#69. Des étoiles dans les yeux : Frédéric Tardieu, Sulubaai
Restaurer le paradis sur terre et mer
Épisode du 5 décembre 2023
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Rencontre avec Frédéric Tardieu de Sulubaai, un homme à qui on n’a pas encore découvert de limites…
Quand il achète une petite île-confetti dans un coin dont il était tombé amoureux, tout là-bas aux Philippines, il ne se doutait pas qu’il ne s’achetait pas une retraite paisible mais une nouvelle carrière.
Car l’île a souffert de déforestation, et le lagon, de la pêche aux explosifs. Plus de mangrove, plus d’arbres, plus de coraux - ou en si mauvais état. Mais Frédéric et son épouse ont de l’énergie à revendre, des idées plein la tête, et des rêves qui ont entraîné beaucoup de monde dans leur sillage, dont Laurent Ballesta et Bike4Ocean, que vous avez déjà entendu sur le podcast (épisodes 42 et 53).
Actualité 2024 : Frédéric Tardieu sera présent au 25ème Salon International de la Plongée Sous-Marine à Paris. Il y présentera le film "The Blue Quest Palawan"; une excellente occasion de rencontrer cet invité vraiment exceptionnel.
La magnifique île de la Fondation Sulubaai de Frédéric Tardieu et son épouse; un endroit où la biodiversité a repris sa place.
© Les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.
Frédéric Tardieu
"Il faut être utopiste sinon la vie ne vaut pas le coup d’être vécue."
Frédéric Tardieu, Storylific épisode 69
Où trouver l'invité
Facebook : https://www.facebook.com/SulubaaiFoundation/
Instagram : https://www.instagram.com/sulubaaifoundation/
https://sulubaai-foundation.com/
Autres épisodes en lien avec Sulubaai
- Bike4Ocean qui a pédalé d'Hanoi à Singapour pour lever des fonds pour la Fondation Sulubaai - une magnifique aventure
- Laurent Ballesta, parrain extraordinaire de la Fondation Sulubaai
Transcription
Transcription automatique non relue mise à disposition de nos amis malentendants, espérant qu'elle leur sera utile et ne contiendra pas trop d'inepties !
[00:00:50.29] - AnBé
bonjour Fred
[00:00:56.00] - Frédéric Tardieu
bonjour Anne B
[00:00:57.39] - AnBé
ça me fait très plaisir de parler avec toi aujourd'hui en plus tu es dans un endroit qui me fait particulièrement rêver parce que je le connais un peu pas ton île mais une île pas très loin où se trouve mon ami Jean-Paul François qui est un ami à toi également qu'on salue au passage et donc tu as choisi clairement un petit endroit excessivement idyllique pour t'installer mais ça on va parler parce que cette installation, c'est déjà toute une toute une histoire en soi. Mais présente-nous un peu qui tu es et on va parler bien sûr en deux, trois lignes et la soulubaye. Qu'est-ce que soulubaye mais après on va développer bien sûr.
[00:01:36.00] - Frédéric Tardieu
Très simple, Frédéric Marseillais, 67 ans aujourd'hui, envie de changer de vie, ancien promoteur, ancien chaudronnier, ancien coiffeur, ancien, ancien, ancien... Un tas de corps dans mon arc, peut-être de l'instabilité ou l'envie de toujours aller plus loin, de toujours chercher autre chose ailleurs.
[00:02:01.29] - AnBé
Ah oui, oui, oui, dis donc, c'est un parcours très entrepreneurial ça, tu aimes entreprendre des choses dans les deux sens du terme, dans le sens d'entreprendre et dans le sens vraiment d'entreprendre entreprise quoi. Et donc, Sulubaai , est-ce que tu peux nous faire les présentations en quelques mots et puis on va développer tout ça bien sûr.
[00:02:20.59] - Frédéric Tardieu
Alors Sulu Bahá'í c'est un acronyme Sulu parce qu'on est dans la mer de Sulu et Bahá'í ça veut dire la petite maison en Tagalog et l'île sur laquelle on vit est tellement minuscule, 400 mètres de long par 120 mètres de large, nous on l'appelle le confetti, et le nom a été tout trouvé dès le départ pour notre engagement pour l'océan, donc cette fondation, plutôt que coral, machin, coral, autre chose, Il fallait que ça reflète vraiment l'image qu'on a dès qu'on arrive ici, c'est ce petit îlot perdu au milieu de la mer de Sulu. En plus, Sulu, ça fait rêver quoi, C'est un peu sauvage, c'est un peu... Il y a de l'exotisme dans l'air, voilà.
[00:03:05.00] - AnBé
Ah ouais, ça c'est clair, ça c'est clair. Alors on va parler un petit peu de ce que tu as fait avant de créer Sulu Bay. Donc ton parcours, tu viens de le dire un petit peu. Et alors, par contre, c'est quand même pas banal, en ayant tous parcours à Marseille, de tout à coup, pouf, se retrouver là-bas. Alors j'ai une question de ma petite fille, parce que mes petites filles participent au podcast. C'est une manière pour elles de s'ouvrir au monde autrement. Attends, j'ai voir si c'est bien cette question-là Oui, c'est bien celle-là. Alors, Amandine Huitant te demande. Comment avez-vous trouvé l'île Comment vous avez atterri là-bas en Philippines et sur ce confetti Parce qu'il faut bien viser pour tomber dessus visiblement.
