#69. Des étoiles dans les yeux : Frédéric Tardieu, Sulubaai

Restaurer le paradis sur terre et mer

Épisode du 5 décembre 2023

Rencontre avec Frédéric Tardieu de Sulubaai, un homme à qui on n’a pas encore découvert de limites…

Quand il achète une petite île-confetti dans un coin dont il était tombé amoureux, tout là-bas aux Philippines, il ne se doutait pas qu’il ne s’achetait pas une retraite paisible mais une nouvelle carrière.

Car l’île a souffert de déforestation, et le lagon, de la pêche aux explosifs. Plus de mangrove, plus d’arbres, plus de coraux - ou en si mauvais état. Mais Frédéric et son épouse ont de l’énergie à revendre, des idées plein la tête, et des rêves qui ont entraîné beaucoup de monde dans leur sillage, dont Laurent Ballesta et Bike4Ocean, que vous avez déjà entendu sur le podcast (épisodes 42 et 53).

Actualité 2024 : Frédéric Tardieu sera présent au 25ème Salon International de la Plongée Sous-Marine à Paris. Il y présentera le film "The Blue Quest Palawan"; une excellente occasion de rencontrer cet invité vraiment exceptionnel.

vue aérienne de l'île de Sulubaai

La magnifique île de la Fondation Sulubaai de Frédéric Tardieu et son épouse; un endroit où la biodiversité a repris sa place.
© Les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.

Portrait de Frédéric Tardieu

Frédéric Tardieu

"Il faut être utopiste sinon la vie ne vaut pas le coup d’être vécue."

Frédéric Tardieu, Storylific épisode 69

Où trouver l'invité

Facebook : https://www.facebook.com/SulubaaiFoundation/
Instagram : https://www.instagram.com/sulubaaifoundation/

https://sulubaai-foundation.com/

Autres épisodes en lien avec Sulubaai

  • Bike4Ocean qui a pédalé d'Hanoi à Singapour pour lever des fonds pour la Fondation Sulubaai - une magnifique aventure
  • Laurent Ballesta, parrain extraordinaire de la Fondation Sulubaai
Transcription

Transcription automatique non relue mise à disposition de nos amis malentendants, espérant qu'elle leur sera utile et ne contiendra pas trop d'inepties !

 

[00:00:50.29] - AnBé
bonjour Fred

[00:00:56.00] - Frédéric Tardieu
bonjour Anne B

[00:00:57.39] - AnBé
ça me fait très plaisir de parler avec toi aujourd'hui en plus tu es dans un endroit qui me fait particulièrement rêver parce que je le connais un peu pas ton île mais une île pas très loin où se trouve mon ami Jean-Paul François qui est un ami à toi également qu'on salue au passage et donc tu as choisi clairement un petit endroit excessivement idyllique pour t'installer mais ça on va parler parce que cette installation, c'est déjà toute une toute une histoire en soi. Mais présente-nous un peu qui tu es et on va parler bien sûr en deux, trois lignes et la soulubaye. Qu'est-ce que soulubaye mais après on va développer bien sûr.

[00:01:36.00] - Frédéric Tardieu
Très simple, Frédéric Marseillais, 67 ans aujourd'hui, envie de changer de vie, ancien promoteur, ancien chaudronnier, ancien coiffeur, ancien, ancien, ancien... Un tas de corps dans mon arc, peut-être de l'instabilité ou l'envie de toujours aller plus loin, de toujours chercher autre chose ailleurs.

[00:02:01.29] - AnBé
Ah oui, oui, oui, dis donc, c'est un parcours très entrepreneurial ça, tu aimes entreprendre des choses dans les deux sens du terme, dans le sens d'entreprendre et dans le sens vraiment d'entreprendre entreprise quoi. Et donc, Sulubaai , est-ce que tu peux nous faire les présentations en quelques mots et puis on va développer tout ça bien sûr.

[00:02:20.59] - Frédéric Tardieu
Alors Sulu Bahá'í c'est un acronyme Sulu parce qu'on est dans la mer de Sulu et Bahá'í ça veut dire la petite maison en Tagalog et l'île sur laquelle on vit est tellement minuscule, 400 mètres de long par 120 mètres de large, nous on l'appelle le confetti, et le nom a été tout trouvé dès le départ pour notre engagement pour l'océan, donc cette fondation, plutôt que coral, machin, coral, autre chose, Il fallait que ça reflète vraiment l'image qu'on a dès qu'on arrive ici, c'est ce petit îlot perdu au milieu de la mer de Sulu. En plus, Sulu, ça fait rêver quoi, C'est un peu sauvage, c'est un peu... Il y a de l'exotisme dans l'air, voilà.

[00:03:05.00] - AnBé
Ah ouais, ça c'est clair, ça c'est clair. Alors on va parler un petit peu de ce que tu as fait avant de créer Sulu Bay. Donc ton parcours, tu viens de le dire un petit peu. Et alors, par contre, c'est quand même pas banal, en ayant tous parcours à Marseille, de tout à coup, pouf, se retrouver là-bas. Alors j'ai une question de ma petite fille, parce que mes petites filles participent au podcast. C'est une manière pour elles de s'ouvrir au monde autrement. Attends, j'ai voir si c'est bien cette question-là Oui, c'est bien celle-là. Alors, Amandine Huitant te demande. Comment avez-vous trouvé l'île Comment vous avez atterri là-bas en Philippines et sur ce confetti Parce qu'il faut bien viser pour tomber dessus visiblement.

[00:03:50.80] - Frédéric Tardieu
L'histoire, elle est totalement folle. À l'époque, je suis coiffeur pour femmes. J'ai 120 employés, 14 salons et entre deux coupes Je prends un magazine qui s'appelle VSD. J'ouvre VSD. La double page du milieu, c'était l'histoire d'un Marseillais qui était le roi d'une île aux Philippines. Et on était en 1992. En plus, la double page, il a un énorme poisson dans les bras avec une bêche et moi qui suis un fou de chasse sous-marine à Marseille, me dit : Chris on y va et elle me dit banco on y va. Trois semaines après on posait des vacances, on est parti aux Philippines chercher Thierry, donc à l'époque pas de téléphone, pas de fax, il n'y a rien en 92 on est à la préhistoire de la technologie et on finit par trouver Flower Island, Thierry le Marseillais, avec qui on lit de suite une amitié qui existe toujours, puisqu'on est toujours potes, on se voit régulièrement, il n'habite plus sur son île, et dix ans après, enfin non, trente ans après, on revient voir Thierry, et Thierry avait fait neuf gosses entre temps et il avait décidé de scolariser ses enfants, donc il était reparti sur Palawan, l'île principale. Quand on rentre en France, à la fin de ce voyage, ma femme me dit « Non, il y a quelque chose qu'on a toujours cherché, c'était l'exotisme. À l'époque, c'est vrai qu'on cherchait beaucoup du côté de Caraïbes, on était sur Nassau, sur les Bahamas, on était en train de traiter un territoire. Et puis on a complètement fait marche une arrière, on est reparti aux Philippines et on a dit Thierry, il faut que tu nous trouves une île et proche de la tienne même si tu n'y es plus parce que la baie on la connaît et voilà comment tout a démarré.

[00:05:42.00] - AnBé
Ah voilà donc c'est par la chasse sous marine, voilà Et une page ouverte. Vous êtes tous les deux en tout cas très go go go. On voit un truc, on n'hésite pas trop. Mais d'ailleurs, c'est une phrase, je comptais la mettre un peu plus tard dans l'interview, mais j'avais vu une petite présentation de Sulu baai, parce que comme mes petites filles présentent avec moi, il fallait que je cherche quelque chose en français et là il y avait un petit truc de ''3'50 là sur youtube où elle disait que l'utopie... Comment est ce qu'elle avait dit ça? Faudrait que je le retrouve et que je le replace dans l'interview plus tard.

[00:06:15.80] - Frédéric Tardieu
Je l'ai en tête aussi. L'utopie et le rêve mélangé. C'est-à-dire qu'en fin de compte, quand tu décides de changer de vie et de partir sur une île, tu pars avec un rêve bien précis, en te diseant, oh, je vais recevoir du monde, je vais faire le truc classique, je vais vivre pé père, je vais être le roi. Et puis, en fin de compte, tu es vite rattrapé par la réalité. Et tous les concepts que tu avais dans ta tête sont balayés d'un revers de main. Et nous, ça nous va très bien puisque notre vie, c'est... ça toujours était un revers de main permanent. Et là, tu t'assois devant des réalités et tu dis : ou je tourne la tête, ou je fonce. Et nous, comme on est du style à foncer, on a encore rechangé d'orientation, d'objectif, quand on était arrivé à ça. L'utopie, je pense qu'il faut en avoir, si je comprends bien la définition du mot, Il faut être utopiste, autrement la vie ne vaut pas le coup d'être vécue.

