller plus haut que ça en parapente parce que t’es bloqué par cette couche d’air chaud et donc tu peux l’observer.
AnBé (39:42.03)
ou même pas que en montagne, mais tu peux observer une couche de brume comme ça qui a une altitude constante, la même altitude partout et ça c’est une couche d’inversion et l’exemple le plus connu peut -être d’une couche d’inversion c’est les mers de nuages.
C’est souvent en hiver qu’il y a des mers de nuages, surtout à Grenoble où tu bosses sous la mer de nuages et puis tu vois la webcam à Chamonix au-dessus des nuages et tu vois qu’il fait trop beau, tu es là, yai yai. Et du coup la mer de nuages c’est parce qu’en fait il fait, parfois il fait même plus chaud au-dessus de la mer de nuages que dans la vallée quoi. Et du coup les nuages ils ne remontent pas plus haut.
AnBé
voilà, en tout cas ça me faisait penser quand tu parlais de tout ça, c’est un peu comme les surfeurs qui passent beaucoup de temps avant d’aller regarder où sont les courants etc. Je me dis voilà, c’est les surfeurs des cimes, les parapentistes.
Guillaume Funck
C’est vrai que le parapente c’est un sport qui demande beaucoup d’observation.
ce qui se passe en l’air parfois tu peux voir un petit du pollen remonter ou quoi et tu en fait c’est un thermique qui remonte ou bien même tu sens parfois tu sens l’odeur des vaches quand tu es au-dessus d’un champ d’un pré avec des vaches dedans parce que tu as un thermique qui s’est déclenché qui remonte leur odeur jusque toi quoi et alors tu es là ok là c’est un thermique et tu vas dedans et du coup les très bons pilotes ils sont très très observateurs et souvent ils ont vu un truc que toi tu n’avais pas vu et ça leur permet de sauver parfois d’une situation où toi tu dois poser.
AnBé
J’avais interviewé Tom de Dordolot, je sais pas si tu connais.
Il disait qu’il avait passé beaucoup de temps à simplement observer le mouvement de l’eau dans des rivières, parce que le vent fait exactement la même chose autour d’un obstacle etc.
Guillaume Funck
C’est super intéressant de s’intéresser à tous ces phénomènes, il y en a plein.
(41:40.206)
Et c’est aussi, comme tu disais, c’est un peu comme le surf. Ce qui est marrant, c’est qu’en fait, le parapente, c’est un sport de glisse. Et il y en a qui disent que les surfeurs ou les kayakistes deviennent des assez bons parapentistes. Parce que, en fait, c’est un peu la même sensation de glisse que tu dois avoir dans un thermique pour l’enrouler proprement.
Et quand tu es dans un gros thermique qui te remonte à 5 mètres par seconde vers le ciel, et bien tu as vraiment l’impression de surfer dans l’air quoi. C’est assez kiffant.
AnBé
Oui carrément, on est 5, tu disais 5 mètres seconde, ça peut faire plus aussi ?
Guillaume Funck
Oui donc 5 mètres seconde ça fait 18 km heure vers le haut. Oui c’est bien. Moi qui déjà peux attraper des jets en en ballant en soir. Mais après il y a...
Les plus gros thermiques que j’ai entendu c’est dans les Alpes, il n’y en a pas trop. Mais en Himalayas les thermiques PEUVENT être très puissants et j’ai déjà vu des vidéos de gars qui étaient dans des thermiques à 13 m/s. Donc là tu montes à 40 km en réanleau quoi. Et après si tu vas...
Si tu vas dans un cumulonimbus, c’est le nuage des orages, là ça peut monter à 20-30 m/s,
mais en général ça se finit mal pour toi.
Oui c’est ça. Il y a quelque chose que ça peut arriver d’aller trop ou... Si tu es pris dans un cumulonimbus, tu meurs en général. Même les avions de ligne évitent les cumulonimbus, donc nous on les évite à tout prix. À cause de trop de turbulence, la voie se ferme ou...Tout l’air chaud rentre dans le nuage et puis c’est un phénomène qui s’emballe quoi. Il y a de plus en plus d’air chaud qui est aspiré et à un moment le phénomène s’auto-entretient et en fait le nuage aspire de l’air d’en dessous et du coup il y a déjà des histoires de parapentistes qui ont été prises dans des cumulonimbus et qui sont sorties à 10 000 mètres.
(43:57.39)
Tant, ils sont montés à plus de 20 par seconde, redescendus à moins de 30 ms. Ils se sont pris des grelons de la taille d’une balle de tennis. Il y a une histoire très connue d’une fille...
d’une femme en Australie qui a survécu à ça, justement. Je pense que c’est un peu la seule. C’est un miracle. Elle a perdu connaissance en arrivant à 10 000 d’altitude. Ça lui a permis d’utiliser moins d’oxygène, de survivre. Puis sa voile a décroché parce qu’elle était complètement gelée. Puis elle s’est ouverte à 6 000 Un truc de fou. Je pense qu’elle s’appelle Eva Ewa.
cumulonimbus, tu tombes sur sa page Wikipédia. C’est assez rigolo à lire parce que t’es là, mais c’est pas possible.
