#66. Yann Quenet : Le tour du monde d'un navigateur solitaire sur un voilier de poche

Épisode du 7 novembre 2023

Dans cet épisode, je vous emmène dans un voyage extraordinaire à travers les mers et les océans du monde, aux côtés d'un navigateur hors du commun, Yann Quenet. Je vous préviens on va être un peu serrés à bord car son voilier ne fait que 4 mètres et on ne peut pas s'y tenir debout. Mais le voyage en vaut la peine : nous allons aller loin puisque Yann a accompli l'impensable en réalisant un tour du monde sur son voilier-jouet, Baluchon, qu'il a construit de ses propres mains.

Le navigateur Olivier de Kersauson a beaucoup d'admiration pour Yann, dont il a dit "L'homme timide qui a fait le tour du monde sur un bateau d'enfant fait partie des grands marins que la vie m'a permis de rencontrer."

Parcours
Yann Quenet, autodidacte passionné, a construit "Baluchon" en pensant indépendance avant tout. Il nous prouve que les rêves ne coûtent pas cher (Baluchon lui a coûté 4 000 euros), qu'avec un bon couteau suisse et une bonne dose de débrouillardise et de créativité, on peut faire le tour du monde...

L'appel de l'océan
Ce marin atypique ne se préoccupe ni de la vitesse, ni du confort, ni des records. À l'instar des grands navigateurs solitaires qu'il admire, Yann Quenet aspire à une aventure pure, à prendre le large, à ressentir la connexion profonde entre lui et son bateau, à suivre le mouvement des vagues, et à poursuivre sans cesse les limites de l'horizon sans vouloir ni les repousser ni les atteindre. Après tout, c'est beau, l'horizon...

Les étapes de l'aventure
Le voyage de Yann Quenet s'étend sur plus de trois ans. Il a traversé l'Atlantique, le Pacifique, l'océan Indien, en passant par des destinations fascinantes telles que la Polynésie, l'Afrique du Sud, ou encore le Brésil.

Yann Quenet c'est un grand enfant qui réalise ses rêves avec autant de sérieux que d'insouciance. Navigateur intrépide sur un voilier de poche, son histoire est un exemple inspirant de persévérance, de créativité, et de la quête de l'ultime aventure. 

Si vous avez aimé cet épisode, vous allez adorer également celui de Félix, qui lui aussi fait un voyage finalement très semblable, sur terre cette fois, dans son improbable vélo-canoë...

Yann Quenet au port avec son tout petit bateau

Le croiriez-vous, que ce si petit bateau a fait le tour du monde ? Pas étonnant qu'il intrigue badauds autant que marins avertis comme Olivier de Kersauson !
© Les photos de cette page sont soumises à droits d'auteur.

Yann Quenet

© Yann Quenet

Yann Quenet

"Petits bateaux, petits problèmes" ... et grands voyages.

Yann Quenet en navigation

"Je voulais un tout petit bateau parce que les petits bateaux, en Bretagne, on dit : petits bateaux petits problèmes" et moi j’aime pas trop les problèmes donc voilà c’est pour ça que j’ai fait un tout petit bateau, et parce que j’avais un petit porte-monnaie aussi donc c’est une autre raison; et puis les grands bateaux c'est pour les grandes personnes qui ont une situation sociale sérieuse, un métier, un crédit, je sais pas quoi ... donc il me fallait un petit bateau, vraiment un petit jouet que j’ai construit comme un enfant mais au lieu d’aller l’essayer sur le bassin du parc d'à côté j'ai été l'essayer en mer.

(...)

Les grands bateaux c’est pour les personnes sérieuses qui veulent montrer qu'elles ont réussi dans la vie donc qui montrent un peu leur gros bateau - un petit peu comme les voitures, les gens qui ont des grosses voitures pour montrer quelque chose. Moi j’ai rien à montrer, rien à prouver à qui que ce soit, donc je suis heureux avec mon petit bateau."

Yann Quenet, Storylific épisode 66

Transcription de l'épisode

Transcription automatique. Une seule relecture. Erreurs possibles...

Yann Quenet - Mais la plus grande difficulté pour réaliser un rêve ,quel qu'il soit d'ailleurs, dans mon cas, ça a été de liquider. J'avais un travail avant qui était assez ennuyeux. J'ai démissionné et je me dis maintenant je ne fais que des choses rigolotes. Et c'est ça le plus difficile, c'est de lâcher prise un petit peu comme un haut du plongeoir, c'est de sauter. Après, une fois qu'on a sauté, c'est facile.

[Musique introduction]

AnBé - Bonjour et bienvenue. Je suis AnBé et tu es sur Storylifique, le podcast 100% outdoor. Je te propose de découvrir avec moi des aventuriers, sportifs de haut niveau et autres dévoreurs de vie qui vont te parler de leur parcours inspirant pour réveiller ton envie de vivre tes rêves. Car si eux l'ont fait, toi aussi tu peux le faire. Surtout si tu leur piques leurs meilleures astuces.

Et simplement en écoutant, tu soutiens déjà la reforestation. Car ici, on ambitionne de planter des arbres avec les oreilles. Alors si ce podcast te plaît, n'hésite surtout pas à le partager avec des amis. Ça aide énormément le projet de reforestation qui sous-tend ce podcast. Alors d'avance je te dis merci !

Que dirais-tu de faire le tour du monde sur un bateau de 4 mètres et de te prendre des vagues de 10 mètres. C'est l'incroyable aventure de Yann Quenet à bord de son voilier “Baluchon”. Ce navigateur solitaire a réalisé l'exploit unique de construire, en autodidacte, un voilier mini et minimaliste pour l'emmener loin, très très loin.

Baluchon ressemble étrangement à un jouet d'enfant et ça tombe bien puisque ce tour du monde improbable, mais totalement réussi, est la réalisation d'un rêve de gosse. Dans cet entretien, Yann Quenet va te prouver que réaliser ses rêves ce n'est pas si compliqué. J'espère que ça va t'inspirer quelques idées.

Message à tous les amoureux de l'outdoor et de l'aventure. Avant de plonger dans notre épisode, j'aimerais vous parler d'un partenaire fantastique qui rend tout cela possible : A.S. Adventure. Savez-vous que la préparation est la clé pour réussir une aventure ?

A.S. Adventure est bien plus qu'un simple magasin d'équipement, c'est l'endroit où vous pouvez trouver une expertise solide pour vous aider à construire vos aventures. Que vous soyez randonneurs passionnés, campeurs chevronnés ou voyageurs intrépides, faites confiance à A.S. Adventure pour des conseils avisés et un équipement de qualité.

Leurs experts vous guideront vers les choix les plus judicieux pour rendre votre aventure exceptionnelle. Visitez leur site web ou rendez-vous dans l'un de leurs magasins pour profiter de leurs meilleurs conseils. Mes invités me parlent souvent du choix du matériel, alors évitez les galères, faites-vous conseiller par des experts.

Merci à A.S Adventure pour leur soutien continu à notre podcast et pour aider nos auditeurs à vivre des expériences outdoors inoubliables. Maintenant, plongeons dans l'épisode du jour.

AnBé - Bonjour Yann Quenet !

Yann Quenet - Salut Anne-Bé.

AnBé - Est-ce que tu veux bien te présenter, après on va présenter ton meilleur ami qui n'a pas de papattes mais qui a une voile.

Yann Quenet - Je m'appelle Yann, Yann Quenet, j'habite à Saint Brieuc et puis j'ai fait un tour du monde avec mon petit bateau de quatre mètres de long. Qui est mon copain comme tu dis qui s'appelle Baluchon. Donc je suis entre deux tours du monde, si on veut, là, parce que je prépare pour un prochain.

AnBé - Oui, en plus, il y en a qui ne s'arrête jamais. Et alors ton baluchon, explique-nous un peu ce voilier improbable. J'aime beaucoup ce que dit ton ami Olivier de Kersoson : “C'est un voyage d'homme dans un bateau d'enfant.”

