#67 & 68. Nathalie Lasselin, exploratrice des profondeurs et spécialiste de la plongée spéléo

Épisodes du 21 & 28 novembre 2023

Plongez dans l'univers mystérieux de Nathalie Lasselin, exploratrice qui repousse les limites de l'aventure subaquatique à bien des égards.

De l'Arctique aux grottes mystérieuses de Chine, en passant par les eaux tumultueuses du fleuve St-Laurent, elle a parcouru près de soixante pays pour filmer et explorer des endroits sous-marins inaccessibles. Au fil de ses plongées, Nathalie est devenue le témoin privilégié de l'évolution du monde sous la surface des eaux.

Sentinelle de l'eau, elle a vu de ses propres yeux les effets dévastateurs de la pollution humaine sur la nature. Ses plongées l'ont confrontée à la perte de biodiversité, aux transformations des espèces dues à la pollution et aux contaminants émergents. Témoin de première ligne, elle a la légitimité et les récits pour nous conscientiser : oui, cette crise est majeure et la prise de conscience, urgente.

Nathalie ne se contente pas d'observer passivement. Sa curiosité la pousse à créer des projets d'exploration pour non seulement voir, mais ressentir les environnements qu'elle explore. Son but : découvrir des lieux inconnus, des paysages étranges, et comprendre ces environnements pour mieux les protéger. Par le biais de conférences, de films et de documentaires, elle inspire les autres à se dépasser, à s'engager pour l'environnement, et à trouver un équilibre avec la nature.

Nathalie Lasselin est une éternelle émerveillée du monde subaquatique. Son espoir ? Que son travail éveillera les consciences et nous inciteraa à agir pour la protection de notre planète.

Actualité 2024 : marraine du 25ème Salon International de la Plongée Sous-Marine à Paris. Une belle occasion de la rencontrer, à ce salon aussi sympa qu'intéressant.

Nathalie Lasselin en plongée sous la glace

Avec Nathalie Lasselin, on plonge sous eau bien sûr, mais en plus, souvent, ce sera sous glace ou sous terre...
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Yann Quenet

© Nathalie Lasselin

"(...) la première génération, c'est fin des années 40, 50. Et [Jim Bowden], en 1994, en fait, avait établi le record de profondeur dans une cénote à Zacaton, en même temps que Sheck Exley. Les deux étaient amis, les deux ont essayé de faire leur plongée profonde, Sheck Exley est décédé cette journée-là, Jim Bowden a réussi son record.
Et c'est un personnage que j'admire, que j'adore par sa personnalité. Et quand j'étais encore bébé plongeuse spéléo, je commençais, je l'ai rencontré, j'ai fait une entrevue avec lui et un jour il m'a dit: "Ecoute Nath, il y aura toujours quelqu'un qui va te dire que ça vaut pas la peine, que c'est pas possible, que ça n'a pas de valeur, que tu vas te mettre en danger. Mais si c'est important pour toi, fais-le." Et venant de quelqu'un qui avait fait face à tant d'adversité dans des circonstances si particulières et qui avait fait son bout de chemin, ça m'a vraiment beaucoup rejoint, ça m'a touché."

"A chaque fois qu'on regarde une rivière, un torrent, même des inondations, et qu'on voit la force des éléments, là, ça replace les choses. Là on comprend mieux. Et souvent moi je suis une fervente de : on peut expliquer des choses longtemps, mais tant et aussi longtemps qu'on ne les a pas ressenties, c'est très difficile de réaliser. Au moment où on ressent les choses parce qu'on les a expérimenté peu importe l'échelle, là on commence à comprendre. Et c'est ça pour moi, c'est la grande richesse de la vie, c'est d'inviter les gens à se mettre en situation d'inconfort, je ne dis pas de danger, mais d'inconfort, pour élargir la zone de confort et de se dire : qu'est-ce que je vais apprendre de ça? Comment je vais élargir ma zone de connaissance, de ressenti? Parce que tout ça nous permet de mieux nous connaître, de mieux connaître autour de nous et de mieux pouvoir nous adapter. Et plus on élargit cette zone de confort, mieux on est capable de s'adapter à toutes sortes de situations inconnues parce qu'au départ, l'humain il n'est pas très bon avec l'inconnu."

Nathalie Lasselin, Storylific épisode 67

25e salon de la plongée Paris : encart d'annonce

Nathalie Lasselin est la marraine du 25e Salon de la Plongée, ne manquez pas cette occasion de la voir lors de ce salon spécial 25e anniversaire ! RDV les 11-12-13 & 14 janvier 2024 à Paris Porte de Versailles.

Transcription

Storylific AnBé - Bonjour Nathalie Lasselin !

Nathalie Lasselin - Bonjour

Storylific AnBé - Alors tu es exploratrice, aventurière, plongeuse et cinéaste, tu es aussi à l’aise sous la surface des océans qu’il soit gelé ou non, que dans les entrailles immergées de la terre puisque tu fais de la spéléologie subaquatique, une discipline très engagée qui demande beaucoup de rigueur, on va en parler. Tu es connue et reconnue dans le milieu puisque tu as été intronisée au Women Divers Hall of Fame. Tu fais partie de l’Explorers Club Branche Canada si je ne me trompe pas, de la Société Royale Géographique Canadienne, donc Royal Canadian Geographical Society. Tu as travaillé pour le cinéma, pour la télévision, pour le National Geographic Discovery TV 5. Tu as donné plus de 250 conférences dans un tas de pays. On peut trouver ton TikTok, que j’aime beaucoup, sur internet d’ailleurs. Et depuis 2019, tu as sans doute la place la plus honorifique. Tu es dans les manuels scolaires des petits écoliers québécois. Mais à part ça, à part ça, qui est Nathalie Lasselin si je te demande de te présenter sans nécessairement parler de plongée? Et après promis, je te laisse parler de plongée sinon l’interview va être très courte.

Nath Lasselin: Ahahaha En fait, il y a plein de sujets dont je pourrais parler. Écoute, Nathalie Dacin, je pense que c’est quelqu’un qui a grandi et en même temps, qu’il y a une partie d’elle qui ne grandit pas, qui reste l’enfant hyper curieux, qui se dit je veux aller voir et à qui souvent on va dire non, mais ce n’est pas possible, ça ne se fait pas et qui se dit, c’est pas grave, moi, je vais essayer, ce ne sera peut-être pas parfait, mais je vais faire tout ce qui est en mes moyens pour pouvoir aller voir. J’explore des endroits qui ne sont pas connus. Moi souvent je dis je suis une très mauvaise touriste. En fait je ne peux pas être touriste parce que quand je vais quelque part, si j’ai déjà vu plein de belles images, je me dis ben je sais pas en quoi m’attendre. Moi j’adore les surprises, ça c’est un autre côté que j’ai gardé probablement de l’enfance tu sais quand on veut des surprises. J’aime être surprise. Même si parfois c’est des surprises pas toujours agréables, à ce moment-là de la terre c’est quand même sous l’eau, bah mon grand grand terrain de jeu c’est d’aller voir au-delà de la ligne d’horizon, au-delà de ce qu’on peut voir sur la surface et ça c’est d’aller en dessous de l’eau, en dessous de la terre et de découvrir. Alors maintenant découvrir c’est bien sympa mais c’est juste de le faire pour soi, il manque quelque chose et dans une autre partie de ma personnalité ou de ma façon dont j’envisage la vie, c’est de le partager. Alors au départ je documentaires notamment pour l’office national du film du Canada et puis à un moment donné c’est de se dire ouais c’est bien on fait un film on met sur grand écran on applaudit et puis après c’est un petit peu comme un accouchement postpartum qu’est ce qui se passe on a un vide épouvantable et un moment j’ai dit comment je peux partager différemment avec un contact je dirais plus direct et qui va avoir un impact un peu différent et c’est conférences aussi bien pour des grandes entreprises, des organismes gouvernementaux, que l’université du troisième âge et puis les écoles pour aller rencontrer les gens, leur dire bah voilà mon expérience peut-être que vous la trouvez super etc machin et en même temps qu’est-ce que cette expérience là qu’est-ce que de se dire oui c’est possible de faire les choses c’est possible de s’engager pour au final aller à la rencontre de la nature à la rencontre de là l’environnement pour trouver une meilleure harmonie et au final être un peu plus heureux et comment les personnes en face de moi peuvent retranscrire tout ça dans leur propre vie et de faire les choses à leur mesure, à leur moyen en fonction de ce à quoi ils aspirent. Donc je ne sais pas s’il y a un nom comme métier. Souvent on me demande c’est quoi, ton métier et puis je suis un peu perdue.

Nath Lasselin: Je dis évidemment parce que la sensibilisation, ce n’est pas quelque chose de nouveau dans ma vie, mais souvent, je me dis est-ce qu’on peut revenir aux sens des choses. Ce qui veut dire par là, que la relation directe qui demande de nous de s’impliquer, qui demande de nous de travailler pour quelque chose et directement avec la nature parce qu’elle nous le rend super bien à condition de la comprendre, donc de l’étudier, de la respecter et de vivre dans le meilleur équilibre qui soit. Donc, c’est plein de compromis, mais en même temps, il y a une balance qui est possible et c’est de remettre à jour ou à l’honneur les réels besoins et la réelle satisfaction durable, je dirais, de la façon dont on mène notre vie.

Storylific AnBé: T’as frôlé quand même l’envie de parler de plongée là dans ta présentation! Storylific AnBé: Ah c’est très bien! Et donc tu es française d’origine, mais tu habites à Montréal ?

Nath Lasselin: Ouais tout à fait, je suis une ch’ti.

Storylific AnBé: Je suis vachement déçue parce que tu n’as pas l’accent, oui.

Nath Lasselin: Ben voyons donc! non, je l’ai, je l’ai l’accent du Québec, ça dépend à qui je parle, mais si je veux qu’on me comprenne, voilà, j’ai un français un petit peu plus international.

Nath Lasselin: Mais oui, en fait, ça fait très longtemps, quelques décennies, je ne les compte plus, où en fait je me suis expatriée pour aller finir mes études en cinéma à l’université et depuis j’y suis restée.

Storylific AnBé: Et donc en tant que plongeuse, les plongées techniques, ça te connaît. Qu’est-ce que tu aimerais qu’on dise de toi? Comment aimerais-tu qu’on te présente, qu’on retienne de toi de ce côté-là? Nath Lasselin: Bah écoute en termes de ce qu’on retient de moi, je te dirais qu’en terme de plongeuse assez rapide en fait quand je me suis mis à plonger très très tardivement dans ma vie. Il y avait évidemment des cours liés à l’apprentissage de la plongée, surtout en Amérique du Nord, c’est un marché. En fait, la plongée, il y a moins d’associatifs. On peut s’initier gratuitement à la plongée. Donc, ce n’était pas dans mes priorités, surtout comme expatriée. Au début, il faut refaire un petit peu son mode de vue, si on veut. Et quand je me suis mise à la plonge, en fait, ça a été un petit peu comme Obélix, je suis tombée dedans. Et en l’espace de quelques mois, je me suis tout de suite intéressée à la plongée technique parce que par hasard, j’ai croisé un gars sur le bord d’une carrière qui avait deux bouteilles dans le dos. Et au début je me disais pourquoi deux, deux c’est mieux, une pour embêter l’autre, pourquoi deux bouteilles?

Nath Lasselin: Et voilà, il y en a qui s’en veulent toujours plus, s’ils en mettent toujours plus sur leur dos, c’est pour m’impressionner tu vois.

Nath Lasselin: Et du coup, je suis allée le voir en me disant, mais pourquoi ? Et il m’a expliqué un peu la plongée technique, les rudiments, plongeuse quoi je ne connaissais rien de chez rien et en même temps lorsque je suis allée plonger dans cette mine j’étais à peut-être 20 mètres et j’ai vu le fond qui était absolument noir sombre mystérieux et une fois de plus il venu me chercher je me suis dit je veux aller dans le fond par contre je suis quelqu’un qui, pas qui a peur, mais qui connaît la peur, qui aime ces peurs, qui respecte ces peurs, qui écoute. Je me suis dit, moi je ne veux pas faire partie des statistiques. Je veux bien prendre des risques, je veux bien faire des trucs de folie, mais je n’ai pas envie de faire la première page ou la dernière page du journal Nécrologie parce que j’ai fait une bourde, parce que j’ai fait un truc qui n’était pas à faire. Je me suis dit, je vais aller me former, je vais suivre toutes les étapes, prendre le temps que ça prend, je vais vraiment avoir tous les outils, la connaissance et l’expérience pour pouvoir aller faire ces plongées-là. Et les années qui ont suivi, ça a complètement changé ma vie. J’ai fait toutes les formations inimaginables, toutes les plongées inimaginables pour pouvoir devenir une plongeuse recycleuse techniques, spéléo, etc. Et quand je me suis dit, bon voilà, tout ça va bien, maintenant je vais pouvoir amener une caméra. Et puis à l’époque, on s’entend, il n’y avait pas les GoPros et tout ça. Ça venu quand même quelques années plus tard. Et c’était hyper important de vraiment pouvoir être une bonne plongeuse sécuritaire. Et après, amener mon métier sous l’eau, amener la caméra sous l’eau et là pouvoir dire, OK, là, je vais pouvoir faire quelque chose. Je vais pouvoir rapporter des images aux autres. Donc comme plongeuse, bah oui, je suis une plongeuse technique qui va utiliser les outils. Pour moi, c’est un outil, pas forcément une finalité, il y a des gens pour qui simplement plonger ils se sentent bien, sont loin du téléphone, ils sont zen, ils sont relax et la plongée c’est ça aussi tu sais notamment quand je pense aux plongeurs handicapés c’est extraordinaire mais c’est une libération incroyable. J’ai mes amis qui sont instructeurs ou assistants instructeurs pour ce type de plongeur. Et c’est vraiment une expérience incroyable. Et ça, comme finalité, c’est beau. C’est une finalité en soi. Pour moi, même si oui, je me sens bien dans l’eau et j’aime beaucoup faire la plongée solo. J’aime bien être tranquille avec mes affaires, y aller à mon rythme, avoir juste à ma caméra et m’occuper de ce lien direct. Ça reste presque un moyen de transport qui me permet d’accéder à des paysages, à des sujets, à des phénomènes que je ne pourrais pas expérimenter autrement. Alors parfois, tu sais quand on parle de technologie, puis on dit qu’on pourrait y aller avec un petit sous-marin et tout ça, ouais c’est sûr, puis à la limite parfois c’est plus sécuritaire, mais ce rapport-là est biaisé un peu parce que l’outil,

Storylific AnBé: Tu perds l’immédiateté quoi. Nath Lasselin: voilà l’outil devient presque trop important. J’aime ce rapport physique en fait, physique et mentale avec les éléments. Storylific AnBé: Ouais tu… Oui, tu disais que tu aimais sentir aussi la plongée, c’est aussi ressentir la plongée pour toi. Tu disais que c’est un élément important.

Nath Lasselin: Ouais! Ouais, tout à fait.

Storylific AnBé: Et la plongée pourtant, c’est un amour qui est plus ancien. C’était quand t'étais encore môme non? Quand t’as commencé à être fasciné par le souterrain en tout cas ou…

Nath Lasselin: Alors le souterrain, ouais le souterrain j’étais en fait… Moi ce qui est drôle, c’est toujours un peu gênant de le dire, mais je le dis parce que je suis tout à fait à l’aise avec ça. Moi je n’ai pas trop été inspirée par Cousteau. Je le dis, mais pas trop fort, tu vois. Parce que non, c’est ça, mais on le dit quand même parce que c’est ça la réalité. Alors Cousteau, c’était très bien, etc. Enfin des documentaires mis en scène extraordinaire. Mais moi celui qui m’a vraiment inspiré, c’est Jules.

Storylific AnBé: Ton genre, c’est Jules.

Nath Lasselin: Voilà, moi c’est Jules. Moi j’adore Jules, c’est exactement ça. Ouais!

Storylific AnBé: Jules Verne, oui.

Storylific AnBé: Allez, parle-nous de ton Jules!