AnBe
Oui, ça va, je rajouterai à la page d’épisode. Moi je vais aller aussi, tiens. Après avoir regardé la fin de ton film. Oui, non, c’est une histoire de... C’est dingue ça. Mais nous on n’a pas envie de faire pareil.
Guillaume Funck
Non, non, non. En tout cas, les inversions ça va maintenant, on maîtrise, c’est top. Attends, je regarde un petit peu, ça va, on va parler, ça on a parlé.
AnBé
Tu l’avais dit dans l’intro, partout où tu étais passé ?
Guillaume Funck
Je pense, je peux le redire si tu veux.
AnBé
Redis -moi un peu ton itinéraire complet alors, les pays traversés.
Guillaume Funck
Oui, du coup, je suis parti de la Slovénie et l’idée c’était d’aller jusqu’à Nice, à la mer, en passant par six sommets emblématiques.
C’est complètement arbitraire, c’est selon moi. On a commencé au Triglav et puis après on est allés au Trecime dans les Dolomites. C’est la destination un peu trop touristique dans les Dolomites mais pour grimper, c’est incroyable. Après le Piz Bernina qui est le plus haut sommet des Alpes de l’Est. Le Cervin parce qu’il est quand même un peu incontournable. Le Toblerone. Et puis l’idée c’était de faire le Mont Blanc. Finalement on a fait le Grand Capucin à la place puisque...La voie qu’on voulait faire n’était pas en condition. Et puis le Viso.
AnBé
Top. Pour dormir, c’était refuge, bivouac un peu de tout ?
Guillaume Funck
Oui. En fait, du coup, je n’avais pas pris de tente. J’avais juste un demi -matelas qui arrivait aux fesses et puis un sac de couchage kilt. C’est un sac de couchage sans le dos. Donc j’avais ça. Sans le dos, parce que tu écrases le dos du sac de couchage et donc ça ne te fait pas de l’isolation. Il y en a qui se sont dit, ça ne fait pas d’isolation autant le virer et ce sera plus léger. C’est un truc ouvert sur le dos et tu passes une espèce de ficelle autour de ton matelas et ça t’isole comme ça. Franchement, c’est pas mal. J’avais un sac de couchage confort zéro pour 500 grammes.
Et puis du coup j’avais aussi un tarp, enfin c’est un poncho tarp. C’est vraiment un poncho tarp ? Non c’est vraiment un poncho tarp, c’est rigolo. Pour les gens qui savent pas un tarp ça veut dire bash en anglais donc c’est une...
tissu de tente comme ça assez léger qui permet de t’abriter et du coup il y a un trou pour mettre ta tête avec une capuche et ça te sert aussi de poncho et du coup je m'étais dit ça fait d’une pierre deux coups et comme ça je prends pas de veste GORE-TEX et ça me fait économiser du poids.
AnBé
Alors convaincu par le concept ?
Guillaume Funck
En vrai c’est pas mal parce que tu peux te mettre complètement en dessous avec ton sac et tout.
Après quand il pleut vraiment fort, ça ne t’isole pas plus. Enfin tu finis quand même trempé. Je le referais avec ça je crois. Mais du coup pour dormir, je n’ai dormi finalement pas tant que ça en pleine nature parce que tu te sens un peu moins...
(47:58.478)
protégé sous ton tarp qu’avec une tente. Ça c’est peut-être un truc que je changerais si je le vais le refaire. Ça 'a un peu manqué de ne pas être en pleine nature par moment. J’étais un peu dépendant de la civilisation pour l’électricité parce que tu as besoin de tes instruments de vol et pour aussi les caméras qu’il fallait que je recharge. Pour la nourriture parce que je n’avais pas de réchaud non plus donc je ne mangeais que froid, tomates mozza, Uncle Benz en sachet et tout ça. Je peux vous donner des conseils si vous voulez.
AnBé
Vas -y, vas -y, bon les conseils, c’est quoi que t’as plus apprécié ? Sans réchaud, surtout recommandes.
Guillaume Funck
Je prends les tomates mozza, valeur sûre. Du coup, je n’avais pas de la nourriture pour 10 jours.
Tous les jours faire des courses. oui, le couscous à l’eau pétillante aussi.
Oui, le couscous à l’eau pétillante, ça rajoute un petit truc en plus.
Juste pour dire qu’on l’a fait ?
Non, ça va, c’est pas juste dégueu.
En fait, c’était un endroit où il n’y avait pas d’eau, on a sonné chez quelqu’un pour avoir de l’eau, il nous a filé de l’eau pétillante. Du coup, on a gonflé notre porridge avec notre couscous avec l’eau pétillante.
C’était un peu particulier quand même, un petit goût de dafalgan comme ça. En plus, moi je suis un grand distrait du coup j’avais oublié la soupe sur le décollage précédent parce qu’on voulait mettre la soupe en poudre dans le couscous pour qu’il soit un peu meilleur. Et là on n’avait rien. Je suis avec Tonio à ce moment-là, il m’en a un peu voulu.