Yann Quenet - Un petit peu, oui. C'est un rêve de gosse que j'avais depuis très très longtemps. Maintenant je ne suis plus tout à fait un enfant mais c'est toujours un rêve que j'ai eu depuis longtemps de faire ça avec un bateau qui me correspond un petit peu.

Donc voilà, les petits bateaux… Je voulais un tout petit bateau parce que les petits bateaux… En Bretagne ont dit petit bateau, petit problème. Et moi, j'aime pas trop les problèmes. Donc voilà, c'est pour ça que j'ai fait un tout petit bateau. J'avais un petit porte-monnaie aussi, donc c'est une autre raison. [Rires]

Aussi, les grands bateaux, je trouve, c'est pour les grandes personnes, ceux qui ont une situation sociale sérieuse, un métier, un crédit,… Je ne sais pas quoi. Donc, il me fallait un petit bateau, vraiment un petit jouet, quoi, et puis sur lequel j'ai été…

C'est un bateau que j'ai construit moi-même, donc comme un enfant qui l'a construit le soir avant sa chambre et puis qui va l'essayer. Mais au lieu d'aller l'essayer sur le bassin du jardin public d'à côté, je vais l'essayer en mer. Donc c'est pour ça que j'ai fait ce tour du monde avec mon petit bateau, que j'ai construit moi-même dans mon garage.

AnBé - Donc tu n'es pas du tout dans les chantiers navals d'origine ni rien, c'est vraiment toi qui...

Yann Quenet - Alors à l'origine non, mais c'est ma passion depuis tellement longtemps que je sais un peu construire, je sais un peu bricoler tous les bateaux et tout ce qui se passe sur un bateau, je sais faire ça. Puis je suis un bidouilleur, un bricoleur donc je connais un petit peu comment ça marche.

AnBé - Voilà, on a retrouvé un digne… Comment dire ? Quelqu'un qui serait digne d'Yves Parlier, je crois, qui est lui aussi un incroyable bricoleur de bateaux, avec son tour du monde, sa Vendée Globe, je suppose que tu connais son histoire qui est absolument dingue.

Yann Quenet - Oui, oui, oui. Moi je n'ai aucun esprit de compétition donc je suis parti…

AnBé - Non, non, non. Mais j'ai repensé à toi parce que je connaissais l'histoire d'Yves Parlier qui a dû réparer son mât, mais un mât de bateau de compétition, en plein milieu du Vendée Globe et qui n'a pas voulu en démordre, qui n'a pas voulu lâcher et qui a terminé son Vendée Globe après avoir eu...

Personne ne comprend comment il a réussi, même en le montrant, c'est assez incroyable. Mais toi, ton mat, ça va, tu peux te transporter, te balader avec s'il faut.

Yann Quenet - Oui, je mâte, je démâte sans problème. Et puis, c'est un bateau de bout de ficelle et de briquet de broc… Donc voilà, tout se répare. Il n'y a pas besoin d'aller au magasin d'accastillage, tout se bricole avec ce qu'on retrouve dans les bouteilles…

AnBé - J’ai vu des tubes de PVC pour la barre,… C'est hallucinant en fait, des bidons pour qu'il le rendra insubmersible au cas où il aurait la mauvaise idée de d'essayer de se retourner. Il se retourne tout seul…

Je mettrai des liens vers ces vidéos où tu expliques, pour ceux qui sont intéressés par la technique de ce petit bateau qui t'a coûté je crois 4000 euros, qui pèse quelque chose comme 200 kilos, je sais plus.

Yann Quenet - Non, il fait un peu plus lourd, il fait 500 kilos au peu près.

AnBé - 500 ! Olala, où est-ce que j'étais moi ? Je vais me dire : “Oh 200, c'est pas beaucoup.” [Rires] Il a grossi. Il fait 4 mètres par contre.

Yann Quenet - Il fait 4 mètres tout rond.

AnBé - Je suis nulle en chiffre. Ça doit être pour ça. J'ai fait une drôle de traduction dans ma tête. C'est quand même pas très lourd, on est d'accord. Et donc dedans, tu peux te coucher, t'asseoir. Je crois que tu peux même jamais aller sur le pont en fait

Yann Quenet - Non, non, non, mais il est trop petit. Mais je suis bien dans mon petit bateau. J’ai ma couchette et puis toutes mes affaires autour, là je suis comme Alexandre le bienheureux, j'ai tout à portée de main, puis je peux rêvasser comme ça.

AnBé - Ouais, ouais, c'est extraordinaire. Et donc j'ai des questions toujours de mes petites filles de 9 ans tout juste et 10 ans maintenant. Voilà pour ton… Qui s'intéressent aussi à ton baluchon.

[Enregistrement d’une des filles de AnBé : “Pourquoi tu as envie de voyager avec un tout petit bateau ?”]

Yann Quenet - J'ai un petit peu répondu à la question avant mais c'est parce que les grands bateaux, c'est pour les personnes sérieuses qui veulent montrer un peu qu'elles ont réussi dans la vie. Donc elles montrent un peu leurs gros bateaux. Un peu comme les voitures, les gens qui ont des grosses voitures pour montrer quelque chose.

Donc moi, je n'ai rien à montrer, rien à prouver à qui que ce soit, donc mon petit bateau, je suis heureux avec mon petit bateau.

AnBé - Et puis voilà, tu sais tout réparer dessus en fait, puisque tu as tout conçu aussi pour qu'il y ait le moins de casse possible et puis que si il y a casse, ça soit réparable sans gros budget, sans gros moyens.

Yann Quenet - Oui, oui, avec un couteau Suisse, on peut réparer tout le bateau, ça je confirme. [Rires]

AnBé - J'ai… Mon mari s'intéresse beaucoup à la voile, il voudrait faire un tour du monde à la voile et il regarde un peu, parce qu’il n’y connait rien non plus, c’est un passionné mais c'est pas quelqu'un qui en fait depuis des années du tout.

Et donc il dit dans les forums… Il a hurlé de rire quand il a vu l'interview que je préparais, il trouvait ça génial aussi. Sur les forums, tout le monde est en train de se dire : “A la taille pour faire les grandes traversées, est-ce qu'il faut 20 mètres ? Est-ce qu'il faut plus ? Est-ce qu'il faut moins ?, …”

Et puis après, 4 mètres, ok, ça le fait. [Rires] Et il a trouvé ça génial, c'est un parfum de liberté. Enfin, c'est ça que tu cherches aussi, c'est la liberté totale.

Yann Quenet - Oui voilà, c'est d'avoir aucun compte à rendre à personne. On fait son petit bateau et voilà, et puis on se fait plaisir. C'est surtout se faire plaisir.

C'est pas à la mode du tout, puisque maintenant tout le monde veut des bateaux de très très... Enfin c'est vrai que si on commence à regarder les forums, les gens veulent des bateaux de plus en plus grands, de plus en plus équipés.

Mais à la limite, ça ne sert absolument à rien, à part dépenser son argent et puis avoir des problèmes tout le long de la route. Mais bon, c'est dans la nature humaine de se compliquer un peu la vie je pense.

AnBé - Ah oui, ça c'est clair, moi je pèse sur les voitures, on ne sait plus rien réparer tellement c'est….

Yann Quenet - Ouais on peut faire un petit parallèle.

**AnBé - “**Rendez-moi la manivelle de ma fenêtre” [Rires]. Attends, la question de mon autre petite fille.

[Enregistrement d’une des filles de AnBé : " Pourquoi veux-tu faire le tour du monde ?"]

Yann Quenet - C'est parce que c'est un rêve que j'avais quand j'étais tout gamin et j'ai toujours voulu faire ça. Et puis il fallait bien vérifier si la terre était ronde et puis voilà. [Rires]

AnBé - Elle est, ça va, c'est vérifié ?

Yann Quenet - Elle l’est, je suis revenu à mon point de départ, à Saint-Brieuc en Bretagne, où j'habite. Donc je suis parti, je suis revenu. Donc voilà….

AnBé - Explique-moi un peu le parcours là, parce que je ne sais pas quand il fait très chaud, quand il fait très froid, comment ça se passe dans Baluchon ?