Nath Lasselin: Ah ouais, bah mon Jules à moi là, il y a beaucoup de monde d’ailleurs. Mais c’est ce mix parfait entre la fantaisie, le romanesque et la science. Entre l’impossible et le possible. Et Voyage au centre de la Terre, pour moi, c’est un bouquin extraordinaire, c’est fascinant. Et ça ouvre à certaines interprétations, ça ouvre un regard différent. Et pour moi définitivement, les veines de la Terre donc de cette eau potable qui est si chère à la vie, c’est ce qui nous relie tous les uns aux autres. Et il y a des images qui sont tellement fortes en fait dans ces réseaux karstiques, ces réseaux d’eau souterraine qui nous nourrissent, c’est qu’au final, c’est ce qu’on ne voit pas qui nous unit tous et dont on dépend. Et pour moi, ça rejoint une fois de plus ma volonté d’aller au-delà de ce qui semble évident. Oui, bah, c’est évident, c’est ça, et on ne cherche pas plus loin. Mais contraire d’aller le plus possible à l’essence, le plus possible, je dirais, à l’état brut des éléments et de les explorer et d’y aller. Donc c’est le souterrain qui m’a attiré, j’irai en premier lieu, le sous-marin aussi. Moi, j’ai commencé à faire de la plongée en fait, pourquoi ? Parce que je déteste le froid au départ et je me suis dit, je vais faire de la plongée, faire de la plongée sous glace. Alors je suis un petit peu mal loti, parce que tout ce que je fais, c’est dans des endroits assez sombres, assez froids et j’en sors pas. Mais en même temps, une fois de plus, c’est de se dire, ben oui, je suis peut-être pas confortable là-dedans. Je suis peut-être pas la personne qui a la meilleure résistance, mais c’est pas pour autant que ça m’empêchait de faire des choses.

Storylific AnBé: Mmh.

Nath Lasselin: et c’est d’aller voir dans ces environnements fascinants. Et puis quand on y pense, même encore à l’heure actuelle, Google ne nous ramène pas beaucoup d’images des réseaux karstiques. Faut y aller! il faut y aller sinon on ne sait pas, on ne sait pas ce qu’on va voir. Et en plus pour pouvoir vraiment voir un réseau karstique, il ne faut pas juste tourner la tête, il faut l’éclairer et de la façon dont on va l’éclairer, de la façon dont on va poser cette lumière, on va avoir une image différente, une interprétation différente, une perception différente. Alors c’est extrêmement riche même s’il n’y a pas de plein de petits poissons colorés, etc. à l’intérieur.

Storylific AnBé: Ah oui, non ça non, pour les récifs coralliens, on repassera à mes… des belles… des beaux voilà, enfin une grotte ça peut être magnifique aussi, tu as un rapport de très très très belles images. On va parler un peu de la plongée sous glace, donc tu as été à plusieurs reprises, donc qu’as-tu été y filmer?

Nath Lasselin: Alors la plongée sous glace, je la pratique dans deux endroits, l’hiver ou le Québec tout simplement parce que, soit avec nos températures, c’est gelé.

Storylific AnBé: Oui faut pas aller loin là!

Nath Lasselin: Mais ça s’est dit, depuis 10 ans, je retourne quasiment chaque année en l’Arctique pour différentes missions, soit pour filmer pour mes propres projets, soit comme support pour un agit ou d’autres ou tout simplement pour amener des gens pour qui leur rêve est d’aller plonger sous la banquise. Alors ce qu’on fait en général, j’emmène des gens pour une durée d’1 semaine on camp sur la banquise, on a des centaines de mètres parfois d’eau en dessous de nous, on a notre bonne épaisseur de glace sur laquelle on va poser des tentes, et le matin, on réveille, on essaie de trouver un iceberg, une faille, une fissure, une craque dans la banquise, et, c’est-à-dire, on va les plonger là. Et pour moi, ce qui est extraordinaire, c’est qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre. On ne sait pas à quoi s’attendre, par exemple, si on va plonger le long d’un iceberg. Les icebergs vont être en général par les mouvements d’eau et de glace, etc. Dans la même région. Par contre… Quelle taille ont-ils ? Quelle est l’évolution qu’ils ont eue pendant leur transport, on va dire, leur déplacement sur l’océan ? Comment ils ont été fouettés par les vents, par les vagues ? Comment ils ont été creusés ? Et ça, tu ne peux pas le savoir tant et aussi longtemps que tu n’y es pas allé. Et sous l’eau, est-ce qu’on va avoir beaucoup de courant ? Ce n’est pas une zone qui est très connue. Donc oui, il y a des tables de marée, mais il y a toujours des petits calculs à faire. Est-ce que la vie marine qui se réveille à ce moment-là plus riche et c’est un site de plongée complètement éphémère dans lequel on peut avoir toutes sortes de rencontres et c’est d’entendre des petites bulles d’air de la glace qui se défonce tranquillement alors qu’elles fondent donc ça crépite c’est pas comme un verre de champagne mais c’est pas loin parfois c’est le côté presque festif du printemps qui revient et de plonger sur cet endroit qui peut-être qu’avec les vents dans 24 heures dans 5 jours, dans 1 semaine, il ne sera plus jamais là. Donc il y a ce côté extrêmement riche et unique du site de plongée complètement éphémère. Et puis un iceberg, on peut dire, c’est de la glace, il n’y a aucun iceberg qui ressemble à l’autre. Parfois on leur donne des noms, on trouve que ça ressemble à des châteaux ou autre chose et en fonction de la lumière ils vont réagir de façon, ils vont vivre de façon différente.

Storylific AnBé: Hum, hum, oui, ça ferait la lumière sur la glace. Ça fait rêver, ça fait rêver.

Storylific AnBé: Alors, Laurent Marlestem avait dit qu’il était revenu avec des séquelles, notamment au niveau de la sensibilité de ses plongées antarctiques. Toi, non, la glace, jamais.

Nath Lasselin: D’essai quel par rapport au froid ou… l’exposition au froid? Oui, on a toujours… enfin les séquelles, le moins que j’ai eu, c’est plus quand j’ai fait ma traversée du fleuve Saint Laurent mais bon les plongées froides c’est sûr que parfois on s’endurcit. En fait c’est drôle parce qu’on s’endurcit par rapport au froid, plus on va s’exposer, plus on va avoir une meilleure tolérance. En même temps, c’est sûr que les extrémités, les bouts des doigts, c’est sûr qu’à la longue on développe des petites choses, des agréables comme de l’arthrose, des trucs comme ça qui font aussi partie de la vie. Alors, c’est sûr que bon, on fatigue certaines parties du corps, peut être un petit peu plus que d’autres. Et ça reste quand même très, très physique. Faut pas se le cacher. En même temps, vu mon gabarit, preuve et que ça peut se faire, peu importe le gabarit de la personne.

Storylific AnBé: Ouais, comme vous le disiez en off juste avant, c’est vrai qu'invariablement, on va te poser la question alors, c’est quoi d’être une femme en plongée dans ce monde d’hommes ? Ben en fait, ça te fait quand même plaisir de montrer qu’une femme peut tout à fait le faire et faire qu’elle a une carrière, être professionnelle là-dedans.

Nath Lasselin: Bah… oui!

Storylific AnBé: Faut pas se mettre ce blocage.

Nath Lasselin: Non et puis moi, je suis toujours partie, tu sais même quand j’ai commencé en cinéma, il n’y avait pas tant de femmes que ça. Moi, je me souviens à l’ONF, il y avait le département des femmes, il y avait du programme spécial pour qu’on puisse accéder à des métiers. À l’époque, on disait non traditionnels. Puis dans ma tête, c’était comme je ne comprends pas. Je suis peut-être naïve, mais je ne comprends pas en quoi. Être une femme peut être différent par rapport à un homme. Parce qu’on s’entend, il y a des femmes qui ont des gabarits, une musculature incroyable. Il y a des hommes qui ont tout ce ginge tout petit donc il y a autant de diversité dans les morphologies masculines que féminines après on peut avoir des approches peut-être plus fines et peut-être plus brutes aussi bien chez les hommes que les femmes. Je pense que la diversité est là cela dit ben souvent, c’est rassurant pour l’humain de mettre des catégories et de mettre des balises. très très tu sais dès que ça devient un peu flou on est un peu perdu tu sais même souvent c’est comme précisément il faut un mot non ça peut être beaucoup plus complexe que ça donc je me suis jamais badré de ça je me suis jamais empêché pour la vie parfois m’a fait comprendre que tout le monde l’entendait pas comme ça . Ça fait partie du jeu faut se battre pour faire sa place c’est normal c’est la nature humaine que ça normal ou pas normal on s’en fiche mais c’est la nature humaine c’est la règle du jeu. Pour moi, oui il y a des choses pour lesquelles je ne veux peut-être pas avoir la force physique mais je vais trouver les moyens. Il y a toujours des outils, il y a toujours des façons de trouver la solution tant et aussi longtemps que l’état d’esprit, ce qu’on appelle le fameux mindset est là. Je reviens là d’une randonnée qui devait être une randonnée pédestre qui s’est terminée en randonnée alpine autour du lac Tao parce qu’ils ont eu 26 mètres de neige les pauvres et il y avait toujours de la neige. Quand on a décidé de faire ce tour et ça a été physiquement très très demandant et souvent moi, je dis, j’ai le même sac avec les mêmes choses que quelqu’un qui va faire peut-être 30 cm de plus que moi ou 20 cm de plus que moi. Je vais avoir le même poids que quelqu’un qui va faire 20, 30, 40 kilos de plus que moi, mais je dois le porter. Donc je vais trouver les moyens, les façons de compenser, les façons d’être à l’aise et les techniques qui vont être appropriées pour faire ce que j’ai envie de faire, mais je ne veux pas me limiter quoi. Storylific AnBé: Oui et tu avais eu un beau message d’un plongeur d’ailleurs pour t’encourager à… Si ça te parlait, il fallait toujours continuer. Je n’ai plus les mots, j’avais entendu qu'un plongeur au début de ta carrière ou même avant qui t’avait dit qu’il ne fallait jamais…

Nath Lasselin: Ah oui, oui, oui, Jim Bowden. Jim Bowden, c’est, je dirais, qui fait partie probablement de la deuxième génération des Plongeurs.

Storylific AnBé: Voilà, Jim Bowden.

Nath Lasselin: Ah oui, oui, oui, Jim Bowden. Jim Bowden, c’est, je dirais, qui fait partie probablement de la deuxième génération des plongeurs. Si on prend que la première génération, c’est fin des années 40, 50. Et lui, en 1994, en fait, avait établi le record de profondeur dans une scène autre à Zaccaton, en même temps que Chekysley. Les deux étaient amis, les deux ont essayé de faire leur… Leur plongée profonde, Sheck Exley est décédé cette journée-là, Jim Bowden a réussi son record. Et c’est un personnage que j’admire, que j’adore par sa personnalité. Et quand j’étais encore bébé plongeuse spéléo, je commençais, je l’ai rencontré, j’ai fait une entrevue avec lui et un jour, il m’a dit, écoute Nat, il y aura toujours quelqu’un qui va te dire que ça vaut pas la peine, que c’est pas possible, que ça n’a pas de valeur, que tu vas te mettre en danger, mais si c’est important pour toi, fais-le. Et venant de quelqu’un qui avait fait face à tant d’adversité dans des circonstances si particulières et qui avait fait son bout de chemin, ça m’a vraiment beaucoup rejoint, ça m’a touché. Il y a des gens parfois qui peuvent te donner des espèces de citations de motivation pop, mais son pas, c’est pas basé sur un vécu. Quand tu connais l’historique d’une personne, et peu importe la personne, je parle pas juste des explorateurs. Centaines de kilomètres pour rebâtir sa vie, des gens qui sont passés à travers des histoires de tortures épouvantables, peu importe l’histoire ou une résilience extraordinaire des premières nations. Quand quelqu’un est passé et a connu cette douleur, cette souffrance, l’a accepté, l’a digéré, l’a vomi si nécessaire et est capable de la retransmettre en quelque chose de positif. Pour moi, c’est quelque chose de tellement beau, ce sont les sources les plus inspirantes. Moi, je suis très inspirée par tu sais les petits vieux ou les petites vieilles là de 90 ans qui courent leur demi-marathon et tout là. Mais j’adore quoi, je les vois, je suis comme merci la vie, c’est extraordinaire, ça donne du carburant, c’est super ça. Storylific AnBé: Ouais, complètement. Moi aussi, j’ai toujours une photo de… Justement, un duo en handi-valide. Valentin est Théophile, Valentin qui n’était pas du tout sportif, est Théophile, son frère qui est fortement. Et la manière de communiquer, c’était commencer à courir avec lui. Il me dit, moi, je ne suis pas sportive, je suis un kilomètre, j’étais déjà contente. Maintenant, ils en sont aux Iron Man tous les deux quand même. Et il dit, c’est mon frère qui m’a entraînée. Donc, pourtant, il le tire, il le pousse, etc. C’est vrai que moi, c’est les personnes… Voilà, parfois, elles n’ont même plus besoin de parler, même plus besoin d’une citation de leur part pour que ça nous inspire complètement. Alors les requins ça, c’est une bébête, c’est pour ceux qui en veulent en savoir plus, l’épisode 50 avec François Sarano donc ça, on a fait bien le tour de la question, mais toi qu’est-ce que tu en retires entre les fantasmes et faire réel ? C’est quoi ton expérience des requins que tu as côtoyés de si près également ?

Nath Lasselin: Alors je disais que je les ai côtoyés de si près, en même temps, je ne suis pas du tout une experte de requins, jamais grand Dieu, je dirais que je suis une experte de requins. J’ai eu la chance de plonger avec Stephen Surina, qui lui en connaît pas mal plus que moi, tout un rayon et qui dédie sa vie à l’étude des requins. Les requins, j’ai plongé avec plusieurs types de requins, aussi bien les grands blancs que les longimanus, notamment avec Stephen Surina au Bahamas. Comparatif un petit peu étrange peut-être, mais c’est la même chose que se trouver proche d’un ours polaire ou d’un hippopotame ou même d’un morse, ce sont des animaux mythiques des animaux qu’on ne comprend mal qui sont extrêmement impressionnants et qui en même temps nous remettent à notre place nous mettre à notre place, dans notre position, dans les éléments. Quand tu es face à un grand blanc ou un longimanus, tu es tout petit, tu es vraiment tout petit. Et pour une fois, même un grand gaillard costaud, il va se sentir aussi petit que moi. Et en même temps, c’est fascinant. C’est d’une beauté extraordinaire. Et on les voit comme des prédateurs, mais bon, évidemment, mais aussi, il faut qu’ils mangent. Enfin, je veux dire, je trouve ça un peu drôle aussi, il y a plein de petits prédateurs aussi quand on voit comment les nudibranches agissent. On se dit, bah oui, bah, ils sont peut-être plus dangereux finalement, mais à une tout autre mesure. Mais ils sont extrêmement impressionnants, extrêmement… Storylific AnBé: Elle n’a dit pas de mal des nudibranches, c’est mes chouchous.

Nath Lasselin: J’adore, j’adore, ils sont tellement intelligents!

Storylific AnBé: C’est des espèces de Pokémon!

Nath Lasselin: Non mais non seulement ils sont beaux, ils sont intelligents enfin je veux dire leur mécanisme de défense c’est malade c’est moche chose

Storylific AnBé: Raconte… les Nudibranches, c’est cette espèce de limace de mer en Technicolor. Et donc dis-moi, dis-moi, un truc qui t’éclate chez les Nudibranches?

Nath Lasselin: Mais en fait, le fait qu’ils peuvent avoir des toxines en eux et ces toxines-là vont les protéger. Donc si jamais ils sont attaqués ou bouffés par une autre espèce, voilà, l’autre espèce va être finalement atteinte par ces toxines-là. C’est extraordinaire d’avoir une espèce vivante qui est capable d’autodéfense de cette façon-là et qui t’envoie un signal très clair, tu vois, mes couleurs, etc. C’est ça que ça veut dire. Ah, bon. Et pourtant, c’est un truc, c’est pas très grand.

Storylific AnBé: Non, non, non.

Nath Lasselin: et c’est ça qui est fascinant.

Storylific AnBé: C’est tout mou, c’est pas très grand et c’est magnifique.

Nath Lasselin: Ah oui mais c’est beau et puis en plus on en trouve dans toutes les mers du monde, chaudes ou froides. Même en Arctique, il y en a toute une pléthore et c’est absolument fascinant et de toutes les tailles. Et ce que j’aime en fait, là on est très très loin des requins, je t’emmène d’ailleurs, je t’emmène à l’extrême, aux opposés.

Storylific AnBé: Oui, mais c’est pas grave. On a dérivé un petit peu, il y a eu un courant.

Nath Lasselin: Mais bon c’est pas grave, dérapons, allez on tombe, il y a eu un courant incroyable, on dérive.