[00:07:18.80] - AnBé
Voilà, et donc ne pas trop réfléchir, et puis ne pas se laisser arrêter par toutes les difficultés qui vont arriver, c'est absolument certain, mais qu'on peut transformer en opportunité si on a besoin de courage et de détermination, je crois, pour faire ce que vous faites.

[00:07:35.50] - Frédéric Tardieu
Une passion, il faut... Ah, tiens, avant de parler anglais, je me rappelle plus du...

[00:07:42.60] - AnBé
Vas-y en anglais, je traduirai.

[00:07:44.69] - Frédéric Tardieu
Non, mais il a tellement... Je pense qu'il faut faire le bilan de sa vie et se dire à quoi tu as servi, à quoi tu as été profitable pour la communauté, pour l'humanité, à quoi tu as servi sur le peu de temps dans le temps de cette formation de ces océans tu aimes quelque chose ça a mis des millions d'années nous on est une allumette que l'on craque c'est même pas de ça tant qu'elle consulgue c'est le fait que ça jaillit et ça s'éteint de suite. Bon après c'est vraiment des sentiments personnels, c'est quand tu te retrouves face à toi même sur un territoire où il n'y a rien, que tu commences à réfléchir sur ce que tu as envie d'être. Parce que tu peux toujours à un moment te modifier et te dire j'ai envie d'être quelqu'un d'autre, j'ai envie de faire autre chose de ma vie. Pas d'exemple, pas de modèle, rien, tu le fais pour toi-même, tu te regardes dans un miroir et tu te dis j'ai pas toujours été propre parce que la vie n'est pas propre et à un moment il faut savoir prendre un grand bain et se dire je vais laisser alors que tout le monde n'en a rien à foutre de ce que tu vas laisser en fait comme... Mais tu l'auras fait, voilà. C'est... On revient au travail du colibri. Tu as un colibri dans ta tête et tu te dis je dois le faire.

[00:09:11.60] - AnBé
C'est tellement beau tout ce que tu dis. Tu as bien relancé l'enregistrement local.

[00:09:15.70] - Frédéric Tardieu
Je parle

[00:09:16.10] - AnBé
au payne goutte et que ça soit de belle qualité. Ah j'adore, j'adore, j'adore, j'adore. C'est pour ça qu'effectivement je continue à faire le podcast pour vous mettre en valeur tous ces gens qui montrent que les rêves c'est possible, qu'ils sont nombreux, qu'on a besoin de rêveurs dans tous les domaines. J'étais sur Europe 1 hier et alors là, ils suivent pendant tout l'été Ludovic, qui est un éboueur, qui adore ce qu'il fait. Il s'amuse comme un fou. Il a été connu par TikTok parce qu'il danse en ramassant les poubelles, etc. Et pendant ses vacances avec son équipe, ils font, je sais plus si c'est Paris-Marseille, en tout cas ils vont jusqu'à Marseille justement, ils récoltent des déchets, ils passent sur la radio tous les jours et ils ont une pêche d'en faire. Et voilà, ils conscientisent sur les déchets en rigolant et on a besoin de tout le monde dans tous les domaines. De De

[00:10:01.39] - Frédéric Tardieu
De De tout.

[00:10:02.50] - AnBé
Il n'y a pas de métier qui est épargné. On peut tous faire... C'est un peu le « y changer la vie

[00:10:07.70] - Frédéric Tardieu
»

[00:10:07.79] - AnBé
de Goldman. Tous les métiers, on a besoin du petit cordonnier, on a besoin de la grande star, on a besoin d'un homme d'affaires un petit peu plus éthique, on a besoin de absolument tous les profils. Sous mer, sur terre, dans les airs... Oui, oui, oui. On a

[00:10:22.70] - Frédéric Tardieu
besoin de même d'oeuvre.

[00:10:24.60] - AnBé
Oui, aussi. Oui, oui, oui, clairement. Bah écoute, On va penser à des vacances actives chez vous peut-être un jour

[00:10:37.10] - Frédéric Tardieu
Welcome Ah

[00:10:39.20] - AnBé
bah écoute, franchement, tous ceux qui voudraient aider ton projet en entendant un petit peu tout ce que vous faites, on va en parler maintenant, Vous embauchez les bénévoles qui veulent venir faire des vacances actives

[00:10:50.39] - Frédéric Tardieu
Alors, on a un problème, c'est que... J'ai voulu faire l'opposé de ce que j'ai fait toute ma vie. Quand je dis toute ma vie, c'est surtout la grande part de ma vie qui a été l'immobilier. En tant que promoteur, tu urbanises des centaines d'hectares et dans ton permis de construire les espaces verts, c'est toujours 5% du territoire, du terrain que tu auras acquis. Donc c'est moche. Et sur cette île, j'ai voulu être exemplaire, c'est-à-dire moi je vais construire que 5% avec les chemins, tous les bâtiments qui peuvent y avoir et tout le reste, je le laisse à la biodiversité. C'est une île qui a été dévastée, on s'est tellement engagé dans la plantation, on y reviendra. Mais voilà, l'idée c'était vraiment de se faire petit. Donc, dans la mesure où on est petit, on ne peut pas recevoir la terre entière. Et pour te donner un ordre d'idée, moi, j'ai 12 collaborateurs scientifiques aujourd'hui. On est 28 dans la journée, parce qu'il y en a beaucoup qui repartent, qui ont des fonctions ici mais qui vivent sur d'autres îles, ils viennent en pirogues tous les matins. Donc on est en train de construire le premier centre de restauration écologique d'Asie à 5 kilomètres, mais c'est 10 minutes avec le bateau et là par contre on aura 10, on pourra recevoir dix personnes on reçoit mais en moyenne entre 3 et 4, 3, 4, 5 demandes toutes les semaines sur les réseaux c'est la folie en ce moment et on voudrait faire plaisir on voudrait tellement faire plaisir mais à ce stade là il faut qu'on se réorganise complètement puisque c'est ce qu'on a créé qui va en pâtir. Et ça, je ne voudrais surtout pas.

[00:12:28.39] - AnBé
C'est contre productif à ce moment-là. Tu disais, on va en parler, mais le but, c'est de répliquer. Parenthèse, qui ne sera pas dans le podcast mais je m'en inquiète, il y a beaucoup de corruption quand même aux Philippines, vous n'avez pas de problème avec ça, avec votre programme, il n'y a pas de petits chants

[00:12:43.39] - Frédéric Tardieu
Écoute, c'est Certainement le hasard, depuis 12 ans qu'on est là, on a fait des millions de démarches par les autorités, pour nous déjà exister, on ne nous a jamais demandé quoi que ce soit. Je me touche, je vois

[00:12:57.10] - AnBé
que ça continue. Ça se fait juste avec un tête, je me disais comment ils font, Parce que quand même, si ça devient quelque chose qui prend de l'ampleur...

[00:13:03.20] - Frédéric Tardieu
Je pense que Thierry a été le sésame. Ce Marseillais qui était là, qui lui est un roi ici. En contre, il est arrivé en 1986, le premier blanc à 20 ans, avec ses cheveux longs, c'était presque la chanson de Dayam, tu sais, le dance. Et puis il a été tellement respecté, il a tellement fait du bien, il a tellement suivi les règles, que moi il m'a formaté dans ce sens-là. Et dès le départ, la mayonnaise a pris avec les locaux. On emploie beaucoup de locaux, on travaille beaucoup avec les locaux, on fait beaucoup de choses pour les locaux, on s'investit énormément pour les communautés. Et je pense que c'est le sésame de la règle et à aucun moment on a été... Puis ça commence à se calmer sérieusement aux Philippines.

[00:13:55.79] - AnBé
D'accord. On va peut-être le laisser dans le podcast alors, puisque ça va, la réponse n'est pas trop nuisible. Aux Philippines, c'est vraiment pas le but. Donc quelque part, c'est une belle leçon. C'est-à-dire si on est là aussi pour donner, encore plus que pour prendre, ça se comprend. Et quelque part, on te laisse plus tranquille. Parce que c'est vrai que la corruption aux Philippines, à un certain niveau, quand c'est la police qui est mal payée, qui décide tout à coup d'arrêter, ça nous est arrivé chez Jean-Paul, finalement ils ont trouvé nos filles trop mignonnes, alors ils nous ont laissé partir. Bon, ils arrêtaient tous les Occidentaux, en fait, qui étaient en mobilité, qui portaient pas le casque, voilà, pour demander un amende. Parce que pas porter le casque aux Philippines dans les petites îles, c'est la règle. C'est

[00:14:44.10] - Frédéric Tardieu
la liberté.