Yann Quenet - Il faut faire avec ce qu'on a… Donc le but de ce tour du monde, c'était de suivre les alizés, donc c'était sous les tropiques. Ils faisaient relativement chaud.

J'ai pas eu…A part pour passer l'Afrique du Sud, où la température était plus tempérée, mais autrement j'ai eu assez chaud, c'était sous les cocotiers. Et puis voilà, c'était des endroits magnifiques aussi.

AnBé - D'accord. Et donc tu transportes ton eau dans des bidons qui sont dans chaque côté-là, pour équilibrer ton bateau…

Yann Quenet - Voilà, voilà, voilà pour…

AnBé - Et tu sais rester en autonomie pendant combien de temps là ? Comment tu te fais à manger là-dessus ?

Yann Quenet - La plus grande traversée que j'ai faite c'est 77 jours, mais on peut aller bien plus loin encore. Si on a un peu de pluie pour récupérer l'eau, c'est l'eau le problème. Et bon, on peut aller loin, loin, loin avec un tout petit bateau. C'est pas un soucis.

AnBé - Et donc tu n'as rien pour dessaler l'eau ? Tu es dépendant soit de l’eau douce que tu as soit de l’eau de pluie.

Yann Quenet - J'ai un petit appareil à main pour dessaler, mais ça demande beaucoup d'énergie. Et puis on ne peut pas mettre sa vie là-dessus, il faut emmener son eau parce que si jamais l'appareil tombe à peine là on n'est vraiment pas bien du tout.

Donc il faut s'arrêter et des fois on ne peut pas s'arrêter on est en plein milieu de l'océan donc il faut quand même prévoir le maximum de sécurité et mettre sa vie sur des appareils comme un dessalinisateur.

AnBé - Oui, complètement. Et si jamais tu avais un problème, tu pouvais contacter facilement d'autres ? Parce que je crois que tu avais que ton GSM en fait, tu n'as pas pris grand-chose. C’est quoi la technique à bord ?

Yann Quenet - Il n'y a aucun moyen de communiquer avec le reste du monde. Quand je suis en mer, je suis tout seul, je suis seul au monde. Donc il faut compter sur une seule personne au monde, c'est soi-même. Et puis ça tombe bien, je me trouve d'une bonne compagnie. Donc voilà…

[Rires]

AnBé - Et donc même pour la météo ? Je voyais que tu n'avais pas de baguette, que tu n'avais rien pour capter la météo en permanence.

Yann Quenet - Non, non. Une fois que je suis parti là et que j'ai quitté la côte de vue, je suis tout seul. Donc voilà, on prend la météo qu'il y a.

AnBé - Ouais

Yann Quenet - S’il y a du vent, on prend. S'il n'y a plus de vent pendant des jours, on prend aussi. C'est l'aventure.

AnBé - Carrément. Il s'est affronté des vagues de combien, le petit Baluchon ? Enfin tu ne l'emmènes pas exprès dedans mais...

Yann Quenet - C'est estimé, mais il y a bien plus haut que mon mat qui fait 8 mètres. Donc…

AnBé - Il est allé là-dedans ??

Yann Quenet - Oui, oui. Et tant que ça flotte, c'est bon. [Rires]. C'est un petit peu comme une noix de coco. Parce que c'est un tout petit bateau. La philosophie de ce projet, c'est de naviguer un petit peu comme une bouteille à la mer ou une noix de coco qui peut traverser les océans sur des jours et des jours et voir des mois.

C'est que tant qu'ils flottent, c'est bon. Il n’y a pas de…. On ne rentre pas en compétition avec la mer, on se laisse plutôt porter par des vents dominants. Et puis on essaye d'arriver là où on a voulu le faire. Mais des fois, on arrive à d'autres endroits. Puis c'est sympa aussi.

AnBé - Ah oui, dis ! Tu as eu des vagues d'aussi grandes que ton mat quoi. Mais ça doit quand même être impressionnant !

Yann Quenet - Oui, oui, c'est très difficile à expliquer, mais il y a vraiment du gros mauvais temps. C'est obligé, sur trois ans de navigation, on est bien obligé d'avoir des tempêtes, et puis voilà… Mais ce n'est pas les tempêtes les plus dures à appréhender.

C'est parfois des calmes plats pendant des jours et des jours où les provisions diminuent. Et puis, on ne sait pas quand est-ce qu'on pourra rentrer. On est coincé là en plein milieu de l'océan, pendant… Notamment dans une zone qui s'appelle le Pot-au-noir, là où il n'y a pas beaucoup de vent et...

AnBé - On en parle dans l'épisode précédent avec Yannick, justement, du Pot-au-noir. Lui, ça, c'était encore pas mal passé, mais il a quand même une sacrée pétole. Il dit, je serais bien descendu de mon bateau pour le pousser tellement j'en avais marre...

Yann Quenet - On n'a pas trop le choix d'attendre, mais bon, des fois, c'est ça qui est plus dur. Et puis, il y a beaucoup de grains aussi. Bon, voilà… C'est des petits moments qui sont finalement occultés parce qu'on part pour trouver des bons moments, des très bons moments, des moments merveilleux, des petits moments, des instants de grâce un peu.

Et tous ces petits moments cumulés font qu'on oublie toutes les petites galères qu'on a à côté, forcément obligatoires sur un petit bateau, même sur un gros bateau, où on a forcément des moments plus difficiles que d'autres. Mais l'esprit, on oublie ce genre de déconvenues.

AnBé - Il n'y a pas un moment où tu t'es dit : “Mais que suis-je venu faire dans cette galère ?” non

Yann Quenet - Ah, sûrement, je me suis dit : “Qu'est-ce que je fous là ?”. J’ai dû me le dire plusieurs fois. Mais après, on est tout de suite… Je ne sais pas…. Un troupeau de dauphins, des baleines, des oiseaux de mer, ou des îles qui surgissent comme ça au milieu du Pacifique, des îles qu'on a toujours rêvé.

Donc tout ça, ça fait oublier les petits moments comme ça où on se dit : “Qu'est-ce que je fous là ?, mais finalement très peu. En plus, c'est quelque chose dont je rêve depuis toute ma vie. Je vais pas me mettre à râler alors que je suis à un endroit où je rêve depuis des années d'être là. Donc non, non, c'est principalement des bons moments.

AnBé - Ouais. Et pour la nourriture, je crois que tu n'avais même pas pris de réchaud, si ?

Yann Quenet - Si, mais on ne peut pas l'utiliser tous les jours. Des fois, on peut manger froid pendant... Quand le mauvais temps se lève, on mange froid pendant des semaines. Donc voilà, c'est pas... Et on survit très bien, c’est pas… On peut manger froid.

AnBé - Ouais. Et pour conserver, t'avais rien, donc c'était tout du déshydraté alors que tu avais, c’était quoi ?

Yann Quenet - Ouais, ouais, des nouilles chinoises en paquet parce que évidemment, j'avais aucun budget. J'avais pas tout ce que j'avais.. Donc c'était nouilles chinoises et sardines en boîte. Donc voilà.

AnBé - Ah, voilà.

Yann Quenet - C'est bien. [Rires]

AnBé - Le coup de la boîte à sardines, écoute quand on voit mal Baluchon c’est pas mal.

Yann Quenet - … Tu ne viens pas faire un tour du monde avec moi quoi.

[Rires]

AnBé - Ce n'est pas la croisière gastronomique.

Yann Quenet - Non, voilà, Non, voilà, ce n'est pas une croisière gastronomique. Ce n'est pas le but. [Rires]

AnBé - Mais par contre, c'est réaliser un rêve et ça, ça n'a pas de prix.

Yann Quenet - Voilà, c'est exactement ça. C'est un rêve. Moi, je suis bien, là heureux sur mon petit bateau. Je n'ai pas de comptes à rendre à personne. Personne ne m'embête et puis je n'embête personne. Le monde est parfait.

AnBé - C'est vrai que voilà, moi aussi j'aime bien manger, mais si je suis avec les copains, mais du moment que je n'ai pas faim, ça va quoi. Il y a tout qui passe.