Nath Lasselin: pour les requins qui sont somptueux, magnifiques, que l’on peut craindre parce qu’on n’est quand même pas chez nous. Quand on est dans l’océan, c’est un peu respect. Tu sais, souvent, moi, je dis aux gens qui me disent ou les requins, sinon j’aurais… Je dis, écoutez, si moi, je rentre, là, on se parle, on se trouve sympathique, tout va bien. Mais si on ne se connaît pas, j’arrive demain dans la nuit dans votre chambre à coucher avec ma lampe de poche et je vous la mets en pleine face. Ça se peut ou vous réagissez un petit peu différemment. Alors on peut tout à fait comprendre qu’un animal, tu sais l’animal qui nous voit arriver. Il se dit, mais t’es qui toi, mais qu’est-ce que tu fais chez moi ? Bah, je suis curieux, je vais aller te voir et si j’ai un comportement soit agressif ou le comportement d’une proie du genre, je pars en courant, bah ça se peut bien que le requin, il vienne me voir, c’est la même chose que si on va voir un chien et puis le chien oups, on n’est pas sûr de sa réaction, on part en courant. Qu’est-ce qu’il fait le chien ? Il court après nous normal, on ferait la même chose.

Storylific AnBé: T’as entendu parler de cet accident en Mer rouge, en Egypte cette année-ci ? Un nageur qui s’est fait bien bouffer quand même par un requin, justement, je me demandais. Il y a des milliers et des milliers de requins qui pêchèrent en général ce genre de comportement d'un des congénères qui n’est quand même pas typique malheureusement. Donc c’est toujours ça que j’ai un petit peu peur quand j’entends ces accidents. Aïe, aïe, aïe, aïe, c’est les dérives qui vont reprendre de plus belle.

Nath Lasselin: Ouais voilà et puis c’est toujours un petit peu la problématique, je dirais de la minorité bruyante. Tu sais peu importe, ça sent un petit peu comme quand on écoute les nouvelles. Bah, voilà il y a la minorité bruyante, celle dont on entend et puis du coup, on fait une généralisation. Et c’est vraiment dommage quoi, parce qu’il y a un manque d’analyse flagrant. On dit bah voilà parce qu’il y a eu un cas ou dix cas sur des centaines de millions d’animaux. Bah, voilà, on en fait une généralité. C’est un petit raccourci intellectuel extrêmement dangereux.

Storylific AnBé: Tout est fait. Sinon, mais quel animal as-tu le plus aimé plonger?

Nath Lasselin: Oh, je n’ai pas de préféré, est-ce que j’ai un préféré? Oh non, il y en a plein !

Storylific AnBé: Du moment qui te surprenne.

Nath Lasselin: Oui, oui, puis juste, tu sais, juste d’être… Parfois, il y a un endroit pas très loin de chez nous, il y a des nectars tachetés qui sont des salamandres d’eau douce, mais qui ne sortent pas de l’eau, qui restent dans l’eau. Alors c’est des petites branchies externes un peu rougeâtres, elles sont un peu orange brune. Et bon, les pêcheurs ne les aiment pas parce qu’ils trouvent qu’elles ont pas une belle gueule. Mais moi, je les aime bien, elles ont des petites pattes potelées. Elles ont des petites pattes potelées et tout, elles se promènent dans le fond. Ça nécessite que tu sois super calme, que tu ne fasses pas trop de bulles, pas trop de bruit, que tu ne bouges pas vite puis là hop tu vas pouvoir les observer et j’aime beaucoup ça en fait. Tu sais le fait qu’il faut que tu te rendes presque invisible pour pouvoir les observer parce qu’ils n’ont tellement pas l’habitude de la présence d’autrui ou en tout cas la nôtre que ça nécessite vraiment que tu sois tranquille, tranquille et là, tu vas pouvoir les observer comme il faut. Alors ça, j’aime beaucoup.

Nath Lasselin: Et puis après écoute il y a tellement d’espèces. Il y a des milliers d’espèces de poissons, d’invertébrés.

Storylific AnBé: Ah oui, oui, ça, on a… On ne va pas toutes les énumérer, promis !

Nath Lasselin: Même les méduses, j’adore les méduses, les béroïes, j’adore les béroïes. Toutes les petites unicellulaires trans lucides qu’on peut voir dans la colonne d’eau. Moi, j’adore parce que souvent, en fait, tu plonges, puis on pense, voilà, on veut voir du gros, on veut voir du requin, on veut voir des dauphins, les tortues, les barracudas, les tout ça, machin.

Storylific AnBé: Ça, je dirais que c’est le stade débutant en général, non ? Tu penses pas ? C’est ça qui attire en premier.

Nath Lasselin: Voilà. Ouais, ouais ouais, voilà.

Nath Lasselin: Et puis à un moment donné, tu fais comme, ouais, ils sont pas là, il y a rien, bon enfin, c’est plate, c’est boring. Puis on dit nanananana. Regarde dans la colonne d’eau et là, tu fais comme oh la vache, c’est vrai qu’il y a il y a du monde dans la colonne d’eau alors ils sont tous petits petits. Il y a énormément d’eau de monde et souvent d’avoir une loupe ou quelque chose comme ça pour voir ok qu’est-ce qu’on peut voir de minuscules et ça en fait plus ça va je pense que plus ça intéresse les plongeurs parce que bon donner, c’est sympa la tortue, on les aime toujours les tortues, mais c’est une tortue Et alors que la journée, on arrive à trouver… L’hippocampe et après ça tel type de nudibranche. Et là, on devient de plus en plus raffiné dans nos recherches et a poussé notre regard de façon plus minutieux sur les petites espèces qui demeurent de plus en plus à la base de la chaîne alimentaire, à la base de l’écosystème. Et là, ça devient vachement riche parce que, une fois de plus.

Storylific AnBé: C’est les piliers de la vie.

Nath Lasselin: voilà, c’est une prise de conscience de la richesse de tout ça.

Storylific AnBé: Ouais. Ouais, voilà. Ouais, tout à fait. Le Saint-Laurent, tu en as déjà un petit peu parlé de ce qu’on trouve dans le fond. Tu l’avais traversé, quel chance tu avais fait une sacrée expé, là. Tu peux me l’expliquer un petit peu ?

Nath Lasselin: En fait, il y a plusieurs années, à chaque fois, je reviens à Montréal, où j’habite, on arrive en avion, on passe au-dessus du fleuve Saint Laurent, on atterrit. Et puis évidemment, comme tout le monde, je regarde par la fenêtre quand j’ai le siège Hublot et puis un jour, j’ai commencé à me dire, c’est quand même drôle, je m’en mets partout dans le monde, plongée, je ne sais même pas ce qu’il y a réellement dans le fleuve Saint Laurent, en Montréal. Quand même un peu ordinaire. Bon maintenant ce qu’il faut savoir c’est que le fleuve Saint-Laurent à Montréal c’est surtout une voie maritime donc c’est du transport de gros bateaux etc maintenant on a des postes panama que s’il vient à Montréal et quand c’est pas ça c’est une zone en fait dans laquelle il y a pas de cartographie c’est blanc la carte est blanche parce que c’est des rapides c’est des hauts fonds et finalement il n’y a pas vraiment de navigation et en plus 1 mètre, t’es content, allez 2 à la limite dans certains endroits. Fait que ce n'est pas très sexy. Ceci dit, le fleuve Saint-Laurent, c’est la source d’eau potable de 80 % de la population de Montréal et 50 % de la population du Québec. Et en plus, nos œufs usés après un certain traitement, ils retournent. Alors c’est venu me chercher parce que dans mon évolution de plongeur où au départ, c’était bah oui pour voir, après, c’est devenu vraiment un questionnement sur notre relation à l’eau, à l’eau douce, à l’eau potable, à la vie. Et là, je me suis dit, c’est quand même fou parce que ce fleuve Saint Laurent, il en kikine tout le monde parce qu’on a plus d’une dizaine de ponts pour sortir de l’île de Montréal. On est quand même des insulaires. Bon, c’est 500 km² l’île de Montréal, mais on est quand même des insulaires. Donc ça embête tout le monde, le trafic, la congestion sur les ponts. Mais ce fleuve Saint Laurent là, sans lui, on n’a pas d’eau potable. Et pas d’eau potable, pas d’eau. Peu importe si vous êtes riche, si vous êtes de quelques origines que ce soit, en trois, cinq jours, c’est fini. Boite de bois ou autre chose, on est sous terre, on n’est plus là. Donc cette eau-là, et surtout à l’heure actuelle, il est extrêmement important non seulement de préserver les quantités, mais aussi la qualité. Et dans mes recherches, dans mes questionnements, moi, je me demande tout le temps ce qui est le pire, ce qu’on sait ou ce qu’on ne sait pas, ce qu’on voit ou ce qu’on ne voit pas. Et là, je me dis maintenant la pollution plastique, on peut l’avoir donc si on peut l’avoir, on peut l’enlever relativement, facilement maintenant, on fait beaucoup de nettoyage ça fait nous depuis 2017 qu’on fait des nettoyages, j’amène des plongeurs avec un peu de volonté et quelques heures dans l’eau, on enlève le plastique, mais il y a. Storylific AnBé: Vous allez retirer des tonnes de déchets, j’ai vu. Impressionnant.

Nath Lasselin: On a 13 tonnes et quelque chose et on continue, ça fait partie de nos activités.

Nath Lasselin: Mais l’autre chose, c’était qu’est ce qui l’en est de cette pollution invisible ? Et on parle beaucoup d’écologie, de préservation de la nature et puis souvent, on entend les jeunes « ouais vous avant vous avez tout scrapé, vous avez tout abîmé, ta ta ta ta ta » attendez une petite minute, on va revenir un petit peu à l’histoire. Dans les années 60, il y a un livre qui s’est appelé le printemps silencieux. Ce livre-là, je le recommande à tout le monde, c’est la scientifique qui a tiré la sonnette d’alarme en disant, vous savez tout ce qui est les pesticides, etc. Ça tue la nature et pourquoi le printemps silencieux parce que le printemps, on n’entend plus les oiseaux chanter. Et ça, c’est dans les années 60. Ça fait que ça fait 60 ans qu’il peut être temps de faire quelque chose. Mais on sait que la machine économique est tellement grande. Donc ça pour dire que peu importe qu’on soit jeune, vieux, blanc, rose, vert, noir, un petit-pois, on est tous part de la solution et de la problématique jusqu’à un certain point-là et qu’on peut tous faire quelque chose. Donc sur ces pesticides, les résidus de médicaments, etc. ce qu’on appelle maintenant communément les contaminants d’intérêts émergents, on ne peut pas les voir, on ne peut pas les sentir, il n’y a pas de couleur, il n’y a rien. Je me suis dit, mais on en est où par rapport à ça ? Parce qu’on sait qu’au niveau du plomb, du mercure, ça s’est quand même beaucoup amélioré. La pollution industrielle dans nos rivières, on va dire de pays industriels, la terminologie change un peu maintenant, ça s’améliorait.

Nath Lasselin: Mais qu’est-ce qu’il en est de tous ces autres polluants-là ? Et donc j’ai travaillé avec l’Université de Montréal du département de chimie, pour qu’ils m’analysent tous mes échantillons d’eau et de sédiments sur 350 km. Parce que je voulais savoir, ok, mais qu’est-ce qu’il en était ? Résultat des courses, il y a beaucoup beaucoup de présence de tous ces polluants-là. On s’entend, c’est des nanogrammes par litre, mais ces nanogrammes-là ont un effet bio-accumulateur. Qui tôt ou tard seront prouvés comme source de probablement des cancers etc. Parce qu’on observe déjà la fémine.

Storylific AnBé: bio-accumulateur donc ça veut dire que ça ne le l’on ne sait pas détoxifier le corps, le fois c’est rien faire, les reins ça va rien faire, ça reste on accumule.

Nath Lasselin: C’est ça. Tu sais, un petit peu, je vais faire une comparaison de trotterose-femme, c’est comme tu manges une crème glacée l’été, il se passera rien. Si t’en manges tous les jours, même si c’est pas beaucoup, à fin de ton été, il se peut que le bikini soit un petit peu moins élastique que prévu. Donc c’est un petit peu ça le bio-accumulateur, c’est que c’est des petites doses, mais tellement régulières que finalement de façon complètement sournoise et insidieuse, ça a un effet sur notre santé et ça reste dans notre corps. Donc c’est un peu la même chose avec les microplastiques, hein, comment se fait-il qu’on trouve des traces dans le corps des humains, des poissons, etc. Pourtant, on n’est pas en train de manger nos cartes de crédit, même si parfois, on aimerait les faire disparaître. Mais c’est pas du tout ça. C’est toutes ces choses-là invisibles à l’œil nu qui, malgré nous, rentrent dans notre système. Parce que notre mode de consommation fait qu’on veut des produits qui durent plus longtemps. On veut des crèmes liquides, etc. Donc tout ce qui est parabène. Et en plus, à chaque fois qu’on a des problèmes, on a, en tout cas en Amérique du Nord, extrêmement recours aux médicaments très très facilement. Et toute cette accumulation-là fait en sorte que ça a une incidence sur la façon dont notre corps peut se défendre et va réagir aux attaques extérieures. Alors je me suis dit, bon, mais pour essayer de parler de tout ça à mes congénères et à mes compatriotes et concitoyens, il va peut-être falloir faire quelque chose que juste, ben voilà, écrire un petit article. Et en plus, moi, j’étais surtout curieuse de me dire, allez, on s’amuse hein, là, je suis dans la tête de Nathalie qui est une gamine encore. Je vais me prendre pour une goutte d’eau et je vais aller d’un bout à l’autre de l’île de Montréal. Comment ça va se passer ? Qu’est-ce qui va se passer ? Qu’est-ce que je vais voir ? Et donc c’était 70 km que j’ai fait en deux plongées de 15 heures, deux plongées consécutives. Je me suis arrêté quelques heures pendant la nuit après la première plongée pour des raisons techniques et de sécurité de mon équipe et donc ça a duré sur deux jours à l’autre de l’île de Montréal, traverser les rapides, passer en dessous de ce pont, au-dessus d’un tunnel, d’un corridor de métro et de voir un petit peu qu’est ce qui se passe dans ce fleuve Saint-Laurent là. Est-ce qu’on peut s’engager pour lui et poser des gestes non seulement pour préserver la qualité de l’eau, mais ultimement pour préserver la qualité de notre propre santé. Parce que souvent les gens vont dire ouais, on fait ça pour les générations futures. Je vais être honnête, c’est parce que ça ne veut rien dire à cette génération future.

Storylific AnBé: Non, non, c’est déjà pour nous, hein!

Nath Lasselin: Trouvez-moi quelque chose de plus flou que ça, et puis on le sait pertinemment que si c’est un objectif qui est complètement flou, l’humain, il ne va pas le faire. Si en plus je dis, moi je, enfin chacun fait ce qu’il veut, mais si je prends soin de ma santé, puis quand je dis de ma santé, en fait, je devrais dire les santés. Moi, je parle souvent de ma santé physique, ma santé mentale, extrêmement importante, puis ma santé financière. Où finalement je serai tellement sur un point d’équilibre que je vais me casser la biboune et qu’en plus je vais commencer à stresser donc je me rends malade etc, etc.. Donc c’est extrêmement important de faire attention de nos santés, de trouver comment nous on est en équilibre et en harmonie surtout dans tout ça pour qu’on se donne le maximum de chances de vieillir dans le meilleur état possible. Et ça, oui, moi, je veux bien faire ça pour mes neveux, etc. Pour la génération après moi, puis pour l’avenir X, Y, Z., mais je le fais surtout pour que demain, quand on se réveille, et bien, on se voit un peu plus zen et qu’on se dise, c’est bon, on a fait ce qu’on devait faire, ce qu’on avait à faire pour préserver la qualité de notre environnement, donc l’air, notre nourriture, notre eau, etc. Donc ce projet-là, qui était l’urbaine odyssée aquatique. C’était vraiment de se dire : Je m’amuse, j’en ai bavé un peu, un grand point à traverser.

Storylific AnBé: Oui, oui, ça a été sport, ouais.

Nath Lasselin: Et ça a été, je le recommande à personne. Vraiment pas. Je me suis fait battre par le fleuve Saint Laurent, j’ai voulu le faire.

Nath Lasselin: Il m’a fait savoir que ça ne serait pas facile.

Storylific AnBé: C’est l’eau et l’eau bouge beaucoup?