[00:14:45.29] - AnBé
C'est les tongs et la tête nue. Le petit truc qui ne va pas vite d'ailleurs. Mais donc voilà, oui, il y a des choses, on le sait bien comme ça. Ça arrive. Et vu ce qui gagne et qui nous voit à nous en train de dépenser nos liasses, je peux tout à fait comprendre. Et c'est comme ça dans tous les pays où effectivement, il y a des gens beaucoup plus riches qui viennent voir des gens qui ont du mal à jouer en de l'aide debout et donc voilà je ne cautionne pas mais je ne juge certainement pas ce genre de pratiques. Alors quand vous êtes arrivé dans l'île donc elle était complètement dévastée, Tu peux nous dire ce qui est arrivé aussi bien sur terre qu'en mer aussi parce que c'était dévasté dessus dessous.

[00:15:24.60] - Frédéric Tardieu
Alors c'est très simple, l'île appartenait à un européen, un diamantère, qui avait acheté ça sur un coup de tête et en fin de compte il n'y a jamais vécu, il n'a jamais rien fait.

[00:15:35.20] - AnBé
Le cliché de diamantère en Versoie

[00:15:43.29] - Frédéric Tardieu
Il était suisse, on l'a bien connu, on l'a fréquenté un bout de temps, mais en fin de compte, il n'a jamais... À la fin, il payait même plus son caretaker et le caretaker a... Moi je mets ça sur le compte de la survie, il a commencé à couper les arbres pour faire des planches, il a vendu le bois, après il a vendu le sable, après il a coupé la mangrove pour faire du charbon de bois, parce que c'est une vraie valeur commerciale. Et ensuite, il a commencé à dealer avec tous les pêcheurs autour. Donc, on a dynamité tous les coraux, on a commencé à pêcher oceanures, on a mis des pièges permanents. Et Et

[00:16:19.50] - AnBé
Et Et pourquoi est-ce qu'ils ont dynamity les coraux ?

[00:16:23.00] - Frédéric Tardieu
Parce que quand on a des saisons où il y a des bancs de poissons spécifiques qui arrivent, ils veulent en attraper un maximum. Mais ce qu'ils ne réalisent pas, c'est que 70% des poissons vont au fond et que si t'y es pas plongeur tu peux jamais les chercher quoi tu ramasses ce qui flotte et puis c'est toujours le gain rapide

[00:16:42.29] - AnBé
et le gain massif. Ah donc ces dynamités pour les tuer et donc Le plus gros qui coule en plus, donc c'est vraiment perdu.

[00:16:48.70] - Frédéric Tardieu
Oui, c'est perdu. Quoi qu'il en soit, pendant 10 ans, si tu associes toutes ces actions, tu arrives sur un territoire qui était complètement dévasté. D'ailleurs, pour moi, ça a été le choc. Du retour de vacances, on faisait un tour d'Asie et on est revenu en 2010 en disant on va retourner voir Thierry, il avait tout vendu, il avait tout changé de vie, il avait changé de vie et en rentrant ma femme me dit non non on s'est trompé il faut arrêter les Bahamas il faut qu'on retourne en Asie bon je lui dis écoute tu reprends un autre billet d'avion tu repars avec ta fille Année parce qu'on avait été avec la cadette je dis bah tu achètes ce que tu veux fais toi plaisir mais tu achètes surtout pas une île. Parce que je connaissais les problèmes de l'isolement, des mauvais temps et tout. Et elle revient en me disant, écoute, tu supporteras pas les couques, les poules, les coques, les karaokés, les gens qui vont passer sur la plage tous les matins devant toi.

[00:17:46.20] - AnBé
C'est terrible. Je sais pas ce qu'il y a pire, les cocoons et les karaokés.

[00:17:50.79] - Frédéric Tardieu
Voilà. Et l'avantage de cette île, c'est qu'elle est très grande, donc si demain, à l'âge qu'on a, il faut qu'on soit rapatrié, on n'est pas pris en otage par les grandes vagues, on peut rentrer avec des petits bateaux, c'est très facile. Et le plus fort c'est que on a toujours aimé l'aventure avec mon épouse, c'est-à-dire racheter des vieilles usines, refaire des réhabilitations complètes, des planchers, des escaliers. Moi, je suis très... Elle est décoratrice, moi je suis très bon dans tout ce qui est la vision finale. Et elle m'a dit, je sais qu'on va pouvoir en faire quelque chose de cette île et si j'avais su dès le départ qu'on en serait là aujourd'hui peut-être qu'on n'aurait pas fait ce choix là mais on y est et on ira jusqu'au bout.

[00:18:46.00] - AnBé
Parfois une petite dose

[00:18:47.09] - Frédéric Tardieu
inconsciente ça fait du bien. Oui, ça fait du bien. C'était un vrai challenge, sans eau, sans électricité, sans arbres, sans rien. Il n'y avait rien. On a planté une tente sur la plage d'Ecatlon et d'Ecatlon, c'était notre Colenta et le Colenta, il a duré deux ans. Deux ans, l'aventure totale, et puis ça nous changeait tellement du confort d'un métier de promoteur, d'un vrai truc de business. Et puis, c'est se dire, c'est est-ce que j'en suis capable de résister, d'absorber et de faire quelque chose. En fin de compte, au fond de toi, tu vas être vexé si tu dis « je n'y suis pas arrivé ». Jeter un projet, refermer le cahier, c'est pas possible, pour moi c'est pas possible. Et puis le challenge était tellement beau que moi ça m'a plu complètement quoi. On a été embarqués, embarqués complètement.

[00:19:46.29] - AnBé
Oui c'est ça. Je trouve ça une belle leçon, parfois on n'ose pas se lancer et puis en fait il faut pas trop réfléchir. Et puis si c'est un choix et c'est vraiment un coup de cœur en général, les obstacles se franchissent même ceux qu'on n'avait pas prévu, surtout ceux qu'on n'a pas prévu parce que parfois on prévoit pas mal de choses et puis c'est tout à fait autre chose en fait, les challenges sont tout à fait ailleurs. Mais bon je crois qu'il faut cette mentalité, ou visiblement toi les challenges ça te plaît. Donc vous avez lancé Sulu Bay, qui est devenu une fondation, mais pas tout de suite en fait. Vous aviez commencé comme ça un petit peu, pif-pouf, la mangrove replantée.

[00:20:25.79] - Frédéric Tardieu
Ce qu'il faut savoir aux Philippines, c'est que tu ne peux pas acheter de terre. L'étranger n'a pas droit à la propriété. Donc on a décidé dès le départ de... On a rencontré un avocat pour créer ce nom et cette société pour devenir propriétaire. Donc 70% philippins et 30% étrangers. Et c'est lui qui bêtement me dit, écoute, fais une fondation, tu pourras toujours changer l'objet social, mais le mot fondation passe bien. Il était vraiment visionnaire, ce gars. Et je le vois toujours, Alain, ça reste mon conseiller permanent, parce qu'aujourd'hui on développe tellement. Il a été de très bons conseils et on a donc créé le nom en 2011, en juin 2012 exactement, et le travail de la Fondation est arrivé en 2015, quand on a rencontré le premier Marine-Milieu-Georges-les-Ils, Thomas Pavy, mais ça on y reviendra. Dès le départ, ça s'est appelé Sulu Bay. D'accord. Puis C'était très philippin, ils ont de suite pigé, tu vois, il n'y avait pas Private Island ou choses comme ça. C'était dès le départ une fondation Sulu Bay. Et les locaux disaient « ah mais tu fais quoi avec ta fondation » La fondation elle est là pour aider, quoiqu'il y ait un problème, dis-moi et puis on va voir ce qu'on peut faire quoi. Oui,

[00:21:52.09] - AnBé
oui. Et puis on s'est dit bon c'est-il on va quand même en faire quelque chose, on va essayer de la rendre un peu plus belle et puis c'est comme ça que quelque part un petit projet a pris beaucoup d'ampleur.

[00:22:05.09] - Frédéric Tardieu
Exactement. Dès le départ, il nous a fallu de la main de...

[00:22:10.20] - AnBé
Dès

[00:22:10.40] - Frédéric Tardieu
le départ, il nous a fallu des Philippins, il nous a fallu des bras pour nettoyer. Avant tout, c'était nettoyer la terre, commencer à imaginer ce qu'on pouvait en faire, replanter les actions. C'était l'eau, l'électricité, une station d'épuration, disons une phosceptique cohérente du système européen, et replanter puisque ici on est sous le tropique du cancer, la température moyenne en plein soleil c'est entre 48 et 53 quoi. Donc tu as tendance à te déshydrater et puis si tu veux que la vie revienne, il faut aller replanter. Donc je précède un peu tes questions mais voilà. Oui Oui

[00:22:56.00] - AnBé
Oui Oui non, il n'y a pas de soucis.