Yann Quenet - Oui, voilà, c'est ça.

[Rires]

AnBé - Alors dis-moi un petit peu, si tu devais définir l'aventure, comment est-ce que tu la définirais ?

Yann Quenet - Au début, je ne me suis pas vraiment considéré comme aventurier. Moi, je fais un truc qui me plaît. Mais c'est effectivement le fait d'avoir la liberté totale, de ne pas avoir de compte à rendre. Il y a des sponsors ou des commanditeurs… On fait ce qu'on a envie de faire et on s'arrête quand on a envie, on continue si on a envie. Et voilà, moi, c'est un petit peu le fait de n'avoir aucune contrainte.

AnBé - C'est vraiment comme Félix, quoi. On parlait de Félix et sa poule, je ne sais pas, sur les routes, sur son canoé-kayak improbable. Vous êtes vraiment dans le... Je suis contente que vous vous soyez croisés.

Yann Quenet - On a beaucoup en commun, des jeunes communs.

AnBé - Comment ça se passait alors dans les ports où tu arrivais, où il voyait arriver ce petit truc… Tu dois te signaler quand t'arrives à un port, ça se passe comment ? Je suppose qu'il y a de l'administratif, moi je suis pas navigatrice, donc je sais pas comment ça se passe quand on débarque, quand on repart…

Yann Quenet - Oui, forcément qu’il y a un peu de… Mais moi, je suis tellement petit… C'est ça l'avantage aussi de mon petit bateau, parce que quand je suis parti, je pensais que mon projet n'allait pas intéresser les gens parce qu'en plus les gens veulent, comme tu disais tout à l'heure, les gens veulent des grands bateaux, plein d'équipements et tout.

Donc moi je dis avec mon bateau ridicule, au moins je vais être ignoré, au pire je vais être ignoré, au mieux mis à l'écart quoi.

Mais finalement partout où je passais, mon petit bateau, il provoquait tellement la curiosité que les gens venaient à moi. Finalement ce bateau m'a permis d'aller au-devant des gens, finalement parce que tout le monde était interloqué par ce drôle de petit bateau. Et donc ça m'a permis de rencontrer pas mal de gens et de m'ouvrir un peu aux autres, chose que j'avais pas prévu au départ.

J'étais parti juste pour me faire plaisir, quelque chose d'assez égoïste finalement. Et puis médiatiquement, ça s'est emballé aussi, j'ai rencontré plein de gens. Et puis partout où je passais, je faisais la une des journaux en plus, donc moi qui ai assez discret de nature, c'était un peu embêtant. Mais voilà.

AnBé - Oui, je t'avais entendu dire que tu étais...

Yann Quenet - Ça a été une aventure en …

AnBé - Mais oui, il disait que tu étais un peu plutôt du genre ours, un peu voilà à partir, loin du monde et des gens. C'était ton truc. Et finalement, tu dis, on part en loin des gens j'en ai trouvé plein, plein, plein, plein.

Yann Quenet - Ouais ouais c’est ça

AnBé - Et finalement, mieux, tu dis que ça a peut-être été une bonne cure pour aller vers les autres. C'est pas mal, je trouvais ça. C'est marrant. On fuit le monde et puis on le retrouve en mieux, finalement. Les gens, c'est cool !

Yann Quenet - C'est ça, oui.

AnBé - Donc, ton périple, ça t'a amené à faire... Tu as dit un petit peu, donc tu as quand même passé l'Afrique du Sud…

Yann Quenet - J’ai traversé…. Je suis descendu jusqu'aux Canaries, traversé l'Atlantique, allé jusqu'aux Antilles, après passé par Panama, le Pacifique, …

Je suis arrivé après dans le milieu du Pacifique, je ne sais pas si tu as entendu parler, il y a eu un virus qui a bloqué un peu toute la planète, qui a foutu le bordel, je ne sais pas si ça te dit quelque chose. Enfin bref, moi j'étais en train…

AnBé - Un truc… Co- quelque chose, hein? Ah ouais Oui, j'ai vaguement entendu parler ... ouais tu parles! T'as été bloqué où alors avec ça ?

Yann Quenet - Je suis arrivé aux Ile-Marquises après deux mois et demi de mer. C'est là qu'on m'a dit...

AnBé - Oh coincé aux Marquises... Mais quelle horreur ! C'est du martyre !

Yann Quenet - Confiné au Marquises, oui ça va. Mais bon, je ne pouvais pas descendre à terre alors que j'avais mis deux mois et demi pour y arriver.

AnBé - Ah oui ça c’est casse-pieds j'allais dire.

Yann Quenet - C'est un bon parcours par la suite. C'était une belle aventure. J'ai loupé l'Australie qui était fermée, et c'était un peu le point d'orgue de mon voyage. J'étais obligé de refaire un autre tour du monde pour aller voir l’Australie. Donc c'est pas de chance quand même. [Rires]

AnBé - Oh, quelle horreur. C'est comme Yannick Bestaven qui disait : “ J'ai dû passer trop loin du Cap Horn, j'ai tellement envie de voir le rocher, faut que je le refasse.” [Rires]

Yann Quenet - Bah ouais, bah voilà. [Rires]

AnBé - Toutes les excuses sont bonnes, quoi, dans le fond.

[Rires]

Yann Quenet - Bah voilà, faut bien trouver des excuses.

AnBé - Alors les Marquises aussi chouettes que ce qu'on me le dit ?

Yann Quenet - Moi j'en avais tellement rêvé des Marquises que quand ça arrive pour de vrai, on se demande si c'est la vérité ou si on n'est pas en train de rêver. Donc on flotte entre deux mondes, c'est assez merveilleux.

Plusieurs fois pendant ce tour du monde, tu me demandais si j'étais pas en train de rêver parce que c'était vraiment trop chouette. Donc voilà, tous ces petits moments, des petits lieux aussi magiques. La Polynésie, ça parle effectivement, ça fait rêver.

AnBé - T'as plus long que traversé, c'était combien ? Tu me l'as dit tout à l'heure j’ai oublié. Les chiffres et moi…

Yann Quenet - 77 jours.

AnBé - C'était dans le Pacifique ça ?

Yann Quenet - C'était parce qu'on ne pouvait pas s'arrêter en Australie. Je suis parti de la Nouvelle-Calédonie et je rejoins l'île de La Réunion à l'autre bout de l'océan Indien. Donc j'ai contourné tout l'Australie et puis après traversé tout l'océan Indien, qui est un océan assez costaud quand même, il faut s'accrocher. Dans un petit petit bateau comme ça, mais bon ça s'est bien passé, je n'ai pas vraiment de casse et puis...

AnBé - Tu n'étais pas crevé comme ça ? Parce qu'on dort pas bien non plus quand ça se secoue comme ça.

Yann Quenet - Ah bah ça secoue bien. [Rires].

Non, on s'adapte, l'organisme s'adapte, il faut quelques jours pour s'adapter aux conditions. C'est vrai que ça secoue beaucoup, c'est très humide. Evidemment dès qu'on ouvre le capot, il y a des vagues dans le bateau.

Donc, il faut... Mais finalement, après, l'esprit est bien, là. On est dans son élément en mer, on est un peu comme un oiseau de mer qui fait des milles et des milles en volant. Moi je suis sur mon petit Baluchon et donc j'ai un petit peu la même impression d'être un oiseau de mer et de faire des grandes distances.

AnBé - Yann la pétrel.

Yann Quenet - Je suis fait pour ça un petit peu.

AnBé - Ah mais attend 4 mètres, c'est l'envergure de l'albatros.

Yann Quenet - Eh ben voilà. [Rires]

AnBé - Excellent. Et donc les nuits alors tu te réveilles, enfin tu fais des quarts ou tu dors ?