Nath Lasselin: Et en même temps, ça a été… Oui, il y a des rapides qui sont mortels d’ailleurs. Il y a malheureusement un pompier qui est décédé il y a deux ans dans le rapide de la Chine. Ce n’est pas un endroit où on fait de la plongée. Il n’y a personne d’autre qui a plongé là. Et il y a énormément de courants de haut-fond. Je me suis fait rentrer dans des roches un nombre de fois incalculable. Je plongeais avec un casque. Certaines parties, j’avais des protections comme un gardien de hockey pour pouvoir faire ça. Et en même temps, pour moi, d’être comme une goutte d’eau et de vivre les éléments. Donc de comprendre la force de l’eau. Et à chaque fois qu’on regarde en fait une rivière, un torrent, même des inondations et qu’on voit la force des éléments, là ça remplace les choses. Là, on comprend mieux. Et souvent moi, je suis une fervente de… On peut expliquer des choses longtemps, mais tant et aussi longtemps qu’on ne les a pas ressenties, c’est très difficile le moment où on ressent les choses, parce qu’on les a expérimentées peu, importe l’échelle, là, on commence à comprendre. Et c’est ça pour moi, c’est la grande richesse de la vie, c’est d’inviter les gens à se mettre en situation d’inconfort, je ne dis pas de danger, mais d’inconfort pour élargir la zone de confort et de se dire, qu’est-ce que je vais apprendre de ça ? Comment je vais élargir ma zone de connaissance, de ressenti ? Parce que tout ça nous permet de mieux nous connaître, de mieux connaître autour de nous et de mieux pouvoir nous adapter. Et le plus on élargit cette zone de confort, le mieux, on est capable de s’adapter à toutes sortes de situations inconnues parce qu’au départ, l’humain, il n’est pas très bon avec l’inconnu. On aime ça contrôler et puis savoir où on s’en va.

Storylific AnBé: Hum. Oui, tout à fait. Et t’as… D’abord, est-ce que tu es limité dans le temps où ça va ? Pour savoir si je dois presser le pas ou…

Nath Lasselin: Non ça va. Oui.

Storylific AnBé: OK, nickel.

Nath Lasselin: Non ça va ça va.

Storylific AnBé: Tu as le temps. Ça va, génial. OK, je respecte le temps aussi. Et alors, quelle a été ta conclusion de ce voyage de gouttes d’eau?

Nath Lasselin: Ma conclusion, c’est que malheureusement au Québec, et puis on en a fait un documentaire qui s’appelle La Goutte d’Eau Trop qui est passé à Télé-Québec, je pense qu’il est encore disponible en ligne. Malheureusement, on prend pour acquis notre source d’eau potable. Nous au Québec, malheureusement, on ne paye pas pour l’eau. On a en fait la façon dont on paye, c’est qu’on a dans nos taxes municipales, nos taxes foncières, on a un pourcentage qui va pour les services de l’eau, mais on ne paye pas l’utilisation. Donc, si tu ne payes pas l’utilisation, que tu consommes 1 litre ou 100 litres, c’est pareil. Résultat des courses, on a une consommation par capita qui est énorme. Même si on enlève l’industrie, on est quand même dans des chiffres qui font peur, qui sont au-delà de 5 à 6 à 7 fois ce qui est le minimum vital. Donc, on consomme trop. Et que ce soit au Canada ou en France ou n’importe où ailleurs, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que oui, l’eau est gratuite. Mais l’eau qui est gratuite ce n’est pas une eau qui est traitée donc qui est propre à la consommation et ça ne prend pas non plus en compte le fait que nos eaux usées faut aussi qu’on les traite. Pour chaque litre d’eau qu’on consomme, qu’on tire la chasse d’eau, peu importe, il y a un autre litre d’eau qui doit lui aussi être traitée. Un litre c’est deux litres en fait et ça, on n’y pense pas. Et la chose qui est phénoménale, c’est que nous l’eau du robinet est potable, mais l’eau du robinet, on se lave avec, on tire la chasse d’eau, on lave la voiture, on arrose le jardin, on fait tout avec ça. Et quand on y pense, c’est cher payé quoi.

Storylific AnBé: De l’eau potable, ouais, c’est dingue hein.

Nath Lasselin: Donc, à un moment donné, c’est de se dire ok, il doit y exister toutes sortes de façons de préserver cette eau. Et puis à Constantinople, dans l’ancien temps, ils avaient déjà trouvé des façons de faire des bassins de rétention, des citernes. Alors parfois, je m’explique mal comment ça se fait qu’à un moment donné, on est passé économique, d’ingénierie, que non, on va pouvoir faire des gros projets comme ça et qu’on a oublié cette espèce de base là de dire, vous savez qu’il y a un bassin de rétention d’eau de 1000 litres sur le bord de votre maison, ça peut arriver au Z de jardin pendant un bon moment surtout quand il y a des périodes de sécheresse. Et puis j’ai l’impression qu’on va y revenir tranquillou parce qu’on va y voir un intérêt flagrant économique, qui va venir nous chercher alors que c’est des solutions qui peuvent être qui ne font pas la différence une à une, mais tous ensemble ça va participer à rétablir un petit peu l’équilibre de tout ça.

Storylific AnBé: Excellent, excellent. Eh bien, on va justement parler d’un autre endroit où tu as été voir de l’eau potable, avec ton documentaire Aqua Incognita. Alors là, je vais te demander de nous camper un peu ce décor si particulier.

Nath Lasselin: Aqua Incognita Made in China, c’est un projet qui se passe dans la région de Duan en Chine, je dirais relativement vers le sud-ouest, dans un endroit pas touristique au niveau international. Ça a été fait dans les années 2013-2014. En fait, une équipe de spéléologues français a commencé à aller explorer un peu par hasard cette région qui n’était absolument pas connue. Extrêmement profond dans cette région-là et j’ai extrêmement profond

Storylific AnBé: Donc Karstik, c’est pour ceux qui connaissent la Baie d’Along, c’est cette espèce d’énorme pain de sucre, mais enfin, c’est des rochers karstiques, mais donc, qui pointent comme ça hors de l’eau.

Storylific AnBé: C’est incroyable.

Nath Lasselin: avec des grottes souterraines très profondes.

Storylific AnBé: Et ça fait des… Ouais.

Nath Lasselin: Et il y a un peu plus d’une semaine, le record de profondeur en grotte d’Asie a été battu par une équipe dans cette région-là. Je ne veux pas tromper sur les chiffres, mais je crois que c’est 279 mètres. Ils sont à quelques mètres du record de Xavier Miniscus. Oui, c’est extraordinaire, ce sont des très grosses plongées.

Storylific AnBé: C’est dingue!

Nath Lasselin: Et ce sont des réseaux très particuliers. On peut faire beaucoup de plongées spéléo je dirais touristiques entre guillemets, mettons dans le lot, dans le vaucluse, dans les cenotes au Mexique ou en Floride où on a une très belle visibilité, l’eau est pas très froide, il y a des installations donc il y a déjà des fil d’arriane, des lignes de vie qui nous permettent de sortir avec une très le bon équipement, on est en mesure pour un plongeur averti mais pas nécessairement expert de se promener, d’avoir beaucoup de plaisir dans ces réseaux-là. En Chine, c’est totalement différent en ce sens, dans cette région-là bien sûre, c’est totalement différent en ce sens que ce sont des réseaux qui sont énormes, des volumes énormes, qui font en sorte que très souvent, c’est difficile de percevoir le mur opposé. On peut coller le mur de gauche pour descendre, il tellement le volume est énorme, l’eau est chargée en particules et les murs sont très très sombres, sont presque noirs. Donc on est un peu perdu dans un espace intérieur qui peut être très très impressionnant et c’est le dernier territoire vraiment dans cette région-là à découvrir. Il y a aussi en Indonésie notamment les îles de Sulaoasi où il y a l’exploration qui commence mais là on est dans des réseaux karstières qui semblent un petit peu géoméxiques en chine dans cette région là c’est vraiment particulier c’est très difficile pour moi j’avais trouvé ça très très difficile à filmer parce qu’on est tellement dans des volumes noirs et où l’eau est chargée que l’intensité du faisceau lumineux n’arrive pas à atteindre l’autre côté de la grotte donc c’est difficile de faire rendre compte de ces volumes là en même temps ce qui est fascinant c’est que à l’époque il y avait beaucoup de villageois qui n’avaient jamais vu de blanc Alors imaginez-vous, vous êtes habillé comme un astronaute, un peu avec le recycleur dans le dos, le masque, tout le truc. Et là, vous vous mettez deux secondes à la place du villageois qui se dit, ce blanc ou cet Occidental qui a fait entre 7000 et 9000 kilomètres, il vient chez moi après avoir fait 9000 kilomètres, habillé comme un astronaute pour venir dans ma source d’eau potable. Mais qu’est-ce qu’il vient chercher ? Il faut forcément qu’il y ait un truc qui vienne chercher là. Vous rajoutez là-dessus le fait qu’il y ait des croyances populaires, notamment des peuples yao,

Storylific AnBé: Oui, oui, oui.

Nath Lasselin: Là, on a un problème.

Storylific AnBé: Tu peux… Oui, tu peux nous dire c’est des déesses… Enfin, il y a des… Il y a toute une…

Nath Lasselin: Là, c’est si… Il y a les dieux de la source qui protègent cette source-là. Oui ! Et oui, la pire chose qui est arrivée à un moment donné, c’est que les yao dans leurs croyances, ça, c’est assez intéressant, comment on a une implication et comment on doit changer des façons de faire en fonction des coutumes locales. Et c’est extrêmement important. En fait, les yao, quand quelqu’un est malade, ils vont aller à la source. Ils vont mettre une petite ficelle qu'ils vont attacher au bout d’un caillou. Ils vont mettre le caillou dans l’eau. Et va aller jusqu’au pied du lit du malade. Et c’est comme ça que l’esprit peut finalement voyager à travers ce fil-là qui est imbibé dans l’eau de source, jusqu’au pied du malade. Le problème, c’est que les spéléos français, parce que chaque, je ne dirais pas chaque pays, mais en fonction des pays, on n’a pas nécessairement les mêmes façons de faire la plongée spéléo. Mais en France, la pratique traditionnelle veut que ce fameux fil d’Ariane, ce fil qui nous permet de revenir à la surface, comme le petit pousset, ce sont nos petits cailloux et là, on sait qu’on va revenir, ce fil d’arriane là on l’attache à la surface avant de rentrer dans l’eau. Donc là le yao, tout ce qu’il voit, c’est qu’il y a ce fil qui arrive, l’esprit qui va sur ce fil et qui s’arrête en plein milieu de nulle part. Il va où l’esprit après ? Ils s’échappent, qu’est ce qui se passe ? C’est la panique pour eux. C’est absolument à ne pas faire. C’est comme si on était en train de tuer en quelque sorte l’esprit. Donc ce qui s’est passé après cet événement là où le villageois était en panique, ce qui se comprend, c’est de changer la façon dont on attache les fils en France, en tout cas dans cette région-là, et de les attacher à partir du moment où on est sous l’eau. En Amérique du Nord, jamais on va sortir un fil jusqu’à la surface pour des raisons de protection de plongeurs, pour pas qu’un plongeur et créatif se dise oh bah j’ai juste à suivre le fil, je sais pas quoi faire mais c’est pas compliqué, je vais suivre le fil et puis se retrouver à l’intérieur de la grotte. Donc en fait en Amérique du Nord, ce qu’on fait, et puis de plus en plus en France ça se fait aussi, c’est que ce fameux fil d’Ariane va seulement commencer à l’intérieur de la grotte et non pas quelques mètres, il faut déjà aller le chercher un petit peu pour pouvoir voir le départ de ce fil d’Ariane. Et c’est fascinant de voir à quel point nos croyances et nos pratiques peuvent être conflictuelles parce qu’on ne connaît pas les croyances des autres.

Storylific AnBé: Ouais tout à fait. Justement maintenant, puisque bon, je pense qu’il n’y a pas beaucoup qui font de la plongée spéléo, immerge-nous avec toi depuis la surface jusqu’à on va dire 100 mètres et la remonter, ne nous laisse pas au fond, histoire qu’on puisse voilà avoir une impression. Vas-y, explique-nous.

Nath Lasselin: Quand on arrive sur le bord de l’eau, on peut très bien se trouver sur une eau qui peut être très très laiteuse, peu invitante, comme une eau qui peut être absolument transparente. Mais ça reste un point d’eau qu’on peut appeler une source, une scène haute, à la limite un lac. Quand on s’immerge dans ce lac-là, très souvent, on va trouver quelque part en cherchant bien une petite cavité, un endroit de roches, calcaires la plupart du temps. Qui va nous permettre d’aller un petit peu plus loin. Si on prête attention, on pourrait même percevoir qu’il y a comme un petit courant qui sort de cette cavité-là. Ce qui est bon signe finalement parce que ça nous permet de penser qu'en rentrant dans la cavité, on puisse arriver quelque part à une source, soit faire une jonction ou un point de départ de cette eau qui s’infiltre à travers la roche. Alors évidemment, avant d’entrer dans la cavité, il faut être bien équipé. Cette fois-là, ça prend une deuxième bouteille pour la redondance. Et puis ça va nous prendre plusieurs lumières. Ça va nous prendre aussi notre ordinateur, comme tout bon plongeur, pour savoir depuis combien de temps, on est parti et surtout à quelle profondeur on est. Parce que la seconde, on va arriver sous ce plafond. Nous n’aurons aucune perception de la profondeur à laquelle on va se trouver. Que l’on soit à 5 mètres, qu’on le soit à 100 mètres. Le mur peut toujours être juste à un mètre de nous. Donc on a aucune idée si ce n’est ce chiffre magique qu’on va voir. Sur notre ordinateur. Quand on rentre dans cette cavité, il y a plusieurs règles à respecter pour s’assurer de pouvoir en sortir vivant et surtout de profiter de l’expérience et du voyage. Mais une des premières règles, c’est dans tout temps avoir ce fil conducteur, ce fil qui va nous ramener à la surface, ce fil qui va nous indiquer le chemin. Si déjà il y a un fil, on a juste à le suivre et en marquant à partir de flèche la direction vers la sortie. À ce moment-là, on va avoir une grosse bobine de fil, plusieurs mètres, parfois plusieurs centaines de mètres, qu’on va dérouler le long de notre passage. Quand on rentre dans ce cavité-là quelques mètres, c’est complètement noir, on pourrait cacher le faisceau de notre lumière et on serait dans le véritable noir beaucoup plus noir que celui de l’espace quand on regarde le ciel la nuit ce qui n’y aura même pas une étoile, il n’y aura rien et excepté le bruit de nos bulles, il n’y aura aucun son absolument rien probablement le meilleur exemple du vide, mais là, on va allumer la lumière quand même, on n’est pas pour se faire peur. Pour certains, ça peut faire peur de rentrer dans ces réseaux-là, alors que pour d’autres, c’est très sécurisant. Certains pourraient même faire l’analogie de se retrouver quasiment comme dans le ventre de leur mère, dans le ventre de la terre mère. C’est vrai, dans le fond, on est dans un environnement où rien ne bouge, il n’y aura pas de marée, il n’y aura pas grand-chose, où on a juste à suivre un fil pour pouvoir sortir de là où aller un peu plus loin. Alors si on se concentre sur ce fil-là, si on a une flottabilité parfaite pour pas lever les sédiments, parce que ça, on ne voudrait pas, et venir complètement changer la visibilité et se retrouver dans un nuage de poussière. On avance tranquillement et en toute sécurité. On regarde toujours à droite, à gauche avec notre faisceau de lumière pour voir s’il n’y aura pas une autre galerie plus intéressante. Essayez de voir l’endroit d’où l’eau pourrait provenir. Et en avançant, qu’est-ce qu’on observe ? Parfois des petites crevettes albinos, complètement blanches. Parfois, disons Gui, parfois quelques poissons des barbotes qui ont décidé de nous suivre, attirés par le faisceau de lumière, mais assez rapidement, ils vont rester proches de l’entrée. Et puis parfois, on ne voit rien du tout. On ne voit rien du tout, mais ce qui peut être surprenant, c’est que dépendamment des grottes dans lesquelles on se retrouve, si elles ont été formées alors qu’elles étaient relativement sèches, on va avoir donc non remplis d’eau, on va avoir ce qu’on appelle des spéléothermes, les fameux stalactites et les stalagmites. Et les stalactites et les stalagmites sont formées et ont autour d’elles des dépôts de calcites, ce calquet à une fois de plus, le même que ce qu’on peut retrouver dans les vieux poilons de la grand-mère qui a fait chauffer pendant des dizaines d’années sur le feu cette belle croûte blanche. Et puis on avance, et en avançant dans des galeries où personne n’est allé à vent, le simple fait d’expirer nos bulles va venir perturber cette calcite sur le plafond qui va tomber devant nous comme une tempête de neige. Et c’est là où l’on se rend compte que le simple fait de respirer va avoir un impact incroyable dans cette grotte. Alors on avance. On peut avoir des roches avec des formes particulières, des roches parfois plus poreuses. Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est que, contrairement à une mine, dans une grotte, la roche la plus friable, la plus fragile est déjà partie, avec l’action mécanique et l’action chimique de l’eau dans ces réseaux-là. Toute la roche autour de nous est absolument solide. Parfois un peu plus friable, c’est vrai, mais on évite de le toucher. D’ailleurs, on fait toujours la même chose. On ne laisse pas de traces et on ne prend rien sauf des images. En avançant, on regarde toujours nos bouteilles s’assurer que nous avons assez d’air pour revenir. On va appliquer ce qu’on appelle la règle des tiers. Un tiers pour aller, un tiers pour revenir et un tiers pour la chance. Juste au cas où il nous arrive quelque chose. Lorsque le tiers arrive, on va s’assurer de ne pas avoir dépassé la profondeur pour ne pas avoir trop de décompression et là, il est temps de faire demi-tour. Et c’est là que pour l’explorateur, la question, parfois, est difficile. Parce que parfois, on n’a pas envie de partir. On se demande une seule chose. Mais jusqu’où cette galerie peut-elle aller ? C’est un petit peu comme ouvrir un livre qu’on trouve passionnant. Même s’il y a des passages qui peuvent être un petit peu plus plat, un peu moins intéressants, on a d’autres choix que de finir ce livre, pour aller jusqu’à la dernière page, pour savoir où l’histoire se termine. Alors quand on est sur le chemin du retour, il n’y a une seule chose dans notre tête, revenir, pour pouvoir explorer un petit peu plus loin, pour pouvoir enfin aller jusqu’à la dernière page. Et au fur et à mesure qu’on rentre… Tranquillement, on va apercevoir au long d'un petit faisceau lumineux, celui de la lumière du jour, de l’extérieur. En général, ces entrées-là, la zone de la caverne, est absolument fascinante parce que là, on va pouvoir revoir à nouveau toute la vie des petits poissons qui nous attendent à notre arrivée et le soleil qui, parfois avec ses rayons, vient faire jouer l’eau et des jeux de lumière sur la roche. Cette roche qui souvent va être claire, même incrustée de fossiles, de cette histoire de la terre et de la mer à l’époque où ces grottes étaient le plancher sous-marin. On peut voir encore des petites coquilles de coquillage incrusté dans la roche. Et puis une fois qu’on a terminé notre décompression, c’est le temps de rentrer à la maison, d’écrire dans notre carnet nos observations et de se dire, on va revenir parce qu’on n'a certainement pas terminé le voyage.