Enfin au final je l’avais oublié juste sur l’atterrissage à 100 mètres de là où on dormait et donc le lendemain on l’a retrouvé quoi.
(49:40.238)
Il y a eu quelques oublis comme ça. Une fois, j’ai oublié mes gants sur le décollage. Là, je ne les ai pas retrouvés après. J’ai décollé et je suis là, merde. J’avais oublié mes gants sur le déco. C’était trop tard pour y retourner. En plus, ce jour -là où je suis monté à 4000 avant de redescendre aux planchers des vaches.
AnBé
Il a eu froid aux papattes.
Guillaume Funck
Moi qui suis sensible des mains, j’ai eu bien froid ce jour -là. Tu as 40 km qui t’arrivent en permanence sur les mains.
il fait 0° là -haut donc ça te fait un ressenti au moins 10°. En plus il faut que ça reste mobile pour pouvoir diriger ta voile. Du coup c’était un peu la galère mais bon... Ça a été. Ça fait un peu mal. On te doit une très belle scène aussi assez inédite dans tes trucs. Là on a parlé de la Slovénie. Est -ce qu’on a refait tout le tour ? Oui on a dit partout où tu étais passé ? Tu m'as bien fait rigoler avec ta scène où tu arroses du ciel. Donc en même temps, je me dis, c’est vrai, manger en vol, boire en vol, pourquoi pas. Effectivement, il y a d’autres choses qui se font en vol.
AnBé
Pensée émue pour celui qui pourrait se trouver en-dessous.
Guillaume Funck
C’est vrai que c’est une la grande question des gens qui font pas du parapente quand tu leur dis que tu voles 10 heures. C’est là, tu pisses comment ? C’est vrai qu’il y a un moment où ça devient problématique si tu dois absolument aller aux toilettes. Pour les hommes, on a de la chance. C’est relativement facile. Tu te penches en avant et tu pousses le plus fort que tu peux. Ou bien sinon, tu fais dans une bouteille. Tu as aussi des pénilex, des trucs comme… ça vient des hôpitaux. Tu as un tube et tu peux... Tu as un truc plus ou moins équivalent pour les femmes. Mais ça marche un petit peu moins bien.
Je pense que c’est facile d’avoir des fuites. Sinon il y en a pas mal qui volent avec des couches du coup. Et je pense que la réalité c’est qu’il y en a surtout beaucoup qui boivent pas trop et qui se retiennent.
Parce que j’ai déjà eu des échos d’histoire, de couches qui saturent, tu vois. Je vous passe les détails. Ça peut être amusant. Mais en tout cas, il y a encore matière à évolution là -dessus. Et peut -être qu’il y a un business à lancer.
AnBé
Voilà, écoutez, en tout cas, tous les start-uppers. Il y a une petite niche là, c’est bien sympa. C’était drôle, c’était vraiment inattendu.
Guillaume Funck
C’est clair. Par contre, la grosse opération...On évite. Autant arroser un petit peu les plantes, ça va. Mais plus ça devient sportif, mais dans un peu moins...
AnBé
Oui, non, non, en fait non. Question suivante.
Qu’est -ce que tu estimes être ton... Donc ton équipement. On va continuer équipement puisqu’on parlait équipement pratico-pratique. Là on était vraiment tombés dans le dur. Donc tu as emporté deux parapentes et une base de light et l’anda. Tu as donc ton poncho tarp pas mal du tout. Quel est l’outil où tu t’es dit : J’ai vraiment adoré cet outil, je m'en passe plus jamais.
Guillaume Funck
Le poncho-tarp, c’est pas mal mais c’est vrai que je ne l’ai pas réutilisé depuis.
AnBé
Ce que tu conseilles absolument à quelqu’un qui veut faire ça.
Guillaume Funck
Qui veut faire ça, c’est dur.
AnBé
Une checklist pour rien oublier. Est -ce que j’ai la soupe aux tomates ?
Guillaume Funck
Prendre votre cerveau avec, ce sera le plus utile. Non, je ne sais pas. En fait, je pense que le truc, j’ai été très convaincu par mon vario. Le vario, c’est le truc... Parce que, en fait, quand tu es au milieu du ciel, c’est dur de se rendre compte si tu montes ou si tu descends. Du coup, tu as un petit truc qui te fait bip bip en permanence. Et ce qui est marrant, c’est que je pense que quand tu n’es pas parapentiste, mais ils sont complètement débiles, c’est marrant, c’est un truc hyper strident qui harcèle toute la journée mais en fait t’es trop content quand ça te fait blblblbl et tout, t’es là oula, ça monte un max et en fait du coup j’en ai un tout petit qui se connecte à ton téléphone dpar ans bluetooth et qui te permet de voir toutes les informations en live et ce qui est trop bien c’est que t’as un mini.