Yann Quenet - C'est le bateau qui me dicte. Parce qu'en plein milieu de l'océan Indien, en plein milieu du Pacifique, il n'y a aucun bateau. On peut surveiller toute la journée, on ne voit personne. Donc, c'est le bateau qui règle quand il est mal réglé ou quand le vent monte ou descend, ou les vagues se mettent de peu à peu de travers. Donc, il faut réglé. C'est le bateau qui dicte le rythme des journées.

AnBé - Tu fais comment ? Tu mets un réveil ?

Yann Quenet - Non, c'est instinctif. On voit bien quand le bateau... On fait un peu corps avec le bateau au Bour d’un certain temps donc il nous prévient qu'il veut quelque chose. Donc il faut faire un petit réglage. Voilà donc ça se passe comme ça. Par contre, à l'approche des côtes, il faut rester éveillé, parce qu'il y a des risques de collision, voire de s'échouer sur la côte.

AnBé - Dis-donc, ça a dû être éreintant, de devoir contourner toute l'Australie sans...

Yann Quenet - Oui, oui, bon, ça l'a fait. Il y a eu des moments où c'était un peu... On touchait un peu les limites au niveau fatigue. Parce que des fois, il y avait vraiment du très mauvais temps, et puis… En plus, il y a des courants là-bas au nord de l'Australie, il y a le plongement de la Grande Barrière.

Donc il ne faut pas non plus s'endormir trop, sinon on se retrouve coincé sur un massif corallien pendant des semaines et des mois. Donc il faut mieux être vigilant. Donc c'est l'aventure. Personne ne m'a forcé à faire ça. Donc il faut être content de s'en sortir, mais il faut être un peu vigilant.

AnBé - Oui, c'est quand même pas des vacances tous les jours.

Yann Quenet - Je considère ça comme des vacances, mais bon... [Rires]

AnBé - Mais non, non, mais je pense qu'effectivement que parfois pour réaliser ces rêves, il ne faut pas être paresseux, je pense, à tous niveaux.

Yann Quenet - Oui, oui, et puis les contraintes ne sont pas les mêmes qu'à terre et donc il faut... Forcément, il faut un petit peu se remuer quelquefois.

AnBé - Qu'est-ce que ça t'a inspiré quand tu étais comme ça en plein milieu? Tu dis à un moment c'est très contemplatif et ça te convient bien.

Yann Quenet - Voilà, c'est ça. Il faut être un petit peu contemplatif pour partir tout seul sur un bateau comme ça déjà. Et puis finalement mon bateau marche bien, on est assez satisfaits. C'est un bateau que j'ai dessiné, que j'ai construit moi-même, il marche bien, je suis content, je suis heureux d'être là. Et puis après, la notion du temps se perd complètement, on ne sait pas trop qu'on arrivera, on en aura peut-être un jour, mais on ne sait pas, et on ne sait pas depuis combien de temps on est parti.

Peut-être qu'il n'y a plus personne sur Terre, on est seul au monde, donc la notion du temps est complètement n'a plus rien à voir avec ce que les terriens peuvent imaginer. Il n'y a pas de contrainte du tout. La seule contrainte c'est la mer, le vent et le bateau.

AnBé - C'est vivre vraiment dans le présent quoi. On n'est pas tout le temps en train de courir après le temps, on l’habite je dirais. Ouais.

Yann Quenet - Exactement

AnBé - Et tes pensées, elles allaient vers quoi ? Qu'est-ce que ça t'a inspiré ?

Yann Quenet - Ah bah faut être un petit peu… Faut s'extasier d'un rien, d'un coucher de soleil, de plein de choses, des petits moments comme ça dans la journée. Il faut être vraiment contemplatif et rêveur. Donc c'est un petit peu ma nature. [Rires]

AnBé - Qu'est-ce que tu ressens comme ça ?

Yann Quenet - Alors, qu'est-ce que je ressens ? C'est un moment de plénitude, quoi. Je suis fait pour être là, donc... Voilà, c'est de la sérénité un petit peu, de l'extase, et puis voilà… On ne se pose pas trop de questions sur ce qui va se passer, sur ce que sur l'état du monde, on vit l'instant présent. Et voilà c'est ça.

C'est assez c'est assez difficile à expliquer maintenant avec les gens qui ont des téléphones, des plannings, des agendas, des trucs où ils courent partout. Là, on ne court pas partout. D'ailleurs, on peut aller bien loin sur un bateau de 4 mètres. Et puis, on se contente du moment et puis de ce qui vient. C'est ça un peu la philosophie de ce voyage.

AnBé - Oui ça fait du bien. C'est le retour qui a été difficile. Avec le retour avec les horaires, avec les...

Yann Quenet - Oui, oui, oui. C’est un peu difficile.

AnBé - Ça donne envie de repartir. [Rires]

Yann Quenet - On est pompés un peu pour ça, le fait de se dire : “Qu'est-ce que vous faites le temps… Le 5 avril à 13h45…. ?”. Parce que tu ne peux pas savoir ce que tu vas faire… Même tu sais même pas ce que tu vas faire le soir alors dans plusieurs mois tu peux pas… Donc ça a été difficile au départ les gens ont quand même leurs obligations leurs contraintes.

Il faut aller au festival, je ne sais pas où, à Bruxelles ou à Dijon. Donc ça, c'est des trucs... Plusieurs mois à l'avance, c'est quelque chose qui me parle pas du tout. C'est la vie des terriens… Qu'on ne peut pas mesurer le temps et puis d'avoir un planning, ça c'est un peu plus difficile pour moi.

AnBé - Je n'aime pas non plus, j'avoue. Quand il faut commencer à sortir les agendas pour voir ses amis, tu dis : “Il y a quelque chose qui ne va pas.”

Yann Quenet - Non vraiment. Théoriquement, ça ne devrait pas être comme ça.

AnBé - Oh non, absolument.

[Musique]

AnBé - En parlant de voir ses amis, pourquoi pas aller ensemble à un festival ?C'est l'occasion de rencontrer Yann Quenet, car il sera présent à Into the Blue à Bruxelles le vendredi 24 novembre pour nous présenter son film “Baluchon 4 mètres autour du monde”.

Je te rappelle les dates du festival les 23, 24 et 25 novembre. Jeudi on va reparler Vendée Globe, vendredi on vous présente plusieurs rêveurs, utopistes et parcours atypiques. J'adore. Et samedi, c'est les master class pour les fondus de voile, puis les films. Et pour terminer la soirée en beauté, nous aurons le plaisir de retrouver aussi mon ami Didier Noirot qui sera présent pour son film « Méditerranée secrète."

[Musique]

AnBé - C'est sur quelle mer que tu as préféré naviguer ?

Yann Quenet - J'ai adoré naviguer dans le Pacifique, la Polynésie. Mais l'océan Indien, même si je n'ai pas fait beaucoup d'escales avec le Covid, l'océan Indien est quelque chose qui est... Un peu... On a un peu fait corps …

Comme les conditions météo sont bien plus rudes que dans le Pacifique et dans l'Atlantique, il y a un petit peu un côté comme ça aussi de faire... Plus c'est difficile, plus on a un attachement un petit peu avec cet océan.

AnBé - Mmm… Ah cool. Pour boire manger, tu as expliqué, mais alors se laver, comment tu faisais ? C'est une question aussi que mes filles posaient, puisque tu ne sais pas sortir sur le pont.

Yann Quenet - Non, oui, ben bon, on se lave pas trop. Parce qu'il faut économiser son eau, il faut évidemment pas prendre une douche tous les jours.

AnBé - Ben non, c’est ça. Ça pourrait être à l'eau de mer, mais quand tu ne sais pas sortir...

Yann Quenet - Il faut se rincer… Il faut éviter toutes les petites escarres, les petites blessures qui peuvent se transformer. Donc il faut rester vigilant avec sa peau, mais évidemment on ne peut pas se laver tous les jours.

AnBé - Écoute, j'ai beaucoup ri parce que j'ai été manger avant-hier avec mon mari à un restaurant, que tient le chef qui cuisine aussi à la station Antarctique belge.