Storylific AnBé: Yes! Merci! Génial! Waouh! Alors ça m’avait fasciné dans ton documentaire, que t’as dit, c’est vrai, on peut pas envoyer un robot là-bas à la place d’un humain, forcément, on perdrait le contrôle donc c’est… C’est vrai, je me dis, c’est fou ça, vraiment un endroit où l’être humain reste indispensable. Et alors le défi psychologique de… Parce que le plus grand danger dans ces situations-là, c’est la panique. Il faut vraiment rester un zen. Qu’est-ce que tu aimes ? Tu peux nous expliquer ce que tu aimes dans ce défi psychologique de ces plongées, d’engager ?

Nath Lasselin: Alors deux choses, heureusement ou malheureusement, il y a un gars qui s’appelle Bill Stone qui est fascinant, qui maintenant a mis au point un robot, le Sunfish, qui peut aller très très loin dans les réseaux et faire des cartographies. Donc, voilà, à un moment donné, oui, on va être remplacé. En même temps, on ne sera pas vraiment remplacé par la technologie, mais la technologie est en mesure maintenant de pouvoir… Aller prendre des données à notre place de façon plus efficace. Ça n’a pas besoin de faire de décompression et tout ça. Mais en même temps, on le fait aussi pour se faire plaisir. Quand même, c’est sympa. C’est un petit peu comme faire un vol en hélicoptère puis envoyer un drone. Oui, on peut faire des images avec le drone, mais c’est quand même plus sympa d’être dans un hélico. Mais c'est deux choses différentes et complémentaires en même temps. L’aspect psychologique en plongée spéléo. Comme toute plongée technique, que ce soit pour des épaf profondes, de la spéléo ou de la plongée que j’appelle engagée. Donc la plongée engagée pour moi, c’est la plongée qui nécessite de planifier, de penser avant même d’avoir mis la palme à l’eau. Il faut avoir pensé tous, tous, tous les détails. En anglais, on va appeler ça les "What if". Donc tous les scénarios, si telle situation arrive, comment allons-nous la régler ? Et il n’y a pas un livre avec si A fait A machin si B fait non. On peut impliquer des recettes, sauf que les recettes ne s’appliquent pas nécessairement en fonction des conditions, de l’environnement, en fonction de l’équipe, de l’expérience de l’équipe, etc. Donc quand on fait ces plongées-là, c’est de bâtir l’équipe avec laquelle on va être à l’aise. On va se sentir sécuritaire et l’équipe qui est prête à faire tout ce qui est nécessaire au cas où le pire scénario arrive. Et même si à l’heure actuelle, on sent qu’on a des moyens technologiques qui sont très très très fiables, celui qui est moins fiable, ça reste l’humain. Ça reste la perception de l’humain, ça reste la non-préparation de l’humain et parfois un petit peu de complaisance qui fait que les coins sont un petit peu ronds, Pour moi, la préparation psychologique, c’est de s’assurer que oui, cette journée-là, je suis prête à faire la plongée, que j’ai confiance en mon équipe, que mon équipe a confiance en moi, que j’ai fait tout ce que j’avais à faire avec mon équipement. Et quand je me retrouve sous l’eau, et puis ça m’est déjà arrivé d’être dans une situation où je me suis dit, je veux pas être ici, je veux juste que ça se termine, ça va pas bien. Le petit hamster, il roule un peu trop dans la roue et je suis pas bien. et là je me dis mais c’est pas grave on s’arrête on fixe un point on respire on prend une pause est ce qu’il y a réellement un problème non il ya une perception inconfortable ok correct pourquoi est-elle inconfortable est ce que c’est une peur réelle est ce qu’il ya une source de danger ou c’est une peur qui n’est pas réelle qui est une perception que je porte parce que parfois ce sont voilà des croyances familliales parce que dans notre historique on a toujours dit que telle chose était dangereuse, exemple les requins. Si tous les gens autour de vous vous disent « ouais, mais tu plonges avec les requins, les requins, c’est dangereux », il y a de fortes chances que la première fois que vous allez voir un requin, vous allez dire « il faut que j’aie peur ». Mais il n’y a pas de danger. Mais c’est tellement ancré, c’est une croyance qui est tellement ancrée que parfois faut complètement s’en détacher. Ce qui est extrêmement important, donc c’est d’analyser est-ce que c’est un vrai danger, est-ce donc une vraie peur, peur qui est juste basée sur une perception qui est erronée et qui n’a pas sa place. Donc de calmer ça. Et très souvent moi ce que je me dis quand je fais des plongeurs engagés, c’est ne vis pas tes émotions. Tu n’as pas d’émotions. Tu es quelqu’un comme un petit soldat ou comme un robot. Tu as un job à faire de A à Z. Quand, tu seras sorti, tu vivras tes émotions. Et la raison pour laquelle je me mets dans cet état d’esprit là, c’est qu’on sait pertinemment que lorsqu’on a des émotions, notre réflexion est entachée et complètement changée par ces perceptions, ces émotions-là. Très souvent, quand on devient émotif, on va avoir des prises de décision qui seront moins justes. Alors que là, c’est-à-dire qu’on va se baser juste sur l’effet et on va gérer ça. Appliqué. Actions, réactions basées sur des faits. Et à la fin d’une plongée, il y a des plongeons qui ont été faits face à des situations mortelles, en fait, qui auraient pu être mortelles en tout cas. Et là, c’est de faire un post mortel, mais de se dire bon, qu’est ce qui s’est passé ? Pourquoi on a réagi de cette façon-là ? Qu’est-ce qu’on aurait pu faire différemment ? Et puis après ça, de se dire, on s’en est sorti ouf, on a eu peur, mais ça a bien été. Et pour moi, la préparation mentale psychologique est extrêmement importante. Et en fait, quand j’ai fait ma traversée du fleuve Saint-Laurent, ça a été extrêmement périlleux, c’était de longues heures dans l’eau et c’est à ce moment-là que je me suis beaucoup rapproché de deux choses, l’hypnose et l’auto-hypnose et la programmation neuro-linguistique. Donc de voir un petit peu comment se parler à soi-même, quelle terminologie utiliser pour que justement notre perception soit différente et de mentir un peu au cerveau en fait ? Ou de mentir, ou façon dont le cerveau va réagir basé en fonction de notre passé. Et comment on peut modifier tout ça ? Et en fait, par la force des choses, je me suis formée pour devenir hypnologue, pas pour ouvrir un cabinet, mais parce que pour moi, c’est un outil qui est extraordinaire lorsqu’on le pratique régulièrement et lorsqu’on le fait avec beaucoup de rigueur pour pouvoir… En fait modifier des croyances ou des façons de faire qui ne sont plus adaptées à ce qu’on veut faire à l’heure actuelle.

Storylific AnBé: C’est fascinant tout ce qui est hypnose pour préparation. C’est énormément en plongée, que ce soit préparation à la penée, que ce soit… C’est vraiment un outil extraordinaire.

Nath Lasselin: Exact, ouais. Et en fait, dans beaucoup de sphères de la vie, il y a beaucoup d’athlètes sportifs maintenant qui utilisent l’hypnose. Il y a des grands explorateurs qui utilisent l’hypnose et de plus en plus, c’est démystifié. Alors après, voilà, comme dans tous les métiers, il y a un peu des charlatans, mais prit avec beaucoup de rigueur et… et d’ouverture, c’est un des outils extraordinaires pour une fois de plus sortir de sa zone de confort élargir ses horizons.

Storylific AnBé: Tu as une référence justement fiable, un livre à conseiller ou une ressource par rapport à l’hypnose ?

Nath Lasselin: Pas nécessairement, mais je dirais qu’une de personnes, moi, qui étais le premier, ai j’ai toujours été un peu proche quand même de la sophrologie, tout ça, mais celui où je me suis dit bon là ok, là, je touche à ce que je cherche. Ça a été Bertrand Picard avec son livre, changer d’Altitude. Parce que Bertrand Picard, bon ben voilà, c’est le tour du monde en avion solaire, il a fait en montgolfière avant c’est un psychiatre, c’est un hypnologue, et ses fils et petits-fils de scientifiques extra-reconnus quoi. Une fois de plus, c’est quelqu’un, dont la fiche de route. Et extrêmement étoffé et c’est lui entre autres, il n’est pas le seul, mais c’est lui entre autres qui a fait cette fameuse méthode pour pouvoir s’endormir dans 20 minutes et pouvoir se régénérer un petit peu comme si on dormait 4 heures. Je suis bien comme si, il y a beaucoup de comme si, c’est pas pareil, mais l’effet est similaire et moi, c’est comme ça que j’ai réussi à dormir sous l’eau. Oui, parce que pendant ma plongée du fleuve Saint Laurent, donc je savais que j’avais passé quand même beaucoup d’heures dans l’eau, puis à un moment donné, c’est quand même fatiguant. Donc ce que j’ai fait, notamment, c’est une séance d’auto-hypnose sous surveillance parce que je voulais vraiment qu’il y ait un plongeur qui ait un œil sur moi au cas où.

Storylific AnBé: Oui, c’est ça! Mais elle ronfle!

Nath Lasselin: Mais c’est ça, ouais c’est terrible! Je suis pas sûre que ce soit possible de renfler en tout cas.

Nath Lasselin: je fais une petite séance de 20 minutes tranquille à dormir entre guillemets sous hypnose dans l’eau sous l’eau.

Storylific AnBé: Incroyable. Ah ça doit être une première, non? C’était dans les premières mondiales, attendez le coup, c’est pas possible.

Nath Lasselin: Je ne sais pas, mais en tout cas c’était fort important pour moi, et ça a été super efficace, c’était incroyable. De pouvoir vraiment comme, ok, pouf, je laisse aller pendant 20 minutes, je me régénère et après ça j’étais en forme pour continuer, moi je n’avais pas de problème parce que bon, ok, on y va.

Storylific AnBé: Et la PNL ça t'aide en disant par exemple, je sais bien que certains sportifs disent au lieu de j’ai peur, je suis excitée, ou quelque chose de défrayant, de dangereux devient un challenge plutôt, ou c’est ce genre de reformulation qui permet de…

Nath Lasselin: Voilà. Exact. Oui, tout à fait. Parce qu’en fait, très…

Storylific AnBé: De hacker le cerveau?

Nath Lasselin: Oui, c’est exactement ça. Parce que, en fait, si on y prête attention, on se rend compte que souvent dans notre façon de verbaliser les choses, que ce soit avec nous-mêmes ou avec notre entourage professionnel ou personnel, il y a des choses parfois dans leurs formulations qui peuvent être soit irritantes, soit limitantes. Et juste de les reformuler, on vient de déplacer la façon de percevoir ce qu’on essaie de faire ou ce qu’on essaie de communiquer. Et plus on y prête attention, alors une fois, voilà, c’est de le faire aussi régulièrement et avec assiduité, plus on y prête attention… Plus on devient vigilant et parfois aussi, c’est d’être vigilant, de ne plus formuler certaines choses. Et là, je vais y aller avec un autre exemple, à un moment donné, je crois que c’était Mike Horn lorsqu’il a fait sa traversée du pôle Nord en hiver avec son collaborateur dans le nom m'échappe et jusqu’à un moment donné, ils en ont bavé sérieusement, ils avaient froid, ils avaient faim parce qu’ils n’avaient pas suffisamment de rations et Mike Horn de dire, je ne l’ai jamais formulé à l’autre. Important parce que le simple fait de dire à l’autre, j’ai froid, j’ai peur, j’ai faim l’autre de répondre à moi aussi et là ça y est quel est le sujet de conversation c’est la peur la foi la faim ou peu importe ou ça va pas bien ou il fait pas beau le fameux il fait pas beau moi je suis toute heure la météo mais lâchez moi avec la météo je peux rien y faire la météo elle est comme elle est qu’est ce que je peux lui faire là arrêter de me parler de la météo c’est terrible et souvent voilà aussi simple que ça. Est-ce que j’ai vraiment besoin de le formuler ? Alors ça ne veut pas dire de ne pas nier la situation, mais c’est de ne pas la formuler d’une façon où ça puisse devenir le point central d’attention qui fait en sorte que l’aspect négatif ou l’aspect difficile va prendre le dessus. Et c’est plutôt de mettre son attention sur ok ben peut-être qu’on va se concentrer sur et dans 100 mètres, on arrive à tel point ou dans 200 mètres, on arrive à tel point où on vient de parcourir tant d’élévation ou voilà donc de changer son point de focus sur les éléments qui vont être constructifs surtout dans des situations d’adversité.

Storylific AnBé: C’est marrant, je l’entends depuis…

Mathieu Tordor qui avait été le plus jeune, arrivé au point central de l’Antarctique en solitaire, en autonomie complète, avait dit effectivement que c’était super dur, il se focalisait dans 7 minutes, je me bouffe un bout de chocolat, vraiment aller tout petit pas par tout petit pas, mais des choses qui n’ont rien à voir avec le… Oh, mon Dieu, c’est loin, oh mon Dieu, j’ai froid… Ouais, ouais… C’est excellent ! Et la PNL, tu l’as appris avec quoi ?

Nath Lasselin: Je suivis des formations, je dirais que la pandémie a aidé. Au début de la pandémie, vu que j’avais plusieurs billets d’avion que je pouvais déchirer, ça m’a donné quelque temps. Je me suis dit, ouais voilà, on fait en éventail. Donc, voilà, ça a été le moment parfait. J’ai dit, bon ben ok, il y a des trucs que je n’avais pas le temps de faire, est-ce qu’il y a moyen de les faire maintenant ? Et puis voilà, avec la démocratisation extraordinaire de tout ce qui est en ligne, ça a été un moment extraordinaire de pouvoir prendre ce temps-là pour travailler davantage ces outils une fois de plus qui peuvent nous aider. Alors après voilà bon pareil dans tout ça il y a apprendre et à laisser et là-dedans il y a des outils qui sont des petits rappels. C’est un petit peu comme des balises. Je pense que surtout quand on dépasse ses limites, quand on essaie de faire des choses qui n’ont pas été faites auparavant, c’est de garder la motivation pour la garder, de garder l’inspiration et en même temps de garder des objectifs réalistes atteignables et de se donner les outils, donc l’encadrement, aussi bien par les autres que par soi-même, pour pouvoir y arriver. Aller chercher tous les outils inimaginables. C’est-à-dire, bon voilà, quel outil moi va me parler ? Quel outil fonctionne, a fonctionné pour telle ou telle personne et qui moi me rejoins. Je peux le faire mon outil. Et ça, ça, voilà, c’est des éléments extrêmement intéressants. D’abord, faut être curieux, mais c’est intéressant puis important pour pouvoir atteindre ce qu’on a juste envie d’atteindre dans la vie pour être juste bien, content, satisfait, puis en harmonie.