un mini panneau solaire, donc je n’ai jamais rechargé de la traversée. C’est assez technique. Ça ne t’intéressera peut-être pas. Non, non, si, si, bon, c’est bon. Les gens qui ne vont pas faire de parapente. En Belgique pour la rando, vu que ça va tout se varier de 3 mètres, ça va. Mais sinon, ce qui est marrant, c’est que du coup, j’avais fait un Excel et tout pour calculer au gramme près ce que j’aurais dans mon sac. Et du coup, j’avais vraiment...viré plein de trucs pour être le plus léger possible. Et par contre, j’ai quand même pris un kilo et demi de matos de vidéo, quoi. Alors que j’aurais pour le même prix pu prendre une tente et un réchaud. Mais ça, c’est hors de question. Et au final, je regrette pas trop. Ça fait un film quand même, qui apparemment a eu son petit succès hier. Donc trop bien, trop bien. Le choix n’était pas si mauvais. Mais ça m'est déjà arrivé une fois, j’étais avec un copain, on voulait faire...
un copain et puis on fait de l’alpinisme depuis des années. C’est avec lui qu’on a commencé à deux à en faire seul. Et du coup, on partait pour une course qui nous faisait rêver depuis des années et qui était quand même ambitieuse pour nous et qui sur trois jours, tu vois, pour arriver au Mont Blanc. Et là, on avait décidé de prendre qu’un sac de couchage pour deux pour avoir moins de poids. Le plan, c’est de dormir en cuillère pour avoir plus de chaud et on se mettait dans le sac. C’est pas tout à fait débile non plus. C’était notre plan. Et puis moi je mets mon gros appareil photo dans le sac. Puis là il me regarde, il fait t’es sérieux ? On va pas dormir en cuillère. Je suis là, dommage.
J’aurais essayé. Donc on l’a pas pris. Mais là comme... Mais ça a été pour dormir. Tu conseilles de se valider. Franchement c’est pas si mal. C’était pas si mal parce que t’as plus chaud quoi. Et moi franchement t’es tellement roots dans le genre de situation que tu t’en fous. Parce que tu... Oui ça rapproche. Et non du coup ça a été assez bien. C’est juste que tu dois un peu de coordonner pour...changer de côté quoi. Tu te décales petit à petit, et t’as l’autre qui est là, ok, hop, tu changes de côté. Mais sinon, je recommande.
AnBé
Ok, dis donc, on apprend des choses, super. Comment être léger ? Un seul sac à dos pour deux ? Non, sac à dos, sac de couchage pour deux. D’accord. On va parler un petit peu de... Je crois qu’on a pas assez toutes les questions un peu physiques, entraînement..., puisque tu habites en milieu là -bas, je suppose que ça se faisait tout seul ou tu fais l’entraînement supplémentaire avant de faire ça ?
Guillaume Funck
Au niveau parapente, j’ai essayé de voler un maximum avant mais c’était pas facile parce qu’il faisait dégueulasse le printemps passé. Et niveau physique, comme on en parlait au début, je fais pas mal de ski alpinisme du coup ça donne bien la forme et en escalade j’essaye de grimper régulièrement.
Oui c’est sûr que je m'entraîne, enfin je fais quand même beaucoup de sport, je fais entre 10 et 15 heures par semaine de sport.
C’est marrant en fait parce que tu te rends pas compte que… t’es tellement là-dedans que tu te rends pas compte qu’il y a des gens qui, il y a des jours, ils font pas de sport. C’est un truc de ouf. Et du coup, parce que nous, on parle de jour de repos, tu vois, tu le planifies une fois par semaine, c’est trop chiant, tu ne sais pas trop quoi faire le soir, tu te demandes ce qu’ils font les autres gens. Et puis après, en fait, ce n’est pas la réalité.
AnBé
Il y en a qui font des enfants, je t’assure, ça occupe tous les soirs. Ça reprend assez tôt au matin.
Guillaume Funck
C’est clair. Moi c’est sûr que quand je reviens en Belgique j’ai tellement plus de mal à faire à m'entraîner comme je veux parce que c’est moins chouette. Donc ça c’est sûr que faire une journée de ski de rando où tu fais une sortie de 7 heures, ça se fait facile. Alors que faire 7 heures de sport sur une journée en Belgique, il faut déjà être motivé.
AnBé
À un moment j’avais envisagé, je me dis, je n’irai pas m’installer de côté de Lyon ou Toulouse, c’est pour avoir un peu... le choix, Toulouse me plaisait bien quand même, le choix entre mer et montagne.
Guillaume Funck
J’ai passé deux ans à Toulouse.
AnBé
J’aime bien aussi le pied des Pyrénées.
Guillaume Funck
C’est sûr, c’est beaucoup plus sauvage que les Alpes les Pyrénées.
Oui, j’adore. Alors quel est le succès dont t’es le plus fier ? Le truc que t’estimes vraiment, c’était une belle réussite sur ce parcours.
Guillaume Funck
Sur la traversée ?
AnBé
Oui.
Guillaume Funck
M…, je pensais dire la traversée, enfin le projet. Je suis assez content d’avoir donné le projet d’AZ qui a fini un peu en apothéose. Du coup, hier à l’avant-première.