[00:03:50.80] - Frédéric Tardieu
L'histoire, elle est totalement folle. À l'époque, je suis coiffeur pour femmes. J'ai 120 employés, 14 salons et entre deux coupes Je prends un magazine qui s'appelle VSD. J'ouvre VSD. La double page du milieu, c'était l'histoire d'un Marseillais qui était le roi d'une île aux Philippines. Et on était en 1992. En plus, la double page, il a un énorme poisson dans les bras avec une bêche et moi qui suis un fou de chasse sous-marine à Marseille, me dit : Chris on y va et elle me dit banco on y va. Trois semaines après on posait des vacances, on est parti aux Philippines chercher Thierry, donc à l'époque pas de téléphone, pas de fax, il n'y a rien en 92 on est à la préhistoire de la technologie et on finit par trouver Flower Island, Thierry le Marseillais, avec qui on lit de suite une amitié qui existe toujours, puisqu'on est toujours potes, on se voit régulièrement, il n'habite plus sur son île, et dix ans après, enfin non, trente ans après, on revient voir Thierry, et Thierry avait fait neuf gosses entre temps et il avait décidé de scolariser ses enfants, donc il était reparti sur Palawan, l'île principale. Quand on rentre en France, à la fin de ce voyage, ma femme me dit « Non, il y a quelque chose qu'on a toujours cherché, c'était l'exotisme. À l'époque, c'est vrai qu'on cherchait beaucoup du côté de Caraïbes, on était sur Nassau, sur les Bahamas, on était en train de traiter un territoire. Et puis on a complètement fait marche une arrière, on est reparti aux Philippines et on a dit Thierry, il faut que tu nous trouves une île et proche de la tienne même si tu n'y es plus parce que la baie on la connaît et voilà comment tout a démarré.
[00:05:42.00] - AnBé
Ah voilà donc c'est par la chasse sous marine, voilà Et une page ouverte. Vous êtes tous les deux en tout cas très go go go. On voit un truc, on n'hésite pas trop. Mais d'ailleurs, c'est une phrase, je comptais la mettre un peu plus tard dans l'interview, mais j'avais vu une petite présentation de Sulu baai, parce que comme mes petites filles présentent avec moi, il fallait que je cherche quelque chose en français et là il y avait un petit truc de ''3'50 là sur youtube où elle disait que l'utopie... Comment est ce qu'elle avait dit ça? Faudrait que je le retrouve et que je le replace dans l'interview plus tard.
[00:06:15.80] - Frédéric Tardieu
Je l'ai en tête aussi. L'utopie et le rêve mélangé. C'est-à-dire qu'en fin de compte, quand tu décides de changer de vie et de partir sur une île, tu pars avec un rêve bien précis, en te diseant, oh, je vais recevoir du monde, je vais faire le truc classique, je vais vivre pé père, je vais être le roi. Et puis, en fin de compte, tu es vite rattrapé par la réalité. Et tous les concepts que tu avais dans ta tête sont balayés d'un revers de main. Et nous, ça nous va très bien puisque notre vie, c'est... ça toujours était un revers de main permanent. Et là, tu t'assois devant des réalités et tu dis : ou je tourne la tête, ou je fonce. Et nous, comme on est du style à foncer, on a encore rechangé d'orientation, d'objectif, quand on était arrivé à ça. L'utopie, je pense qu'il faut en avoir, si je comprends bien la définition du mot, Il faut être utopiste, autrement la vie ne vaut pas le coup d'être vécue.
[00:07:18.80] - AnBé
Voilà, et donc ne pas trop réfléchir, et puis ne pas se laisser arrêter par toutes les difficultés qui vont arriver, c'est absolument certain, mais qu'on peut transformer en opportunité si on a besoin de courage et de détermination, je crois, pour faire ce que vous faites.
[00:07:35.50] - Frédéric Tardieu
Une passion, il faut... Ah, tiens, avant de parler anglais, je me rappelle plus du...
[00:07:42.60] - AnBé
Vas-y en anglais, je traduirai.
[00:07:44.69] - Frédéric Tardieu
Non, mais il a tellement... Je pense qu'il faut faire le bilan de sa vie et se dire à quoi tu as servi, à quoi tu as été profitable pour la communauté, pour l'humanité, à quoi tu as servi sur le peu de temps dans le temps de cette formation de ces océans tu aimes quelque chose ça a mis des millions d'années nous on est une allumette que l'on craque c'est même pas de ça tant qu'elle consulgue c'est le fait que ça jaillit et ça s'éteint de suite. Bon après c'est vraiment des sentiments personnels, c'est quand tu te retrouves face à toi même sur un territoire où il n'y a rien, que tu commences à réfléchir sur ce que tu as envie d'être. Parce que tu peux toujours à un moment te modifier et te dire j'ai envie d'être quelqu'un d'autre, j'ai envie de faire autre chose de ma vie. Pas d'exemple, pas de modèle, rien, tu le fais pour toi-même, tu te regardes dans un miroir et tu te dis j'ai pas toujours été propre parce que la vie n'est pas propre et à un moment il faut savoir prendre un grand bain et se dire je vais laisser alors que tout le monde n'en a rien à foutre de ce que tu vas laisser en fait comme... Mais tu l'auras fait, voilà. C'est... On revient au travail du colibri. Tu as un colibri dans ta tête et tu te dis je dois le faire.
[00:09:11.60] - AnBé
C'est tellement beau tout ce que tu dis. Tu as bien relancé l'enregistrement local.