Storylific AnBé: C’est pour ça qu’avec les interviews, j’essaie de donner un maximum d’outils aux auditeurs. On se dit, regardez, qu’est-ce qui peut aider ? Un grand projet, c’est comme une XP, donc quels sont les outils qu’on peut utiliser ? Ça m’intéresse de savoir quand tu as vraiment une situation très stressante, où tu disais, la moindre erreur devenait mortelle, c’était critique, qu’est-ce qui t’aidait à rester vraiment focus ? Comment tu fais pour dire, bon allez, les émotions, rends dans la petite boîte, je renferme, je vous jure tout à l’heure. Comment tu arrives à maîtriser ton mental comme ça pour le focaliser sur la prochaine étape à faire ?

Nath Lasselin: Mais différentes choses, je pense qu’un, il y a toute la préparation avant même… La plongée, si je réfère une fois de plus à la plongée que j’ai faite à Montréal, bon, c’était quand même au bout de 15 heures, et puis c’est 15 heures où je vois un mètre devant moi, deux mètres quand ça va bien, je suis en arrière d’un propulseur sous-marin, je me fais frapper parce que parfois, je heurte une roche, etc. Ce n’est pas le truc le plus confortable, physiquement ça fait mal, etc. Donc je savais que j’allais faire face à ce genre de situation parce que j’avais fait des plongées preuve de concepts de 20 km juste pour voir un petit peu dans quoi je la première des choses, c’est que je me suis demandé est-ce que je suis à la hauteur de ce rêve ? Donc, est-ce que je suis prête à m’engager pleinement, peu importe ce qui va arriver, à réaliser ce rêve en sachant pertinemment que ça se peut très bien que à un moment donné, on doive arrêter pour des raisons de sécurité ou autre, ou un accident, ou whatever. Mais est-ce que moi, mentalement, je suis prête à m’engager ? Donc, est-ce que je vais y mettre le temps, l’énergie, l’argent, etc. Pour le faire. Ça, il faut que ce soit extrêmement clair. Donc, est-ce que je suis à la hauteur de mon rêve ? Ou c’est juste que je fais ça, mais je ne me suis pas préparée donc je vais me péter la gueule, je vais être déçue et ça ne va pas me servir dans la vie. La deuxième chose c’est une fois que ça c’est réglé, c’est bon je vais m’engager, je vais le faire. Quelles sont les choses auxquelles je risque de faire face qui sont difficiles pour moi de les identifier et après ça, c’est de, dans mon cas, c’était beaucoup d’hypnose, auto-hypnose, de me dire ok de visualisation à sa terminologie, de se dire, admettons que je suis dans cette situation-là, puis vraiment, je t’en parle, je ferme les yeux, c’est fou. Puis là, voilà, j’ai les deux mains qui sont devant moi, puis voilà, ce qui peut se passer, qu’est-ce que je peux faire pour balancer, quels sont mes outils, qu’est-ce que je peux… Et plus tu imagines, plus les outils viennent à toi. Et moi, je suis une grande, grande fervente du travail passif du cerveau. Ce que je veux dire par là, c’est que très souvent, je cherche des solutions à quelque et je revois, je revois. Et tant il y a aussi longtemps que j’ai pas la réponse, je me repasse le film. Je me repasse le film. Puis après ça, c’est comme moi qui essaye tout, je dors. Et je sais que le lendemain, le travail va avoir continué et je vais pouvoir avancer dans ce film-là. Donc c’est beaucoup beaucoup de visualisation. J’écris beaucoup aussi de, bon ça ça pourrait être un problème.

Storylific AnBé: Je vais juste faire un tout petit arrêt parce que c’est vraiment hyper important ce que tu dis. C’est que parfois les gens pensent qu’il faut qu’ils trouvent la solution tout de suite. Mais comme une bonne pâte, laisser reposer ça gonfle. Vous inquiétez pas, le pain s’endra d’autant plus beau. Ça lève quoi. Ouais, ouais, c’est hyper important de laisser le travail se faire.

Storylific AnBé: Continue, c’est passionnant.

Nath Lasselin: Ah oui !

Storylific AnBé: Mais les gens négligent souvent cette phase de repos qui en fait est hyper importante dans le travail mental et dans la recherche de solutions.

Nath Lasselin: Ouais et merci parce que c’est extrêmement important. On peut faire les choses vite, ça ira pas loin. On peut prendre le temps de faire les choses, puis on a des difficultés avec la patience à l’heure actuelle, parce que dans notre monde, ça va super, vite, on a accès à tout super vite.

Storylific AnBé: Changer de vie en cinq jours.

Nath Lasselin: Ouais, c’est ça, tu sais, perdre du poids en 21 jours.

Nath Lasselin: Ouais, mais puis et souvent tu vois, même ça, tu vois, changer de corps ou perdre du poids en 21 jours. Mais c’est pas l’objectif, c’est pas de perdre du poids. L’objectif, en fait, c’est pas ça. L’objectif, c’est d’être quelqu’un qui va mieux manger.

Nath Lasselin: Ouais, mais puis et souvent, tu vois, même ça, tu vois, changer de corps ou perdre du poids en 21 jours. Mais c’est pas l’objectif, c’est pas de perdre du poids. L’objectif, en fait, c’est pas ça. L’objectif, c’est d’être quelqu’un qui va mieux manger. Final sinon, tu mets tout ton attention sur le résultat final alors que c’est le voyage qui est intéressant, c’est le voyage pendant lequel tu mets en place des nouvelles pratiques des nouvelles façons de faire des nouvelles enseignements qui font en sorte que ton mode de vie est plus adapté à ce que tu cherches.

Storylific AnBé: Oui, c’est les changements d’identité en fait.

Nath Lasselin: Ou tu te dis, ben voilà, je fais attention à moi, ou je fais attention à peu importe la chose que je veux réaliser. Et donc le temps, laisser le temps, pour moi, c’est un petit peu comme planter un jardin. Je plante toutes les graines dans mon cerveau. Et je me fais confiance parce que j’ai mon expérience, j’ai ma façon de résoudre les choses. Et peu importe quand je dis « j’ai », c’est peu importe la personne. On a tous réalisé des choses dans notre vie qu’on ne pensait pas être capable de faire. C’est-à-dire, cette fois-là, je l’ai fait alors que les autres y croyaient pas, même moi, j’y croyais pas. Et pourtant, je l’ai fait. Comment je l’ai fait cette fois-là ? De revivre ce moment-là ? Comment ? Comment ça se fait que j’ai réussi à le faire ? Comment je revis ça ? Qu’est-ce qui s’est passé dans mon cerveau ? Et puis de te dire, hey, tu sais quoi ? Je me souviens plus, mais toi là, l’autre partie du cerveau, je suis pas la quête, mais puis peu importe, t’es capable d’aller chercher ça, puis viens me le mettre là-dedans là. Viens me le mettre là-dedans. Et de le laisser.

Storylific AnBé: En coaching, on fait faire cet exercice-là aussi.

Nath Lasselin: Exactement. C’est un outil supplémentaire. Toujours d’aller chercher ces outils-là et de laisser le temps faire son travail et puis hop de se reposer la question. Et puis parfois, j’ai des projets sur lesquels ça n’avance pas. Et puis parfois pendant trois semaines, je suis comme ça n’avance pas, il faut que je le fasse et tout. Et puis en un moment donné, c’est comme ok, là, dans mon cerveau, je le mets comme priorité. Je ne le ferai pas tout de suite. Mais je prépare mon cerveau d’avance. Pour une expédition, je prépare d’avance. Tu sais qu’à un moment donné telle chose, tu vas devoir la faire. Tu sais pas comment la faire, mais tu sais que les éléments vont arriver. Et là, pouf, je me mets en condition, puis en même temps sur un papier, c’est comme ok, telle chose, telle chose, telle chose, telle chose. Et c’est toute cette combinaison qui tranquillement construit en fait la façon de trouver les éléments nécessaires pour pouvoir faire telle plongée ou telle expédition ou peu importe le projet. Qu’on a besoin de faire.

Storylific AnBé: C’est vrai que parfois mettre juste la question par écrit, tu veux écrire la réponse, mais non, juste déjà juste la question et l’écrire, plus que de se la poser comme ça. Ça pose les choses et il y a déjà du travail qui se fait. C’est incroyable.

Nath Lasselin: Et très souvent en fait ce que je fais, c’est que non seulement, je l’écris, mais je me la lis à voix haute. Et en faisant ça, c’est que tu le vois visuellement. tu le dis donc tu le communiques à quelqu’un qui est toi même et tu l’entends comme si quelqu’un te le disait donc tu as déjà trois fois tu as déjà trois façons d’entendre la question ou la réponse c’est trois fois plus fort que juste comme je l’ai pensé les pensées ça reste là alors que là ça sort ça revient dans tes oreilles et en plus tu le lis et tu fais l’action mécanique de l’écrire à la main il y a une étude se décrire à la main sur le fait,

Storylific AnBé: À la main par rapport à un clavier, ouais.

Nath Lasselin: ouais, par rapport à un clavier, comme quoi c’est un geste qui est encrée davantage des choses que de simplement le taper. Il y a comme une espèce de mémoire aussi. Puis moi je travaille beaucoup aussi sur la mémoire musculaire. La mémoire musculaire des gestes pour tout ce qui est les procédures de sécurité, c’est extrêmement important. Et surtout, nous, on s’entend, on a le recycleur, on a quatre bouteilles sur les côtés, enfin ça on a beaucoup de stock alors il faut qu’absolument tout soit bien placé et que je sache au millimètre près ou centimètre près si j’ai un geste à faire précis ma main est-ce qu’elle arrive en haut du cou, au milieu du cou un petit peu plus bas, il faut qu’elle arrive au même endroit toujours faire le mouvement. S’il faut que j’arrive à une clip, je vais faire 100 fois la clip, je vais refaire le mouvement, même en te parlant en te le disant.

Nath Lasselin: je le fais le mouvement parce que c’est ça, c’est pas plus haut dans l’eau, c’est pas plus bas, c’est à cette position-là il faut que la clip soit précisément là donc cette mémoire musculaire, la mémoire visuelle, c’est pour ça que souvent je parle de l’importance du ressenti, pas juste du visuel. C’est les mains, c’est le corps qui doit savoir est-ce que tout est à la bonne place. Et plus on est réceptif et attentif à ces éléments-là, plus on est en contrôle dans une situation qui sera non contrôlée ou en tout cas inconnue.

Storylific AnBé: Excellent, merci beaucoup Nathalie. Je vais enchaîner avec les questions de mes petites filles. Alors, qu’est-ce que tu as déjà faillit te perdre dans les grottes ?

Nath Lasselin: Ouais, et ben Valentin, imagine-toi donc que oui, j’ai déjà failli me perdre et c’est quelque chose que je redoute beaucoup. En fait ce qui s’est passé c’est qu’un jour j’étais avec un ami qui a été mon instructeur de plongée spéléo et on a décidé d’aller explorer dans une grotte où c’est très petit mais donc c’est pas très haut pour passer mais c’est quand même relativement large et c’est très très gruyère donc tu peux passer dans beaucoup d’endroits et étant donné que c’est pas très haut, qu’il n’y a pas beaucoup de passage, qu’il n’y a pas de courant, il y a beaucoup de sédiments et le deuxième il ne voit rien. Et à un moment donné, on avance, on avance, on avance, et là, c’est clair qu’on n’y voit absolument plus rien. Donc on décide que c’est là notre limite, on va faire demi-tour. Et en faisant demi-tour, lui a réussi à sortir. Et moi, je me suis retrouvée à ne plus rien y voir, à perdre mon fameux fil d’Ariane. Et ma lumière me servait à rien parce qu’il y avait tellement de particules très très très fines dans l’eau que ça me faisait un petit peu quand on est sur les hautes lumières, c’est pire qu'autre chose. Et là je me dis on était quand même très très loin de la sortie plusieurs kilomètres et on était au moins 1.5 kilomètres et là je me dis oups j’ai plus ma ligne j’ai aucune idée où elle est et ce qui était terrible c’est que dans ma tête je voulais bouger je voulais tellement bouger et là je me suis dit non non non non tu retournes à la base la base elle te dit quoi tu te stabilise tu ne bouges pas donc j’ai mis une main au sol pour m’empêcher de simplement de faire une rotation de 90° j’aurais pu ne pas retrouver ma ligne. Parce que les lignes, c’est un petit peu comme du fil à coudre. Parfois, elles sont pas très grandes, c’est un petit peu plus gros quand même, mais c’est vraiment pas très gros. Et là, je me suis dit ok, tu t’arrêtes, tu respires, t’as du gaz, bon, tu vas pas y passer la journée, mais t’as quand même de l’air et tu vas te dire la dernière fois où as-tu vu ce fil. Il était en bas à droite. Et là avec le bout de mes doigts, j’ai cherché le fil, ça m’a pris plusieurs minutes. Je n’ai pas rendu compte que j’étais pas en arrière parce qu’on n’avait vraiment pas de visibilité, les lumières n’étaient pas capables de communiquer avec les lumières. Donc lui, ça lui était reparti. Mais c’était correct, c’était comme ça. Et là, ça m’a pris vraiment un très très long moment pour retrouver le fil, jusqu’au moment où là, je l’ai retrouvé et je suis sortie. Alors c’était une situation très inconfortable. Je ne l’ai pas aimée tout de suite. Parce que la première chose que le cerveau fait, c’est comme ça y est, c’est fini. Puis là, on fait comme, mais non, c’est pas fini. On se calme, on revient à la base. On fait ce qu’on a appris quand on était bébé plongeur spéléo. Et ça, on sait que ça fonctionne. Et là, on est comme dans un mode de survie. Et puis on se dit, ben voilà, on t’a expliqué comment ça fonctionnait. Donc, tu fais ce qu’on t’a expliqué parce que tu sais que ça fonctionne. T’as juste besoin de le faire. T’as pas besoin de questionner quoi que ce soit. Tu fais confiance à ces enseignements. Il y a plein de choses comme ça dans la vie, on fait comme bah voilà, on revient à la base, ça fonctionne. Donc on fait ça, après on discutera. Puis à un moment donné, je suis sortie un peu plus loin, là, il s’était rendu compte que je n’étais pas là, il m’a demandé "t’es ok ?" on a vérifié si on avait encore assez d’air pour sortir, tout était bon, on est sorti, puis à la fin on a fait comme ah ouais quand même, c’était pas confortable celle-là!

Storylific AnBé: Pas confortable, voilà à nouveau la PNL en action.

Nath Lasselin: Exactement.

Storylific AnBé: Je vais te poser la question d’Amandine 8ans. Est-ce que tu as vu des animaux inconnus ?

Nath Lasselin: Alors ce qui est super drôle c’est qu’en fait parfois on voit des espèces qui sont peu connues ou peu connues mais on ne le sait pas. C’est un peu ça qui est drôle. Je me souviens notamment, il y a plusieurs années, on a fait la traversée du passage du Nord-Ouest, donc au Canada, donc de l’Ouest à l’Est du Canada par l’Arctique, et on était avec une biologiste marine. Et moi, chaque plongée, donc je vois une petite crevette machin, je fume la crevette et tout, mais entre une crevette striée, blablabla, et l’autre striée, bliblibli… Pour moi, c’est une crevette striée. Et en fin de journée, je lui montre les images et elle est comme Oh wow, on ne l’a jamais vue, celle-là c’est génial et tout. Ah bon ? Bon ben tant mieux, écoute. Donc ça arrive. Alors à moins d’être vraiment expert, spécifique d’une espèce où là, on se rencontre tout de suite, il y a effectivement plusieurs fois où on a vu des espèces peu connues ou non documentées dans une région spécifique ou aux experts d’une espèce, ben là, on se rend compte qu'effectivement, c’était une rencontre qui était assez unique. Alors, oui, ça peut encore arriver, je dirais que c’est beaucoup moins fréquent dans les grosses espèces, mais dans toutes les petites espèces et je dirais les déclinaisons. Soit de nudibranches, de crevettes ou autres invertébrés ou machin, là, c’est encore possible. Donc il reste encore plein plein de choses à découvrir dans les océans.