Tu peux. Je pense, je vais dire ça, le tout. Je ne reviens pas que ça ait marché autant, comme je l’avais imaginé. Ça, c’est vraiment très satisfaisant. Je suis aussi super content que...d’avoir pu vivre ça avec des amis. Enfin, c’était top.
AnBé
Ça t’a mis combien de temps pour l’imaginer ou entre le moment où tu y as pensé, comment tu l’as fait ? En fait, faire un projet comme ça, moi je pense que ça prend deux ans.
AnBé
J’ai commencé à y penser fin 2022, novembre, décembre 2022. J’ai commencé à chercher des sponsors en janvier, février et puis après c’était en juin le voyage et puis après il y a eu le montage du film qui a pris un paquet de temps aussi, j’ai commencé en octobre et là je viens de finir du coup.
AnBé
C’est toi qui l’a fait ? Oui. d’accord, cool. Félicitations, c’est vrai que c’est du boulot hein, c’est du boulot. Un montage de audio je vois, un montage vidéo c’est aussi...
Guillaume Funck
Après j’ai eu de l’aide aussi, en gros j’étais seul jusqu’en...février et là j’ai commencé à travailler avec Solid Rim donc c’est Brian et Morgan, c’est deux gars qui font des films d’aventure depuis dix ans et qui ont notamment fait Cap sur El Cap, je sais pas si tu as vu ?
AnBé
Oui, je l’ai vu.
Guillaume Funck
Qui est passé à Montagne en Scène l’année passée et ils font aussi Alpine Trilogy. Deux super films de grimpe qui ont pas mal tourné et du coup via des copains je suis rentré en contact avec eux et puis ils ont vu mon ébauche de films et ils ont été emballés du coup ils m’ont proposé de me coacher pour la fin et puis de m'aider à diffuser puisque ils ont un super réseau quoi. Et donc ça c’est top j’ai appris plein de choses et au final c’est quand même moi qui ai fait le...gros du boulot de réalisation, parce qu’on s’était dit que je restais le réalisateur, mais j’avais leurs inputs et leurs conseils. C’était vraiment chouette. Et je pense que ça a quand même permis, grâce à eux et grâce à d’autres amis qui ont aussi de l’expérience dans les films et grâce à leurs inputs, ça a permis d’amener le film à un niveau supérieur. En gros, après un mois de montage, j’avais un film d’une heure.
J’aurais pu le mettre sur YouTube et ça aurait sûrement eu du succès pour les gens qui font du parapente. Mais le plus dur c’était clairement de l’amener de ce film d’une heure au film de 52 minutes de maintenant qui est beaucoup plus dense et aussi la narration est plus construite.
AnBé
Oui il est beau, il est vraiment agréable.
Guillaume Funck
Trop bien. Mais c’est plein de métiers différents.
AnBé
C’est clair. Ce qui a le plus posé problème...
Guillaume Funck
Dans le film ?
Oui.
Qu’est-ce qui 'a plus posé problème ?
Je pense que c’est vraiment les derniers 20 % qui prennent 80 % du temps.
J’ai du mal à supprimer aussi, parfois. Je me dis, faut rythmer, faut rythmer.
Oui, mais ça c’est intéressant quand même ! Après, parfois, tu montres à des gens. Un pote, je lui ai montré le film. Lui a fait, ok, ces 10 minutes là, tu peux virer. Je lui ai dit, comment ça, 10 minutes ? C’est sûr ! Puis après, tu vires et tu es là, Oui. T’as raison, il faut pas mal élaguer comme ça. Et puis aussi parfois un peu remodeler les séquences, le film il reflète pas toujours 100 % la réalité. Je peux pas le dire trop mais...
AnBé
C’est fake news.
Non, non, il n’y a pas d’intérêt. Non, non, mais parfois pour la narration, c’est plus facile de mettre un événement...il y a des endroits où ça se fait facilement, tu vois, genre...
Enfin à un moment j’atterris au sommet d’une montagne et je suis super content. Je le mets en Suisse mais en fait c’était en Italie tout au début tu vois mais en fait ça n’a aucune importance pour le spectateur que ce soit là ou un autre endroit. Mais ça marche mieux dans la narration quoi. Et du coup c’est sûr. Puis au début quand toi t’avais que le truc, t’es un peu attaché à l’ordre chronologique des choses. Et en fait il y a un moment tu dis Oui ok on s’en fout vas -y on met ça on met ça là et il n’y a pas de temps. et dans l’ensemble c’est l’ordre chronologique mais il y a quelques trucs où ça faisait bizarre si je le mettais à l’endroit où c’était vraiment.
AnBé
Non, non, je comprends ce genre de choix. c’est une belle aventure en tout cas.
Sinon, l’échec qui t’as le plus appris ? Le beau revers où tu dis que tu as appris ma leçon.
Guillaume Funck
Oui, tu dit que tu allais me poser cette question là mais je me suis dit merde, qu’est-ce que je vais faire ? Je sais pas... Ça peut être un dehors du projet aussi. C’est vrai qu’en... Enfin je pense, à mon avis, c’est les moments où tu te prends un peu une...tu fais un peu corriger comme quand j’ai fait l’atterrissage débile dans les cailloux tu vois là tu es là putain mais là j’ai quand même un peu joué quoi c’est le genre de truc où tu n’es pas content quoi après tu te poses quand même des questions et tout et tu te remets en question donc je pense que ce serait ce genre de choses-là enfin j’ai eu des choses similaires en alpinisme ou...