[00:22:57.40] - Frédéric Tardieu
Si je fais un cumul, c'est une fois qu'on a évacué la mauvaise mangrove, qu'on a commencé à restabiliser les plages, à enlever tous les caissons de bouteilles, tout ce qui avait pu être accumulé par ces années de piraterie, si le mot est gentil, mais de déserrance et de squat permanent par des campagnes de pêche, par des compagnonnages de beuverie, de tout ce que tu peux imaginer. C'est 3000 bouteilles de rhum, c'est des bénitiers, des montagnes de bénitiers ouverts pour chercher des perles pour les manger.

[00:23:29.40] - AnBé
Les bénitiers étant donc les décoquillages, des

[00:23:33.00] - Frédéric Tardieu
très grands décoquillages. Les énormes coquillages, mais qui contiennent de temps en temps des perles et elles peuvent être énormes. Des fois elles font 600, 800 grammes, un kilo, un kilo et demi. Ouf Et ça a une valeur en dollars, c'est inestimable. Et en plus, c'est un très bon aliment, donc ça leur permet de manger. On s'est retrouvé avec ces montagnes de déchets. On a évacué sept ou huit semi-remorques de gros camions. On a planté, aujourd'hui on doit être à 72 000 arbres. On a planté très dense, peut-être un peu trop, puisqu'aujourd'hui on déplantait et on remet ailleurs. Ce qu'on voulait, c'était de suite avoir de l'ombre et que cette terre qui se tenait plus, parce qu'il n'y avait plus de végétation, à chaque fois qu'il y avait des pluies, la terre dévalait, noircissait la plage, cette boue allait dans l'eau et elle tuait les coraux, elle tuait le système corallien, donc ça étouffait tout. Donc on a décidé de refaire des terrassements dans l'île comme ces murs de soutenement qu'on appelle en Provence les bancs. Donc on a fait trois kilomètres circulaires autour de l'île et c'était faire des paliers et ces paliers permettaient à l'eau de s'infiltrer et de régénérer doucement le peu qui restait en végétation. Et dès qu'on a planté la première saison des pluies, ça y est, ça a commencé à venir, mais pas d'eau sur l'île. Donc on est allé chercher l'île sur une île voisine, l'eau dans la montagne. On a dillé avec le chef de village qui était un peu plus loin et on a mis quatre kilomètres de pipeline sous la mer et par gravité on a réussi, on a créé des réservoirs tant que dans la montagne, 40 mètres plus haut que l'île. Donc quand le réservoir est plein, il déverse par pression chez toi, sans aucune énergie. Et en échange, on a apporté l'eau aussi au village. Donc on a 350 maisons qui ont l'eau courante aujourd'hui. Donc ça, ça a été un côté sanitaire et social qui nous a valu aujourd'hui. Je les appelle, ils sont dispos en cinq minutes, mais on a pu mettre en 2013 l'eau sur l'île. Et doucement avec l'eau, il a fallu s'installer, prévoir le reste. Et après l'électricité, c'était le solaire carrément. Et là, la chance, c'est qu'on rencontre un Néerlandais qui crée une boîte de système solaire fiable. Je travaille toujours avec lui aujourd'hui et on a eu les premiers panneaux rudimentaires, quatre panneaux, deux kilowatts, trois kilowatts. Et aujourd'hui, on est à 40 kilowatts de jour, 80 panneaux, dernière génération, batterie lithium et voilà comment on est devenu sustainable. Tous nos déchets partent dans la fosse septique, on réutilise les matières pour faire le compost, l'eau, une fois qu'elle a passé les trois chambres, elle est redevenue totalement claire, donc c'est ce qu'on appelle les eaux grises en Europe, et avec ça on réhydrate toute la ceinture de Lille, la ceinture naturelle par des tuyaux percés, c'est du simple arrosage goutte à goutte, et c'était la façon de se préserver des grands coups de vent qui t'apportent de l'air salé, de l'air salin, qui brûle automatiquement tout ce que tu as planté. Donc on a eu un certain temps où à la limite on faisait ça tu vois, on a planté des bambous même provisoirement pour dire on va faire des barrières sur les côtés venteux et doucement doucement la nature tu sais c'est là où tu te rends compte que l'homme n'est rien quoi il a besoin de la nature elle a besoin de coups de pouce c'est le monsieur plus de badzene tu vois qu'il met un peu plus de cacahuètes dans le chocolat mais et après la tablette elle devient très belle quoi. C'est un poumon qui fonctionne tout seul, il fonctionne tout seul puisque dès que t'y a de l'ombre, les plantes naturelles qui viennent avec les vents, il y a des fougères qui sont venues naturellement sur l'île et aujourd'hui on a des milliers de fougères sur l'île. Les serpents sont revenus, les oiseaux sont là, on vit avec une biodiversité sauvage, il faut la laisser de côté parce que l'île est très sauvage. Pour tous ceux qui veulent venir travailler, on côtoie quand même toute la journée, c'est le petit varand de Komodo, ce qu'on appelle le Bayawak, le cobra, le piton, quelques bois, du scorpion, de l'araignée. Mais tout ça, sa vie en parfaite harmonie, ça te dérange pas. La nature n'est pas agressive quand tu vas pas l'embêter.

[00:28:25.70] - AnBé
Ça ne marche pas dessus.

[00:28:29.40] - Frédéric Tardieu
Saco habite, nous notre petit fils qui est là en vacances parce qu'il a 9 ans et qu'il a fallu qu'il soit scolarisé mais il a grandi de ses 6 premiers mois jusqu'à 8 ans il était sur l'île en pieds nus c'était le maugli avec nous quoi.

[00:28:43.59] - AnBé
Ah ouais d'accord

[00:28:45.90] - Frédéric Tardieu
Oui toute la journée il est en train d'embêter les animaux, il vit avec les animaux, on a cinq écureuils sur l'île, on a des tortues terrestres, il est constamment avec ça, et les animaux se familiarisent mais on ne veut pas de contact. Donc voilà, si tu laisses faire la nature, la nature revient très vite. Ça prouve bien qu'elle est là pour durer et que nous, on n'est vraiment que de passage. L'arbre vivra beaucoup plus longtemps qu'un être humain. Il apportera beaucoup plus à la nature. Donc il faut savoir faire son action, et après laisser faire.

[00:29:25.50] - AnBé
Oui, oui, oui. Il dit qu'on a encore dix minutes, il faudra que je mette un niveau, donc on a encore le temps de continuer, mais je te renverrai un autre lui. On commence à avoir l'habitude, excuse-moi. Langement.

[00:29:38.59] - Frédéric Tardieu
Pas de souci.

[00:29:40.59] - AnBé
Alors, question suivante.

[00:29:43.40] - Frédéric Tardieu
Suis-moi signe, Si tu sens que je suis trop long, quoi, tu me fais si...

[00:29:47.09] - AnBé
Non, moi, c'est ça, le format podcast, ça va, on n'est pas à la radio, donc il n'y a pas des formats de X minutes, il n'y a pas de souci pour moi. Et après, je coupe ce qui était moins intéressant. Il n'y a pas de problème. La question de Valentine. Qu'est-ce que c'est ce lombon Voilà, donc elle a 10 ans et alors elle voyait l'île et donc on voit qu'effectivement il ya un énorme un énorme ponton,

[00:30:11.20] - Frédéric Tardieu
un énorme pontement effectivement et valentine on a créé ça parce qu'il y a une chose qui est magnifique en Asie, c'est les coraux, c'est la barrière de... L'île c'est un atoll et en fin de compte tu as l'île elle-même, tu as la plage, tu as les herbiers et après tu as le récif corallien et puis après le récif corallien ça descend dans le bleu et pour ne plus dégrader ça tous les matins avec les bateaux qui passent dessus marcher dessus à marée basse on a décidé justement de créer cet appontement pour quand on arrive avec le bateau, on laisse le bateau en eau profonde et tu marches 120 mètres, il fait 121 mètres exactement, pour ne plus dégrader les récifs coraliens. C'était une précipité aussi.

[00:31:01.09] - AnBé
C'est vrai que j'avais quand même à Mohalboal, là chez Jean-Paul, on voyait, oui, là où il y a des touristes, il n'y a plus trop de coraux. Enfin, ça galère. Et ceux qui sont là, tu vois les touristes qui mettent gentiment les pieds dessus tout le temps, ils disent ah mais non, arrête, pas fait faux. Et je me souviens quand même.