Storylific AnBé: Ouais, et même dans les grottes, j’étais super étonnée, il y a une petite méduse d’eau douce dans les grottes de Douane. C’est dingue ça, je croyais que c’était uniquement en eau salée moi les méduses.

Nath Lasselin: Et ben non, imagine toi donc que même dans des carrières au Québec, dépendamment de la température de l’eau, etc. De façon cyclique, il y a des méduses qui vont remonter proche de la surface. Ça fait quelques années qu’on voit ça dans quelques lacs et carrières au Québec. Et il y a des espèces fascinantes. Moi, il y a une espèce qui me fascine qui s’appelle une hydre. Donc, on connaît un peu dans la mythologie hydra. Tu lui coupes les têtes et ça repousse et ça existe vraiment cette bestiole et j’adore. Et en fait il y a des scientifiques en Suisse qui travaillent donc sur la cellule de l’hydre pour voir est-ce qu’il n’y aurait pas moyen de s’en inspirer ou de l’utiliser pour la régénérescence de certains tissus. Et c’est fascinant.

Storylific AnBé: Ah oui. Mais la tête… Non pas la tête quand même hein. La tête ne repousse pas.

Nath Lasselin: de l’hydre si si tu rrrrrr

Storylific AnBé: Oui. Allez ! Je savais qu’il y avait des pattes entières qui pouvaient repousser chez les amphibiens, etc. Mais alors une tête, ça, j’aurais jamais imaginé !

Nath Lasselin: On appelle ça une tête, on s’entend, il n’y a pas de yeux, il n’y a pas de bouche, mais c’est l’extrémité de chacune des branches si on veut de l’hydre.

Storylific AnBé: Ce que j’aimais bien aussi, c’est quand tu parlais de ces sensations que tu pouvais avoir, d’être vraiment en connexion avec la nature, avec le tout, quand tu es prise comme ça dans l’élément haut. Je trouve que c’est vrai que plus tu creuses, plus tu t’intéresses à des problèmes, qu’on voit toujours des problèmes tous différents, un peu séparés. Et puis plus tu creuses, plus tu dis mon Dieu, mais tout est lié en fait. Moi, c’est quelque chose qui me fascine au quotidien.

Nath Lasselin: Oui, effectivement, quand tu es en immersion, c’est une des raisons pour laquelle j’aime beaucoup la plongée solo, même en grotte ou ailleurs, évidemment avec tout l’équipement de sécurité là nécessaire, c’est que tu peux vivre pleinement le moment présent. Quand tu es vraiment dans le moment présent, c’est qu’en plus tu as toutes tes sensations qui sont au maximum, tes ressentis qui sont au maximum, aussi bien l'exact, que ce soit le toucher, que ce soit l’ouïe etc

Storylific AnBé: Toutes les antennes sont sorties, je dis toujours.

Nath Lasselin: et t’es tellement alerte, c’est extrêmement intense. Parfois, on sort de plongée comme ça et on dit, je suis fatiguée pourtant, je n’ai pas travaillé physiquement pour ce qu’il faut, je n’ai pas fait tant de palmages etc. Mais c’est tellement tu es alerte et on contacte direct avec l’environnement et ça pour moi c’est des moments extrêmement précieux et desquels on apprend beaucoup. Et en même temps quand je suis dans ces réseaux-là de tellement simple, de tellement universel, qu’il y a quelque chose de très très fort pour moi sur l’essence de la vie et l’interconnexion de tous. Ou voilà, c’est la façon de répondre au besoin le plus alimentaire après respirer qui est de s’hydrater se trouve dans ces rivières-là. On retrouve dans ces environnements-là et en même temps pour moi c’est pas un environnement, c’est un environnement qui parfois peut me faire peur, mais c’est un environnement dans lequel je me sens bien en sécurité et si je pouvais rester des heures et des heures, et des heures, et des heures, je serais très bien là-dessous.

Storylific AnBé: Oui, C’est tes moments de flow quoi. Voilà. Excellent. Alors, ta position de témoin privilégié, enfin drôle de privilège parfois, des effets de l’activité humaine sur la qualité de l’eau te mène à vouloir agir et à faire agir, on en a déjà un peu parlé. Ce que nous faisons à la nature, nous le faisons à nous-mêmes, tu aimes à le répéter. Comment tu penses qu’on peut amener les gens à agir à plus de conscience ?

Nath Lasselin: Je pense que la journée où on comprend que ce qu’on fait à l’environnement autour de nous-mêmes, on se le fait à nous-mêmes. La journée, on en prend réellement conscience là. Je pense que déjà il y a un chemin de parcouru. Et en plus l’autre truc, c’est que c’est pas parce qu’on va faire attention à la nature que nécessairement, on va perdre en niveau de vie ou en qualité de vie au contraire. Et ça, je crois qu’il y a un truc qui est parfois mal véhiculé ou mal compris. On se dit ouais, mais là s’il faut faire attention à ça, à ça, à ça, on peut plus, on peut et puis c’est de se poser la question en savoir déjà première des choses si on voit par exemple notre relation au bien matériel. Très souvent, il y a un stress qui vient avec l’acquisition et l’entretien des biens matériels auxquels on ne pense pas. Est-ce qu’on en a vraiment besoin? Est-ce qu’il n’y a pas moyen d’avoir accès à ce bien matériel dont on peut avoir besoin d’une autre façon plutôt que de l’acheter, de s’endetter pour l’acheter, de l’entretenir ? Et l’utilisation de ce bien matériel là. Donc je pense qu’il y a vraiment une réflexion à avoir, puis ça c’est peut-être ça qui est compliqué parfois, c’est de pousser la réflexion plutôt que des raccourcis, sur le fait que, ben, ouais, de prendre soin de l’environnement, en fait c’est prendre soin de soi, c’est de s’alléger aussi la vie, de moins s’encombrer, de moins se préoccuper, une façon de repenser un petit peu notre mode de croissance, ce foutu satanémo, ce qui est vraiment nécessaire cette croissance là, est ce qu’on a vraiment besoin d’accumuler des trucs qui vont se retrouver à la poubelle ou dans le fond du garde-robe ou dans le grenier ou je ne sais où, puis qu’est ce qui nous fait ultimement du bien, qu’est ce qui nous remplit la journée, Moi quand je veux faire un projet, puis j’ai des projets dans lesquels je me suis beaucoup investi, auxquels je me suis posé à la question suivante. Je me suis dit un jour, je vais être une vieille petite bonne femme et puis est ce que je vais être une vieille tatie Daniel, est ce que je vais être aigri, est ce que je vais avoir plein de regrets ? Où est-ce que je vais me dire, tu sais quoi, t’as peut-être pas réussi, mais au moins t’as essayé ? Et juste ça, pour moi, c’était la réponse. Et à chaque fois que j’ai un projet, parfois il y a des projets qui me font peur, notamment quand j’ai fait la traversée du Flamme Saint-Laurent, puis tout le monde autour de moi me disait, ben, Nath, franchement, à quoi tu penses, patati patata. Puis un jour, j’ai dit, ouais, mais la journée là où je vais me dire, ouais, tu te souviens, t’avais un rêve, t’as même pas essayé. J’ai fait comme ça là, là, j’ai fait comme, nan nan nan nan nan nan. Si jamais je suis obligée de me répondre, t’as même pas essayé, je peux pas me regarder dans le miroir. Donc quand on se pose ce genre de questions qui sont des questions essentielles, je crois que là, on devient en mesure, puis c’est des questions parfois qui font un peu mal, parce qu’on se regarde dans le miroir tel qu’on est, pas tel qu’on aimerait être. Je pense que là ça replace les choses, ça met les pendules à l’heure et là, on se dit ah ouais ça, c’est vraiment important. Et le reste, non. Peut-être que c’est un pansement, mais c’est pas ça qui est important. Et je crois que quand on arrive à jouer franc jeu avec soi, de se regarder froidement et de se poser les vraies questions et d’oser aborder les vraies réponses, tout d’un coup, on se libère de beaucoup de choses dont on n’a pas besoin qui nous encombre l’esprit. Tout ça parce qu’on sent parfois la pression sociale, parce qu’on sent des choses qui ne nous appartiennent pas. En meilleur équilibre. Puis tu sais, souvent, je dis aux gens, c’est drôle hein, mais un coucher de soleil ou un lever de soleil, c’est banal. Franchement, il n’y a rien là. Ils s’èvent tous les jours, le soleil se couche tous les jours. Mais comment ça se fait qu’on est tous comme « Oh waouh, c’est beau ! » Comment ça se fait ? C’est banal. Il n’y a rien là quoi. Mais je ne connais personne qui à un moment donné ou un autre se dit pas « Oh quand même, c’est beau! ». C’est simple. Et pour moi, c’est vraiment d’aller se reconnecter avec ça. Et la journée où on accepte de jouer francs-jeux, on rentre dans une autre dimension, entre guillemets, c’est un drôle de mot, mais un autre rapport à la vie. C’est un autre rapport à la vie. Puis on se rend compte qu’on est vraiment plus épanoui, plus heureux. Parce qu'ultimement, c’est ça. Je veux dire, quand on est libéré pression là, on met vraiment les priorités à la bonne place et après ça évidemment on a une responsabilité parce que la planète on est aussi valable que n’importe quelle espèce animale, on n’est pas non plus la source de tous les mots parce que ça parfois on m’en donnait ouais c’est à cause de nous les humains, on en fait quand même partie aussi, on a juste à regarder les castors ils font un méchant bordel sur les arbres donc il y a d’autres espèces aussi qui sont pas super cool. Donc c’est pas noir et blanc et puis il faut arrêter les antagonismes. Souvent ce que je trouve dommage, c’est que dans le discours actuel, c’est un groupe contre un autre groupe. Il faut arrêter. On est tous dans le même bateau, la même planète et puis à moins d’aller faire un voyage à l’essence sur Mars, bien à vous si vous voulez y aller, mais pour l’instant la seule planète qui peut nous faire vivre c’est quand même celle sur laquelle on est. Donc, bah, voilà, c’est de se dire voilà comment on peut en profiter tout en le respectant le plus nourri dans les deux directions avec cette planète-là, et tous les autres occupants.

Storylific AnBé: Ouais. Ouais, mais c’est vrai que parfois, tu reviens d’un moment en pleine nature et puis tu reviens et tu te sens très petit. En même temps, tu te sens très petit et tu te sens très grand. Je sais pas si je vais dire… Tu te sens tout tout petit… Un énorme paysage devant l’océan, et en même temps, tu laisses derrière toi une certaine coquille et tu te dis, mais en fait, je suis tout petit, mais la vie est en fait tellement plus magique que ce que je me permets de vivre au quotidien. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne sais peut-être pas grand-chose, mais on fait partie d’une magie en fait. Et pourquoi je voudrais après retourner à une vie où ça se passe juste par carte bleue dans des petits carrés de béton à faire des trucs que j’aime pas toutes mes journées. Et c’est ça je trouve un peu entre se sentir tout petit et tellement plus grand en fait.