ça c’est pas des trucs à faire tous les jours quoi. En général c’est l’impatience, c’est le moment où on dit bon tant pis. Oui moi je suis un peu impatient parfois et parfois j’ai aussi un petit peu trop confiance dans...ce que je crois pouvoir faire. Ce n’est pas toujours la réalité.
AnBé
Comme Stéven Le Hyaric « ça passe large ».
Guillaume Funck
En soi je pense, tu vois l’endroit où j’ai atterri dans le pierrier, c’était pas non plus un maxi pierrier, il y avait quand même un endroit où c’était plus des gravillons et un endroit où c’était plus des grosses pierres. Je pense qu’un très bon pilote aurait atterri sans souci là. Moi j’ai un bon niveau en parapente mais je ne suis pas du tout au niveau des meilleurs qui auraient pu atterrir sans souci. Donc je me suis peut-être un petit peu emballé.
AnBé
C’est quoi le mindset, l’état d’esprit qui t’a le plus aidé justement, on en a parlé. Ce n’est pas nécessairement le lit douillet. Tu as déjà parlé des amis.
Guillaume Funck
Oui, je pense que l’état d’esprit... Pour te lancer déjà et puis pour te relancer. Parce qu’on dit, voilà, il faut déjà se lancer dans le projet. Et quand on est dedans, on continue à se relancer. Et quand on se dit, mais qu’est -ce que je fais là ? Oui, Oui, de ouf. Je suis crevé, j’en ai marre.
Guillaume Funck
Pour se lancer dans le projet, moi ça me faisait rêver de faire un projet comme ça. Donc j’avais trop envie et puis je me suis dit c’est le moment ou jamais, c’est maintenant qu’il faut essayer. J’ai toutes les raisons de le faire maintenant. Donc voilà, je me suis lancé là -dedans et puis après pendant la...
Pendant la traversée, quand j’en avais... C’est sûr que parfois c’est pas facile parce que les conditions n’étaient vraiment pas terribles pendant la traversée en termes de vol. Et parfois tu te fais vraiment chahuter en l’air.
Tu atterris et t’es un peu dégoûté. Et en même temps quand je dis ça, j’ai l’impression que c’est tellement un problème de riche. J’ai la chance de pouvoir faire tout ça et puis je me plains parce que...
Je me plains parce qu’il ne fait pas beau. En général, c’était grand soleil, j’atterris, il fait grand soleil. Je me plains parce que le vent est à 10 km heure trop fort dans la mauvaise direction. Du coup, je me fais dire, il y a vraiment un moment à dire. Il y a une petite claque, et je me dis, bon, c’est bon.
AnBé
On dit : profite et c’est pas grave si ça prend un petit peu plus de temps.
AnBé
Tiens c’est vrai il y a un truc dont on n’a pas parlé, je ne sais pas si ça dérange de parler du budget. Oui. Une aventure comme ça, ça dérange pas ?
Guillaume Funck
Non ça me dérange pas de parler du budget, c’est juste que je n’ai pas fait un compte récit.
AnBé
Il a pas fait d’excel pour ça. Le poids du sac vous pouvez demander l’excels mais pas...
Guillaume Funck
Non le budget, en fait le budget du coup...
Il y a le budget pour l’aventure en tant que telle et le budget pour le film c’est de trucs différents. Le plus cher c’est le matériel. Une voile de parapente, si tu l’achètes neuve c’est 4000 euros et d’occasion c’est 2000 euros.
Donc c’est sûr que c’est cher, le matériel d’alpinisme il faut aussi un paquet de trucs et c’est cher aussi.
AnBé
C’est quoi environ ? Je n’ai pas une idée.
Guillaume Funck
Pour s’équiper entièrement en alpinisme, si tu n’as jamais fait d’alpinisme et que tu dois tout acheter, tu en as pour...
bien 3000 euros je crois. Tu dois acheter des chaussures, ça te coûte 250 balles, tu achètes une gore tex à 400 balles, ça c’est si tu achètes du bon matos tu peux acheter moins cher. C’est vrai que c’est quand même... Il y a une question de sécurité aussi d’avoir des bons matos. Oui, après tout est... Oui oui, c’est sûr. Après tout est pas...
Il y a moyen d’avoir pour moins cher, je ne veux pas décourager les gens qui voudraient s’y mettre. Et puis il y a aussi moyen d’en avoir à prêter. Moi au début, l’alpinisme ça fait 13 ans que j’en fais. Donc ça a été super progressif d’acquérir du matériel. Et puis si le club de ski alpinisme belge peut faire avec ses grosses godasses. Tu n’es pas obligé d’avoir le nec plus ultra. Et au début on n’avait pas du tout le nec plus ultra. Le moment que c’est safe, pas les cordes à moitié cassées.