[00:31:23.29] - Frédéric Tardieu
Dès le départ,

[00:31:23.70] - AnBé
on l'a fait ça. Et vous avez des très très beaux, vous avez des très très très beaux coraux. Moi je dois dire, la Grande Barrière de Corais ne m'a pas du tout épatée après avoir vu ce que vous avez par là. Parce que vous avez été sur des coraux de plein plein plein plein de couleurs. Une fois, j'étais à un endroit des coraux, mais c'était un jardin, mais j'ai l'impression d'être dans un aquarium tellement c'est beau, tu vois. Et je me dis, oh, mais c'est pas vrai, il y a quelqu'un qui a laissé tomber. Je dis, c'est quoi Ça peut être plus un voile. Bon, c'est peut être quelqu'un qui a perdu son foulard dans le vent ou quoi, je vais voir plus près, c'était un corail mais vraiment très très très rouge, un corail mou évidemment, et qui ondulait comme ça dans l'eau et c'était tellement vif et c'était tellement, j'ai cru que c'était un foulard quoi, j'avais jamais vu quelque chose d'aussi... Enfin voilà, c'est mes expériences de baies océaines de la mer, mais c'est à quel point c'est sidérant de bouteilles, de couleurs vives, extraordinaire.

[00:32:14.50] - Frédéric Tardieu
Les philippines font partie de ce qu'on appelle la région, le triangle de corail. Donc, c'est la mixité de deux plus grands océans du monde. Et ce sont créées des espèces dans cette zone-là, issues des deux océans. Tu prends la barrière de corail, tu prends les Seychelles, ils ont 80 espèces de coraux, grosso modo 90-100. On est à 386 espèces en Asie. C'est le poumon du monde de la biodiversité. Et justement, ce que je développe là avec le prince Albert, c'est le World Corail Conservatory. Monaco a créé la banque de conservation. Si un jour tout est détruit dans le monde par x phénomènes comme ils l'ont fait pour les graines dans Norvège où ils ont fait ce grand tunnel dans la montagne où ils ont stocké toutes les graines du monde en cas un jour de catapulte, on est en train de le faire pour le corail. Et on a fait la première étude et les premiers prélèvements le 14 avril dernier. Et justement, au bout de cet appuntement, sur le côté droit, on a fait 100 m, rien que là on avait 92 espèces en deux heures. Donc c'est pour rebondir sur ce que tu dis et on est dans cette richesse de coraux et on est dans cette biodiversité animale, marine, on a de tout, On a de tout, c'est une multitude de choses et c'est ce qui fait aujourd'hui notre cœur de travail, c'est prendre, observer et préserver surtout tout ce qui peut disparaître demain, puisqu'on est quand même dans un énorme danger aujourd'hui.

[00:34:09.19] - AnBé
Ça aussi, cette beauté qui avait séduit Jean-Paul, quand il avait décidé de s'installer là, c'est aussi parce que dès que tu mets la tête sous l'eau... Déjà, quand elle est au-dessus de l'eau, c'est très beau, mais alors alors

[00:34:18.09] - Frédéric Tardieu
alors alors sous

[00:34:18.30] - AnBé
l'eau, c'est un festival quoi. C'est un festival.

[00:34:22.19] - Frédéric Tardieu
C'est des baffes. Tu ne te lasses pas. C'est pas possible. C'est pas possible.

[00:34:27.00] - AnBé
C'est vrai que c'est riche parce que même... C'est touristique pas encore. C'est déjà pas mal touristique, pas trop, mais c'est déjà touristique. Mais on les voyait du bord les tortues, je veux dire, Sardines Run, un énorme nuage de sardines là où avec les belles photos qu'on voit parfois avec les trous qui sont, on y allait depuis la plage, enfin c'est fou, Il faut pas bouger, on est tout de suite là, il faut pas prendre de bateau. Il y a des choses absolument merveilleuses à porter de palmes. Ou même pas de palmes, les filles palmaient pas. Mes enfants savaient y aller, ils avaient 5 ans. Donc voilà, c'est vraiment à la portée de tous.

[00:35:03.90] - Frédéric Tardieu
Les chélippines, c'est vraiment le bonheur des enfants parce que la biodiversité est accessible. Ils sont devant un aquarium alors que dans les autres pays du monde, les enfants ont besoin d'être aidés. Ils vont nager seuls, tu leur donnes un appareil photo, ils reviennent avec une bibliothèque incroyable. C'est fantastique.

[00:35:25.09] - AnBé
Ah oui, on a vraiment adoré adorer ce séjour là-bas. Alors sous l'Ubaï, vous avez donc occupé de la restauration de la mangrove, de planter et en or en pour les coraux justement, vous ne faites pas que récolter des graines, enfin de quoi les relancer si jamais pour cette bibliothèque. Vous les restaurez aussi, enfin vous leur donnez un petit coup de pouce parce que vous dites, plus on essaie de restaurer la nature, plus on est modeste en se disant bon, je peux peut-être effectivement faire un tout tout petit quelque chose, mais le mieux que j'ai à faire c'est de la laisser faire. Et donc vous vous replantez, enfin vous aidez quand même les coraux à... Vous avez ces structures là assez particulières sur lesquelles vous regraiffez des coraux. Exactement.

[00:36:10.59] - Frédéric Tardieu
La chance qu'on a eue c'est qu'en 2015 on a rencontré un jeune margine biologiste qui s'appelle Thomas Pavy qui donnait des cours de plongée sur El Nido. Donc c'est la station Balnéaire, Bacchit Bé, c'est une des plus belles bées du monde. La baie d'Alon, c'est... Comme on dit à Marseille, c'est peu cher à côté.

[00:36:31.09] - AnBé
À côté de quelle baie tu dis

[00:36:33.30] - Frédéric Tardieu
Si tu compares la baie d'Halong dont on fait tout,

[00:36:35.50] - AnBé
la baie d'Halong

[00:36:36.59] - Frédéric Tardieu
Vietnam on dit toujours ça mais tu prends la baie de Bakuit aux Philippines, c'est la plus belle, pour moi c'est la plus belle baie du monde, il y a des blocs de granit qui rentrent dans la mer, Donc il était prof de plongée là-bas, mais ça correspondait pas du tout au master sur l'environnement qu'il avait fait. Et un jour un ami me le présente et on discute, on pense d'une soirée et on se chauffe dans comme on dit à Marseille, on se chauffe dans la soirée en disant... Et puis j'ai dit, écoute, viens voir, tu me dis ce que tu en penses et puis... Et Thomas est arrivé la semaine suivante et deux jours qu'il devait rester, il restait presque trois semaines, alors il avait été très loin, il a presque fait un inventaire, il me dit « Fred, tu ne peux pas imaginer, autour de ton île, tu as 13 écosystèmes, Si tu compares les écosystèmes dans un lieu, le maximum il peut y avoir que 15 écosystèmes. C'est comme un diamant, tu as la classe A, B, C, D, puis après tu peux plus rien avoir d'autre. Il m'a dit mais Fred, dans ton île, tu as les très écosystèmes naturels. C'est un diamant brut que vous avez, sans le savoir, il demande d'être taillé. Et ça c'est pour faire le raccourci et donc je dis à Thomas vas-y, dis-moi ce qu'il faut faire. Et nous c'est vrai qu'à ce moment-là on avait presque fini la terre, la terre elle commençait à revivre d'elle-même, il y avait de l'eau, il y avait les plantations qui avaient été faites, les oiseaux revenaient, on n'avait plus grand chose à contrôler, si ce n'est l'arrosage, si ce n'est du désherbage, si se faire plaisir, mais ça les jardiniers qu'on avait à ce moment-là à temps plein, donc moi ça m'a passionné d'aller dans la mer puisque j'ai toujours été chasseur sous-marin mais sans aucun background que faire et il m'a dit ben si on commençait déjà à imaginer que tout ce qui a été explosé à la dynamite, on puisse le reconstruire. Alors, si tu attends la croissance du corail qui suivant les espèces, c'est un centimètre par an ou 20 centimètres, un grand maximum pour une espèce en particulier, donc il fallait créer un support et puis...

[00:39:00.40] - AnBé
On va s'arrêter à là parce que là j'ai moins d'une minute, ça va couper et donc on a le bon teaser, on va créer un support et on reprend de là.

2e prise son (suite)

[00:00:31.80] - Frédéric Tardieu
C'est bon.
 
[00:00:33.00] - AnBé
Ah voilà, Ok, on voit que le soir qui tombe chez toi.
 
[00:00:38.00] - Frédéric Tardieu
Ouais, il fait il fait nuit très tôt. Oui oui
 
[00:00:41.50] - AnBé
 Alors pour les l'objet le plus utile on l'a dit et alors l'erreur qui t'a le plus appris ton histoire de résilience on en était là c'était ce ce typhon qui t'a appris qu'effectivement Donc....
 