[00:09:15.70] - Frédéric Tardieu
Je parle
[00:09:16.10] - AnBé
au payne goutte et que ça soit de belle qualité. Ah j'adore, j'adore, j'adore, j'adore. C'est pour ça qu'effectivement je continue à faire le podcast pour vous mettre en valeur tous ces gens qui montrent que les rêves c'est possible, qu'ils sont nombreux, qu'on a besoin de rêveurs dans tous les domaines. J'étais sur Europe 1 hier et alors là, ils suivent pendant tout l'été Ludovic, qui est un éboueur, qui adore ce qu'il fait. Il s'amuse comme un fou. Il a été connu par TikTok parce qu'il danse en ramassant les poubelles, etc. Et pendant ses vacances avec son équipe, ils font, je sais plus si c'est Paris-Marseille, en tout cas ils vont jusqu'à Marseille justement, ils récoltent des déchets, ils passent sur la radio tous les jours et ils ont une pêche d'en faire. Et voilà, ils conscientisent sur les déchets en rigolant et on a besoin de tout le monde dans tous les domaines. De De
[00:10:01.39] - Frédéric Tardieu
De De tout.
[00:10:02.50] - AnBé
Il n'y a pas de métier qui est épargné. On peut tous faire... C'est un peu le « y changer la vie
[00:10:07.70] - Frédéric Tardieu
»
[00:10:07.79] - AnBé
de Goldman. Tous les métiers, on a besoin du petit cordonnier, on a besoin de la grande star, on a besoin d'un homme d'affaires un petit peu plus éthique, on a besoin de absolument tous les profils. Sous mer, sur terre, dans les airs... Oui, oui, oui. On a
[00:10:22.70] - Frédéric Tardieu
besoin de même d'oeuvre.
[00:10:24.60] - AnBé
Oui, aussi. Oui, oui, oui, clairement. Bah écoute, On va penser à des vacances actives chez vous peut-être un jour
[00:10:37.10] - Frédéric Tardieu
Welcome Ah
[00:10:39.20] - AnBé
bah écoute, franchement, tous ceux qui voudraient aider ton projet en entendant un petit peu tout ce que vous faites, on va en parler maintenant, Vous embauchez les bénévoles qui veulent venir faire des vacances actives
[00:10:50.39] - Frédéric Tardieu
Alors, on a un problème, c'est que... J'ai voulu faire l'opposé de ce que j'ai fait toute ma vie. Quand je dis toute ma vie, c'est surtout la grande part de ma vie qui a été l'immobilier. En tant que promoteur, tu urbanises des centaines d'hectares et dans ton permis de construire les espaces verts, c'est toujours 5% du territoire, du terrain que tu auras acquis. Donc c'est moche. Et sur cette île, j'ai voulu être exemplaire, c'est-à-dire moi je vais construire que 5% avec les chemins, tous les bâtiments qui peuvent y avoir et tout le reste, je le laisse à la biodiversité. C'est une île qui a été dévastée, on s'est tellement engagé dans la plantation, on y reviendra. Mais voilà, l'idée c'était vraiment de se faire petit. Donc, dans la mesure où on est petit, on ne peut pas recevoir la terre entière. Et pour te donner un ordre d'idée, moi, j'ai 12 collaborateurs scientifiques aujourd'hui. On est 28 dans la journée, parce qu'il y en a beaucoup qui repartent, qui ont des fonctions ici mais qui vivent sur d'autres îles, ils viennent en pirogues tous les matins. Donc on est en train de construire le premier centre de restauration écologique d'Asie à 5 kilomètres, mais c'est 10 minutes avec le bateau et là par contre on aura 10, on pourra recevoir dix personnes on reçoit mais en moyenne entre 3 et 4, 3, 4, 5 demandes toutes les semaines sur les réseaux c'est la folie en ce moment et on voudrait faire plaisir on voudrait tellement faire plaisir mais à ce stade là il faut qu'on se réorganise complètement puisque c'est ce qu'on a créé qui va en pâtir. Et ça, je ne voudrais surtout pas.
[00:12:28.39] - AnBé
C'est contre productif à ce moment-là. Tu disais, on va en parler, mais le but, c'est de répliquer. Parenthèse, qui ne sera pas dans le podcast mais je m'en inquiète, il y a beaucoup de corruption quand même aux Philippines, vous n'avez pas de problème avec ça, avec votre programme, il n'y a pas de petits chants
[00:12:43.39] - Frédéric Tardieu
Écoute, c'est Certainement le hasard, depuis 12 ans qu'on est là, on a fait des millions de démarches par les autorités, pour nous déjà exister, on ne nous a jamais demandé quoi que ce soit. Je me touche, je vois
[00:12:57.10] - AnBé
que ça continue. Ça se fait juste avec un tête, je me disais comment ils font, Parce que quand même, si ça devient quelque chose qui prend de l'ampleur...
[00:13:03.20] - Frédéric Tardieu
Je pense que Thierry a été le sésame. Ce Marseillais qui était là, qui lui est un roi ici. En contre, il est arrivé en 1986, le premier blanc à 20 ans, avec ses cheveux longs, c'était presque la chanson de Dayam, tu sais, le dance. Et puis il a été tellement respecté, il a tellement fait du bien, il a tellement suivi les règles, que moi il m'a formaté dans ce sens-là. Et dès le départ, la mayonnaise a pris avec les locaux. On emploie beaucoup de locaux, on travaille beaucoup avec les locaux, on fait beaucoup de choses pour les locaux, on s'investit énormément pour les communautés. Et je pense que c'est le sésame de la règle et à aucun moment on a été... Puis ça commence à se calmer sérieusement aux Philippines.