Donc il m'a raconté… Il est passé sur le podcast mais il m'a raconté encore de ses anecdotes l'autre soir et il me disait : “ Ah oui, quand on revenait de la station antarctique qui était encore sous tente, on ne savait pas se laver très souvent et quand on revenait”, il dit : “On revenait d'Antarctique où parfois tu avais des moins 35, c’est déjà arrivé qu’on soit arrivés en Afrique du Sud, il faisait 35 degrés.”

Il dit : “Tu as l'impression qu'il y a toutes tes glandes sudoripares qui se réveillent. ”Et à un moment tu te dis : “Ça sent le poney ici”. Et puis tu te fais un mouvement, tu te dis : “Ça vient d'où ce truc ?” Tu te dis : “Ouh ! C'est moi !” Les explorateurs, les aventuriers effectivement, faut pas être un fan de la douche.

Yann Quenet - Non, mais il faut faire fi de certaines choses de la vie terrestre. Mais bon, je n'avais pas de colocataires à déranger, donc il n'y a pas eu de mutinerie à bord.

[Rires]

AnBé - Tu as eu une visite improbable d'un canard, et pas n'importe quel canard. Tu vois de ce dont je veux parler ?

Yann Quenet - Ah oui, c'est vrai. Oui, oui c’est vrai ! C’est vrai que sur la route du retour, j'étais presque arrivé en Bretagne à la fin de mon voyage, et j'ai croisé sur la mer comme ça un canard. C'était un canard que je pensais vrai mais finalement c'est un canard en plastique que les chasseurs utilisent. Et ça m'a un petit peu subjugué de voir ce canard passer qui était en plein milieu de l'Atlantique et puis qui avait traversé des océans aussi lui tout seul sur son bateau. Enfin, il était pas sur un bateau il faisait…

AnBé - Par lui-même oui…

Yann Quenet - Il était seul là et finalement on s'est croisé entre deux personnages un petit peu comme ça, qui sont les joies des fous. C'était assez… Un petit moment de poésie comme ça, une petite rencontre comme ça, en plein milieu de l'océan. C'est assez touchant pour moi.

En plus, j'ai voulu leur essayer de le récupérer après parce que... Il devait être perdu peut-être, mais je n'ai pas réussi parce que le temps était mauvais. C'était une rencontre ratée un petit peu, mais à laquelle je repense assez souvent.

AnBé - Le bateau jouait avec un canard qui ressemble aussi à un cheveu dans le grand, grand, grand bain. [Rires]

Je trouvais l'image assez intéressante aussi. Quel était l'objet qui t'a été le plus indispensable ?

Yann Quenet - Alors moi, même à terre, je l'ai toujours sur moi, j'ai un couteau suisse qui me sert toute la journée. Je suis tout le temps en train de bricoler, donc sur un bateau. C'est le seul… La caisse à outil du bord, c'était un couteau suisse. Et donc, on peut réparer un peu tout avec...

Et puis aussi j'avais une liseuse avec plein de livres, des centaines voire des milliers de livres, parce qu'à chaque fois qu'on est en escale, on s'échange entre navigateurs de livres. Donc j'avais une petite liseuse qui m'a évité d'emmener… Je ne pouvais pas évidemment emmener beaucoup de livres à bord.

Donc j'ai passé des bons moments à lire plein de choses différentes que je n'aurais pas lu à terre forcément. Parce qu'à terre je ne lis que des livres de navigateurs et là je lis des livres que les terriens lisent. Donc voilà, c'est assez...

AnBé - Et alors, que lisent les Terriens ? Qu'as-tu lu ?

Yann Quenet - Ah bah un peu de tout, de la philo, de la poésie, des romans, plein plein de choses,... Comment fonctionne les Terriens… Moi je ne fonctionne pas tout à fait pareil qu'eux, donc c'était une sorte de...

AnBé - Oui, tu dis toujours les Terriens, comme si tu ne faisais pas partie de la même espèce.

[Rires]

Yann Quenet - Non, je n’en ai pas l’impression des fois. Et comme la majeure partie des gens me considère comme quelqu'un qui n'est pas trop conventionnel, donc voilà. Mais on trouve des points communs quoi, on peut communiquer, il n'y a aucun problème.

AnBé - Oui, apparemment, oui, en tout cas ça se passe bien, je passe un bon moment. Qu'est-ce que tu considères comme ton plus grand succès ?

Yann Quenet - Là pour l'instant, je n'ai pas cette notion de succès ou d'échec. C'est la réalisation d'un rêve, mais comme je n'en ai encore plein, je suis un petit peu pris dans tout ça. Mais la plus grande difficulté pour réaliser un rêve, quel qu'il soit d'ailleurs, dans mon cas, ça a été de liquider. J'avais un travail avant qui était assez ennuyeux. J'ai démissionné et je me dis maintenant je fais que des choses rigolotes.

Et c'est ça le plus difficile c'est de lâcher prise un petit peu comme un haut du plongeoir, c'est de sauter. Après, une fois qu'on a sauté, c'est facile. Donc ce n'est pas vraiment un succès, mais c'est la chose la plus difficile, paradoxalement, c'est de lâcher prise et dire un jour comme ça, un matin, dire : “Bon, bah c'est bon, maintenant je réalise mes rêves et puis je m'embête plus avec toutes les contraintes qui occurrent.”

AnBé - Ah ouais non non, je suis tout à fait d'accord avec toi, moi avant n'importe quel grand voyage, je meurs d'envie de les faire, mais j'ai toujours un peu le stress. Ouais la nuit d'avant c'est sûr que je ne dors quasi pas et tout. Mais après une fois que je suis partie, je suis partie, ça ne me tracasse plus une seule seconde. C'est vraiment le... C'est quitter qui est difficile.

Yann Quenet - Le plus dur, c'est ça.

AnBé - Oui, tout à fait. Est-ce qu'il y a un échec qui t'a appris beaucoup ?

Yann Quenet - Parce que là, on parle de la réussite de mon tour du monde, mais précédemment j'avais construit un autre bateau un peu similaire, un petit bateau. Et au large du Portugal, j'avais eu beaucoup de mauvais temps et à un moment je me suis dit : “Mon bateau il est super bon, il résiste bien à la mer.”

Et j'ai baissé ma vigilance, mon bateau s'est retourné, je me suis retrouvé coincé à l'intérieur du bateau, j'ai été récupéré in extremis par un cargo qui passait par là. Et donc j'ai failli vraiment… Je suis passé à deux doigts de plus jamais faire de bateau de la vie et donc ça j'ai perdu un bateau.

Mais c'était un échec si on veut, mais c'était une expérience qui m'a permis d'après de retourner chez moi, de construire mon Baluchon, le bateau avec lequel j'ai fait le tour du monde. Donc c'est un échec sans en être un . C’est une expérience on va dire.

AnBé - Trop de confiance en soi, ça, c'est jamais bon.

Yann Quenet - En bateau, il faut se méfier de tout, surtout de soi-même. [Rires]

Il faut être toujours un petit peu sur le qui-vive, et c'est comme à terre, il faut toujours quand même avoir un petit peu de... Il faut se remettre en question souvent. Il faut corriger son tir en permanence en bateau, comme ailleurs je trouve. Les gens qui ont confiance en eux se plantent toujours à un moment ou à un autre, c'est sûr.

AnBé - Et ton sauvetage, maintenant… Tu as un bateau qui se remet droit tout seul. C'est suite à ça que tu as réétudié ton bateau pour que ce ne soit plus possible ?

Yann Quenet - Déjà, j'ai fait une petite erreur moi de navigateur et puis le bateau aussi. J'ai amélioré le bateau pour que ce genre de situation ne se renouvelle plus.

AnBé - Tu as vraiment fait pour que ce soit comme un bouchon qui se retourne comme les culbuto, plutôt.

Yann Quenet - Comme un canot de sauvetage, un petit peu, voilà, qui se retourne tout le temps.

AnBé - Oui, oui, oui, c'est intéressant. Tu n'avais pas eu ainsi un problème avec ton gilet de sauvetage qui t'avait coincé en mauvaise posture ?