[00:01:20.00] - Frédéric Tardieu
il faut rester fort et savoir que ça va s'empirer ce genre de situation et qu'il faut il faut ça 
 
[00:01:29.50] - AnBé
c'est vrai que moi j'ai très dur là il y a il y a une forêt et je vois les arbres qui meurent de plus en plus parce que même en Europe nos arbres meurent oui oui. Pas cause des des des sécheresses à répétition alors On est, on dit que c'est à cause du scolidé, des scolites, et caetera, mais les scolites ne font qu'attaquer des arbres malades et les arbres, elles sont malades parce que quoi Parce qu'ils sont faibles, c'est comme âgées qui commencent à une fois qu'elles sont faibles il y a n'importe quoi qui devient dangereux et donc voilà on a la la nature pour être résiliente elle a aussi besoin de de bonnes conditions Voilà, je crois que la Chine n'a pas prévu de de réduire ses émissions avant deux-mille-trente, ce qui est évidemment ou même deux-mille-cinquante, je ne sais plus. Enfin voilà, c'est c'est clair qu'on continue à augmenter les émissions de c o deux ça fait très très peur alors comment quelle est ta recette à toi pour ne jamais abandonner
 
[00:02:16.40] - Frédéric Tardieu
c'est tous les jours, tous les jours faire des actions, le quotidien est rempli quoi, journées sont, c'est c'est redondant, c'est certain. Quand tu es sur une île, c'est c'est un peu toujours la même chose. Mais Dans la mesure où tu le fais, comment te dire tu tu ne peux pas marcher sur une plage où tu ne peux pas te dépasser, ça va être plus symbolique. Tu ne peux pas prendre ton bateau, aller sur l'inter ferme pour vérifier par exemple tous les matins les l'avancée, motiver tes troupes qui construisent son centre de restauration écologique et quand tu traverses, tu vois un objet flottant non identifié sur la mer, qui ne sera jamais qu'une bouteille en plastique, mais comment tu ne, Tu peux passer à côté et ne pas la ramasser. C'est c'est voilà c'est ça c'est Donc moi c'est ça serait le c'est c'est l'action du quotidien je peux pas prendre le bateau et dire bon de toute façon ça va finir sur la plage je vais le ramasser non Il est dans la mer et dans la mer, il va déjà tellement laisser une trace en microparticules et tous les jours, c'est ce que Ton action, elle aura, on voit tellement, il y a quelque chose qui est flagrant, c'est que Tout ce que l'on fait là depuis depuis depuis douze ans qu'on est sur place, mais depuis vraiment dans le travail de la Dans le programme soutenu par nos partenaires ça fait quatre ans, depuis quatre ans on on essaie vraiment de de faire changer la donne En protégeant, en oeuvrant dans les aires marines protégées, en essayant D'avoir des actions, avoir un travail qui va donner des fruits, c'est comme un arbre que tu plantes et tu te dis ça va faire une récolte et cette récolte tu veux la réensemencer, il est fait pour multiplier on on est on est face à quelque chose qui est tellement entamé, c'est comme une pomme, voilà tu tu prends une pomme dans le dessin animé qui est croquait des deux côtés, il te reste le trognon du haut, le trognon du bas et tu te dis mais comment je vais recoller les morceaux Mais non c'est c'est que c'est voilà c'est un processus qui est déjà entamé, C'est une glace qui fond dans ta main et tu n'arriveras pas à lécher plus vite que ce qu'il faut pour la manger, elle va passer entre tes doigts, elle va tomber par Et les ressources halieutiques aujourd'hui, ce qui nourrit la vie des populations asiatiques, ça fond comme neige au soleil, comme une glace d'un tamin, Parce que parce que c'est des bateaux usines de partout, c'est, il n'y a pas de contrôle, il n'y a pas assez de police, il n'y a pas assez de ça. Et tout ce qu'on fait, alors c'est c'est tellement un travail de fourmi, mais mais on ne peut pas abandonner. On ne peut pas abandonner, c'est c'est la question que tu me poses, mais Mais notre quotidien, il est motivé par ça. Si nous, on ne le fait pas ici, il n'y a personne qui va nous remplacer. Et devant chaque village où tu vas, ils vont te dire mais où tu en es Fred Tu ne peux pas nous abandonner, tu ne peux pas lâcher prise.
 
[00:05:23.00] - AnBé
Ce que j'ai formidable avec la nature c'est que je trouve que tu lui donnes un petit peu et elle elle te le rend au centuple ça il faut savoir aussi c'est qu'on a la la l'allié la plus formidable qu'on a là-dedans c'est la nature elle-même.
 
[00:05:34.60] - Frédéric Tardieu
Tu te rends compte que le le plus symbolique, c'est bien l'air marine protégée. On parle bien de d'un territoire marin que tu ne fais que protéger. C'est-à-dire que n'ayant pas d'action dedans, Si tu la choisis bien, elle va se redévelopper toute seule, mais à une vitesse que tu ne peux même pas imaginer tout autant que Tu la rends fullly protective, c'est-à-dire que tu ne vas pas y aller plonger dedans, tu ne vas pas autoriser la perche, Ça va être un carré de jardin où tu mets des piquets et il y a ton chat, ton chien n'iront pas, il n'y a que la nature qui va y aller et tu vas voir que ce carré de jardin il va pousser trois fois plus vite que le
 
[00:06:18.80] - AnBé
reste parce
 
[00:06:19.39] - Frédéric Tardieu
qu'il ne va pas être agressé. Mais c'est ça la vie sur terre elle est là. La recette, c'est simplement retirer l'humain. Mais on n'est pas, on est une espèce, on n'est pas les bienfaiteurs. On on est la la tare, la tare animale. Tous les autres, ils ils prélèvent pour manger Et ça leur suffit, il n'y a que nous qui voulons faire dix repas par jour et conserver au frigo pour demain, on n'en a jamais assez. L'homme animal, mais c'est la pire espèce que que que la nature ait pu inventer quoi. Et et donc la nature elle peut se se refaire d'elle-même dans la mesure où tu tu enlèves l'humain. Moi je l'ai vu sur Pangat Tallinn, on a créé une aire marine protégée avec Thomas en 2015. Aujourd'hui, les effets, Le rapport scientifique que nous ne faisons pas, on s'interdit nous de contrôler ou de justifier de nos résultats. On quelques des experts extérieurs en leur disant voilà venez travailler. Aujourd'hui ça a été multiplié par deux-cent-cinquante.
 
[00:07:31.39] - AnBé
Ah ouais !!
 
[00:07:32.60] - Frédéric Tardieu
La masse de poisson elle a été multipliée par deux-cent-cinquante et le nombre d'espèces par soixante.
 
[00:07:39.50] - AnBé
Extrême.
 
[00:07:39.69] - Frédéric Tardieu
C'est-à-dire qu'on n'avait plus de Napoléon, on n'avait plus de règles, on n'avait plus de mérou, on n'avait plus de requins, on n'avait plus Et aujourd'hui on a, il y a quatorze Napoléon qui sont juvéniles, qui sont venus là tout petits, on ne les a pas vus arriver aujourd'hui, c'est les poissons de vingt kilos et qui se sédentarisent et qui n'ont pas peur de toi. Tu vas dans l'eau nager, tu sais à quoi on mesure la qualité d'une air marine protégée, c'est ce qu'on appelle le débit de fuite du poisson tu vas en méditerranée le poisson il te voit trente mètres il fout le camp Ici à trois mètres de toi, il commence à peine à bouger. Donc c'est vraiment pour lui tu tu fais partie des espèces, Mais tu n'es pas un prédateur. Comme quoi la nature, elle n'a pas besoin de toi. Mais ça on ne l'a pas compris.
 
[00:08:29.10] - AnBé
On est est
 
[00:08:29.19] - Frédéric Tardieu
est est en train, les classes humaines, on revendique des méthodes mais on n'a jamais, On n'a jamais compris qu'il fallait ne plus accéder à des territoires et ces territoires vont refournir tous tout le besoin des populations
 
[00:08:46.60] - AnBé
Ouais complètement. Quel est le succès dont tu es le plus fier
 
[00:08:54.39] - Frédéric Tardieu
la reconnaissance des pairs mais ça c'est presque c'est c'est ça remonte à l'enfance c'est-à-dire c'est quand tu tu tu tu n'es pas né dans la bonne famille Je n'en veux pas, je, c'est pas c'est une mesure où on Et aujourd'hui, c'est mes pères qui reconnaissent ce que je fais. C'est peut-être ça et mais mais mais la plus belle la plus belle la plus belle la plus belle La la chose dont je suis la plus la connaisse mes jeunes, mon équipe, mon staff, On est, on est une secte sur l'île parce qu'on est isolé, on est vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble et quand je demande à Laure qui est la chef de projet aujourd'hui, Ne m'en veux pas Thomas. Thomas ne m'en, tous tous ceux qui ont bossé pour moi ne m'en veuillez pas. Mais je dis alors voilà je vais, Je vais repartir sur un nouveau programme, il va falloir que je remonte une équipe. Et Laure me dit, tu ne le feras pas sans moi. Et ça tu tu, tu tu vas au bout du monde avec des paroles pareilles.
 
[00:10:18.00] - AnBé
Ouais.
 