[00:13:55.79] - AnBé
D'accord. On va peut-être le laisser dans le podcast alors, puisque ça va, la réponse n'est pas trop nuisible. Aux Philippines, c'est vraiment pas le but. Donc quelque part, c'est une belle leçon. C'est-à-dire si on est là aussi pour donner, encore plus que pour prendre, ça se comprend. Et quelque part, on te laisse plus tranquille. Parce que c'est vrai que la corruption aux Philippines, à un certain niveau, quand c'est la police qui est mal payée, qui décide tout à coup d'arrêter, ça nous est arrivé chez Jean-Paul, finalement ils ont trouvé nos filles trop mignonnes, alors ils nous ont laissé partir. Bon, ils arrêtaient tous les Occidentaux, en fait, qui étaient en mobilité, qui portaient pas le casque, voilà, pour demander un amende. Parce que pas porter le casque aux Philippines dans les petites îles, c'est la règle. C'est
[00:14:44.10] - Frédéric Tardieu
la liberté.
[00:14:45.29] - AnBé
C'est les tongs et la tête nue. Le petit truc qui ne va pas vite d'ailleurs. Mais donc voilà, oui, il y a des choses, on le sait bien comme ça. Ça arrive. Et vu ce qui gagne et qui nous voit à nous en train de dépenser nos liasses, je peux tout à fait comprendre. Et c'est comme ça dans tous les pays où effectivement, il y a des gens beaucoup plus riches qui viennent voir des gens qui ont du mal à jouer en de l'aide debout et donc voilà je ne cautionne pas mais je ne juge certainement pas ce genre de pratiques. Alors quand vous êtes arrivé dans l'île donc elle était complètement dévastée, Tu peux nous dire ce qui est arrivé aussi bien sur terre qu'en mer aussi parce que c'était dévasté dessus dessous.
[00:15:24.60] - Frédéric Tardieu
Alors c'est très simple, l'île appartenait à un européen, un diamantère, qui avait acheté ça sur un coup de tête et en fin de compte il n'y a jamais vécu, il n'a jamais rien fait.
[00:15:35.20] - AnBé
Le cliché de diamantère en Versoie
[00:15:43.29] - Frédéric Tardieu
Il était suisse, on l'a bien connu, on l'a fréquenté un bout de temps, mais en fin de compte, il n'a jamais... À la fin, il payait même plus son caretaker et le caretaker a... Moi je mets ça sur le compte de la survie, il a commencé à couper les arbres pour faire des planches, il a vendu le bois, après il a vendu le sable, après il a coupé la mangrove pour faire du charbon de bois, parce que c'est une vraie valeur commerciale. Et ensuite, il a commencé à dealer avec tous les pêcheurs autour. Donc, on a dynamité tous les coraux, on a commencé à pêcher oceanures, on a mis des pièges permanents. Et Et
[00:16:19.50] - AnBé
Et Et pourquoi est-ce qu'ils ont dynamity les coraux ?
[00:16:23.00] - Frédéric Tardieu
Parce que quand on a des saisons où il y a des bancs de poissons spécifiques qui arrivent, ils veulent en attraper un maximum. Mais ce qu'ils ne réalisent pas, c'est que 70% des poissons vont au fond et que si t'y es pas plongeur tu peux jamais les chercher quoi tu ramasses ce qui flotte et puis c'est toujours le gain rapide
[00:16:42.29] - AnBé
et le gain massif. Ah donc ces dynamités pour les tuer et donc Le plus gros qui coule en plus, donc c'est vraiment perdu.
[00:16:48.70] - Frédéric Tardieu
Oui, c'est perdu. Quoi qu'il en soit, pendant 10 ans, si tu associes toutes ces actions, tu arrives sur un territoire qui était complètement dévasté. D'ailleurs, pour moi, ça a été le choc. Du retour de vacances, on faisait un tour d'Asie et on est revenu en 2010 en disant on va retourner voir Thierry, il avait tout vendu, il avait tout changé de vie, il avait changé de vie et en rentrant ma femme me dit non non on s'est trompé il faut arrêter les Bahamas il faut qu'on retourne en Asie bon je lui dis écoute tu reprends un autre billet d'avion tu repars avec ta fille Année parce qu'on avait été avec la cadette je dis bah tu achètes ce que tu veux fais toi plaisir mais tu achètes surtout pas une île. Parce que je connaissais les problèmes de l'isolement, des mauvais temps et tout. Et elle revient en me disant, écoute, tu supporteras pas les couques, les poules, les coques, les karaokés, les gens qui vont passer sur la plage tous les matins devant toi.
[00:17:46.20] - AnBé
C'est terrible. Je sais pas ce qu'il y a pire, les cocoons et les karaokés.
[00:17:50.79] - Frédéric Tardieu
Voilà. Et l'avantage de cette île, c'est qu'elle est très grande, donc si demain, à l'âge qu'on a, il faut qu'on soit rapatrié, on n'est pas pris en otage par les grandes vagues, on peut rentrer avec des petits bateaux, c'est très facile. Et le plus fort c'est que on a toujours aimé l'aventure avec mon épouse, c'est-à-dire racheter des vieilles usines, refaire des réhabilitations complètes, des planchers, des escaliers. Moi, je suis très... Elle est décoratrice, moi je suis très bon dans tout ce qui est la vision finale. Et elle m'a dit, je sais qu'on va pouvoir en faire quelque chose de cette île et si j'avais su dès le départ qu'on en serait là aujourd'hui peut-être qu'on n'aurait pas fait ce choix là mais on y est et on ira jusqu'au bout.