AnBé
mais il y a des associations aussi des clubs qui te permettent d’avoir du matériel à prêter. Typiquement le club Alpin, ils ont du matériel d’escalade qui pourrait prêter pour ce genre d’aventure là. Et aussi j’ai eu la chance de être aidé par Petzl et par BGD. Petzl c’est pour le matériel d’alpinisme.
de matériel qui m'a permis de compléter ou de remplacer mon vieux matos et BGD du coup ils’ont passé des voiles de parapente.
AnBé
c’est sûr que ça allège le budget. Le stage de simulation d’incident de vol, c’est cher aussi, c’est 200 euros par jour, 230 euros par jour. Mais là aussi, j’ai été aidé par « les passagers du vent » qui...
m'ont soutenu et qui m'ont offert le stage et qui apparaissent dans le film parce que aussi je pense honnêtement qu’ils font du super boulot. Donc au final concrètement en termes d’argent moi j’ai pas tant dépensé que ça sur la traversée.
La soupe aux tomates ça coûte quoi ! (rires)
En fait ce qui m'a coûté pendant la traversée ça m'a coûté le coût de la vie quotidienne et j’ai pris un haut de refuge.
Ça ne m'a pas coûté énormément.
AnBé
J’ai pas l’idée du prix d’une nuit en refuge. Tu vas me dire
Guillaume Funck
des pensions? Si tu prends en pension complète, ça dépend si tu es en Suisse ou ailleurs. Bien sûr. Une nuit en refuge, juste la nuit, ça va entre 10 et 30 euros. Et puis après tu peux rajouter une trentaine d’euros.quelque chose comme ça voilà du coup j’ai pas de budget précis mais les lits en chapelle les lits en maison construction non ça 'a pas coûté si cher que ça aussi du fait que j’avais tout le matériel du coup qui m'était fourni ou que j’avais déjà quoi.
Ce qui coûte cher c’est d’avoir le matos et d’avoir les formations et les trucs qui te permettent de savoir utiliser ce matos quoi. En toute sécurité. Donc c’est ça qui coûte cher. Et donc c’est sûr que c’est un sport de privilégié quoi. Mais ça faut pas l’oublier non plus. Mais après il y a...
Il y a toujours moyen aussi de trouver des gens qui sont prêts à t’apprendre. Enfin, il y a moyen de trouver des entourloupes pour le faire au moins cher.
Mais ça reste un sport cher. Et après c’est vrai que j’ai parlé avec Samuel qui lui a traversé de Gibraltar en Turquie lui à pied. Mais donc vu la durée, il faut manger tous les jours quand même, ça fait un budget. Mais il a travaillé un peu et il dit c’est après c’est là où tu mets tes priorités. Ce que tu vas acheter au quotidien pour pouvoir mettre de côté pour faire ton aventure ou pas. Et c’est aussi quand tu bosses, c’est vrai que tu te serres un peu la ceinture parce que tu as un grand rêve et que tu préfères mettre dans ta cagnotte pour vivre cette aventure-là. Tu as donné toutes les semaines au ciné.
Guillaume Funck
Oui, c’est sûr. Après, j’ai la chance d’avoir... d’être ingénieur et de gagner mieux ma vie que si j’étais au SMIC.
AnBé
C’est clair. Je pense à Yann Quenet aussi avec son petit bateau baluchon, 4 mètres, qui va faire un tour du monde. Ça a séduit tous les marins. Il bouffe ses Aiki Noodles ou je ne sais pas trop quoi. Il a mangé cela tout le temps. Il dit oui, ce n’est pas la croisière grand luxe. Mais je crois que quand on veut, on trouve les moyens. Si tu as le temps.la liberté aussi personnelle de le faire, quand tu as des contraintes. Je pense que pour les gens qui ont la chance de vivre pas à Gaza ou des trucs comme ça, c’est possible. Mais après, ce que... Je parle pour nous, bien sûr. De cette énorme chance, tu fais bien de le souligner.
Guillaume Funck
Mais...Je pense par contre que ce qui est trop bien quand tu as un projet, c’est que c’est une super excuse pour aller voir plein de gens. Enfin, tu as vraiment une excuse en or pour aller voir plein de gens super intéressants.
AnBé
Quand tu as un podcast aussi, je veux dire.
Oui, de ouf, à fond.
Guillaume Funck
En plus, tu sais que j’ai déjà pensé à créer un podcast pour rencontrer des gens...
C’est une très bonne idée. Parce que moi, j’adore avoir une excuse pour aller voir du monde.
Guillaume Funck
Et moi aussi ! Et aussi les gens sont vraiment prêts à t’aider si tu as un...
Si tu arrives à les faire rêver eux aussi de ton rêve.
AnBé
Oui, c’est ce que je voyais aussi.
Je me suis fait la réflexion en regardant ton film où tu es accueilli comme un roi par quelqu’un qui t’a juste vu descendre du ciel en parapente. Et puis tu as demandé où tu voulais loger tout de suite. Il t’a dit, ben viens chez moi. Je me dis quelque part d’autres avec qui tu mangeais, tu étais à atablé avec eux, tu étais comme un roi. Et tu dis, c’est vrai que les gens...
aiment écouter ces aventures-là, ça les fait rêver aussi et quelque part c’est aussi un beau cadeau de partager ça et à ce moment-là t’étais bien reçu parce que voilà le rêve vraiment ça s’inspire quoi.