Yann Quenet - C'est très dangereux. Quand on a des bateaux comme le mien, enfin comme les miens, il ne faut pas avoir un gilet de sauvetage parce le bateau… On est enfermé à l'intérieur du bateau. Quand il y a un problème, on se fait éjecter, ça peut être assez dangereux.

Donc voilà, il faut un petit peu étudier ces règles de sécurité un petit peu qui sont différentes de celles qui sont préconisées par les administrations. Donc il faut, par les autorités maritimes, donc il faut adapter sa sécurité à son programme de navigation et à son bateau qui est assez atypique.

AnBé - Tu n’étais pas coincé à l'intérieur, non, tu t'es fait éjecter par le gilet ?

Yann Quenet - Je me suis coincé à l'intérieur mais avec un gilet de sauvetage. Alors c'est pas si facile que ça ressortir.

AnBé - Ouais, ouais.

Yann Quenet - En plus on se fait tout de suite éjecter de l'eau et donc on se fait écraser le crâne contre le...

AnBé - Ah c'est ça que tu veux dire, oui. Oui, t'es bien coincé au plafond quoi.

Yann Quenet - Voilà [Rires]

AnBé - Au sol qui est devenu plafond.

Yann Quenet - Ouais ça peut être assez dangereux quoi.

AnBé - Ouais, clairement. Et le paquebot, alors comment il t'a repéré ? Parce que je suppose que tu n’as pas pu envoyer de signal de détresse.

Yann Quenet - J'avais une petite balise de détresse individuelle qui, normalement, n'est pas fait pour la mer, mais qui a marché quand même. Et puis, bon, le cargo, enfin, le commandant du cargo m'a dit : “Je ne vois pas”, il y avait tellement de mauvais temps qu'il était un petit peu sceptique, mais il a tenté quelque chose et puis j'ai réussi à par moi-même à sauter à bord de ce cargo en haut d'une autre vague. J'ai sauté de mon bateau sur le… En m'accrochant au cargo, c'était un petit peu digne d’un…

AnBé - … James Bond

(Rires)

Yann Quenet - Ça, c'était pas le moment d'avoir peur ou de paniquer. Donc, il fallait... Voilà. Il fallait sauver un petit peu ses fesses.

AnBé - Oui, effectivement. Pas d'hésitation entre ça ou la perte totale de soi-même en plus.

Yann Quenet - Oui je dois dire… [Rires]

AnBé - Tu vas pour James Bond, j'assure. Excellent.

Et donc tu vas repartir. Tu as déjà prévu un chouette trajet en fait, j'ai vu ça. Tu postes sur YouTube. Tu aimes encore bien partager tes aventures sur YouTube. Donc je mettrai le lien vers tes vidéos dans les notes de l'épisode. Et puis évidemment, on peut aller voir aussi ton film “Into the Blue”, ça c'est bien évident. C'est sympa. Mais donc quelle est la prochaine aventure ? Ce sera toujours avec Baluchon ?

Yann Quenet - Oui, ce sera toujours avec Baluchon. Je le rénove, là je suis en train de le transformer, de l'améliorer un petit peu. Moi je me suis un petit peu amélioré pendant ce trajet donc je vais améliorer mon copain Baluchon parce qu'on fait un petit binôme tous les deux.

Et puis un autre tour du monde-là, mais cette fois une boucle vers le Canada pour passer un hiver au froid. Donc faire un rêve à la Jack London et puis continuer après dans le Pacifique. Un tour du monde de 3/4 ans, encore une fois. Donc je vais faire des tours du monde jusqu'à plus soif maintenant.

AnBé - Voilà, c'est parti : “Ne me demandes pas ce que je ferai l'année prochaine. Je ferai certainement un tour du monde.”

Excellent. Mais donc tu ne vas pas passer la nuit sur Baluchon, si j'ai bien entendu. Tu vas trouver ta petite cabane de trappeur pour passer l'hiver.

Yann Quenet - Oui voilà, c’est ça, c'est vraiment un tout petit bateau, ça sert juste à transporter ses affaires, mais c'est de faire un... De cumuler la navigation, et puis de m'échouer sur une grève, et puis de faire une cabane, trouver une cabane pour passer l'hiver. Donc voilà, c'est encore un peu flou le programme, mais en gros, c'est ça, c'est de passer… De faire une boucle comme ça vers un pays froid.

AnBé - Et alors tu voulais… Tu sais pas encore si tu vas traverser les États-Unis après ou quoi, mais tu dis : “Baluchon, vu son poids, on peut le remorquer.” C'est pas...

Yann Quenet - Oui c'est l'avantage. Il faut bien qu'il y ait des avantages. Pour moi, il n'y a que des avantages d'avoir un tout petit bateau, mais aussi le fait de… On peut le transporter, le mettre… Ou derrière, je sais pas quoi, des reines, ou derrière le pick-up d'une voiture, sur le toit d'une Twingo,… On peut le trimbaler partout.

Finalement, il n'y a aucune limite avec ce petit bateau qui peut traverser les océans et aussi être transporté très facilement à terre. C'est vraiment pour moi le bateau et le compagnon d'aventure idéal.

AnBé - Ouais, ouais. Je trouve ça génial comme truc. C'est excessivement simple, très peu d'électronique à bord, même pas du tout, à part ton téléphone. Voilà. Et une liberté comme du gros bazar sophistiqué, nous ne pourrons jamais avoir. Je trouve ça extraordinaire.

Yann Quenet - Alors là, je n'ai aucune limite, quoi, pas de problème.

AnBé - C'est une solitude en plus qui n'en est pas une, parce que je voyais que dans le prochain tour que tu te proposes de faire, tu disais :” Là je vais rejoindre des copains et là je vais rejoindre des copains et là je vais rejoindre des copains,…”. Tu as des copains partout ! [Rires]

Yann Quenet - Parfois je suis passé ces gens étaient un petit peu interloqués. Et puis ouais, je me suis fait des copains un peu partout. Et puis en plus, je compte voir certains, mais qui ne seront plus là ou qui seront partis ailleurs, mais je vais m’en faire plein d'autres. Donc, ça va être assez merveilleux aussi.

AnBé - Comment tu étais à rencontrer Olivier de Kersauson ? En parlant de tes copains.

Yann Quenet - Ah, lui, c'est quand je suis arrivé à Tahiti, évidemment, un petit bateau comme ça, ça interpellait tellement que j'ai eu une pleine page dans le journal. Et puis lui il a regardé le journal et il habite là-bas, à Tahiti, et donc il dit : “Qu'est-ce que c'est que ce truc-là ?”. Et donc il est venu voir. Il était un petit peu… Il a été un peu séduit par le bateau quoi donc il m'a proposé de se rencontrer parce que… Et puis voilà ça s'est fait de fil en aiguille, comme ça. Il était un petit peu... Lui qui était habitué à faire des bateaux de course très sophistiqués, il a été un peu séduit par le fait qu'on puisse faire autre chose. Donc, comme c'est quelqu'un qui est très ouvert d'esprit, il a vu que c'était intéressant. Ça lui a plu.

AnBé - Ça aussi, je trouve ça chouette, c'est que tu ne t'es pas laissé guider par : “Tiens un bateau où ça doit avoir ça ou ça doit avoir ça.” Tu as été très libre dans la conception, tu n'as pas voulu reproduire autrement ce qui se faisait déjà, tu as voulu faire le bateau quoi.

Yann Quenet - Non parce que j'ai un gros gros avantage, c'est que je suis autodidacte. J'ai appris le bateau tout seul. Donc je n'ai pas d'idée préconçue, je n'ai pas de méthode, je ne suis pas devenu très bon dans une méthode au point de ne plus pouvoir en changer. Donc ça m'a permis de trouver d'autres manières de naviguer, qui sont pas meilleures, mais qui sont juste différentes.

Donc voilà, c'est un peu mon gros avantage. Et puis dessiner des bateaux aussi. J'ai dessiné mon bateau moi-même. Je ne suis pas influencé par la compétition ou je ne sais quoi. Donc, j'ai trouvé la forme qui convenait parfaitement à ce que j'avais besoin de faire.