[00:18:46.00] - AnBé
Parfois une petite dose
[00:18:47.09] - Frédéric Tardieu
inconsciente ça fait du bien. Oui, ça fait du bien. C'était un vrai challenge, sans eau, sans électricité, sans arbres, sans rien. Il n'y avait rien. On a planté une tente sur la plage d'Ecatlon et d'Ecatlon, c'était notre Colenta et le Colenta, il a duré deux ans. Deux ans, l'aventure totale, et puis ça nous changeait tellement du confort d'un métier de promoteur, d'un vrai truc de business. Et puis, c'est se dire, c'est est-ce que j'en suis capable de résister, d'absorber et de faire quelque chose. En fin de compte, au fond de toi, tu vas être vexé si tu dis « je n'y suis pas arrivé ». Jeter un projet, refermer le cahier, c'est pas possible, pour moi c'est pas possible. Et puis le challenge était tellement beau que moi ça m'a plu complètement quoi. On a été embarqués, embarqués complètement.
[00:19:46.29] - AnBé
Oui c'est ça. Je trouve ça une belle leçon, parfois on n'ose pas se lancer et puis en fait il faut pas trop réfléchir. Et puis si c'est un choix et c'est vraiment un coup de cœur en général, les obstacles se franchissent même ceux qu'on n'avait pas prévu, surtout ceux qu'on n'a pas prévu parce que parfois on prévoit pas mal de choses et puis c'est tout à fait autre chose en fait, les challenges sont tout à fait ailleurs. Mais bon je crois qu'il faut cette mentalité, ou visiblement toi les challenges ça te plaît. Donc vous avez lancé Sulu Bay, qui est devenu une fondation, mais pas tout de suite en fait. Vous aviez commencé comme ça un petit peu, pif-pouf, la mangrove replantée.
[00:20:25.79] - Frédéric Tardieu
Ce qu'il faut savoir aux Philippines, c'est que tu ne peux pas acheter de terre. L'étranger n'a pas droit à la propriété. Donc on a décidé dès le départ de... On a rencontré un avocat pour créer ce nom et cette société pour devenir propriétaire. Donc 70% philippins et 30% étrangers. Et c'est lui qui bêtement me dit, écoute, fais une fondation, tu pourras toujours changer l'objet social, mais le mot fondation passe bien. Il était vraiment visionnaire, ce gars. Et je le vois toujours, Alain, ça reste mon conseiller permanent, parce qu'aujourd'hui on développe tellement. Il a été de très bons conseils et on a donc créé le nom en 2011, en juin 2012 exactement, et le travail de la Fondation est arrivé en 2015, quand on a rencontré le premier Marine-Milieu-Georges-les-Ils, Thomas Pavy, mais ça on y reviendra. Dès le départ, ça s'est appelé Sulu Bay. D'accord. Puis C'était très philippin, ils ont de suite pigé, tu vois, il n'y avait pas Private Island ou choses comme ça. C'était dès le départ une fondation Sulu Bay. Et les locaux disaient « ah mais tu fais quoi avec ta fondation » La fondation elle est là pour aider, quoiqu'il y ait un problème, dis-moi et puis on va voir ce qu'on peut faire quoi. Oui,
[00:21:52.09] - AnBé
oui. Et puis on s'est dit bon c'est-il on va quand même en faire quelque chose, on va essayer de la rendre un peu plus belle et puis c'est comme ça que quelque part un petit projet a pris beaucoup d'ampleur.
[00:22:05.09] - Frédéric Tardieu
Exactement. Dès le départ, il nous a fallu de la main de...
[00:22:10.20] - AnBé
Dès
[00:22:10.40] - Frédéric Tardieu
le départ, il nous a fallu des Philippins, il nous a fallu des bras pour nettoyer. Avant tout, c'était nettoyer la terre, commencer à imaginer ce qu'on pouvait en faire, replanter les actions. C'était l'eau, l'électricité, une station d'épuration, disons une phosceptique cohérente du système européen, et replanter puisque ici on est sous le tropique du cancer, la température moyenne en plein soleil c'est entre 48 et 53 quoi. Donc tu as tendance à te déshydrater et puis si tu veux que la vie revienne, il faut aller replanter. Donc je précède un peu tes questions mais voilà. Oui Oui
[00:22:56.00] - AnBé
Oui Oui non, il n'y a pas de soucis.
[00:22:57.40] - Frédéric Tardieu
Si je fais un cumul, c'est une fois qu'on a évacué la mauvaise mangrove, qu'on a commencé à restabiliser les plages, à enlever tous les caissons de bouteilles, tout ce qui avait pu être accumulé par ces années de piraterie, si le mot est gentil, mais de déserrance et de squat permanent par des campagnes de pêche, par des compagnonnages de beuverie, de tout ce que tu peux imaginer. C'est 3000 bouteilles de rhum, c'est des bénitiers, des montagnes de bénitiers ouverts pour chercher des perles pour les manger.