Nath Lasselin: Et puis très souvent, tu sais en même temps, très souvent quand on est de retour dans nos trucs de béton et carte bleue, on se dit ouais, mais c’est parce qu’il y a un humain en face de moi. C’est drôle hein, mais parfois, tu vois, les gens, ils te disent pas bonjour, ou quoi que, bon en France, on dit plus bonjour à l’incommerce et tout ça, mais tu sais, ou alors ouais, quelqu’un qui n’a pas l’air content, dis-lui un petit mot, fais-lui un petit sourire, fais-lui une petite plaisanterie qui est même un petit peu une plaisanterie un peu beauf, il va sourire. Et là, tu viens de classer la glace. ça se peut que tu aies fait la journée de la personne, et en même temps toi tu t’es fait plaisir parce que tu as fait ta journée aussi. Et souvent, on se dit, ben voilà, on est en réaction, oh ben, il va pas l’air content, bah nous non plus on est pas contents. Ben ça marche pas, ah bon, il est pas content. On sait pas ce que la personne elle vit, on a aucune idée. Puis peut-être que nous on a une journée de merde, et puis on fait, ah putain une journée, j’aurais pas vécu celle-là, on passe à demain. Ok, qu’est-ce que je peux faire pour la changer ? Souvent, on dit que si on ne veut pas, au Québec, on va dire l’expression, si on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand-chose. Donc si on ne peut pas rire de ce point, on ne veut pas grand-chose. Et de ramener le rire et la dérision de ben voilà, des trucs qu’on se dit, je pourrais vous dire, j’ai fait ça, oups ! Et tout de suite, on vient d’alléger, puis on vient de s’ouvrir à autre chose. Nath Lasselin: Parce que plus on est léger dans notre perception, plus on se déconnecte aussi de ces émotions. Parfois qui nous grugent, plus on est en équilibre et ça la nature nous la porte et puis quand elle nous l’a apporté après c’est peut-être que je peux l’apporter à des gens qui ont oublié que juste d’aller dans le parc au coin de la rue, ça se peut qu’il y ait deux trois oiseaux qui provoquent le même sentiment. Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde, juste au parc pas loin et puis le parc pas Storylific AnBé: Ah oui ? Ah, mais non, ah non, c’est ça qui est chouette ! Nath Lasselin: Pas loin en plus, ce n'est coûte rien pour aller dans le parc pas loin. Ça ne coûte rien, ça ne prend pas de temps, il est juste là. Je pense aux gens qui nourrissent les pigeons et qui discutent avec les pigeons. On n’est pas censé nourrir les pigeons, mais et alors ? Ça leur fait du bien, c’est un contact avec la nature qui est accessible. Storylific AnBé: Mais ouais… Clairement, ouais. Ah ouais carrément, c’est pas dévalorisé, c’est certain. Alors dis-moi un peu, un objet indispensable pour toi, hors de l’équipement de plongée évidemment, ou un outil qui t’est vraiment spécifique pour ton type de plongée ? Un truc auquel on penserait pas… Nath Lasselin: Un outil indispensable. Je te dirais que l’outil indispensable, c’est quand même entre les deux oreilles. Par contre, je te dirais que je traîne depuis des décennies, depuis mon enfant, c’est un opinel. Que je ne me sers pas nécessairement tout le temps, mais mon opinel. J’ai un attachement à mon opinel. Il y a des choses comme ça, j’ai un attachement mon opinel. J’ai un petit bracelet de cordes parce qu’un petit bout de ficelle ça sert tout le temps il y a des choses comme ça ouais qui sont rudimentaires, mais j’ai pas ouais, je ne sais pas, mais peut-être. Storylific AnBé: Un coup, t’as un petit bout de ficelle, mais ouais… Comme dans tout bon film ou livre d’aventure. Quel est le fail qui t’as le plus appris? Nath Lasselin: Le FAIL, justement quand j’ai fait ma traversée de Montréal, moi, je voulais faire une seule plongée. Et dans ma tête, c’était clair que c’était une seule plongée et puis j’ai dû le faire en deux plongées. Et la personne qui m’a dit non, Nat, t’as deux options en fait, soit tu sors de l’eau et ton projet, tu le repasses l'an prochain. Ou tu acceptes de sortir de l’eau, on sera avec toi demain matin parce que j’avais une équipe de 25 personnes, 5 bateaux parce que ça prenait des bateaux différents parce que dans les rapides, c’est pas le même genre de bateaux qu’ailleurs, etc. Et tu acceptes de sortir de l’eau et demain matin, au soleil, on va être là, tu pourras poursuivre. Quand on m’a dit ça, c’est parce que je n’avais pas traversé les rapides de la Chine de jour, donc on était rendu en pleine nuit, il ne pouvait pas assurer ma sécurité, ce n’était pas sécuritaire pour l’équipe. Et moi à ce moment-là, je pouvais continuer, je n’aurais pas de problème, je pouvais les attendre, c’était correct, sauf qu'eux, ils ne pouvaient plus. Et la personne qui m’a dit ça, c’est ma conjointe, c’est elle qui m’a sorti de l’eau. Sur le coup, il y a eu la négociation. En même temps, quand j’ai préparé ce projet-là, j’avais trois superviseurs. J’avais trois personnes qui se relayaient l’une après l’autre. Et on s’est entendu, je leur avais dit, écoutez, l’élément le plus faible pendant la pré-traversée, la personne qui sera le plus affecté, le plus fatigué, etc. Ça devrait être moi. Donc, si à un moment donné, je veux faire quelque chose qui n’est pas raisonnable et que j’ai au moins l’accord des trois superviseurs qui est contre mon avis, je vais vous suivre. Il faut que vous soyez d’accord. Et c’est ça qui est arrivé. Les règles du jeu, j’ai dû les digérer, j’ai dû vivre avec ça, ça m’a pris du temps, on a négocié et puis je me suis assurée que le lendemain matin l’équipe allait être là pour pouvoir poursuivre le projet. Quand je suis sortie de l’eau, je n’ai pas fermé l’œil, évidemment, parce que là, je me suis dit, qu’est-ce que j’ai fait pour que ça ne fonctionne pas ? Qu’est-ce que j’ai raté pour qu’on en arrive là ? Il y a un truc que j’ai mal calculé hier. Donc j’ai pensé à ça. J’étais extrêmement déçue. Je n’étais pas fière d’être sortie de l’eau. Je n’étais pas contente. Et en même temps, le lendemain matin, quand j’ai vu mon équipe revenir pour me rejoindre sur le bord de l’eau pour poursuivre, je me suis dit, mais ils sont là, ils m’ont pas lâché. Parce que ce projet-là, c’est mon projet, c’est le projet d’une seule personne. Eux, ils sont là parce qu’ils croient mon projet, ils sont là de façon bénévole, ça leur prend plus de temps que prévu, ça se passe pas comme c’était censé se prévoir, ils sont toujours là. Et à ce moment-là, je me suis dit, ce n’est pas grave, tu ne la vivras pas l’expérience de faire une seule plongée. Ça, tu ne la vivras pas. Par contre, le but de l’expédition, lui, il est toujours là. Et ce qui est encore plus fort, c’est que ce projet-là, ce n’est plus mon projet, mais c’est devenu notre projet. C’est le projet de 26 personnes qui, en dépit de l’adversité, sont là avec toi. Et ça, c’est plus fort que ce soit ton projet. Donc, un point de vue de plongeuse, ça a fait mal parce que j’aurais vraiment aimé vivre ce que ça allait être, une seule plongée. Mais un point de vue humain, j’ai eu une très belle leçon de la vie, de se rendre compte que voilà, ça prend d’écouter les autres, ça prend des compromis, ça prend de mesurer la valeur de ce qu’on fait et l’engagement de ce monde de soi, mais des autres, et que ça peut devenir quelque chose de beaucoup plus grand que nous. Et c’est effectivement ce que c’est devenu par cet événement qui a été de me faire sortir de l’eau. Et c’était une belle leçon de vie. Dure mais belle. Storylific AnBé: Ouais. Merci pour le partage. Le succès dont tu es la plus fière. Nath Lasselin: .. Moi, je sais pas, chaque petit pas je suis contente, chaque succès, quand un film est bien reçu, quand je donne une conférence et qu’il y a des gens qui viennent me voir et qui me prennent dans leurs bras parce qu’ils ont le goût d’un câlin. J’ai des gens qui sont venus pleurer dans mes bras à la fin d’une conférence parce que ça les avait rejoints. Ça, ça me touche énormément de parler aux jeunes, ça me touche énormément aux petits vieux. Touchent énormément. Les succès c’est pas nécessairement les soirées où on a les talons aiguilles, puis la robe et tout ça. Ouais, c’est le fun. Quand j’étais reçue au temple de la Renommée des femmes en plongée, c’est sûr, c’est le fun, dans la région de New York machin, les froufous machin, c’est cool, ça fait plaisir, c’est un boom, c’est la reconnaissance de ses pairs, c’est extrêmement important. En même temps… Il y a des petits mots qu’on reçoit parfois dans les courriels ou sur Facebook, peu importe, qui sont extrêmement touchant. On se dit, ah ben là, j’ai rempli ma mission. Même si je m’étais donné, je suis sur la bonne track. Et à chaque fois qu’il y a des gens qui viennent me voir, pour moi, c’est comme des balises qui viennent me dire bah, tu es sur la bonne track. Ouais, tu as décidé de faire ça. Ce n’était pas écrit, ce n’était pas un métier, mais tu es sur le bon chemin. Tu es bien aligné, tu es sur ton X. Storylific AnBé: Génial, génial. Au cours des cinq dernières années, qu’est-ce qui t’a le plus fait évoluer, que ce soit dans ta technique ou dans ta manière de voir le monde ? Nath Lasselin: Dans les cinq dernières années. joker ouais ouais. Storylific AnBé: Ha ha ha ! Ouais toutes les questions ne sont pas évidentes comme ça, enfin il y a eu la Covid. Donc, là, tu m’as déjà parlé de la PNL qui t’a quand même fait apporter des outils sympas. Nath Lasselin: Ouais, ouais, bah c’est sûr que la Covid, ça a été un temps de pause qui a permis de remettre un peu des pendules à l’heure. Puis la pause, ça n’a pas été très longue durée, parce que je ne m’arrête pas souvent dans la vie. Il y a peut-être eu un mois où pendant un mois, c’est comme ok, non, là, c’est vrai, d’accord, c’est sûr que ça ne va pas durer juste un minute cette histoire-là. Peu décontenancé et en même temps moi ça m’a permis d’avoir un vrai mois de pause et de me poser, chose que je fais pas souvent, que je fais rarement en fait. Donc ça, c’était assez précieux et puis après, c’était comme bon bah maintenant qu’on s’est bien reposé qu’est ce qu’on met en place et ça a été la… Dans ma vie, je te dirais, il y a eu… Avant je faisais beaucoup beaucoup de tournages pour les autres, etc. puis après ça c’était encore plus bon voilà je vie à ce qui me semble primordial et en faisant des choix des choix de vie qui font que certaines choses oui pour être utiles mais non je les mets de côté parce que ce n’est pas primordial. Donc ça, quand même, était un bon finalement un bon moment et puis bon, j’ai été extrêmement privilégiée de ne pas avoir à en pâtir directement. Storylific AnBé: Si tu avais une petite Nathalie de 17 ans en face de toi, qu’est-ce que tu lui dirais ? Nath Lasselin: De… Ouais, je pense que j’aurais été probablement quelqu’un… Je dirais probablement d’être moins gênée, moins timide. Je suis quelqu’un de très réserver, très timide au départ. Euh… Je dirais probablement que j’aurais dit « Allez, tu fais la même chose mais fois deux, hein ! » Ha ha

Storylific AnBé: Eh bah alors, j’ose pas imaginer ce que ça aurait donné alors ah ah ah. Dans le monde de l’aventure, qu’est-ce que tu entends souvent comme avis ou conseil mais qui est complètement fou ? Nath Lasselin: Euh… Ah ouais si, si… Oui oui oui oui. Alors, un truc moi qui m’insupporte. La meilleure pièce d’équipement, la meilleure marque. Ça te prend ça, sinon tu peux pas le faire. Ça, ça m’énerve. il y a plein d’outils, il y a des bons outils, il y en a qui sont moins bons, mais il n pas un outil qui va pour tout le monde. Et c’est pas parce que t’as tel truc que tu peux pas le faire. T’sais, je veux dire, il y a des marathoniens qui courent pas tout le lit, quoi. J’sais pas comment ils font, là, mais ils sont capables. Donc voilà. Donc le truc, non non mais si t’as pas ça, voilà. Storylific AnBé: Pas s’exciter trop avec les marques, ouais. Nath Lasselin: Ouais, ouais, ouais. Genre non mais si t’as pas ça, tu peux pas quoi. Euh pardon, si. Storylific AnBé: Des ingrédients pour réussir sa vie, réussir un grand projet. T’as l’air pas mal qualifié pour répondre à ce genre de questions. Nath Lasselin: .. La confiance, confiance en la vie, confiance en soi, de bien s’encadrer des personnes qui vont nous inspirer, qui vont nous motiver, directement ou indirectement, qu’on les connaisse ou pas, mais de s’assurer d’avoir des bonnes sources de motivation et puis de fêter les succès, les petits succès, les grands succès, que ce soit à la fin de la journée. Ah ouais non mais j’avais ça ça à faire, j’ai pas eu le temps, ta ta ta. Tiens t’as fait ça aujourd’hui, c’est bien, bravo, next. C’est ça, toutes les petites étapes, les honorer, ouais ça, je pense, c’est important. Puis après y’a plein d’autres choses là, mais je te dirais que c’est déjà trois ingrédients importants. Storylific AnBé: C’est déjà très très très bien. C’est vrai qu’on parle souvent de la to-do list, qui ne fait que toute façon que de s'allonger, on n’arrive jamais à bout. Mais la done list, elle a regardé tous les soirs, elle se dit « j’ai quand même fait, ça, c’est vrai que ça change la donne, je le fais parfois et je suis toujours contente. Et puis j’oublie de le refaire, mais je vais me la remettre en route, tiens la done list. » Nath Lasselin: Ou parfois les trois choses, je sais plus qui m’avait dit ça comme truc à un moment donné, mais c’était d’écrire à la fin de ta journée les trois choses que t’as fait aujourd’hui que t’es content ou pas nécessairement que t’as fait. Storylific AnBé: Le journal de 5 minutes, génial, c’est génial. Nath Lasselin: ouais voilà, pas que t’as fait ou que t’as vu tu vois Nath Lasselin: Tu sais du genre, je sais pas, il y a quelqu’un qui t’a ouvert la porte il y a des petits trucs cons comme ça, mais tu fais comme Ah, c’était sympa ça, ça, c’était bon, voilà et ça, ouais. Storylific AnBé: Ouais, ouais, ça n'a pas besoin d’être grand et ça change, ouais, ouais, ça change les choses. Ouais, vraiment, moi, j’ai déjà fait plusieurs fois, c’était le 5e midi de journée, les trois gratitudes du matin, les trois gratitudes du soir. Est-ce qu’il y a une citation qui t’inspire ? Nath Lasselin: Alors pendant longtemps j’ai utilisé une citation de Duma qui était, je ne veux pas la dire tout croche, mais la vie c’est selon le verre à travers lequel on la regarde. Que j’aime beaucoup. Et puis il y en a une de Jules Verne et là, j’ai un plein de mémoires terribles. J’ai pendant des années en bas de mon email, mais bon, mais ça, j’aimais bien Duma, en fait, parce que dans le fond, ouais, c’est ça, c’est comme la vie, elle est comme on veut l’avoir, quoi, comme on veut l’interpréter, comme on veut. Nath Lasselin: Et ça, parfois, c’est bien de se le rappeler un peu du genre, regarde, si t’aimes pas ce que tu vois, tu changes ta façon de le voir ou tu regardes ailleurs. Storylific AnBé: Ouais ouais ouais. Ah non mais puis c’est d’abord dans le regard qu’on porte sur les choses, ça, c’est vrai. Nath Lasselin: C’est ça. Voilà. Donc, ça ne veut pas dire de nier des choses, mais voilà, c’est peut-être la regarder différemment. La fameuse histoire… Voilà. Tu sais, c’est le verre à moitié plein, à moitié vide, quoi. Ou se demander pour y avoir quelqu’un qui a versé le verre à moitié. Storylific AnBé: Alors, ton actualité du moment et tes projets futurs. Alors, tu as une prochaine expé bientôt, dans un réservoir que tu connais déjà bien, mais qui n’a encore beaucoup de choses à livrer. Nath Lasselin: .. La prochaine expédition, c’est l’expédition Impact Manicouagant. C’est une expédition qui se fait dans le quatrième plus grand cratère d’impact au monde, qui a été rempli d’eau en noyer par la création d’un énorme barrage hydroélectrique au Québec. C’est une série d’histoires dans ce lieu mythique qu’on appelle l’œil du Québec, il y a 215 millions d’années. Il y a 60 ans donc ce méga projet industriel de réservoir hydroélectrique, l’hydroélectricité est devenue publique plutôt que privée, ce qui était extraordinaire pour l’histoire du Québec. Mais en même temps, l’histoire qu’on a complètement occultée, c’est que c’était et c’est toujours un territoire traditionnel des peuples de Pessamites, des inouts de Pessamites qui étaient ennoyés. Donc imagine que tes grands-parents avaient une maison quelque part, tu aimerais y amener tes enfants et tu ne peux pas parce que ça se retrouve 110 mètres sous l’eau. C’est là, mais c’est plus là. J’aimerais t’amener, j’aimerais pouvoir léguer ce territoire-là, pouvoir faire la chasse, la pêche avec les petits enfants et tu peux plus parce que c’est ennoyé. Ils n’ont jamais été dédommagés par cet ennoiement-là. Donc pour moi c’est de y retourner pour la quatrième fois, de faire une plongée symbolique parce que les Inus, les peuples autochtones, c’est pas comme nous, ils sont pas en train de bâtir des maisons en des tentes, c’était des camps de base donc qui ne laissent pas de traces dans la nature, mais c’est de retourner sur cet endroit là, à l’ancienne rive de la rivière traditionnelle Manicouagant, et de rapporter des images à la communauté et de faire mémoire du fait que oui on est privilégié d’avoir de l’hydroélectricité à faible coût etc. Par contre, c’est un territoire qui a été utilisé, les peuples ne peuvent plus être connectés à leur identité profonde et primaire. Pour moi, ça s’inscrit dans un geste de réconciliation avec les peuples autochtones. De rétablir une reconnaissance de leur richesse et de ce qu’on peut apprendre de leur part. Et puis d’un autre côté ce que je me languis aussi, c’est d’être quasiment au mois de janvier pour être au salon de la plongée de Paris Storylific AnBé: Oui, voilà, raconte-nous, tu vas donc être la marraine de ce 25e salon, c’est un anniversaire qui sera lui donc du 11 au 14 janvier à Paris, Porte de Versailles. Le thème du salon, c’est la plongée à 360° toutes les plongées partout en eau douce, en eau salée et donc on ne pouvait évidemment pas mieux choisir que toi. Nath Lasselin: .. Ouais ben ça, je trouve ça super et puis honnêtement ça, tu vois, c’est quelque chose qui me touche énormément parce que je suis expatriée et puis de revenir chez soi et puis d’avoir l’honneur d’être la marraine du plus grand salon de la plongée francophone et j’en ai fait des salons de plongée un peu partout dans le monde, ce soit Saint-Gapour aux Etats-Unis etc. et celui de Paris là, c’est le plus festif. Ça fait des années que je viens au salon de la plongée à Paris, j’adore ce salon, c’est un rendez-vous incroyable, tu rencontres toutes sortes de personnes que ce soit des plongeurs techniques des explorateurs des plongeurs débutants des professionnels de la plongée ouais, c’est ça, c’est vraiment là. Tous ses états c’est de l’apnée c’est le palmastuba de base c’est de la plongée dans les eaux froides, dans les grottes, etc. C’est l’armée, les pompiers, les biologistes, les scientifiques de tout acabit, les archéologues, tous les gens qui ont à faire, Storylific AnBé: les photographes.

Nath Lasselin: les photographes évidemment, les vidéastes. il va y avoir le concours photo aussi dont on va donner les résultats pendant le salon et c’est un rendez-vous, enfin moi au mois de janvier je suis à Paris quoi, même si c’est pas pour les soldes hein, c’est pour le salon de la plongée. Et ça, c’est extraordinaire et en plus franchement quand on m’a demandé d’être la marraine de Paris du Salon, ça m’a vraiment touché, ça m’a fait plaisir. C’est vraiment un honneur pour moi. Franchement ça je vais le marquer dans mon livre comme une bonne façon de commencer 2024. Et puis en plus pour le 25e anniversaire, c’est malade quoi, c’est top, c’est vraiment top. Storylific AnBé: Où est-ce qu’on peut te retrouver? Tu as des réseaux sociaux ou tu as un site web, ça je sais. Mais où est-ce qu’on peut te suivre? Nath Lasselin: Ouais alors j’ai mon… Bah écoute, y’a sur mon site web Aquanat, sinon bah c’est sur Facebook, Natalia Lasselin Aquanat, sur Instagram où je suis un petit peu, ça va être pas mal là-dessus. Storylific AnBé: Bien, un grand, grand, grand merci pour ton temps, encore ce matin pour toi, cet après-midi, avec le décalage horaire. Nath Lasselin: Ben oui, oui oui ! Ouais, ouais, là, c’est fin de journée pour toi, début du week-end ! Storylific AnBé: Oui, exactement ! Quelle meilleure manière d’entrer dans le week-end qu’une bonne discussion, franchement Merci beaucoup!

 Où trouver l'invitée

Facebook : @Nathalie Lasselin Aquanath
Instagram : @Aquapixnath
YouTube : Nathalie Lasselin Aquanath
Website : https://nathalielasselin.com

Autres épisodes cités dans cet épisode :

Pour aller plus loin:

Vidéo YouTube : TEDx de Nathalie Lasselin

 

Illustrations sonores

Musique:

Cali by ItsWatR (Direct Licence)

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Sons:

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