Guillaume Funck
Carrément et puis je pense aussi...
Je suis pas encore à ce stade mais les gars qui sont très forts dans un truc ou les filles super badass mais qui sont très forts dans quelque chose...ou qui ont réussi à vivre, à faire une carrière dans un truc ou quoi, tout le monde est passé par un stade un peu schlag au début tu vois. Donc souvent ces gens -là, ils sont super contents quand tu viens leur demander, leur présenter ton projet avec plein d’envie et tout. Et...
Et du coup, ça c’était vraiment chouette. Il y a plein de gens qui étaient super... Les gens étaient super prêts à m'aider. C’était chouette.
AnBé
T’as eu une personne comme ça en tête qui te vient ? Tu as dit, waouh, j’ai appris des plombées. Trop bien, mec.
Guillaume Funck
Moi, j’en ai plein en tête des gens qui...
Ce que je trouve trop bien, c’est que si en plus tu crées des nouvelles amitiés que des gens que tu n’avais pas rencontrés, typiquement il y avait Stan, c’est un pilote suisse, que j’avais été voir pour avoir des infos sur les spécificités locales en vol. Et puis après on est pas mal resté en contact et c’est sympa, tu vois, par là où il habite, on va aller boire un verre et voler un coup ensemble.
AnBé
C’est cool, ça crée du lien. Si tu l’avais fait toi -même, qu’il n’y avait pas eu de film et que tu l’avais partagé avec personne, ça n’aurait sans doute pas le même saveur. Après, ce n’est pas le même projet non plus.
Guillaume Funck
C’est sûr que ça n’aurait pas le même saveur.
AnBé
Quel conseil tu donnerais à quelqu’un qui voudrait se lancer dans une aventure similaire ? À quelqu’un qui voudrait du coup se mettre à l’alpinisme et aux parapentes ? Ou bien... Oui, qui voudrait se lancer un défi, une aventure comme ça.
Guillaume Funck
Moi je crois que...ma force dans ce genre de projet là c’est que j’ai pas trop de barrière mentale de où je me dis ça c’est pas possible quoi et du coup je pense et enfin je pense il y a pas mal de gens qui le disent de qu’il faut pas se s’auto-brider quoi tu vois genre faut essayer et puis après, sur un malentendu, ça marche. C’est marrant de le dire.
Oui, si tu as vraiment un truc qui te fait rêver comme ça, il faut mettre les trucs en place pour y arriver. Tu réfléchis méthodiquement comment est-ce que je pourrais me donner les meilleures chances d’y arriver. Et puis tu essayes de mettre le truc en place pour voir. Parfois ça marche pas, mais parfois ça marche.
Bah oui et puis je crois que le pire c’est de se dire j’ai même pas essayé quoi.
Oui à fond.
AnBé
Alors tes prochains projets, un défi à relever après la traversée des Alpes c’est quoi ?
Guillaume Funck
En fait du coup comme je disais la...faire un projet comme ça, ça prend deux ans et là dernièrement ça a été très intense aussi pour finir tout en temps et en heure. Je crois que c’est maintenant le film qui décolle. Et puis maintenant il va falloir un peu porter le film dans les festivals et tout, donc ça va demander encore de l’énergie.
AnBé
Il est déjà inscrit dans plusieurs festivals ?
Guillaume Funck
Oui, je ne sais pas à quel point on peut déjà dire.
AnBé
On ne dit pas, on ne dit pas suivez sur tes réseaux sociaux. Oui, sur Instagram. Vas -y dis où on peut te retrouver sur Instagram.
Guillaume Funck
Sur Insta c’est guish3000, donc G U I S H 3000.
Et c’est là que je mets la plupart des infos, sinon j’ai aussi un site guish3000.com où il y a toutes les infos. Et avec une newsletter où on peut s’abonner. Et en train de la newsletter, je l’ai commencé pendant la traversée pour les grands-parents et tout qui n’utilisent pas du tout insta. Du coup je me suis dit on va la continuer. Et donc pour le moment j’ai pas eu vraiment...
J’ai du mal à me projeter dans ce que je vais faire après parce que je suis tellement dans mon truc pour le moment. Mais j’ai déjà quelques idées, mais rien de meilleur en tout cas à suivre. Et il y en aura sûrement d’autres parce que j’ai vraiment adoré faire ça et j’ai trop envie de... de continuer et ça va sûrement impliquer des amitiés, du parapente ou de l’alpinisme, peut -être de la voile, qui sait.
AnBé
Ça sent bon tout ça. Tu nous tiendras au courant ?
Guillaume Funck
Oui, à fond.
AnBé
Un grand merci pour ton temps aujourd’hui et d’être passé carrément à Namur pour enregistrer en présentiel. C’est tellement plus sympa.
Guillaume Funck
Merci à toi.