[00:23:29.40] - AnBé
Les bénitiers étant donc les décoquillages, des
[00:23:33.00] - Frédéric Tardieu
très grands décoquillages. Les énormes coquillages, mais qui contiennent de temps en temps des perles et elles peuvent être énormes. Des fois elles font 600, 800 grammes, un kilo, un kilo et demi. Ouf Et ça a une valeur en dollars, c'est inestimable. Et en plus, c'est un très bon aliment, donc ça leur permet de manger. On s'est retrouvé avec ces montagnes de déchets. On a évacué sept ou huit semi-remorques de gros camions. On a planté, aujourd'hui on doit être à 72 000 arbres. On a planté très dense, peut-être un peu trop, puisqu'aujourd'hui on déplantait et on remet ailleurs. Ce qu'on voulait, c'était de suite avoir de l'ombre et que cette terre qui se tenait plus, parce qu'il n'y avait plus de végétation, à chaque fois qu'il y avait des pluies, la terre dévalait, noircissait la plage, cette boue allait dans l'eau et elle tuait les coraux, elle tuait le système corallien, donc ça étouffait tout. Donc on a décidé de refaire des terrassements dans l'île comme ces murs de soutenement qu'on appelle en Provence les bancs. Donc on a fait trois kilomètres circulaires autour de l'île et c'était faire des paliers et ces paliers permettaient à l'eau de s'infiltrer et de régénérer doucement le peu qui restait en végétation. Et dès qu'on a planté la première saison des pluies, ça y est, ça a commencé à venir, mais pas d'eau sur l'île. Donc on est allé chercher l'île sur une île voisine, l'eau dans la montagne. On a dillé avec le chef de village qui était un peu plus loin et on a mis quatre kilomètres de pipeline sous la mer et par gravité on a réussi, on a créé des réservoirs tant que dans la montagne, 40 mètres plus haut que l'île. Donc quand le réservoir est plein, il déverse par pression chez toi, sans aucune énergie. Et en échange, on a apporté l'eau aussi au village. Donc on a 350 maisons qui ont l'eau courante aujourd'hui. Donc ça, ça a été un côté sanitaire et social qui nous a valu aujourd'hui. Je les appelle, ils sont dispos en cinq minutes, mais on a pu mettre en 2013 l'eau sur l'île. Et doucement avec l'eau, il a fallu s'installer, prévoir le reste. Et après l'électricité, c'était le solaire carrément. Et là, la chance, c'est qu'on rencontre un Néerlandais qui crée une boîte de système solaire fiable. Je travaille toujours avec lui aujourd'hui et on a eu les premiers panneaux rudimentaires, quatre panneaux, deux kilowatts, trois kilowatts. Et aujourd'hui, on est à 40 kilowatts de jour, 80 panneaux, dernière génération, batterie lithium et voilà comment on est devenu sustainable. Tous nos déchets partent dans la fosse septique, on réutilise les matières pour faire le compost, l'eau, une fois qu'elle a passé les trois chambres, elle est redevenue totalement claire, donc c'est ce qu'on appelle les eaux grises en Europe, et avec ça on réhydrate toute la ceinture de Lille, la ceinture naturelle par des tuyaux percés, c'est du simple arrosage goutte à goutte, et c'était la façon de se préserver des grands coups de vent qui t'apportent de l'air salé, de l'air salin, qui brûle automatiquement tout ce que tu as planté. Donc on a eu un certain temps où à la limite on faisait ça tu vois, on a planté des bambous même provisoirement pour dire on va faire des barrières sur les côtés venteux et doucement doucement la nature tu sais c'est là où tu te rends compte que l'homme n'est rien quoi il a besoin de la nature elle a besoin de coups de pouce c'est le monsieur plus de badzene tu vois qu'il met un peu plus de cacahuètes dans le chocolat mais et après la tablette elle devient très belle quoi. C'est un poumon qui fonctionne tout seul, il fonctionne tout seul puisque dès que t'y a de l'ombre, les plantes naturelles qui viennent avec les vents, il y a des fougères qui sont venues naturellement sur l'île et aujourd'hui on a des milliers de fougères sur l'île. Les serpents sont revenus, les oiseaux sont là, on vit avec une biodiversité sauvage, il faut la laisser de côté parce que l'île est très sauvage. Pour tous ceux qui veulent venir travailler, on côtoie quand même toute la journée, c'est le petit varand de Komodo, ce qu'on appelle le Bayawak, le cobra, le piton, quelques bois, du scorpion, de l'araignée. Mais tout ça, sa vie en parfaite harmonie, ça te dérange pas. La nature n'est pas agressive quand tu vas pas l'embêter.
[00:28:25.70] - AnBé
Ça ne marche pas dessus.
[00:28:29.40] - Frédéric Tardieu
Saco habite, nous notre petit fils qui est là en vacances parce qu'il a 9 ans et qu'il a fallu qu'il soit scolarisé mais il a grandi de ses 6 premiers mois jusqu'à 8 ans il était sur l'île en pieds nus c'était le maugli avec nous quoi.
[00:28:43.59] - AnBé
Ah ouais d'accord
[00:28:45.90] - Frédéric Tardieu
Oui toute la journée il est en train d'embêter les animaux, il vit avec les animaux, on a cinq écureuils sur l'île, on a des tortues terrestres, il est constamment avec ça, et les animaux se familiarisent mais on ne veut pas de contact. Donc voilà, si tu laisses faire la nature, la nature revient très vite. Ça prouve bien qu'elle est là pour durer et que nous, on n'est vraiment que de passage. L'arbre vivra beaucoup plus longtemps qu'un être humain. Il apportera beaucoup plus à la nature. Donc il faut savoir faire son action, et après laisser faire.