[00:10:18.60] - Frédéric Tardieu
C'est là où tu Tu es fier, tu te dis mon mon rôle, je pense que je tu crois toujours que tu fais les choses bien, Mais tu fais des tu fais des choses des fois de travers parce que tu n'es jamais qu'un être humain, tu ne connais pas tout, tu tu n'as pas la sensibilité de me père de famille, tu tu, C'est pas ma famille, c'est mes employés. Mais mais je je je suis attentif à tout parce que ici je suis Puis le le le le le gourou si on peut dire. Mais voilà quand quand Victor m'a dit aussi, m'a dit ben voilà je finis ma thèse cette année mais je ferai mon post doc avec toi. Donc ça veut dire que c'est deux jeunes qui vont resigner avec moi pendant trois ans Moi j'ai des ailes.
 
[00:11:06.29] - AnBé
Ouais. C'est assez clair.
 
[00:11:07.60] - Frédéric Tardieu
Je je je suis fière de ma femme qui qui qui accepte tout.
 
[00:11:13.39] - AnBé
Ah oui tu as l'air d'avoir une femme très partante c'est pour tout.
 
[00:11:17.89] - Frédéric Tardieu
Et voilà c'est il faut il faut il faut m'accepter tel que je suis avec mes travers. J'ai de nombreux travers, Je suis Stakanovic, mais ouais je suis fière de ma petite entreprise.
 
[00:11:28.29] - AnBé
Ah oui, j'espère qu'elle ne jamais la crise.
 
[00:11:31.89] - Frédéric Tardieu
Voilà j'allais le dire il y en a un qui l'a chanté mais il l'a tellement bien chanté pour Tous les entrepreneurs du monde, c'est merveilleux quoi.
 
[00:11:42.20] - AnBé
Au cours des cinq dernières années, qu'est-ce qui a le plus amélioré vos résultats justement C'est
 
[00:11:49.10] - Frédéric Tardieu
C'est le temps
 
[00:11:50.29] - AnBé
Le temps, très belle réponse. On a, on oublie souvent que les choses prennent du temps. J'adore, j'adore. Si tu avais en face de toi celui que tu étais à vingt ans,
 
[00:12:01.79] - Frédéric Tardieu
tu lui diras. La nature, tu lui dirais. Parce que je lui dirais, je suis quand même fier de toi parce que vingt ans je quittais l'école et j'étais bachelier avec trois années de retard et Et j'avais un ami, on était interne, alors j'avais quitté la maison, ça faisait trois ans que j'étais interne dans un bahut, je suis parti de la maison sur un coup de tête Et je me suis scolarisé tout seul dans un établissement où j'étais chaudronnier et dans le dortoir le soir, J'ai posé la question à mon copain chat Patrick Chatelier et j'ai dit chat, toi à quoi tu aimerais ressembler plus tard quand tu seras grand, C'est-à-dire quand tu tu seras et je me rappelle toujours, on avait un magazine pourri où il y avait de l'eau et Belmondo tu vois en costard, encore un smoking avec une écharpe blanche, puis moi j'ai dit j'aimerais bien ressembler à ça. Donc c'est c'est la, c'est l'ironie du sort en te disant tu veux être C'est l'aboutissement d'une vie, c'est le respect, c'est le magazine, c'est, qu'est-ce que je lui dirais à ce jeune con Je dis, Tu as bien voyagé. Et heureusement que tu as été une tête de con parce que tu as été jusqu'au bout de tes convictions.
 
[00:13:28.89] - AnBé
Ouais.
 
[00:13:30.29] - Frédéric Tardieu
Tu as été jusqu'au bout de ce que tu, toutes les folies qui ont traversé tous les métiers que j'ai pu faire, toutes les femmes que j'ai aimées parce que je me suis marié plusieurs fois je je l'ai fait proprement J'ai j'ai tout fait voilà j'ai pas de casserole, pas de casserole vas-y, tu n'auras pas de casserole et tu je pense qu'on finit en beauté parce qu'on le finit avec Sérénité on le fait pour les autres mais je le fais pour au fond de voilà je le passage du miroir ben je l'aurais fait Je peux me regarder, je peux partir. Alors je suis très, moi je suis très fataliste, tu vois, ce que tu apprends à vivre seul sur une île, C'est la fatalité de la vie, c'est te dire comprends bien de toute façon que tu es seul, que tu finiras seul et que tu n'es que de passage et aujourd'hui à soixante-sept ans tu vois tous les copains qui se cassent la gueule la vie elle est éphémère Mais je ce que je fais je le fais pas si si j'avais quarante ans je toujours aujourd'hui je il y a des fois je me dis, je dis aux jeunes si j'avais quarante ans Ils me disent mais pourquoi Fred tu veux qu'on aille civil pourquoi tu veux, je dis parce que je suis vieux parce qu'aujourd'hui l'énergie que je j'ai elle va durer combien d'années dix, quinze, c'est pas soixante-quinze ans que je vais convaincre, faire des TED dans à Sorbonne pour pour motiver les jeunes sur des nouveaux programmes de s'engager. Dire qui c'est ce vieux con qui monte sur la scène c'est c'est plus ça quoi donc
 
[00:15:04.70] - AnBé
Écoute quand tu vois David Attenborough
 
[00:15:07.00] - Frédéric Tardieu
il Ouais mais respect à mes pairs ils ils ils ont tellement fait Ils ont tellement fait avant moi. C'est c'est peut-être le regret c'est pourquoi j'ai pas fait ça avant
 
[00:15:22.20] - AnBé
Ouais.
 
[00:15:22.70] - Frédéric Tardieu
Et la vie la vie est comme ça les décisions elles viennent après des parcours elles viennent après
 
[00:15:27.39] - AnBé
des Exactement.
 
[00:15:28.29] - Frédéric Tardieu
Une maturité elles viennent après comme
 
[00:15:30.10] - AnBé
on disait faut le temps
 
[00:15:31.60] - Frédéric Tardieu
il faut le temps voilà le temps le temps c'est la c'est la plus belle chose que la ville peut te donner c'est du temps si si
 
[00:15:38.89] - AnBé
si si tu devais rencontrer une personnalité présente ou passée d'ailleurs qu'est-ce que à qui tu aimerais serrer la pince avant une conversation des
 
[00:15:55.29] - Frédéric Tardieu
des des des gens que je Connais pas c'est Tabarly, pour moi c'est les vrais aventuriers. J'aimerais serrer la main parce que je me classe un peu dans l'aventurier mais l'aventurier des temps modernes, on a quand même des facilités l'eau, l'électricité, mais ces vrais aventuriers ceux qui ont ceux qui ont conquis des territoires avec avec pas grand-chose Et et j'ai pas franchi ce cap-là parce que j'ai pas été marin, mais moi les les les aventuriers maritimes ça me fascine. Je vais
 
[00:16:32.70] - AnBé
avoir un épisode avec Yannick Westaven ou pas gagnant des derniers bancs d'éclore.
 
[00:16:37.29] - Frédéric Tardieu
Les vrais quoi là c'est aujourd'hui c'est c'est ces mecs-là parce qu'ils ont affronter la mer chapeau chapeau bas chapeau bas
 
[00:16:50.00] - AnBé
oui c'est vrai qu'il est fascinant complètement fascinant c'est quoi les ingrédients pour réussir sa vie pour vivre ses rêves dis-nous ta recette puisque tu es quand même Inconnaisseur en la matière
 
[00:17:01.50] - Frédéric Tardieu
que semble-t-il Alors de l'audace, l'audace toujours l'audace, l'audace et et l'humilité aussi savoir doser l'audace et l'humilité parce qu'il faut pas prendre le melon parce que tu tu la nature elle te renverra une gifle comme jamais tu te retrouveras à genoux très vite mais sans audace Avec la vie que l'on mène aujourd'hui, tu ne vas pas assez vite, tu ne vas pas assez loin. Et l'audace aujourd'hui m'a permis de propulser sous Lubai Avec les plus belles marques du monde, avec les plus beaux partenaires dont on peut rêver moi quand j'ai le fond français pour l'environnement mondial qui me qui m'a dit Fred tu refais un projet on tout de suite quand Blancin m'a dit Fred tu as une nouvelle idée on te suit quand le prince Albert que je vais rencontrer au mois de septembre me reçoit en audience, c'est le Graal. C'est donc l'audace te permet toujours de Sans mentir. C'est si tu t'engages, fais-le avec tes tripes, mais il faut que tu aies de l'audace parce qu'il y a beaucoup d'inventeurs, il y a beaucoup de gens généreux sur terre qui ont la bonne idée, mais qui n'ont jamais l'audace de la présenter et de la partager et que ça aille plus loin. Donc ça reste stérile un petit peu, ça reste dans ton ton pré carré et ça ne peut pas servir les autres. L'humilité de te dire je peux me casser la gueule, je peux dire des conneries parce que le temps peut-être démontrera On trouvera que tu t'es trompé, il faut savoir assumer, mais la vie est tellement éphémère que l'audace, c'est ton allié.
 