AnBé - C'est ça, je trouve ça chouette. C'est vraiment cette manière d'être très puriste : “Allez, zéro influence. J'ai dans ma tête et comme un enfant, je me pose pas 36 questions, je pense pas qu'il faut faire comme les autres. Moi, j'ai envie qu'il soit comme ça et voilà.”

Yann Quenet - Faut pas pour intellectualiser les choses, faut faire suivant ce qu'on a envie, suivant son instinct et puis pas faire des choses par habitude. Il faut les faire parce qu'on trouve que c'est plus judicieux mais voilà, faut… Pas d'influence.

AnBé - J'ai des vieux… Dans la baignoire parce que mes filles sont encore petites, elles aiment encore bien jouer avec ça. Des vieilles petites barques avec une voile qu'on peut piquer dedans. Et voilà, une seule voile. Et je dis : “Mais c'est dingue, ça ressemble plus au bateau de Yann que ce qu'on voit dans les magazines.

Yann Quenet - C’est exactement ça ! [Rires]

AnBé - Donc toi, tu n'as qu'une voile, c'est ça ?

Yann Quenet - J'ai qu'une voile. En gros, pour décrire le bateau, c'est les optimistes sur lesquels les enfants apprennent à faire de la voile. C'est ne gros un optimiste avec une petite cabine dans laquelle je suis. C'est un optimiste pour grand garçon.

AnBé - Voilà. Donc il n'y a pas de moteur, on reprécise. C'est une espèce de grand drame qui te permet de manœuvrer un peu au port.

Yann Quenet - Oui, c'est ça. Il ne peut pas m'arriver grand-chose finalement parce que je n'ai presque rien à boire. Donc rien ne peut tomber en panne. C'est l'avantage. [Rires]

AnBé - Oui, vraiment extraordinaire. Et donc pour te suivre sur les réseaux, ton réseau préféré, pour communiquer avec ceux qui s'intéressent à ce que tu fais.

Yann Quenet - Là où je fais le plus, par habitude, c’est sur ma page Facebook. Je mets les progressions de la préparation du bateau, de Baluchon, et puis le voyage après, quand j'arrive dans un port, je mets des informations.

AnBé - Voilà Facebook, on te retrouve où sur Facebook, quel nom ?

Yann Quenet - Yann Quenet.

AnBé - Yann Quenet, d'accord. C’est pas comme ton adresse e-mail…

Yann Quenet - Yann Quenet et Baluchon voilà !

AnBé - Et Baluchon ! Pourquoi une poule au fait sur la... Je l'ai oublié. Pourquoi une poule sur la voile ?

Yann Quenet - J'ai un très bon copain qui est un peu... Qui a un petit grain, c'est pour ça que c'est mon copain. Il dessine des poules partout dans ceux qui se promènent à Brest, en Bretagne.

[Rires]

Yann Quenet - Il dessine des poules partout sur les murs, et vraiment partout (Rires). Il a un petit peu une obsession sur les poules, il m'a demandé de dessiner une poule sur mon bateau, que j'ai accepté évidemment, parce que voilà, c'est tout simplement ça. J'ai rien à voir avec... Il faut trouver le symbole de la poule soi-même. C'est un animal sympathique et pas agressif, donc ça me correspond assez bien aussi. [Rires]

AnBé - Bah. tu vois un nouveau point commun avec Félix.

Yann Quenet – Voilà, oui oui c’est vrai !

AnBé - Mais il y avait un navigateur qui a navigué avec sa poule…

Yann Quenet - Oui, il y a Guirec Soudée qui avait une poule aussi. On m'a souvent confondu avec lui : “C'est vous qui naviguez avec les poules ?”. Non, c'était pas moi. Ma poule ne me donnait pas d'oeufs.

AnBé - Oui, c'est ça. Elle, il ne fallait pas la nourrir. Donc trois ans, trois ans de rêve et c'est pas fini alors.

Yann Quenet - Exactement.

AnBé - Eh bien écoute, au plaisir de te croiser à Bruxelles bientôt.

Yann Quenet - Oui, bien sûr, on fera… Pas de problème.

AnBé - Et je n'ai qu'un regret, c'est que les outils d'enregistrement à distance ne soient pas fabriqués comme ton bateau, on aurait eu plus la facile à se connecter.

[Rires]

AnBé - À bientôt.

Yann Quenet - À bientôt, merci beaucoup.

AnBé - Si cet épisode t'a intéressé, tu auras certainement aussi celui avec l'improbable Félix et son étrange odyssée en vélo canoë, sans but ni ligne d'arrivée, c'est l'épisode 55. Avant de connaître Yann, je disais que Félix était la personne la plus libre que j'ai jamais rencontrée.

Et bien Yann est de la même eau et c'est un pur bonheur de vous partager ses vents de liberté folle, simple comme bonjour. Il nous montre une vérité que nous ne voulons sans doute pas toujours voir. Nous passons nos vies à nous la compliquer. La bonne nouvelle, c'est que du coup, nous pouvons nous la simplifier.

Dans le prochain épisode, je te propose de découvrir une spécialiste de la plongée technique, Nathalie Lasselin. Exploratrice, réalisatrice, marraine du prochain salon de la plongée, qui ne recule pas bien au contraire devant les plongées engagées pour faire des découvertes subaquatiques en mode spéléo. Claustrophobes s'abstenir, car dans l'épisode, elle nous emmène avec elle dans les entrailles de la terre.

Comme toujours, je termine en te demandant de faire un petit geste tout simple mais qui fait un monde de différences pour le projet. Storylific soutient la reforestation en redistribuant 50% de ses bénéfices, car le projet qui sous-tend ce podcast, c'est de faire rêver et d'agir.

Donc si l'épisode t'a plu, partage-le sur tes réseaux ou parle-en à un ami ou un inconnu pour les plus audacieux, car grâce à vos oreilles, nous on plante des arbres. Merci à A.S. Adventure pour le soutien apporté à cet épisode et merci à toi pour ton écoute. À bientôt !

[Musique : ”Maman les petits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ? Mais oui, mon gros bêta, s'il n'en avait pas, il ne marcherait pas ! Allons droit devant eux, ils font le tour du monde. Mais comme la terre est ronde, ils reviennent chez eux”. ]

Où trouver l'invité

Facebook : @yann quenet

YouTube : @quenetyann396

Pour aller plus loin:

Livre : Le Tour du monde avec mon Baluchon, paru au Cherche-Midi

Vidéo sur le prochain tour du monde de Baluchon (& Yann Quenet, accessoirement 🙂 )

 

Illustrations sonores

Musique:

Cali by WatR (Direct Licence)
Whipped Cream by WatR (Direct Licence)
All This BS by WatR (Direct Licence)

"Maman les p'tits bateaux" par mes filles, Amandine et Valentine 

Sons:

short whoosh Vilkas_Sound CC BY 3.0 Attribution

 

Suggestions d'épisodes:

139. Les Sacoches de Catoche – le voyage à vélo selon Catherine Zimmermann

#139. Catherine Zimmermann, les Sacoches de CatocheÉpisode du 02-03-2026Le voyage à vélo : zéro bonnes raisons de ne pas vous y mettre.Elle s'appelle Catherine, mais tout le monde dit Catoche — comme les sacoches de son vélo. À 56 ans, biologiste médicale dans la...

137. Justine Durochat : Un an d’exploration en Europe et Asie pour transformer notre rapport au changement

137. Justine Durochat : 1 an d'exploration en Europe et Asie pour transformer notre rapport au changementÉpisode du 22 février 2026Chercheuse de sens et de changement, Justine Durochat a quitté la France pour une odyssée d'un an à travers l'Europe et l'Asie, traquant...

136. Benjamin Lesage, voyager sans un sou en poche

136. Benjamin Lesage, voyager sans un sou en pocheÉpisode du 27 janvier 2026Amsterdam, deux amis. Une envie commune de faire une expérience unique, poussée à son paroxysme : voyager jusqu'au Mexique pour le mariage d'amis. Mais pas n'importe comment, non. Sans un sou....