[00:29:25.50] - AnBé
Oui, oui, oui. Il dit qu'on a encore dix minutes, il faudra que je mette un niveau, donc on a encore le temps de continuer, mais je te renverrai un autre lui. On commence à avoir l'habitude, excuse-moi. Langement.
[00:29:38.59] - Frédéric Tardieu
Pas de souci.
[00:29:40.59] - AnBé
Alors, question suivante.
[00:29:43.40] - Frédéric Tardieu
Suis-moi signe, Si tu sens que je suis trop long, quoi, tu me fais si...
[00:29:47.09] - AnBé
Non, moi, c'est ça, le format podcast, ça va, on n'est pas à la radio, donc il n'y a pas des formats de X minutes, il n'y a pas de souci pour moi. Et après, je coupe ce qui était moins intéressant. Il n'y a pas de problème. La question de Valentine. Qu'est-ce que c'est ce lombon Voilà, donc elle a 10 ans et alors elle voyait l'île et donc on voit qu'effectivement il ya un énorme un énorme ponton,
[00:30:11.20] - Frédéric Tardieu
un énorme pontement effectivement et valentine on a créé ça parce qu'il y a une chose qui est magnifique en Asie, c'est les coraux, c'est la barrière de... L'île c'est un atoll et en fin de compte tu as l'île elle-même, tu as la plage, tu as les herbiers et après tu as le récif corallien et puis après le récif corallien ça descend dans le bleu et pour ne plus dégrader ça tous les matins avec les bateaux qui passent dessus marcher dessus à marée basse on a décidé justement de créer cet appontement pour quand on arrive avec le bateau, on laisse le bateau en eau profonde et tu marches 120 mètres, il fait 121 mètres exactement, pour ne plus dégrader les récifs coraliens. C'était une précipité aussi.
[00:31:01.09] - AnBé
C'est vrai que j'avais quand même à Mohalboal, là chez Jean-Paul, on voyait, oui, là où il y a des touristes, il n'y a plus trop de coraux. Enfin, ça galère. Et ceux qui sont là, tu vois les touristes qui mettent gentiment les pieds dessus tout le temps, ils disent ah mais non, arrête, pas fait faux. Et je me souviens quand même.
[00:31:23.29] - Frédéric Tardieu
Dès le départ,
[00:31:23.70] - AnBé
on l'a fait ça. Et vous avez des très très beaux, vous avez des très très très beaux coraux. Moi je dois dire, la Grande Barrière de Corais ne m'a pas du tout épatée après avoir vu ce que vous avez par là. Parce que vous avez été sur des coraux de plein plein plein plein de couleurs. Une fois, j'étais à un endroit des coraux, mais c'était un jardin, mais j'ai l'impression d'être dans un aquarium tellement c'est beau, tu vois. Et je me dis, oh, mais c'est pas vrai, il y a quelqu'un qui a laissé tomber. Je dis, c'est quoi Ça peut être plus un voile. Bon, c'est peut être quelqu'un qui a perdu son foulard dans le vent ou quoi, je vais voir plus près, c'était un corail mais vraiment très très très rouge, un corail mou évidemment, et qui ondulait comme ça dans l'eau et c'était tellement vif et c'était tellement, j'ai cru que c'était un foulard quoi, j'avais jamais vu quelque chose d'aussi... Enfin voilà, c'est mes expériences de baies océaines de la mer, mais c'est à quel point c'est sidérant de bouteilles, de couleurs vives, extraordinaire.
[00:32:14.50] - Frédéric Tardieu
Les philippines font partie de ce qu'on appelle la région, le triangle de corail. Donc, c'est la mixité de deux plus grands océans du monde. Et ce sont créées des espèces dans cette zone-là, issues des deux océans. Tu prends la barrière de corail, tu prends les Seychelles, ils ont 80 espèces de coraux, grosso modo 90-100. On est à 386 espèces en Asie. C'est le poumon du monde de la biodiversité. Et justement, ce que je développe là avec le prince Albert, c'est le World Corail Conservatory. Monaco a créé la banque de conservation. Si un jour tout est détruit dans le monde par x phénomènes comme ils l'ont fait pour les graines dans Norvège où ils ont fait ce grand tunnel dans la montagne où ils ont stocké toutes les graines du monde en cas un jour de catapulte, on est en train de le faire pour le corail. Et on a fait la première étude et les premiers prélèvements le 14 avril dernier. Et justement, au bout de cet appuntement, sur le côté droit, on a fait 100 m, rien que là on avait 92 espèces en deux heures. Donc c'est pour rebondir sur ce que tu dis et on est dans cette richesse de coraux et on est dans cette biodiversité animale, marine, on a de tout, On a de tout, c'est une multitude de choses et c'est ce qui fait aujourd'hui notre cœur de travail, c'est prendre, observer et préserver surtout tout ce qui peut disparaître demain, puisqu'on est quand même dans un énorme danger aujourd'hui.
[00:34:09.19] - AnBé
Ça aussi, cette beauté qui avait séduit Jean-Paul, quand il avait décidé de s'installer là, c'est aussi parce que dès que tu mets la tête sous l'eau... Déjà, quand elle est au-dessus de l'eau, c'est très beau, mais alors alors
[00:34:18.09] - Frédéric Tardieu
alors alors sous
[00:34:18.30] - AnBé
l'eau, c'est un festival quoi. C'est un festival.