[00:18:42.09] - AnBé
J'aime beaucoup, j'aime beaucoup et c'est pas la première fois que j'entends parler de ça. Est-ce qu'il y a une une citation qui t'inspire ou une histoire qui te motive
 
[00:18:52.70] - Frédéric Tardieu
Je dirais, je dirais une chanson. Ouais. Je, parce que je lis, je n'ai jamais lu, Je lis pas de bouquin, je ne suis pas allée à l'école, je suis
 
[00:19:03.70] - AnBé
pas allée Mais j'ai déjà entendu deux fois les magazines qui avaient eu un impact dans ta vie.
 
[00:19:09.09] - Frédéric Tardieu
Mais alors tu as vu tu as vu tu as vu tu as vu La chanson c'est Don't De, ça le jeune trou là. Donc Peter Gabriel, elle, c'est une voix écossaise incroyable. Et ça, c'est, Elle te prend elle est tellement lente elle est tellement elle te le c'est certainement une chanson d'amour parce que je comprends pas bien l'anglais Mais elle a tellement du sens dans Dieu dire, ne renonce pas en ce que tu crois, que ce soit de l'amour, ce soit une conviction que ce soit un engagement ne renonce pas
 
[00:20:05.29] - AnBé
donc Ah aussi ouais, je crois l'avais sorti aussi. Ouais.
 
[00:20:11.50] - Frédéric Tardieu
Si tu as un Oui oui. Un message. Non non non je ne me l'approprie pas non pas du tout pas du tout non non. C'est ouais ce sera Tu l'as fait tiens
 
[00:20:21.40] - AnBé
et ça c'est tout aussi bien un message que tu as envie de faire passer ou une question que je ne t'ai pas posée que tu aimerais j'aurais tu aurais voulu que je te pose
 
[00:20:31.70] - Frédéric Tardieu
Non en en fin de compte on va revenir simplement à tous les gens de l'ombre tous les acteurs de l'ombre, toutes toutes les petites mains, ces petites mains, toutes ces associations qui font du Les cleanups, les les les fresques du climat, tous ces gens Dans les écoles qui s'engagent, toute cette nouvelle génération qui qui qui est motivée, continuer sans violence. L'agressivité n'aboutira pas. Moi ces ces ces pancartes qu'on peut lire des fois dans dans certaines manifs qui sont pour du bien, moi m'iris un peu, je sais qu'en fin de compte on peut tellement être entendu dans la douceur Donc continuez, battez notre poire. Où que vous soyez toutes ces associations que ce soit soit soit, il faut de tout pour faire vraiment Un mot aujourd'hui pour changer. Donc où que vous soyez que vous veniez, allez-y nous sous l'ubaye et moi Frédéric donc allez-y.
 
[00:21:53.09] - AnBé
Magnifique magnifique et comment est-ce qu'on peut soutenir Souloubaï Je sais que des touristes peuvent venir sur l'île, très réduit évidemment parce que Justement, je ne voudrais pas que ça ça devienne néfaste, on peut faire des dons, on peut faire comme Alice et Tino, il y a l'îlot aussi qui Il permet de vous soutenir le moteur de recherche Lille Il
 
[00:22:12.79] - Frédéric Tardieu
y a il y a il y a il y a plein de choses mais le plus beau soutien c'est simplement de liker de de s'abonner à à la page Facebook, à la page du accueillait. Non, je ne
 
[00:22:24.50] - AnBé
suis pas encore en fait. On est en contact.
 
[00:22:27.29] - Frédéric Tardieu
Non non mais parce que qu'en fin de compte c'est la crédibilité de nos partenaires. Nos partenaires en fin de compte eux sont des businessmen et te demanderont toujours combien de followers combien de like, combien de ci, combien de ça et pour moi le le le soutien J'appuie sur la touche, il est tellement plus important que l'euro qu'ils vont donner. Parce que garde ton euro pour une autre cause que tu voudras faire ta touche moi elle me permettra d'aller lever des fronts chez ceux qui vraiment en mettront dans l'assiette
 
[00:23:01.40] - AnBé
Ouais ouais ok.
 
[00:23:02.70] - Frédéric Tardieu
Tout simplement.
 
[00:23:04.09] - AnBé
Super. Donc sous Dubaï pour qu'on te trouve facilement c'est s u l u b a a I c'est bien ça hein
 
[00:23:09.79] - Frédéric Tardieu
Et avec un nom aussi tordu, je suis le seul au monde.
 
[00:23:14.20] - AnBé
Voilà on te trouve sur Instagram, sur Facebook Sur LinkedIn c'est ça
 
[00:23:18.00] - Frédéric Tardieu
Sur Facebook, sur LinkedIn et et ou sur Fred Tardieu, je j'ai mon Facebook et LinkedIn, Je ne mets que du professionnel, que ce qui se passe dans la fondation, il n'y a jamais de de choses perso, donc allez de partout, vous les liens voir les la vidéo
 
[00:23:33.50] - AnBé
Je mettrai les liens dans les notes de l'épisode comme toujours.
 
[00:23:36.00] - Frédéric Tardieu
Voilà et soutenez le film Blue Quest Palawan qui va sortir, on en parlera on en reparlera et on a besoin de vous les jeunes motivez-vous et vous êtes déjà des vrais acteurs.
 
[00:23:48.70] - AnBé
Super on a déjà parlé de l'actu donc c'est bon où te retrouver et bien il ne reste plus qu'à te dire un grand grand grand merci pour ton temps c'était encore une fois une belle rencontre je suis On chantait qu'on ait pu échanger aujourd'hui.
 
[00:24:02.90] - Frédéric Tardieu
Merci à toi, un vrai bonheur de d'avoir participé à ton podcast Et merci à JP qui sans lui encore une fois rien ne serait arrivé.
 
[00:24:13.09] - AnBé
Voilà. Je t'avais déjà dans le viseur avant, mais on va laisser le mérite à à JP parce que c'est lui qui a lancé la machine, c'était dans une longue liste, il m'a dit ah oui, mais je le connais Fred il est génial tu devrais l'interviewer je dis ah c'est pas la première fois que j'entends que je devrais l'interviewer ok je le remonte c'est que c'est le bon moment il y a des bons moments comme vous savez parfois les étoiles qui s'alignent il faut pas il faut prendre à ce moment-là ça j'y crois très fort aussi au hasard heureux donc voilà merci beaucoup je t'embêterais encore pour te demander des des photos pour l'épisode je vais te tenir au courant de quand je le programme
 
[00:26:22.70] - Frédéric Tardieu
D'accord d'accord simplement que tout le monde vienne au salon de la plongée ça sera tellement énorme. On fera la fête sur le stand des Philippines en plus qui est un énorme stand et on sera là pour parler de tout. Moi j'aime l'interaction publique. Je je, on n'est pas là pour recevoir un award, on est là pour expliquer aux gens, pour répondre Pour l'impact. Pour l'impact, voilà exactement tout simplement.
 
[00:26:46.29] - AnBé
Ouais, et moi je je je bisque bisque rage parce qu'on en, enfin non c'est chouette parce qu'on a repris deux mois Pour souffler en famille, on avait déjà connu JP quand on a fait un break de quatre mois parce qu'on essaie de voyager. Quand on voyage loin, on voyage beaucoup moins souvent. Avant, on voyage caché quatre fois prenez l'avion quatre fois par an pour se détendre. Maintenant, on s'est dit ça, c'est fini, mais on fait des grands voyages quoi. Alors on essaie de Ça fait quatre ans justement qu'on avait pris quatre mois, qu'on avait rencontré JP. Et puis maintenant on reprend deux mois en famille et c'est justement sur janvier février donc paf en plein dans le salon de la plongée que j'aime beaucoup et je ne pourrais pas y être, c'est dommage sinon je serais venu te serrer la
 
[00:27:19.29] - Frédéric Tardieu
Bien au plaisir de te rencontrer nulle part ailleurs où tu veux quand tu veux welcome.
 
[00:27:24.70] - AnBé
Ah c'est gentil merci beaucoup Frédéric ben bonne soirée et merci pour ton temps hein avec les soucis techniques
 
[00:27:33.20] - Frédéric Tardieu
ciao comme on dit à marseille
 
[00:27:34.79] - AnBé
oui au revoir
 
[00:27:36.40] - Frédéric Tardieu
au revoir

 

Illustrations sonores

Musique:

Cali by ItsWatR (Direct Licence)

Whipped Cream by WatR (Direct Licence)

Sons:

short whoosh Vilkas_Sound CC BY 3.0 Attribution

 

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