[00:34:22.19] - Frédéric Tardieu
C'est des baffes. Tu ne te lasses pas. C'est pas possible. C'est pas possible.
[00:34:27.00] - AnBé
C'est vrai que c'est riche parce que même... C'est touristique pas encore. C'est déjà pas mal touristique, pas trop, mais c'est déjà touristique. Mais on les voyait du bord les tortues, je veux dire, Sardines Run, un énorme nuage de sardines là où avec les belles photos qu'on voit parfois avec les trous qui sont, on y allait depuis la plage, enfin c'est fou, Il faut pas bouger, on est tout de suite là, il faut pas prendre de bateau. Il y a des choses absolument merveilleuses à porter de palmes. Ou même pas de palmes, les filles palmaient pas. Mes enfants savaient y aller, ils avaient 5 ans. Donc voilà, c'est vraiment à la portée de tous.
[00:35:03.90] - Frédéric Tardieu
Les chélippines, c'est vraiment le bonheur des enfants parce que la biodiversité est accessible. Ils sont devant un aquarium alors que dans les autres pays du monde, les enfants ont besoin d'être aidés. Ils vont nager seuls, tu leur donnes un appareil photo, ils reviennent avec une bibliothèque incroyable. C'est fantastique.
[00:35:25.09] - AnBé
Ah oui, on a vraiment adoré adorer ce séjour là-bas. Alors sous l'Ubaï, vous avez donc occupé de la restauration de la mangrove, de planter et en or en pour les coraux justement, vous ne faites pas que récolter des graines, enfin de quoi les relancer si jamais pour cette bibliothèque. Vous les restaurez aussi, enfin vous leur donnez un petit coup de pouce parce que vous dites, plus on essaie de restaurer la nature, plus on est modeste en se disant bon, je peux peut-être effectivement faire un tout tout petit quelque chose, mais le mieux que j'ai à faire c'est de la laisser faire. Et donc vous vous replantez, enfin vous aidez quand même les coraux à... Vous avez ces structures là assez particulières sur lesquelles vous regraiffez des coraux. Exactement.
[00:36:10.59] - Frédéric Tardieu
La chance qu'on a eue c'est qu'en 2015 on a rencontré un jeune margine biologiste qui s'appelle Thomas Pavy qui donnait des cours de plongée sur El Nido. Donc c'est la station Balnéaire, Bacchit Bé, c'est une des plus belles bées du monde. La baie d'Alon, c'est... Comme on dit à Marseille, c'est peu cher à côté.
[00:36:31.09] - AnBé
À côté de quelle baie tu dis
[00:36:33.30] - Frédéric Tardieu
Si tu compares la baie d'Halong dont on fait tout,
[00:36:35.50] - AnBé
la baie d'Halong
[00:36:36.59] - Frédéric Tardieu
Vietnam on dit toujours ça mais tu prends la baie de Bakuit aux Philippines, c'est la plus belle, pour moi c'est la plus belle baie du monde, il y a des blocs de granit qui rentrent dans la mer, Donc il était prof de plongée là-bas, mais ça correspondait pas du tout au master sur l'environnement qu'il avait fait. Et un jour un ami me le présente et on discute, on pense d'une soirée et on se chauffe dans comme on dit à Marseille, on se chauffe dans la soirée en disant... Et puis j'ai dit, écoute, viens voir, tu me dis ce que tu en penses et puis... Et Thomas est arrivé la semaine suivante et deux jours qu'il devait rester, il restait presque trois semaines, alors il avait été très loin, il a presque fait un inventaire, il me dit « Fred, tu ne peux pas imaginer, autour de ton île, tu as 13 écosystèmes, Si tu compares les écosystèmes dans un lieu, le maximum il peut y avoir que 15 écosystèmes. C'est comme un diamant, tu as la classe A, B, C, D, puis après tu peux plus rien avoir d'autre. Il m'a dit mais Fred, dans ton île, tu as les très écosystèmes naturels. C'est un diamant brut que vous avez, sans le savoir, il demande d'être taillé. Et ça c'est pour faire le raccourci et donc je dis à Thomas vas-y, dis-moi ce qu'il faut faire. Et nous c'est vrai qu'à ce moment-là on avait presque fini la terre, la terre elle commençait à revivre d'elle-même, il y avait de l'eau, il y avait les plantations qui avaient été faites, les oiseaux revenaient, on n'avait plus grand chose à contrôler, si ce n'est l'arrosage, si ce n'est du désherbage, si se faire plaisir, mais ça les jardiniers qu'on avait à ce moment-là à temps plein, donc moi ça m'a passionné d'aller dans la mer puisque j'ai toujours été chasseur sous-marin mais sans aucun background que faire et il m'a dit ben si on commençait déjà à imaginer que tout ce qui a été explosé à la dynamite, on puisse le reconstruire. Alors, si tu attends la croissance du corail qui suivant les espèces, c'est un centimètre par an ou 20 centimètres, un grand maximum pour une espèce en particulier, donc il fallait créer un support et puis...
[00:39:00.40] - AnBé
On va s'arrêter à là parce que là j'ai moins d'une minute, ça va couper et donc on a le bon teaser, on va créer un support et on reprend de là.
2e prise son (suite)
Illustrations sonores
Musique:
Cali by ItsWatR (Direct Licence)
Whipped Cream by WatR (Direct Licence)
Sons:
short whoosh Vilkas_Sound CC BY 3.0 Attribution